mardi 14 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2009738 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 10ème Chambre (JU) |
| Avocat requérant | TICHIT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 17 septembre 2020 et 27 avril 2022, M. A, représenté par Me Tichit, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision " 48 M " du 28 février 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur l'a informé d'un retrait de six points de son permis de conduire à la suite d'une infraction commise le 22 décembre 2017 ainsi que la décision implicite de rejet résultant du silence gardé par le ministre de l'intérieur sur sa demande tendant à la restitution des six points retirés ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer les six points retirés dans le délai de quinze jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la réalité de l'infraction n'est pas établie en l'absence de condamnation définitive.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 février 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête. Il soutient que le moyen soulevé par le requérant n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience, au cours de laquelle a été entendu le rapport de Mme Syndique.
Considérant ce qui suit :
1. Le 22 décembre 2017, le véhicule de M. A a été contrôlé à une vitesse de plus de 50 km/h par rapport à la vitesse autorisée. Par une décision " 48 M " du 28 février 2020, le ministre de l'intérieur l'a informé du retrait de six points de son permis de conduire à la suite de cette infraction. Dans le dernier état de ses écritures, M. A demande au tribunal d'annuler cette décision ainsi que la décision implicite de rejet résultant du silence gardé par le ministre de l'intérieur sur sa demande tendant à la restitution des six points retirés.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En vertu de l'article L. 121-3 du code de la route, le titulaire du certificat d'immatriculation du véhicule est redevable pécuniairement de l'amende encourue pour des contraventions à la réglementation sur les vitesses maximales autorisées, à moins qu'il n'établisse l'existence d'un vol ou de tous éléments permettant d'établir qu'il n'est pas l'auteur véritable de l'infraction. La personne déclarée redevable en application de cet article n'est pas responsable pénalement de l'infraction. Lorsque le tribunal de police fait application de ces dispositions, sa décision n'entraîne pas retrait des points affectés au permis de conduire.
3. Aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route : " Le permis de conduire est affecté d'un nombre de points. Celui-ci est réduit de plein droit si le titulaire du permis a commis une infraction pour laquelle cette réduction est prévue. () / La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive ".
4. Aux termes de l'article 529 du code de procédure pénale : " () l'action publique est éteinte par le paiement d'une amende forfaitaire () ". Toutefois, en vertu de l'article 529-2 du même code, le destinataire d'un avis d'amende forfaitaire peut formuler, dans le délai qui lui est imparti pour en acquitter le montant, une requête tendant à son exonération soumise aux règles de recevabilité prévues par ce code. Au vu de cette requête et en application des dispositions de l'article 530-1 du même code, le ministère public, s'il n'oppose pas à l'intéressé une irrecevabilité et ne renonce pas à l'exercice des poursuites, procède conformément aux articles 524 à 528-2 ou aux articles 531 et suivants du code de procédure pénale en saisissant, respectivement selon la procédure simplifiée ou la procédure normale, la juridiction qui connaîtra alors de la contravention reprochée à l'intéressé.
5. En l'espèce, M. A a été déclaré coupable des " faits d'excès de vitesse d'au moins 50 km/h par conducteur de véhicule à moteur commis le 22 décembre 2017 " et condamné au paiement d'une amende par une ordonnance pénale du tribunal de police de Meaux en date du 27 novembre 2019. Toutefois, il a fait opposition à cette ordonnance pénale et, par un jugement du même tribunal de police du 7 janvier 2021, les faits d'excès de vitesse ont été requalifiés en faits de " redevable de l'amende encourue pour excès de vitesse supérieur ou égal à 50 km/h ", l'ordonnance pénale du 27 novembre 2019 a été mise à néant et M. A a été déclaré pécuniairement responsable pour ces faits requalifiés. Par suite, M. A est fondé à faire valoir que la réalité de l'infraction du 22 décembre 2017 n'est pas établie par une condamnation définitive à son encontre.
6. Il résulte de ce qui précède les conclusions à fin d'annulation des décisions attaquées doivent être accueillies.
Sur l'injonction :
7. En raison du motif qui la fonde, l'annulation des décisions attaquées implique nécessairement que l'administration reconnaisse à M. A le bénéfice des points retirés en litige. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au ministre de l'intérieur de restituer, à la date de la décision de retrait de points consécutive à l'infraction relevée le 22 décembre 2017, dans le traitement automatisé mentionné à l'article L. 225-1 du code de la route, le bénéfice des six points illégalement retirés en en tirant lui-même toutes les conséquences à la date de sa nouvelle décision sur le capital de point et le droit de conduire de l'intéressé dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du ministre de l'intérieur portant retrait de six points affectés au permis de conduire de M. A à la suite de l'infraction commise le 22 décembre 2017 ainsi que la décision implicite de rejet résultant du silence qu'il a gardé sur la demande tendant à la restitution des six points sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur de restituer, dans le traitement automatisé mentionné à l'article L. 225-1 du code de la route, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, le bénéfice des six points visés à l'article 1er, en en tirant lui-même toutes les conséquences à la date de sa nouvelle décision sur le capital de point et le droit de conduire de l'intéressé.
Article 3 : L'Etat versera une somme de 1 000 euros à M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mars 2023
Le magistrat désigné,
N. Syndique
Le greffier,
S. Werkling
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026