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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2009746

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2009746

mardi 31 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2009746
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantSELARL VERPONT AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 17 septembre 2020 et 13 mars 2023, M. F B, représenté par Me Lienard-Leandri, doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 12 juin 2020 de la directrice générale adjointe de l'établissement public territorial (EPT) Plaine Commune, en tant qu'elle refuse la prise en charge directe de ses frais médicaux par l'assurance de l'EPT, qu'elle rejette sa demande tendant à faire reconnaître ses deux maladies affectant ses cervicales et son coude en tant que maladies professionnelles et refuse de lui octroyer son avancement ;

2°) d'enjoindre à l'EPT Plaine Commune de prendre une décision sur la demande de reconnaissance de sa maladie du coude ainsi que de sa maladie des cervicales dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'EPT Plaine Commune une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision du 12 juin 2020 en tant qu'elle refuse la prise en charge directe de ses frais médicaux par l'assurance de l'EPT :

- la décision est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle est fondée sur le motif tiré de ce que la commission de réforme a donné un avis négatif à la reconnaissance des maladies professionnelles, alors qu'elle n'avait pas à se prononcer en application des dispositions de l'article 16 du décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 et de l'article 13 du décret n° 86-442 du 14 mars 1986 puisque ces pathologies avaient déjà été reconnues en tant que maladies professionnelles par l'EPT Plaine Commune ;

- la décision est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle applique une procédure applicable aux fonctionnaires d'Etat et qu'aucune avance des frais occasionnés par une maladie professionnelle n'est imposée pour les fonctionnaires territoriaux ;

En ce qui concerne la décision du 12 juin 2020 en tant qu'elle refuse son avancement :

- la décision est illégale dès lors qu'elle refuse son avancement au motif du défaut d'entretien préalable alors même qu'il ne s'agit pas d'une condition posée par la loi pour permettre cet avancement et cette condition est discriminatoire dès lors que, durant la période en cause, il était placé en congé pour maladie professionnelle ;

En ce qui concerne la décision du 12 juin 2020 en tant qu'elle refuse de reconnaître sa pathologie aux cervicales en tant que maladie professionnelle :

- c'est à tort que la commission de réforme s'est prononcée sur le caractère professionnel de sa pathologie avant qu'un expert se soit prononcé au préalable alors qu'il en avait fait expressément la demande ;

- la décision implicite est illégale dès lors qu'elle n'est pas motivée ;

En ce qui concerne la décision du 12 juin 2020 en tant qu'elle refuse de reconnaître sa pathologie au coude en tant que maladie professionnelle :

- la décision est illégale dès lors que la commission de réforme n'a pas été saisie ;

- la décision est illégale dès lors qu'elle n'est pas motivée.

Par deux mémoires en défense enregistré les 17 janvier 2023 et 30 août 2023, l'établissement public territorial Plaine Commune, représenté par son président en exercice, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 30 août 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 14 septembre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;

- le décret n° 2014-1526 du 16 décembre 2014 ;

- le décret n° 2016-596 du 12 mai 2016 ;

- le décret n° 2019-301 du 10 avril 2019 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Bazin, rapporteure,

- et les conclusions de M. Colera, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, adjoint technique territorial de deuxième classe à l'établissement public territorial (EPT) Plaine Commune depuis le 1er janvier 2003, a contracté plusieurs maladies liées à l'exercice de ses fonctions tenant au port de charges lourdes. Par deux arrêtés du 10 février 2016, l'EPT Plaine Commune a reconnu ses pathologies affectant l'épaule et les poignets, développées respectivement le 5 mai 2014 et 11 septembre 2015 en tant que maladies professionnelles correspondant aux n° 57A et n° 57C du tableau des maladies professionnelles. Par une décision du 15 novembre 2019, l'EPT Plaine Commune a ensuite reconnu en tant que maladie professionnelle correspondant au n° 98 du tableau des maladies professionnelles la hernie discale qu'il a développée le 26 juin 2018. Par un courrier du 3 mars 2020, M. B a sollicité le remboursement des frais médicaux dont il a eu la charge du fait de ses trois pathologies n° 57A, n° 57C et n° 98, ainsi que la reconnaissance de deux autres maladies liées aux pathologies n° 57A et n° 57C, à savoir une maladie des cervicales et une maladie du coude. Dans ce même courrier, M. B a également sollicité son avancement au grade d'adjoint technique principal de deuxième classe. Par un courrier du 12 juin 2020, la directrice générale adjointe de l'EPT a confirmé la qualification de maladie professionnelles des trois pathologies déjà reconnues, le remboursement par l'EPT des frais sollicités et enfin la saisine de la commission de réforme pour avis sur l'évolution des maladies professionnelles. Par un courrier du 11 juillet 2020, M. B a contesté cette décision en tant qu'elle refuse la prise en charge directe de ses frais médicaux par l'assurance de l'EPT, la reconnaissance de ses deux maladies professionnelles affectant le coude et les cervicales et son avancement au grade d'adjoint technique principal de deuxième classe. Par la présente requête, M. B doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 12 juin 2020, en tant qu'elle refuse la prise en charge directe de ses frais médicaux par l'assurance de l'EPT, qu'elle rejette sa demande tendant à faire reconnaître ses deux maladies affectant ses cervicales et son coude en tant que maladies professionnelles et refuse de lui octroyer son avancement.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision du 12 juin 2020 en tant qu'elle refuse la prise en charge directe de ses frais médicaux par l'assurance de l'EPT :

2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que les pathologies de M. B affectant son épaule, ses poignets et son hernie discale ont toutes été reconnues en tant que maladies professionnelles correspondant respectivement aux n° 57A, n° 57C et n° 98 du tableau des maladies professionnelles par des décisions du 10 février 2016, pour les deux premières, et du 15 novembre 2019 pour la dernière. Pour prendre ces décisions, l'EPT s'est fondé, s'agissant de l'épaule et des poignets, sur les conclusions administratives du docteur D, chirurgien orthopédiste, en date du 16 décembre 2015 et, s'agissant de la hernie discale, sur le rapport médical du docteur E, rhumatologue, en date du 14 juin 2019. Toutefois, entre-temps, M. B a été examiné le 7 juin 2018 par le docteur A, médecin agréé par l'assureur de l'EPT qui a conclu que les maladies de l'épaule et du poignet de M. B sont à prendre en charge au titre de la maladie ordinaire depuis le 15 décembre 2015. Il ressort des pièces du dossier, et en particulier du courrier du 12 juin 2020, qui contient la décision attaquée, que c'est à la suite des conclusions de l'expertise médicale du docteur A que l'assureur de l'EPT a refusé de prendre en charge les frais médicaux de M. B liés aux maladies professionnelles n° 57A (épaule) et n° 98 (hernie) et que, dorénavant, la collectivité réalisera des contrôles sur la légitimité des dépenses exposées par l'agent. Ainsi, contrairement à ce que soutient M. B, la décision attaquée n'est pas fondée sur le motif tiré de ce que la commission de réforme interdépartementale (CRI) a, dans son avis du 29 juillet 2019, considéré que les pathologies affectant l'épaule et les poignets de M. B ne relevaient pas de la maladie professionnelle et a alors refusé de se prononcer sur l'éventuelle inaptitude de l'agent à ses fonctions. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle est fondée sur le motif que la commission de réforme a donné un avis négatif à la reconnaissance des maladies professionnelles alors qu'elle n'avait pas à se prononcer doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 5.2.2 de la circulaire n° FP 4 n° 1711 du 30 janvier 1989 relative à la protection sociale des fonctionnaires et stagiaires de l'Etat contre les risques maladie et accidents de service : " Dans l'hypothèse où les premières constatations de l'accident de service ne laissent aucun doute sur la relation certaine de cause à effet entre l'accident et le service, le chef de service compétent peut délivrer à la victime un certificat de prise en charge établi selon le modèle figurant en annexe 2. Ce document permet à l'intéressé de ne pas régler les soins effectués, l'administration payant directement les frais engagés sur présentation du formulaire par le prestataire (médecin, pharmacien, etc.). Une liste limitative des frais susceptibles d'être pris en charge directement par l'administration est dressée en annexe 3. Le certificat de prise en charge est délivré sans préjudice de la décision définitive d'imputabilité au service qui sera prise par l'administration après avis de la commission de réforme. Si la décision définitive ne reconnaît pas l'imputabilité au service, l'administration se retournera, pour le remboursement des frais qu'elle aurait déjà pris en charge, soit contre la Sécurité sociale et l'agent, chacun pour leur dû, soit contre l'agent, celui-ci se retournant alors vers la Sécurité sociale ". Aux termes de l'article 5.3.2.2. qui s'intitule " Le paiement direct par l'autorité territoriale des frais engagés " de la circulaire NOR/MCT/B/06/00027/C du 13 mars 2006 relative à la protection sociale des fonctionnaires territoriaux nommés dans des emplois permanents à temps complet ou à temps non complet contre les risques maladie et accidents de service : " Dans l'hypothèse où les premières constatations de l'accident de service ne laissent aucun doute sur la relation certaine de cause à effet entre l'accident et le service, le chef de service compétent peut délivrer à la victime un certificat de prise en charge directe par l'autorité territoriale des frais occasionnés par un accident de service établi selon le modèle figurant en annexe 1 de la présente circulaire. / Ce document permet à l'intéressé de ne pas régler les soins effectués, la collectivité payant directement les frais engagés sur présentation du formulaire par le prestataire (médecin, pharmacien, etc.). / Une liste indicative des frais susceptibles d'être pris en charge directement par l'autorité territoriale est dressée en annexe 2 de la présente circulaire. / Le certificat de prise en charge est délivré sans préjudice de la décision définitive d'imputabilité au service qui sera prise par l'autorité territoriale après avis de la commission de réforme. / Si la décision définitive ne reconnaît pas l'imputabilité au service, l'autorité territoriale se retournera, pour le remboursement des frais qu'elle aurait déjà pris en charge, soit contre la sécurité sociale et l'agent, chacun pour leur dû, soit contre l'agent, celui-ci se retournant alors vers la sécurité sociale qu'il résulte de ces dispositions que l'administration pouvait, sans commettre d'erreur de droit, établir un certificat de prise en charge directe par l'administration jusqu'à ce que le comité médical se prononce ".

4. Il ressort de la décision du 12 juin 2020 que, s'agissant des frais médicaux liés aux maladies professionnelles n° 57A (épaule) et n° 98 (hernie), l'EPT ne délivrera plus à M. B des bons de prise en charge de l'assureur et que l'agent devra, en application de " la circulaire du 30 janvier 1989 relative à la protection sociale contre les risques maladie et accidents de service des fonctionnaires et stagiaires de l'Etat servant également de base pour le règlement des problèmes liés à la prise en charge des frais médicaux et autres, des fonctionnaires territoriaux ", transmettre un certificat de prise en charge directe par l'administration des frais occasionné par ses pathologies.

5. D'une part, la circulaire FP/4 n° 1711 du 30 janvier 1989 relative à la protection sociale des fonctionnaires et stagiaires de l'Etat contre les risques maladie et accidents de service et la circulaire NOR/MCT/B/06/00027/C du 13 mars 2006 relative à la protection sociale des fonctionnaires territoriaux nommés dans des emplois permanents à temps complet ou à temps non complet contre les risques maladie et accidents de service sont toutes deux dépourvues de caractère réglementaire. Toutefois, s'agissant des modalités de remboursement des frais médicaux liés à une maladie professionnelle, aucun texte ne fait obstacle à la mise en œuvre par l'administration de la procédure de délivrance à la victime d'un certificat de prise en charge.

6. D'autre part, contrairement à ce que soutient le requérant, en délivrant un bon de prise en charge des frais médicaux occasionnés par les pathologies à l'épaule et aux poignets de M. B, l'EPT s'est engagé à payer directement les frais engagés sur présentation du formulaire par le prestataire. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que malgré l'avis contraire de la commission de réforme interdépartementale, l'EPT a maintenu sa décision de reconnaissance d'imputabilité au service des pathologies affectant l'épaule et les poignets de M. B. Enfin, si le requérant fait valoir que le certificat de prise en charge par l'administration est refusé par les spécialistes consultés pour ses pathologies, il n'établit en tout état de cause pas cette allégation. L'éventuel litige relatif à la liquidation de la prise en charge des frais médicaux de M. B relève d'un litige distinct. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle applique une procédure applicable aux fonctionnaires d'Etat et qu'aucune avance des frais occasionnés par une maladie professionnelle n'est imposée pour les fonctionnaires territoriaux doit être écarté.

En ce qui concerne la décision du 12 juin 2020 en tant qu'elle refuse son avancement :

7. Aux termes de l'article 79 de la loi du 26 janvier 1984, dans sa version alors en vigueur : " L'avancement de grade a lieu de façon continue d'un grade au grade immédiatement supérieur. () Il a lieu suivant l'une ou plusieurs des modalités ci-après : 1° Soit au choix par voie d'inscription à un tableau annuel d'avancement, établi après avis de la commission administrative paritaire, par appréciation de la valeur professionnelle et des acquis de l'expérience professionnelle des agents ; () ". Aux termes de l'article 12-1 du décret du 12 mai 2016, dans sa version applicable au litige : " L'avancement à partir d'un grade situé en échelle de rémunération C1 dans un grade situé en échelle de rémunération C2 s'opère selon les modalités suivantes : / 1° Soit par voie d'inscription à un tableau annuel d'avancement, établi après avis de la commission administrative paritaire, après une sélection par la voie d'un examen professionnel () ; / 2° Soit par voie d'inscription à un tableau annuel d'avancement établi, au choix, après avis de la commission administrative paritaire, parmi les agents relevant d'un grade situé en échelle C1 ayant au moins un an d'ancienneté dans le 5e échelon et comptant au moins huit ans de services effectifs dans ce grade ou dans un grade doté de la même échelle de rémunération d'un autre corps ou cadre d'emplois de catégorie C, ou dans un grade équivalent si le corps ou cadre d'emplois d'origine est situé dans une échelle de rémunération différente ou n'est pas classé en catégorie C ; () ".

8. Aux termes de l'article 76 de la loi du 26 janvier 1984, dans sa version alors en vigueur : " L'appréciation, par l'autorité territoriale, de la valeur professionnelle des fonctionnaires se fonde sur un entretien professionnel annuel conduit par le supérieur hiérarchique direct qui donne lieu à l'établissement d'un compte rendu. () ". Aux termes de l'article 2 du décret du 16 décembre 2014 : " Le fonctionnaire bénéficie chaque année d'un entretien professionnel qui donne lieu à compte rendu ".

9. D'une part, il résulte de ces dispositions que l'avancement de grade au choix ne constitue pas un droit pour un fonctionnaire et qu'il est fonction de la valeur professionnelle et des acquis de l'expérience professionnelle des agents, qui sont appréciés en prenant en compte principalement les comptes-rendus d'entretiens professionnels et les propositions motivées formulées par leurs chefs de service.

10. D'autre part, s'il résulte des dispositions citées précédemment de l'article 76 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale que, sauf dérogation prévue par les statuts particuliers, l'évaluation de la valeur professionnelle du fonctionnaire doit faire l'objet chaque année d'un entretien par le supérieur hiérarchique donnant lieu à l'établissement d'un compte-rendu visé par l'autorité territoriale, l'application de ces dispositions est subordonnée à la présence effective du fonctionnaire au cours de l'année en cause pendant une durée suffisante, eu égard notamment à la nature des fonctions exercées, pour permettre à son chef de service d'apprécier sa valeur professionnelle.

11. Enfin, aux termes de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984, dans sa version alors en vigueur : " Le fonctionnaire en activité a droit : () / 4° A un congé de longue durée () ". Aux termes de l'article 30 du décret du 30 juillet 1987 relatif, notamment, au régime de congés de maladie des fonctionnaires territoriaux : " Le temps passé en congé, de maladie, de longue maladie ou de longue durée avec traitement, demi-traitement ou pendant une période durant laquelle le versement du traitement a été interrompu en application des articles 29 et 34 du présent décret est valable pour l'avancement à l'ancienneté et entre en ligne de compte dans le minimum de temps valable pour pouvoir prétendre au grade supérieur. Il compte également pour la détermination du droit à la retraite et donne lieu au versement de retenues et contributions à la Caisse nationale de retraites ". En vertu de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984, ainsi que de l'article 30 du décret du 30 juillet 1987, les fonctionnaires placés en congé de longue durée ne sont pas, de ce seul fait, privés du droit à être inscrit à un tableau d'avancement.

12. En l'espèce, il est constant que M. B remplit les conditions statutaires d'ancienneté et d'échelon au titre du choix, toutefois cette circonstance ne lui conférait aucun droit à être nommé dans le grade sollicité au titre de l'avancement au choix.

13. Il ressort de la décision attaquée que s'agissant de l'avancement au grade d'adjoint technique principal de deuxième classe, l'EPT a fait le choix, afin d'apprécier les critères de la valeur professionnel et des acquis de l'expérience professionnelle, " de ne proposer l'avancement au choix que les fonctionnaires ayant été évalués au titre de l'année écoulées et satisfaisant totalement ou en grande partie aux exigences du poste ". L'avancement sollicité par M. B lui a alors été refusé au motif que, " étant absent depuis avril 2016, il n'a pu être évalué par ses supérieurs hiérarchiques () [et] ne remplit donc pas les conditions pour être proposé à l'avancement de grade ". Il résulte ainsi des termes de la décision attaquée que l'EPT ne s'est pas fondé, pour refuser d'inscrire le requérant sur le tableau d'avancement au grade d'adjoint technique principal de deuxième classe, sur la seule circonstance que le requérant était placé en congé de longue durée, ni n'a fait application d'un critère lié à un tel placement en congé de maladie, mais sur la circonstance que, du fait de son absence depuis 2016, il n'a pas pu être évalué par ses supérieurs hiérarchiques. Or, il est constant que M. B, qui a bénéficié d'un congé de longue durée, était absent depuis au moins le mois d'avril 2016 et n'était pas effectivement présent au sein du service au cours de l'année en cause. Dès lors, l'administration, qui n'était pas tenue d'organiser un entretien professionnel du fait de l'absence de présence effective du fonctionnaire au cours de l'année en cause, n'a pas commis d'erreur de droit et n'a pas entaché sa décision de discrimination. Par suite, le moyen soulevé à ce titre doit être écarté.

En ce qui concerne la décision du 12 juin 2020 en tant qu'elle refuse de reconnaître sa pathologie aux cervicales en tant que maladie professionnelle :

14. En premier lieu, le requérant fait état d'un avis défavorable de la commission de réforme relatif au caractère professionnel de sa pathologie aux cervicales, qui serait entaché d'un vice de procédure lié à l'absence de saisine préalable d'un expert. Toutefois, le requérant n'établit pas l'existence de cet avis et il ne ressort pas des pièces du dossier qu'à la date de la décision attaquée, la commission de réforme aurait été saisie pour avis relatif à la maladie de M. B liée aux cervicales. Par suite, le moyen doit être écarté.

15. En second lieu, aux termes de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. / Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande () ".

16. Il résulte de ces dispositions qu'une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas entachée d'illégalité du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. Elle ne peut être regardée comme illégale qu'en l'absence de communication de ses motifs dans le délai d'un mois par l'autorité saisie. Le moyen tiré de ce que la décision contestée serait illégale du seul fait de son absence de motivation doit donc être écarté. Dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier et qu'il n'est au demeurant pas allégué que M. B aurait sollicité la communication des motifs de la décision implicite de rejet opposée par l'EPT à sa demande de reconnaissance de sa pathologie affectant les cervicales en tant que maladie professionnelle, le moyen tiré de l'absence de motivation doit être écarté.

En ce qui concerne la décision du 12 juin 2020 en tant qu'elle refuse de reconnaître sa pathologie au coude en tant que maladie professionnelle :

17. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article 37-6 du décret du 30 juillet 1987, dans sa version issue de l'article 5 du décret n° 2019-301 du 10 avril 2019 entré en vigueur le 13 avril suivant : " La commission de réforme est consultée par l'autorité territoriale : () 3° Lorsque l'affection résulte d'une maladie contractée en service telle que définie au IV de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 précitée dans les cas où les conditions prévues au premier alinéa du même IV ne sont pas remplies ". Aux termes des dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983, dans sa version applicable au litige : " () IV. Est présumée imputable au service toute maladie désignée par les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale et contractée dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions dans les conditions mentionnées à ce tableau () ".

18. Il n'est pas contesté que la maladie affectant son coude, dont M. B demande la reconnaissance, est désignée au n° 57B du tableau des maladies professionnelles. Il résulte des dispositions citées au point précédent que, s'agissant d'une maladie relevant des tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale, l'autorité territoriale n'était pas tenue de consulter la commission de réforme. Dès lors, M. B ne peut pas, en toute hypothèse, se prévaloir d'un vice de procédure tiré de l'absence de saisine de la commission de réforme. Par suite, le moyen doit être écarté.

19. En second lieu, le requérant soutient que la décision de refus de reconnaissance de sa pathologie au coude en tant que maladie professionnelle est illégale dès lors qu'elle n'est pas motivée. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier et il n'est au demeurant pas allégué que M. B aurait sollicité la communication des motifs de la décision implicite de rejet opposée par l'EPT à sa demande de reconnaissance de sa pathologie affectant le coude en tant que maladie professionnelle. Par suite, le moyen tiré de l'absence de motivation doit être écarté.

20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 12 juin 2020 de la directrice générale adjointe de l'EPT Plaine Commune doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. F B et l'établissement public territorial Plaine Commune.

Délibéré après l'audience du 17 octobre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Truilhé, président,

M. L'hôte, premier conseiller,

Mme Bazin, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2023.

La rapporteure,Le président,Mme BazinM. TruilhéLa greffière,Mme C

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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