jeudi 22 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2010024 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | COUBRIS, COURTOIS ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 24 septembre 2020, 13 juillet 2021 et 11 mars 2022, M. A D et Mme C D, agissant en leur qualité d'ayant droit de leur enfant B décédée et en leur nom propre, représentés par la SELARL Coubris, Courtois et Associés, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) de condamner le Groupement Hospitalier Intercommunal (" GHI ") Le Raincy-Monfermeil à leur verser, en réparation des préjudices subis du fait d'un retard de prise en charge ayant causé le décès de leur enfant B, les sommes suivantes assorties des intérêts à taux légal et avant application du taux de perte de chance qui ne saurait ni être inférieur à 30% ni être appliqué au préjudice d'impréparation :
- 80 480 euros en leur qualité d'ayant droit ;
- 71 520 euros à Mme D ;
- 54 276,53 euros à M. D ;
2°) de mettre à la charge du GHI Le Raincy-Monfermeil les dépens et la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le centre hospitalier de Montfermeil a commis une faute en n'ayant pas procédé plus tôt à l'extraction de l'enfant à naître, il engage sa responsabilité pour un retard de prise en charge obstétricale ;
- le taux de perte de chance ne saurait être inférieur à 30% ;
- le centre hospitalier de Montfermeil a manqué à son obligation d'information et ils sont fondés à obtenir chacun, sans application d'un taux de perte de chance, la somme de 10 000 euros au titre de leur préjudice d'impréparation ;
- ils sont fondés à obtenir, avant application du taux de perte de chance, l'indemnisation des préjudices suivants :
- en leur qualité d'ayants droit de leur enfant décédé : 480 euros de déficit fonctionnel temporaire total, 70 000 euros de souffrances endurées, 10 000 euros de préjudice esthétique temporaire ;
- en leur qualité de victimes indirectes : 30 000 euros chacun de préjudice d'affection, 10 000 euros chacun de préjudice d'accompagnement, 220 euros de frais de psychologue pour Mme D, 975,93 euros de frais de transport pour M. D,
1 300 euros de frais d'obsèques pour Mme D, 3 300,60 euros de perte de gains professionnels pour M. D, 20 000 euros d'incidence professionnelle pour Mme D.
Par un mémoire, enregistré le 24 mars 2021, la caisse primaire d'assurance maladie de la Seine-Saint-Denis conclut à ce que le défendeur lui rembourse la somme de 52 023,40 euros au titre des prestations versées en raison de la faute commise par celui-ci et lui verse l'indemnité forfaitaire de gestion.
Elle soutient qu'elle est fondée à obtenir la somme de 53 023,40 euros, comprenant 1 995,38 euros de frais d'hospitalisation à l'hôpital Montfermeil et 51 028,02 euros à l'hôpital Trousseau.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 14 juin et 22 septembre 2021 et 24 mars 2022, le GHI Le Raincy-Monfermeil, représenté par Me Boileau, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'indemniser les préjudices subis par les requérants à hauteur de 24 000 euros ;
2°) de rejeter les conclusions de la caisse primaire d'assurance maladie de la Seine-Saint-Denis, à tout le moins de fixer la somme à 15 907,02 euros ;
3°) de ramener à de plus justes proportions les frais liés à l'instance.
Il fait valoir que :
- les requérants ne sauraient se prévaloir de l'offre amiable ;
- il s'en rapporte à la sagesse du tribunal s'agissant du principe de sa responsabilité ;
- sa part de responsabilité ne saurait excéder 30% ;
- les requérants sont fondés à obtenir l'indemnisation de leurs préjudices à hauteur de 24 000 euros, comprenant, après application du taux de perte de chance, 12 000 euros de souffrances endurées, 6 000 euros chacun de préjudice d'affection, et les autres préjudices doivent être écartés ;
- les demandes de la caisse doivent être rejetées, à tout le moins y appliquer le taux de perte de chance de 30%.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- l'arrêté du 14 décembre 2021 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2022 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme E,
- les conclusions de M. Terme, rapporteur public,
- et les observations de Me Tiphaine représentant les requérants et de Me Boileau représentant le GHI Le Raincy-Montfermeil.
Considérant ce qui suit :
1. Le 28 juillet 2014 à 12 heures, Mme C D s'est rendue au service des urgences de la maternité du centre hospitalier de Montfermeil, relevant du Groupement Hospitalier Intercommunal (" GHI ") Le Raincy-Monfermeil, dans le cadre d'une rupture de la poche des eaux à trente-neuf semaines et trois jours d'aménorrhées. Elle a subi une césarienne le jour même à 17h30 et son enfant B est née en état de mort apparente. B a été réanimée et prise en charge en service de néonatologie puis a été transférée à 19h20 à l'hôpital Trousseau, de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris, où elle est décédée au seizième jour de sa vie. Mme D et son époux ont saisi la commission de conciliation et d'indemnisation d'Ile-de-France qui, après expertise du 27 décembre 2017, a émis un avis du 26 avril 2018 aux termes duquel la responsabilité du GHI Le Raincy-Monfermeil est engagée à hauteur de 30% des préjudices subis. Après avoir refusé les offres de la Société hospitalière d'assurance mutuelle (Sham), assureur du GHI Le Raincy-Monfermeil, ils demandent au tribunal l'indemnisation de leurs préjudices.
Sur les fautes :
2. En premier lieu, aux termes du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. / () ".
3. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, qu'en présence d'une diminution des mouvements de l'enfant à naître depuis vingt-quatre heures, signalée par Mme D à son arrivée aux urgences de la maternité à 12h, et d'un rythme cardiaque du fœtus très anormal constaté à 14h, une extraction par césarienne aurait dû être réalisée au plus tôt. Le retard à réaliser cette opération, qui n'a eu lieu qu'à 17h30, a aggravé l'hémorragie fœto-maternelle, à l'origine du décès de l'enfant. Ainsi, la prise en charge de Mme D n'a pas été conforme aux règles de l'art. Par suite, la responsabilité pour faute du GHI Le Raincy-Monfermeil doit être retenue.
4. Toutefois, dans le cas où la faute commise lors de la prise en charge ou le traitement d'un patient dans un établissement public hospitalier a compromis ses chances d'obtenir une amélioration de son état de santé ou d'échapper à son aggravation, le préjudice résultant directement de la faute commise par l'établissement et qui doit être intégralement réparé n'est pas le dommage corporel constaté, mais la perte de chance d'éviter que ce dommage soit advenu. La réparation qui incombe à l'hôpital doit alors être évaluée à une fraction du dommage corporel déterminée en fonction de l'ampleur de la chance perdue.
5. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise, que l'hémorragie fœto-maternelle et son aggravation ont débuté avant l'arrivée aux urgences de Mme D. En ayant tardé à réaliser une césarienne, le centre hospitalier de Montfermeil a fait perdre à B une chance de survie. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de fixer ce taux de perte de chance à 30%.
6. En second lieu, aux termes de l'article L. 1111-2 du code de la santé publique : " I. - Toute personne a le droit d'être informée sur son état de santé. Cette information porte sur les différentes investigations, traitements ou actions de prévention qui sont proposés, leur utilité, leur urgence éventuelle, leurs conséquences, les risques fréquents ou graves normalement prévisibles qu'ils comportent ainsi que sur les autres solutions possibles et sur les conséquences prévisibles en cas de refus. Elle est également informée de la possibilité de recevoir, lorsque son état de santé le permet, notamment lorsqu'elle relève de soins palliatifs au sens de l'article
L. 1110-10, les soins sous forme ambulatoire ou à domicile. Il est tenu compte de la volonté de la personne de bénéficier de l'une de ces formes de prise en charge. Lorsque, postérieurement à l'exécution des investigations, traitements ou actions de prévention, des risques nouveaux sont identifiés, la personne concernée doit en être informée, sauf en cas d'impossibilité de la retrouver. / Cette information incombe à tout professionnel de santé dans le cadre de ses compétences et dans le respect des règles professionnelles qui lui sont applicables. Seules l'urgence ou l'impossibilité d'informer peuvent l'en dispenser. / Cette information est délivrée au cours d'un entretien individuel. / La volonté d'une personne d'être tenue dans l'ignorance d'un diagnostic ou d'un pronostic doit être respectée, sauf lorsque des tiers sont exposés à un risque de transmission. / II. - Les droits des mineurs mentionnés au présent article sont exercés par les personnes titulaires de l'autorité parentale ou par le tuteur, qui reçoivent l'information prévue par le présent article, sous réserve des articles L. 1111-5 et L. 1111-5-1. Les mineurs ont le droit de recevoir eux-mêmes une information et de participer à la prise de décision les concernant, d'une manière adaptée à leur degré de maturité. ".
7. Si les requérants font valoir qu'ils n'ont pas été informés au cours de l'accouchement et en post-natal sur la santé de leur enfant, un défaut d'information n'est susceptible d'engager la responsabilité que lorsque, le cas échéant, il prive une personne d'une chance de se soustraire à la réalisation d'un risque. Au cas d'espèce, et alors, en tout état de cause, que la prise en charge de B a été effectuée dans un contexte d'urgence, le défaut d'information allégué concerne la prise en charge de l'enfant après la réalisation de la césarienne. Par ailleurs il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise, que les requérants ont été consultés, au onzième jour de vie de B, soit cinq jour avant son décès, sur une limitation des thérapeutiques actives. Dans ces conditions, la responsabilité pour défaut d'information du GHI Le Raincy-Monfermeil n'est pas engagée.
Sur les préjudices :
8. Saisi de conclusions indemnitaires, le juge n'est pas tenu d'accorder une somme au moins égale à celle que l'administration s'était déclarée prête à verser à l'amiable au demandeur. Par suite, les requérants ne sauraient utilement se prévaloir de ce que l'assureur du défendeur avait proposé une indemnisation pour certains postes de préjudice.
S'agissant des préjudices de la victime directe :
Quant aux débours de la caisse primaire d'assurance maladie (" CPAM ") de la Seine-Saint-Denis au titre des dépenses de santé :
9. En premier lieu, la CPAM de la Seine-Saint-Denis justifie avoir supporté des frais d'hospitalisation relatifs à des soins médicaux en lien direct avec l'aggravation de l'état de santé de l'enfant, pour un montant de 53 023,40 euros. Par suite, elle est fondée à en obtenir le remboursement à hauteur de 15 907,02 euros, compte tenu du taux de perte de chance.
Quant aux préjudices des ayants droit :
10. Le droit à la réparation d'un dommage, quelle que soit sa nature, s'ouvre à la date à laquelle se produit le fait qui en est directement la cause. Si la victime du dommage décède avant d'avoir elle-même introduit une action en réparation, son droit, entré dans son patrimoine avant son décès, est transmis à ses héritiers.
11. En premier lieu, il résulte de l'instruction que B a subi un déficit fonctionnel temporaire total sur une durée de seize jours et dont il convient de fixer le taux journalier à 15 euros. Par suite, les requérants sont fondés à obtenir la somme de 240 euros, soit 72 euros après application du taux de perte de chance.
12. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction, particulièrement de l'expertise, que B a subi des souffrances endurées estimées à 7 sur une échelle allant de 0 à 7. Eu égard notamment à la durée de vie de l'enfant et à la circonstance qu'elle a été rapidement sédatée, il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en l'évaluant à 15 000 euros, soit 4 500 euros après application du taux de perte de chance.
13. En troisième lieu, il résulte de l'instruction, notamment de l'expertise, que B a été intubée, ventilée en trachéal et a reçu des perfusions ainsi qu'une transfusion. Il sera fait une juste appréciation du préjudice esthétique temporaire en l'évaluant à 1 000 euros, soit 300 euros après application du taux de perte de chance.
S'agissant des préjudices des victimes indirectes :
14. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 7, que les requérants ne peuvent utilement se prévaloir d'un préjudice d'impréparation.
15. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction, notamment de la facture produite au dossier et émanant de son psychologue, que Mme D a exposé la somme de 220 euros dans le cadre d'un accompagnement psychologique en raison du décès de B et il ne résulte pas de l'instruction, eu égard notamment à l'état des débours de la caisse, que ces frais auraient été partiellement ou totalement pris en charge par un organisme d'assurance maladie. Toutefois, la requérante ne justifie pas avoir exposé des frais d'obsèques pour un montant de 1 300 euros. Par suite, Mme D n'est fondée à obtenir, au titre de ses divers frais, que le remboursement de la somme de 220 euros, soit 66 euros après application du taux de perte de chance.
16. En troisième lieu, il résulte de l'instruction, notamment du certificat d'admission sanitaire du cercueil contenant la dépouille de l'enfant B, de l'e-ticket d'achat d'un billet d'avion pour se rendre en Tunisie d'un montant de 179,70 euros et du contrat de location d'un véhicule d'un montant de 1 610 dinar tunisien, soit 708,40 euros eu égard au taux de change alors applicable, que M. D a exposé 888,10 euros de frais de transport pour les obsèques de son enfant B en Tunisie, lesquelles présentent un lien direct avec la faute commise par l'hôpital de Montfermeil. Il ne justifie toutefois pas d'un tel lien de causalité pour les frais de 303 euros payés à une société de boucherie. Par suite, M. D n'est fondé à obtenir, au titre de ses divers frais, que le remboursement de la somme de 888,10 euros, soit 266,43 euros compte tenu du taux de perte de chance.
17. En quatrième lieu, il résulte de l'instruction, notamment de l'attestation de l'entreprise supplay du 10 avril 2018 et du contrat de travail du 8 février 2016, que M. D exerçait, depuis le 11 mars 2013, la profession de ripeur sous contrats intérimaires et qu'il a cessé son activité professionnelle entre le 1er août 2014, soit antérieurement à la faute commise et le 7 février 2016. Toutefois, eu égard notamment à cette période de cessation d'activité et aux avis d'imposition produits faisant état de 10 054 euros de revenus en 2013, 10 283 euros en 2014, 12 042 euros en 2015 et 15 807 euros en 2016, M. D ne justifie pas d'une perte de revenu présentant un lien de causalité à la faute commise. Par suite, ce poste de préjudice doit être écarté.
18. En cinquième lieu, il ne résulte pas de l'instruction que Mme D, qui indique avoir démissionné de son travail le 14 décembre 2013, soit antérieurement à la faute commise, a subi une incidence professionnelle en lien direct avec la faute commise par l'hôpital de Montfermeil. Par suite, ce poste de préjudice doit être écarté.
19. En sixième lieu, il résulte de l'instruction que les requérants ont subi un préjudice d'affection dont il sera fait une juste appréciation en le fixant à 20 000 euros chacun, soit 6 000 euros chacun compte tenu du taux de perte de chance.
20. En septième lieu, il résulte de l'instruction que les requérants ont accompagné leur enfant jusqu'à son décès et ont ainsi subi un préjudice d'accompagnement dont il sera fait une juste appréciation en le fixant à la somme de 1 000 euros chacun, soit 300 euros chacun compte tenu du taux de perte de chance.
21. Il résulte des points 9 à 20 que le GHI Le Raincy-Monfermeil doit être condamné à verser la somme globale de 4872 euros aux requérants en leur qualité d'ayant droit de leur fille, les sommes de 6 366 euros à Mme D et de 6 566,43 euros à M. D en leur qualité de victime indirecte, la somme de 15 907,02 euros à la CPAM de la Seine-Saint-Denis au titre de ses débours.
Sur le surplus :
22. Lorsqu'ils ont été demandés et, quelle que soit la date de cette demande, les intérêts moratoires dus en application de l'article 1231-6 du code civil courent à compter du jour où la demande de paiement du principal est parvenue au débiteur ou, en l'absence d'une telle demande préalablement à la saisine du juge, à compter du jour de cette saisine. Dès lors, les requérants ont droit aux intérêts au taux légal sur les sommes qui leur sont accordées à compter de la notification de l'avis de la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux au GHI Le Raincy-Monfermeil, correspondant à leur demande préalable. Il y a lieu de leur allouer les intérêts à compter du 24 septembre 2020, ainsi qu'ils le demandent.
23. Aux termes du neuvième alinéa de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale : " En contrepartie des frais qu'elle engage pour obtenir le remboursement mentionné au troisième alinéa ci-dessus, la caisse d'assurance maladie à laquelle est affilié l'assuré social victime de l'accident recouvre une indemnité forfaitaire à la charge du tiers responsable et au profit de l'organisme national d'assurance maladie. Le montant de cette indemnité est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans les limites d'un montant maximum de 910 euros et d'un montant minimum de 91 euros. A compter du 1er janvier 2007, les montants mentionnés au présent alinéa sont révisés chaque année, par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget, en fonction du taux de progression de l'indice des prix à la consommation hors tabac prévu dans le rapport économique, social et financier annexé au projet de loi de finances pour l'année considérée ". L'article 1er de l'arrêté du 14 décembre 2021 visé ci-dessus prévoit que : " Les montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale sont fixés respectivement à 110 € et 1 114 € au titre des remboursements effectués au cours de l'année 2022. ".
24. Eu égard au montant des sommes accordées à la CPAM de la Seine-Saint-Denis, il y a lieu de mettre à la charge du GHI Le Raincy-Monfermeil la somme de 1 114 euros.
25. Les requérants n'alléguant avoir exposé aucun dépens au titre de la présente instance, leur demande doit être rejetée.
26. Dans les circonstances de l'espèce et sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu de mettre à la charge du GHI Le Raincy-Monfermeil la somme de 1 500 euros à verser aux requérants.
D E C I D E :
Article 1er : Le Groupement Hospitalier Intercommunal Le Raincy-Monfermeil est condamné à verser la somme de 4 872 euros à M. et Mme D en leur qualité d'ayant droit, les sommes de 6 366 euros à Mme D et de 6 566,43 euros à M. D en leur qualité de victime indirecte. Ces sommes porteront intérêts au taux légal à compter du 24 septembre 2020.
Article 2 : Le Groupement Hospitalier Intercommunal Le Raincy-Monfermeil est condamné à verser à la caisse primaire d'assurance maladie de la Seine-Saint-Denis la somme de 15 907,02 euros.
Article 3 : Le Groupement Hospitalier Intercommunal Le Raincy-Monfermeil est condamné à verser à la caisse primaire d'assurance maladie de la Seine-Saint-Denis la somme de 1 114 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue par les dispositions de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.
Article 4 : Le Groupement Hospitalier Intercommunal Le Raincy-Monfermeil versera à M. et Mme D la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme D, au Groupement Hospitalier Intercommunal Le Raincy-Monfermeil et à la caisse primaire d'assurance maladie de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 8 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Gauchard, président,
Mme Caron-Lecoq, conseillère,
M. Breuille, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2022.
La rapporteure,
Signé
C. E
Le président,
Signé
L. Gauchard La greffière,
Signé
S. Jarrin
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
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01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026