vendredi 14 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2013370 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | YAHIA |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 2016274 du 1er décembre 2020, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal administratif de Montreuil la requête de M. B, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative.
Par cette requête, enregistrée le 6 octobre 2020, et deux mémoires complémentaires, enregistrés les 14 décembre 2020 et 27 décembre 2023, M. B doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 11 mars 2014, par laquelle la directrice du centre hospitalier de Saint-Denis a prononcé sa radiation des cadres à compter du 1er octobre 1996 ;
2°) de condamner le centre hospitalier de Saint-Denis à lui verser une somme de 758,92 euros au titre du remboursement du surplus de cotisations versé au régime de l'Institution de retraite complémentaire des agents non titulaires de l'Etat et des collectivités publiques (Ircantec), ainsi qu'une somme de 11 229, 42 euros au titre de l'indemnité de radiation et une somme de 5 000 euros de dommages et intérêts en réparation de ses préjudices.
Il soutient que :
- la décision du 11 mars 2014 prononçant sa radiation des cadres à compter du 1er octobre est illégale ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article 37 du décret du 13 octobre 1988, dès lors que l'administration ne lui a pas proposé au moins trois postes ;
- elle est entachée d'une erreur de fait, dès lors qu'il a réitéré sa volonté d'être réintégré par un courrier du 16 février 2000 ;
- elle méconnaît de l'autorité de la chose jugée attachée au jugement du 16 décembre 1999 du tribunal administratif de Paris.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 17 novembre 2023 et 22 janvier 2024, le centre hospitalier de Saint-Denis, représenté par Me Yahia, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable, dès lors qu'elle ne contient l'exposé d'aucun moyen ;
- les conclusions indemnitaires sont irrecevables, dès lors que le requérant n'a pas adressé de réclamation indemnitaire préalable à l'administration, de sorte qu'il n'a pas lié le contentieux en application de l'article R. 421-1 du code de justice administrative ;
- la décision attaquée est légale.
La clôture de l'instruction a été fixée au 8 février 2024.
Les parties ont été informées le 22 mai 2024, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le tribunal était susceptible de relever d'office le moyen tiré de la tardiveté des conclusions à fin d'annulation de la requête, dès lors qu'elles ont été enregistrées au-delà du délai raisonnable dont M. B disposait pour contester la décision attaquée dont il a eu connaissance le 17 décembre 2018, soit plus d'un an avant l'enregistrement de sa requête le 6 octobre 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Van Maele ;
- les conclusions de Mme de Bouttemont, rapporteure publique,
- les observations de Me Rousseau, substituant Me Yahia, représentant le centre hospitalier de Saint-Denis.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, agent titulaire de la fonction publique hospitalière, exerçait les fonctions d'ouvrier professionnel au sein du centre hospitalier de Saint-Denis depuis le 16 juillet 1980. Par une décision du 9 février 1988, il a été placé en position de disponibilité pour convenances personnelles pour la période allant du 2 février 1988 au 1er février 1989. Il a sollicité sa réintégration le 30 novembre 1988 et a été maintenu en position de disponibilité d'office, à compter du 2 février 1989, dans l'attente de la vacance d'un poste. Par une décision du 29 janvier 1997, le centre hospitalier de Saint-Denis a prononcé sa radiation des cadres à compter du 1er octobre 1996, au motif qu'il n'avait pas répondu à un courrier du directeur de l'établissement hospitalier l'invitant à faire connaître sa situation, ni fait connaître son changement d'adresse. Cette décision a été annulée pour erreur de droit par un jugement du tribunal administratif de Paris du 16 décembre 1999. M. B a été réintégré dans la position qui était la sienne à la date de la radiation illégale, par une décision du 22 mars 2000 prise par le directeur du centre hospitalier, en exécution de ce jugement. Dans le cadre de ses démarches pour bénéficier de la retraite du secteur public, M. B a été informé le 17 décembre 2018 par la Caisse nationale de retraite compétente (la CNRACL), qu'une nouvelle décision de radiation avait été prise à son encontre par le centre hospitalier de Saint-Denis le 11 mars 2014, avec effet au 1er octobre 1996. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler cette décision du 11 mars 2014 et de condamner le centre hospitalier de Saint-Denis à lui verser une somme de 758,92 euros au titre du remboursement du surplus de cotisations versé au régime de l'Institution de retraite complémentaire des agents non titulaires de l'Etat et des collectivités publiques (Ircantec), une somme de 11 229, 42 euros au titre de l'indemnité de radiation et une somme de 5000 euros de dommages et intérêts en réparation de ses préjudices.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".
3. Toutefois, le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l'exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu'il en a eu connaissance.
4. En l'espèce, si M. B soutient sans être contesté que la décision du 11 mars 2014 ne lui a pas été notifiée, il ressort des pièces du dossier qu'il a été informé de l'existence de cette décision par un courrier par la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales (CNRACL) du 17 décembre 2018, qui en reprenait les principaux éléments. Il en ressort également que l'intéressé n'a effectué aucune démarche durant plus d'un an et n'a cherché à obtenir la communication de cette décision qu'en août 2020, soit un an et demi après en avoir appris l'existence. M. B n'a déposé sa requête en annulation de cette décision devant la juridiction administrative que le 6 octobre 2020, soit dans un délai très supérieur à un an à compter de la date à laquelle il en a eu connaissance, sans faire valoir de circonstances particulières justifiant ce délai. Par suite, les conclusions de sa requête dirigées contre cette décision sont tardives et doivent, pour ce motif, être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
5. Il résulte des dispositions de l'article R. 421-1 du code de justice administrative, citées au point 2, qu'en l'absence d'une décision de l'administration rejetant une demande formée devant elle par le requérant ou pour son compte, une requête tendant au versement d'une somme d'argent est irrecevable et peut être rejetée pour ce motif.
6. En l'espèce, il est constant que M. B n'a pas adressé de demande indemnitaire préalable au centre hospitalier de Saint-Denis. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense tirée de l'absence de décision préalable ayant lié le contentieux doit être accueillie.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au Centre hospitalier de Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 31 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Ribeiro-Mengoli, présidente,
Mme Van Maele, première conseillère,
Mme Caro, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 juin 2014.
La rapporteure,
S. Van Maele
La présidente,
N. Ribeiro-Mengoli La greffière,
P. Demol
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2013370
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026