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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2014477

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2014477

lundi 11 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2014477
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation5ème chambre
Avocat requérantKEMPF

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 décembre 2020, M. A C demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 19 novembre 2020 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande de carte de séjour temporaire et de changement de statut, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié " dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous une astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut d'examen personnel et complet de sa situation ;

- l'arrêté est illégal en raison de l'illégalité de l'avis défavorable de la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 avril 2022, le préfet conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative ;

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant malien né le 4 janvier 1982, a formulé le 25 septembre 2018 une demande d'admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté du 19 novembre 2020 dont le requérant demande l'annulation, le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration : " Lorsqu'une demande adressée à l'administration est incomplète, celle-ci indique au demandeur les pièces et informations manquantes exigées par les textes législatifs et réglementaires en vigueur. Elle fixe un délai pour la réception de ces pièces et informations. / Le délai mentionné à l'article L. 114-3 au terme duquel, à défaut de décision expresse, la demande est réputée acceptée ne court qu'à compter de la réception des pièces et informations requises () ".

3. Il est constant que le courrier par lequel l'administration a demandé à la société qui a formulé une demande d'autorisation de travail en faveur de M. C de compléter le dossier a été envoyé à l'adresse " 7 place de l'Hôtel " au lieu de " 7 place de l'Hôtel de Ville ". Dans ces conditions, il n'est pas suffisamment établi que l'employeur de M. C a reçu ce courrier. Il s'ensuit que le requérant est fondé à soutenir que la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi qui ne peut être regardée comme ayant rempli l'obligation prévue à l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration, ne pouvait valablement se fonder sur l'incomplétude du dossier de demande d'autorisation de travail pour la rejeter, de même que le préfet ne pouvait valablement se fonder sur l'avis défavorable de la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi pour rejeter la demande de titre de séjour de l'intéressé.

4. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, l'arrêté du préfet de la Seine-Saint-Denis du 19 novembre 2020 doit être annulé.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

5. L'exécution du présent jugement implique seulement qu'il soit procédé au réexamen de la demande de M. C. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de réexaminer la demande de M. C dans un délai de trois mois à compter de la notification qui lui sera faite du présent jugement, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais d'instance :

6. Il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat, partie perdante, une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du préfet de la Seine-Saint-Denis du 19 novembre 2020 est annulé.

Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de procéder au réexamen de la demande de M. C dans le délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L'Etat versera à M. C une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Délibéré après l'audience du 27 juin 2022, à laquelle siégeaient :

M. Bonhomme, président,

M. Marias, premier conseiller.

Mme Parent, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2022.

La rapporteure,

Signé

M. Parent

Le président,

Signé

T. Bonhomme La greffière,

Signé

B. Bichaoui

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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