vendredi 22 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2100082 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème Chambre (JU) |
| Avocat requérant | ITSOUHOU-MBADINGA |
Vu la procédure suivante :
A une ordonnance du 31 décembre 2020, enregistrée le 5 janvier 2021 au greffe du tribunal, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal la requête présentée A M. B H.
A une requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Paris le 12 décembre 2020, M. H demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 11 décembre 2020, A lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant un an ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :
- les décisions attaquées ont été signées A une autorité incompétente ;
- elles sont insuffisamment motivées, en particulier la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire et la décision portant interdiction de retour sur le territoire français qui ne reprend pas l'ensemble des 4 critères mentionnés au 8ème alinéa du III de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen sérieux de sa situation personnelle ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
- cette décision est illégale en ce qu'elle se fonde sur une mesure d'éloignement elle-même entachée d'illégalité ;
- elle méconnaît les dispositions du II de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il n'existe pas de risque de fuite dans la mesure où il justifie d'une adresse stable et se trouve en possession de son passeport en cours de validité ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- cette décision est illégale en ce qu'elle se fonde sur une mesure d'éloignement elle-même entachée d'illégalité ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et se trouve entachée d'erreur manifeste d'appréciation eu égard aux risques qui pèseraient sur sa vie en cas de retour dans son pays d'origine ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- cette décision est illégale en ce qu'elle se fonde sur une mesure d'éloignement elle-même entachée d'illégalité ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il justifie d'une adresse stable et permanente, qu'il est en possession de son passeport en cours de validité, qu'il n'a jamais fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement et qu'il éprouve des craintes pour sa vie et son intégrité physique en cas de retour dans son pays d'origine.
La requête a été communiquée au préfet des Hauts-de-Seine, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
-le code de justice administrative.
Le président du Tribunal administratif de Montreuil a désigné M. C, pour se prononcer sur les litiges mentionnés aux articles L. 776-1, L. 776-2, L. 771-1 à L. 777-3 et R. 776-15 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 26 avril 2021 :
- le rapport de M. C,
- les observations orales de Me Itsouhou-Mbadinga, avocat, représentant M. H, qui conclut aux mêmes fins que la requête A les mêmes moyens ; il soutient en outre que M. H est entré en France au cours de l'année 2018 et non en 2019 comme cela est indiqué dans l'arrêté en litige, que le préfet n'a pas procédé à un examen personnel et approfondi de sa situation dès lors qu'il n'a pas repris dans son arrêté les éléments recueillis lors de son audition A les services de police relatifs à la durée de son séjour en présence et au fait qu'il est en possession de son passeport et de son permis de conduire, que le préfet n'a pas davantage pris en compte les craintes formulées A l'intéressé lors de cette même audition et a méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, alors qu'il a quitté son pays d'origine en raison de persécutions liées à son activité, des trafiquants de drogue exigeant indûment de sa part le paiement de loyers, alors que les coupures de presse versés aux débats font état de ce que la région de Morelos connaît une criminalité importante liée au trafic de stupéfiants.
- le préfet des Hauts-de-Seine n'étant ni présent ni représenté ;
- M. H n'étant pas présent à l'audience.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B H, ressortissant mexicain, né le 27 septembre 1975 à Morelos (Mexique) est entré en France à la fin du mois de mai 2018 muni de son passeport revêtu d'un visa touristique, selon ses déclarations. A un arrêté du 11 décembre 2020, dont le requérant demande l'annulation, le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions attaquées :
2. En premier lieu, A un arrêté n° 2020-127 du 2 octobre 2020, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture des Hauts-de-Seine du même jour, le préfet des Hauts-de-Seine a donné délégation à Mme E G, chef du bureau des examens spécialisés et de l'éloignement, signataire de la décision attaquée, pour signer notamment, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme F D, directrice des migrations et de l'intégration, " les décisions d'obligation de quitter le territoire français assorties ou non d'un délai de départ volontaire et fixant le pays de renvoi (), les décisions d'interdiction de retour sur le territoire français () ". Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes du I de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger à quitter le territoire français un étranger non ressortissant d'un Etat membre de l'Union européenne, d'un autre Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse et qui n'est pas membre de la famille d'un tel ressortissant au sens des 4° et 5° de l'article L. 121-1, lorsqu'il se trouve dans l'un des cas suivants : () / 2° Si l'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée sur le territoire sans être titulaire d'un premier titre de séjour régulièrement délivré () / La décision énonçant l'obligation de quitter le territoire français est motivée () / L'obligation de quitter le territoire français fixe le pays à destination duquel l'étranger est renvoyé en cas d'exécution d'office. " ; aux termes du II du même article : " L'étranger auquel il est fait obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de l'obligation de quitter le territoire français () / Toutefois, l'autorité administrative peut, A une décision motivée, décider que l'étranger est obligé de quitter sans délai le territoire français : () / 3° S'il existe un risque que l'étranger se soustraie à cette obligation. Ce risque peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () / b) Si l'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () / h) Si l'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français. " ; aux termes du III de cet article L. 511-1 : " L'autorité administrative, A une décision motivée, assortit l'obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français, d'une durée maximale de trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, lorsque aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger. / Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative ne prononce pas d'interdiction de retour () / La durée de l'interdiction de retour mentionnée aux premier, sixième et septième alinéas du présent III ainsi que le prononcé et la durée de l'interdiction de retour mentionnée au quatrième alinéa sont décidés A l'autorité administrative en tenant compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. "
4. D'une part, il résulte des termes de l'arrêté contesté que celui-ci comporte les considérations de droit et de fait qui fondent l'obligation faite à M. H de quitter le territoire français puisqu'il vise l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et le I de l'article L. 511-1 cité ci-dessus, et notamment son 2°, et mentionne que le requérant, qui a déclaré être entré régulièrement en France au mois d'avril 2019 muni de son passeport, s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée autorisée de trois mois, alors qu'il n'est pas titulaire d'un titre de séjour régulièrement délivré. L'arrêté précise également que l'intéressé a déclaré être célibataire sans charge de famille et n'est pas dépourvu d'attaches dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de 44 ans et, qu'au cas d'espèce, la décision qui est opposée à M. H ne contrevient pas aux stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il résulte de ce qui précède que l'obligation de quitter le territoire français est suffisamment motivée en droit comme en fait au sens du I de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
5. D'autre part, il ressort des termes du premier arrêté attaqué que celui-ci comporte les considérations de droit et de fait fondement du refus de délai de départ volontaire puisqu'il vise l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et le II de l'article L. 511-1 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et notamment son 3°, et mentionne, d'une part, que M. H ne justifie d'aucune circonstance particulière pour s'être maintenu irrégulièrement sur le territoire français sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour et, d'autre part, qu'il a manifesté sans ambiguïté son intention de ne pas quitter volontairement le territoire français dès lors qu'il a déclaré qu'il n'envisageait pas un retour dans son pays d'origine. Il résulte de ce qui précède que le refus d'octroi d'un délai de départ volontaire est suffisamment motivé conformément aux dispositions du II de l'article L. 511-1 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
6. De plus, il ressort des termes de l'arrêté attaqué que celui-ci comporte les considérations de droit et de fait de la décision fixant le pays de destination puisqu'il vise le I de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, précise la nationalité du requérant, en l'espèce mexicaine, et mentionne que l'intéressé n'établit pas que sa vie ou sa liberté sont menacés ou exposés à des peines ou traitements contraires à cet article 3 dans le pays à destination duquel il est reconduit d'office. Ces considérations suffisent à caractériser une décision fixant le pays de destination motivée en droit comme en fait.
7. Enfin, il résulte des termes de l'arrêté attaqué que celui-ci comporte les considérations de droit et de fait fondement de l'interdiction faite à M. H de retour sur le territoire français puisqu'il vise l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et le III de l'article L. 511-1 précité, mentionne la date d'entrée alléguée du requérant en France en avril 2019, précise ses liens familiaux en France et au Mexique et indique que la durée d'interdiction de séjour d'un an prononcée à l'encontre de M. H ne porte pas une atteinte disproportionnée au regard de sa vie privée et familiale.
8. Le requérant fait plus particulièrement valoir que le préfet n'a pas fait apparaître dans son arrêté la prise en compte de l'ensemble des éléments d'appréciation de la durée de l'interdiction de séjour mentionnés A les dispositions citées ci-dessus, relatifs à sa durée de présence sur le sol français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France et la circonstance selon laquelle il a déjà fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement. Toutefois, il résulte des dispositions du 8ème alinéa du III de l'article L. 511-1 précitées que, si une décision d'interdiction de retour doit attester de la prise en compte A l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus A la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère. Il incombe ainsi à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger ; elle doit A ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifie sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément. A suite, contrairement à ce qui est soutenu, et en l'absence de menace à l'ordre public et de précédente mesure d'éloignement retenues A le préfet, ce dernier a pris en compte tous les critères prévus A la loi pour déterminer la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français de M. H. A suite, l'interdiction de retour sur le territoire français est suffisamment motivée conformément aux dispositions du III de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
9. En troisième lieu, il ne ressort pas des termes de l'arrêté attaqué, lequel n'avait pas à comporter l'ensemble des éléments allégués A le requérant, notamment de son audition A les services de police, ni d'aucune autre pièce du dossier, que le préfet des Hauts-de-Seine n'aurait pas procédé, compte tenu des informations en sa possession à la date de sa décision, à un examen particulier de la situation personnelle de l'intéressé.
En ce qui concerne les moyens propres à la décision portant obligation de quitter le territoire français :
10. En premier lieu, M. H, de nationalité mexicaine, déclare être entré régulièrement en France au mois de mai 2018 sous couvert d'un visa de court séjour et s'y maintenir de manière ininterrompue depuis lors. Toutefois, à supposer même établies la durée et la continuité de son séjour sur le territoire, il ne ressort pas des pièces du dossier et n'est pas même allégué A le requérant qu'il disposerait en France de liens personnels et familiaux suffisamment anciens, stables et intense, de sorte qu'il devrait être regardé comme y ayant transféré le centre de ses intérêts privés, alors en outre qu'il ne conteste pas les mentions de l'arrêté litigeux faisant état de ce qu'il conserve des liens familiaux dans son pays d'origine, dans lequel il a lui-même vécu jusqu'à l'âge d'au moins quarante-deux ans. Il suit de là que le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision d'éloignement sur la situation personnelle de M. H.
11. En second lieu, si le requérant soutient que la décision attaquée est entachée d'inexactitude matérielle au motif qu'elle mentionne une date d'entrée en France en avril 2019 alors qu'il a déclaré être entré sur le territoire au mois de mai 2018 lors de son audition A les services de police, il résulte de ce qui a été exposé au point 10 que le préfet aurait en tout état de cause pris la même décision s'il s'était fondé sur les faits allégués A M. H. Il suit de là que le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté.
En ce qui concerne les moyens propres à la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
12. En premier lieu, compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré de l'illégalité, invoquée A voie d'exception, de la décision portant obligation de quitter le territoire doit être écarté.
13. En second lieu, pour refuser à M. H le bénéfice d'un délai de départ volontaire, le préfet des Hauts-de-Seine, qui a estimé qu'il existait un risque que l'intéressé se soustraie à l'obligation de quitter le territoire dont il a fait l'objet, s'est fondé sur les motifs tirés de ce qu'il s'est maintenu en France au-delà de la durée de validité de son visa, sans avoir sollicité ultérieurement la délivrance d'un titre de séjour ainsi que sur sa volonté, exprimée lors de son audition A les services de police, de se soustraire à la mesure d'éloignement édictée à son encontre. Dès lors que le requérant ne conteste pas ceux deux motifs, il devait être regardé, ainsi que le préfet l'a retenu, comme se trouvant dans les cas prévus aux b) et au h) du 3° du II de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile permettant de regarder comme établi, sauf circonstance particulière, le risque qu'il se soustraie à l'obligation qui lui a été faite de quitter le territoire français. Si le requérant soutient qu'il justifiait de garanties de représentation suffisantes dès lors qu'il est en possession de son passeport en cours de validité et justifie d'une adresse stable, alors même que la décision attaquée n'est pas fondée sur le f) du 3° du II de l'article L. 511-1 cité au point 3, les motifs opposés A le préfet suffisaient à justifier légalement la décision de refus de lui accorder un délai de départ volontaire. Au demeurant, la seule production d'une carte de résident d'un ressortissant péruvien et de factures de téléphone établies au nom et à l'adresse de ce dernier ne sauraient suffire, en l'absence d'attestation d'hébergement, à établir que M. H dispose d'un lieu de résidence stable en France, à une adresse connue de l'administration. A suite, et alors que le requérant ne fait état d'aucune circonstance particulière de nature à renverser la présomption de risque de fuite instituée dans le cas prévu au b) et au h) du 3° du II de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le moyen tiré de ce que le refus de délai de départ volontaire litigieux reposerait sur une erreur dans l'appréciation du risque que M. H se soustraie à son obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
En ce qui concerne les moyens propres à la décision fixant le pays de renvoi :
14. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que la décision portant obligation de quitter le territoire n'est pas entachée d'illégalité. A suite, le moyen tiré de l'illégalité, invoquée A voie d'exception, de cette décision doit être écarté.
15. En second lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable à la présente espèce et repris désormais à l'article L. 721-4 du même code : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".
16. Si M. H soutient qu'il a fui son pays craignant pour sa vie en raison des menaces proférées à l'encontre de sa famille A des cartels de drogue, il n'apporte aucun commencement de preuve au soutien de ses allégations et se borne à appuyer ses dires sur une documentation générale et des articles de presse relatifs à la criminalité et au trafic de drogue sévissant dans l'Etat de Morelos, dont il est originaire. Ainsi, le requérant, qui reconnaît d'ailleurs n'avoir jamais déposé de demande d'asile, ne démontre pas qu'il serait personnellement et actuellement exposé à des risques réels et sérieux pour sa liberté ou son intégrité physique dans le cas d'un retour dans son pays d'origine. Il ne ressort pas plus des pièces du dossier que le préfet aurait entaché la décision fixant le pays de destination d'un défaut d'examen de ces mêmes craintes. Dans ces conditions, les moyens tirés des craintes encourues en cas de retour dans son pays d'origine et de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, d'une erreur manifeste d'appréciation ou d'un défaut d'examen à cet égard doivent être écartés.
En ce qui concerne les moyens propres à la décision d'interdiction de retour le territoire français :
17. En premier lieu, compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré de l'illégalité, invoquée A voie d'exception, de la décision portant obligation de quitter le territoire doit être écarté.
18. En second lieu, en ne retenant pas de circonstances humanitaires justifiant qu'il ne prononce pas d'interdiction de retour à l'encontre de M. H, le préfet des Hauts-de-Seine n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation eu égard aux considérations qui précèdent sur la durée et les conditions de séjour en France, ainsi que sur la situation personnelle et familiale de l'intéressé en France. Enfin, en fixant la durée de cette interdiction de retour sur le territoire français à un an, cette autorité n'a pas procédé à une application inexacte des dispositions du III de l'article L. 511-1 cité au point 3, eu égard à ces mêmes considérations, et sans qu'y fassent obstacle les circonstances que l'intéressé n'a pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement et n'a jamais troublé l'ordre public.
19. Il résulte de tout ce qui précède que M. H n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions, contenues dans l'arrêté du 11 décembre 2020, A lesquelles le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligé à quitter le territoire français, lui a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an. A voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. H est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B H et au préfet des Hauts-de-Seine.
Rendu public A mise à disposition au greffe le 22 juillet 2022.
Le magistrat désigné,
Signé
L. CLe greffier,
Signé
T. TIMERA
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
N°210008
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026