mardi 23 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2100822 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | LEMOINE CLABEAUT |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 2018271 du 19 janvier 2021, le président du tribunal administratif de Paris a renvoyé la requête de M. A B, enregistrée le 4 novembre 2020, au présent tribunal en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative.
Par cette requête, M. A B, représenté par Me Lemoine, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite du 10 février 2020 par laquelle l'administration a rejeté sa demande tendant au bénéfice d'un avancement à titre exceptionnel en application de l'article 36 du décret n° 95-654 du 9 mai 1995 ;
2°) d'enjoindre à l'administration de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision en litige est entachée d'un vice de procédure dès lors que la commission administrative paritaire devait être saisie ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation eu égard aux conditions de son accident survenu le 2 août 2019.
La requête a été communiquée au ministre de l'intérieur, qui, mis en demeure de produire un mémoire en défense en application de l'article R. 612-3 du code de justice administrative par courrier du 1er juin 2022, n'a présenté aucune observation antérieurement à la clôture de l'instruction.
Par une ordonnance du 7 octobre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 4 novembre 2022.
Un mémoire en défense, enregistré le 6 avril 2023, n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 95-654 du 9 mai 1995 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Courneil,
- les conclusions de M. Cozic, rapporteur public,
- et les observations de Me Lemoine, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. Gardien de la paix affecté depuis le 4 septembre 2017 au sein de la brigade anti-criminalité d'Aulnay-sous-Bois, M. A B a été victime d'un accident de motocross le 2 août 2019, reconnu comme imputable au service par un arrêté du préfet de police du 21 novembre 2019. Par demande adressée le 10 décembre 2019au commissaire divisionnaire du commissariat central d'Aulnay-sous-Bois/Sevran, il a sollicité le bénéfice de l'avancement exceptionnel tel que prévu par l'article 36 du décret du 9 mai 1995 fixant les dispositions communes applicables aux fonctionnaires actifs des services de la police nationale. Dans le cadre de la présente instance, il demande l'annulation de la décision implicite de rejet née du silence gardé sur cette demande.
2. Aux termes de l'article 36 du décret susvisé du 9 mai 1995 , dans sa version applicable au litige : " I. - A titre exceptionnel, et nonobstant toutes dispositions contraires des statuts particuliers, les fonctionnaires actifs des services de la police nationale peuvent, après avis de la commission administrative paritaire, faire l'objet des dispositions suivantes : / a) S'ils ont accompli un acte de bravoure dûment constaté dans l'exercice de leurs fonctions, ils peuvent être promus à l'un des échelons supérieurs de leur grade ou à la classe, ou au grade immédiatement supérieur. S'ils ont été mortellement ou grièvement blessés dans ces mêmes circonstances, ils peuvent en outre être nommés dans un corps hiérarchiquement supérieur. / b) S'ils ont été grièvement blessés dans l'exercice de leurs fonctions, ils pourront être promus à l'un des échelons supérieurs, à la classe ou au grade immédiatement supérieur. S'ils ont été mortellement blessés dans les mêmes circonstances, ils pourront en outre être nommés à titre posthume dans un corps hiérarchiquement supérieur. () ".
3. En premier lieu, aucune disposition législative ou règlementaire n'imposant à l'autorité administrative de saisir la commission administrative paritaire lorsqu'elle décide de ne pas accorder à un agent le bénéfice des dispositions de l'article 36 du décret du 9 mai 1995, le moyen tiré de l'existence d'un vice de procédure en ce que ladite commission n'aurait pas été saisie est inopérant.
4. En second lieu, il ressort des pièces du dossier que le 2 août 2019, M. B et les autres membres de son équipe sont intervenus dans un quartier urbain sensible d'Aulnay-sous-Bois en vue d'interpeller le revendeur-receleur d'un motocross volé. Au cours de cette mission, tandis que les membres de l'équipe se sont retirés en raison de l'arrivée d'un groupe hostile d'une trentaine de personnes, M. B a pris l'initiative de conduire le motocross volé sans équipement de protection et a été victime, en cours de route vers le commissariat, d'une chute ayant causé une dermabrasion sur son avant-bras gauche et sur la malléole externe de la cheville gauche ainsi qu'un hématome sur son pied gauche. D'une part, de telles blessures, qui ont causé un arrêt maladie de six jours, ne sauraient faire regarder M. B comme ayant été grièvement blessé au sens des dispositions précitées. D'autre part, eu égard aux circonstances de l'intervention, en dépit du mérite reconnu de l'action de M. B, il ne ressort pas des pièces du dossier que le ministre de l'intérieur, qui dispose des plus larges pouvoirs d'appréciation pour accorder ou refuser l'un des avancements à titre exceptionnel prévus à l'article 36 du décret précité, aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en ne qualifiant pas les faits en cause d'acte de bravoure et en refusant ainsi au requérant le bénéfice de cet avancement.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction et les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 21 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Ribeiro-Mengoli, présidente,
Mme Lunshof, première conseillère,
Mme Courneil, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mai 2023.
La rapporteure,
L. Courneil
La présidente,
N. Ribeiro-MengoliLa greffière,
P. Demol
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026