lundi 3 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2101532 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | PATUREAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 février 2021, et un mémoire, enregistré le 31 mai 2021, M. A B, représenté par Me Patureau, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du préfet de la Seine-Saint-Denis en date du 5 janvier 2021 en tant qu'il lui refuse le renouvellement de son titre de séjour et l'oblige à quitter le territoire français ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement et sous astreinte de 50 euros par jour de retard, soit une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement des articles L. 313-14 ou L. 313-11-7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, soit une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", sur le fondement de l'article L. 313-14 du même code, à défaut, de réexaminer sa situation dans le même délai et sous la même astreinte et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;
- il est insuffisamment motivé ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen sérieux de sa demande dès lors notamment qu'il a indiqué que son épouse et ses deux enfants résident au Bénin alors qu'il a lui-même accueilli favorablement la demande de regroupement familial déposée en leur faveur ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de procédure dès lors que le préfet ne justifie pas que l'avis médical prévu par les articles L. 313-11-11° et R. 313-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile a été émis sur sa demande de titre de séjour ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnaît l'article L. 313-11-7° de ce même code ;
- il méconnaît l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
-il entaché d'une erreur manifeste d'appréciation sur les conséquences sur sa situation personnelle.
La procédure a été communiqué au préfet de la Seine-Saint-Denis, qui n'a pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lacaze, rapporteur,
- et les observations de Me Desouches, substituant Me Patureau, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant béninois, né le 23 octobre 1985, est, selon ses dires, entré en France au mois de septembre 2011. L'intéressé a par la suite obtenu la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " en qualité d'étranger malade, valable à compter du 24 mars 2014, régulièrement renouvelée jusqu'au 23 octobre 2018. Par une demande déposée auprès des services de la préfecture de la Seine-Saint-Denis le 29 octobre 2018, consécutive à une première demande ayant fait l'objet le 1er octobre 2018 d'un refus verbal d'enregistrement au guichet, il a sollicité le renouvellement de son titre de séjour au titre de son état de santé ou au titre de sa vie privée et familiale en France. Par un arrêté du 5 janvier 2021, le préfet de la Seine-Saint-Denis lui a refusé la délivrance du titre de séjour sollicité, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de cet arrêté en tant qu'il porte refus de renouvellement de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
3. Il ressort des pièces du dossier que M. B a déclaré être entré en France le 11 septembre 2011 alors qu'il était en possession d'un visa Schengen de court séjour délivré par les autorités belges. Le requérant soutient demeurer habituellement sur le territoire national depuis lors et produit des preuves de son séjour au soutien de ses dires. A cet égard, le préfet a estimé dans son arrêté que l'intéressé " apporte des éléments suffisamment probants propres à justifier de sa présence réelle et continue sur le territoire français depuis son arrivée ". Si le préfet a opposé à M. B son absence d'isolement dans son pays d'origine au motif que son épouse et ses enfants y résideraient toujours, il ressort des pièces du dossier que, par une décision du 19 juin 2019 le préfet de la Seine-Saint-Denis a fait droit à la demande de regroupement familial déposée le 18 avril 2018 par l'intéressé au bénéfice de son épouse, avec laquelle il s'est marié le 15 juin 2017, ainsi que de leurs deux enfants mineurs, nés respectivement les 11 septembre 2011 et 6 janvier 2016 au Bénin. Par un courrier du 29 juillet 2019, l'Office français de l'intégration et de l'immigration a informé M. B la transmission de son dossier au consulat général de France à Cotonou en vue de la délivrance de visas à son épouse et à ses enfants, lesquels ont effectivement obtenu, le 21 juillet 2020, un visa Schengen de type D portant la mention " regroupement familial OFII " et sont entrés en France le 4 août 2020 pour rejoindre le requérant. La conjointe de M. B ainsi que les deux enfants du couple, respectivement scolarisés à l'école élémentaire et à l'école maternelle à la date de la décision attaquée, résident depuis lors à ses côtés, son épouse ayant donné naissance à un troisième enfant né à Paris le 18 mai 2021. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que M. B bénéficie d'une insertion professionnelle en France depuis l'année 2014, l'intéressé ayant ponctuellement travaillé comme agent de service, manœuvre et agent d'exploitation et principalement comme agent de sécurité pour le compte de plusieurs sociétés et en dernier lieu sous couvert d'un contrat à durée indéterminée signé le 3 avril 2020, emploi pour l'exercice duquel il avait obtenu un certificat de qualification professionnelle d'agent de prévention et de sécurité au mois d'octobre 2014. Dans ces circonstances très particulières, compte tenu notamment de la présence auprès de lui de son épouse et de ses enfants qui sont en situation régulière sur le territoire français, le requérant est fondé à soutenir que l'arrêté par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui accorder un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français porte une atteinte disproportionnée à son droit à mener une vie privée et familiale normale et, par suite, à en demander l'annulation.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
4. Eu égard au motif d'annulation retenu, le présent jugement implique nécessairement, par application des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, sous réserve d'un changement substantiel dans les circonstances de fait ou de droit, d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis, ou au préfet compétent au regard du lieu de résidence actuel du requérant, de délivrer à M. B une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction de l'astreinte sollicitée.
Sur les frais liés au litige :
5. Il y a lieu de mettre à la charge de l'État, partie perdante, le versement d'une somme
de 1 000 euros à M. B, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E:
Article 1er : L'arrêté du préfet de la Seine-Saint-Denis en date du 5 janvier 2021 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis, ou au préfet territorialement compétent, de délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " à M. B dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. B la somme de 1 000 euros (mille euros) au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience publique du 19 juin 2023 à laquelle siégeaient :
- M. Myara, président,
- Mme Parent, première conseillère,
- M. Lacaze, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 juillet 2023.
Le rapporteur,
L. LacazeLe président,
A. Myara
La greffière,
A. Macaronus
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
N°2101532
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026