jeudi 29 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2101909 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème Chambre (J.U) |
| Avocat requérant | COHEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 10 février 2021 et 8 mars 2022, M. A B, représenté par Me Cohen, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision " 48 SI ", les décisions de retraits de points, ainsi que la décision implicite de rejet née du silence gardé par le ministre de l'intérieur sur son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à l'administration de lui restituer les points illégalement retirés et son permis de conduire ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la notification de la décision " 48 SI " est irrégulière ;
- l'obligation d'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route a été méconnue ;
- la réalité des infractions reprochées n'est pas établie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 avril 2021, le ministre de l'intérieur sollicite le rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est tardive ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 1er mars 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 17 mars 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Khiat en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Khiat, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a commis douze infractions au code de la route entre 2007 et 2013 entraînant des retraits de points sur son permis de conduire. Par une décision référencée " 48 SI " qui aurait été notifiée le 13 juillet 2013, le ministre de l'intérieur a invalidé son permis de conduire. L'intéressé a formé, par courrier du 2 juillet 2020, reçu le 6 juillet suivant, un recours gracieux auprès du ministre de l'intérieur. En l'absence de réponse de la part du ministre, une décision implicite de rejet est née. Par la présente requête, M. B demande l'annulation pour excès de pouvoir de la décision " 48 SI ", des décisions de retrait de points ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. ". Aux termes de l'article R. 223-3 du code de la route : " () Si le retrait de points aboutit à un nombre nul de points affectés au permis de conduire, l'auteur de l'infraction est informé par le ministre de l'intérieur par lettre recommandée avec demande d'avis de réception du nombre de points retirés. Cette lettre récapitule les précédents retraits ayant concouru au solde nul, prononce l'invalidation du permis de conduire et enjoint à l'intéressé de restituer celui-ci au préfet du département ou de la collectivité d'outre-mer de son lieu de résidence dans un délai de dix jours francs à compter de sa réception. () ".
3. Il incombe à l'administration, lorsqu'elle oppose une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté d'une action introduite devant une juridiction administrative, d'établir la date à laquelle la décision attaquée a été régulièrement notifiée à l'intéressé. En cas de retour à l'administration, au terme du délai de mise en instance, du pli recommandé contenant la décision, la notification est réputée avoir été régulièrement accomplie à la date à laquelle ce pli a été présenté à l'adresse de l'intéressé, dès lors du moins qu'il résulte soit de mentions précises, claires et concordantes portées sur l'enveloppe, soit, à défaut, d'une attestation du service postal ou d'autres éléments de preuve, que le préposé a, conformément à la réglementation en vigueur, déposé un avis d'instance informant le destinataire que le pli était à sa disposition au bureau de poste. Compte tenu des modalités de présentation des plis recommandés prévues par la réglementation postale, doit être regardé comme portant des mentions précises, claires et concordantes suffisant à constituer la preuve d'une notification régulière le pli recommandé retourné à l'administration auquel est rattaché un volet " avis de réception " sur lequel a été apposée par voie de duplication la date de vaine présentation du courrier, et qui porte, sur l'enveloppe ou sur l'avis de réception, l'indication du motif pour lequel il n'a pu être remis.
4. Aucun principe général ni aucune disposition législative ou réglementaire ne fait obligation au titulaire d'un permis de conduire de déclarer à l'autorité administrative sa nouvelle adresse en cas de changement de domicile. Il en résulte qu'alors même qu'il n'aurait pas signalé ce changement aux services compétents, la présentation à une adresse où il ne réside plus du pli notifiant une décision relative à son permis de conduire et prise à l'initiative de l'administration n'est pas de nature à faire courir à son encontre le délai de recours contentieux. La circonstance qu'il serait également titulaire du certificat d'immatriculation d'un véhicule, et soumis en cette qualité, par les dispositions de l'article R. 322-7 du code de la route, à l'obligation de signaler ses changements de domicile aux services compétents en la matière, est à cet égard sans incidence. Dans un tel cas, il appartient toutefois au titulaire du permis de conduire de démontrer par tous moyens la date à laquelle il a déménagé.
5. Il ressort de l'avis de réception n° 2C 062 046 9927 9, numéro correspondant à celui apparaissant sur le relevé intégral d'information, attaché au pli recommandé contenant la décision référencée " 48 SI " d'invalidation du permis de conduire de M. B établie selon un modèle-type comportant la mention des voies et délais de recours, que le courrier a été envoyé au 16 rue Anatole France à Puteaux (92 800). Si le requérant invoque un changement d'adresse en se prévalant d'un avis d'impôt de 2014 sur les revenus de 2013 et d'une attestation notariale faisant état de la vente d'un bien situé à Trouville-sur-Mer en 2017, l'avis de réception comporte non pas la mention " n'habite plus à l'adresse indiquée " mais la mention " pli avisé et non réclamé ". Ces éléments sont suffisamment clairs, précis et concordants pour établir, conformément aux mentions portées sur le relevé intégral d'information, que le pli contenant la décision " 48 SI " a été régulièrement notifié à l'intéressé à la date de présentation du pli le 13 juillet 2013, date à laquelle le délai de recours contentieux a donc commencé à courir. Dans ces conditions ; le recours gracieux formé le 2 juillet 2020 par M. B n'a pas eu pour effet d'interrompre le délai de recours contentieux. La requête n'a été enregistrée au greffe du tribunal administratif de Montreuil que le 10 février 2021, soit après l'expiration du délai de recours contentieux. Par suite, le ministre est fondé à faire valoir que la requête est tardive et donc irrecevable. Par voie de conséquence, il y a lieu de rejeter l'ensemble des conclusions de la requête, y compris celles à fin d'injonction et celles tendant au remboursement des frais non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juin 2023.
Le magistrat désigné,
Y. Khiat
La greffière,
D.Azlouk
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026