mercredi 29 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2102454 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7ème Chambre (J.U) |
| Avocat requérant | DELAMEA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 février 2021, M. A C, représenté par
Me Delamea, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 20 janvier 2021 par laquelle le préfet de la
Seine-Saint-Denis a refusé de créditer son permis de quatre points à l'issue du stage de sensibilisation à la sécurité routière effectué les 16 et 17 septembre 2020 ;
2°) d'enjoindre à l'administration de créditer son permis des points devant lui être restitués à raison du stage de sensibilisation à la sécurité routière effectué les 16 et
17 septembre 2020 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision 48 SI portant invalidation de son permis de conduire ne lui a jamais été notifiée, dès lors qu'il a changé d'adresse postale ;
- le stage de sensibilisation à la sécurité routière est antérieur à la notification d'une décision 48 SI.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 17 janvier 2022 et 24 mai 2022, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut, à titre principal, au non-lieu à statuer dès lors que la requête est tardive, et à titre subsidiaire, au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est tardive ;
- une décision 48 SI a été notifiée avant la réalisation d'un stage de sensibilisation à la sécurité routière ;
- pour le surplus, aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par une lettre du 4 novembre 2022, le président de la formation de jugement a informé les parties, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que la décision à intervenir était susceptible d'être fondée sur un moyen d'ordre public tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à ce que la décision du 21 janvier 2021 soit suspendue
dès lors que ces conclusions ne sont recevables que devant le juge de l'urgence.
Par une ordonnance du 4 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au
21 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route,
- le code de justice administrative.
En application des dispositions de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, le président du tribunal administratif a désigné Mme B pour statuer sur les litiges relevant de cet article.
La magistrate désignée a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 20 janvier 2021, le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de créditer le permis de conduire de M. C de quatre points à l'issue du stage de sensibilisation à la sécurité routière effectué les 16 et 17 septembre 2020. M. C demande l'annulation de cette décision.
Sur la fin de non-recevoir présentée par le ministre de l'intérieur et des outre-mer :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. "
3. Il résulte de l'instruction que par une décision du 20 janvier 2021 le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de créditer son permis de quatre points à l'issue du stage de sensibilisation à la sécurité routière effectué les 16 et 17 septembre 2020. Aux termes des dispositions précitées, M. C, qui demande l'annulation de ladite décision, disposait d'un délai de deux mois pour introduire un recours devant la juridiction, soit jusqu'au 22 mars 2021. La requête a été enregistrée au greffe du tribunal le 18 février 2021, soit avant l'échéance du délai de recours contentieux. Dans ces conditions, la requête de M. C n'est pas tardive. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense est écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen tiré du défaut de notification de la décision 48 SI :
4. Aucun principe général, ni aucune disposition législative ou réglementaire ne fait obligation au titulaire d'un permis de conduire de déclarer sa nouvelle adresse à l'administration en cas de changement d'adresse. La notification d'une décision relative au permis de conduire doit être regardée comme régulière lorsqu'elle est faite à une adresse correspondant effectivement à une résidence de l'intéressé.
5. Il résulte de l'instruction, et notamment du relevé d'information intégral du requérant en date du 6 mai 2021 et de la copie de l'accusé de réception postal (n° 2C 155 295 7019 4) produits par le ministre de l'intérieur, qu'une décision référencée 48 SI a été adressée à
M. C par courrier recommandé avec avis de réception, au 114 avenue Jean Jaurès à Aulnay-sous-Bois (93600). La copie de l'accusé de réception postal comporte les mentions " Présenté / Avisé le : 11/09/20 " et " Distribué le : 11/09/20 ". Si M. C soutient qu'il ne résidait plus à cette adresse à la date du 11 septembre 2020 car il a emménagé dans un bien immobilier sis 25 avenue Dumont à Aulnay-sous-Bois (93600), dont il a hérité à la suite du décès de sa mère le 26 juillet 2014, et s'il invoque, pour établir ce changement d'adresse, une déclaration de succession en date du 29 juillet 2015 et un justificatif d'abonnement à un contrat de fourniture d'énergie dont il est titulaire depuis le 5 décembre 2017 pour ce bien immobilier, ces éléments sont insuffisants pour établir que le 114 avenue Jean Jaurès à Aulnay-sous-Bois (93600) ne correspondait plus, à la date du 11 septembre 2020, à l'une des résidences effectives du requérant. Dans ces conditions, la décision référencée 48 SI doit être regardée comme ayant été régulièrement notifiée à M. C le 11 septembre 2020.
En ce qui concerne le moyen tiré du refus de prendre en compte le stage de sensibilisation à la sécurité routière :
6. Aux termes de l'article L. 223-6 du code de la route : " Le titulaire du permis de conduire qui a commis une infraction ayant donné lieu à retrait de points peut obtenir une récupération de points s'il suit un stage de sensibilisation à la sécurité routière. () ". Aux termes de l'article R. 223-8 du même code : " I. - Le titulaire de l'agrément prévu au II de l'article R. 213-2 délivre une attestation de stage à toute personne qui a suivi un stage de sensibilisation à la sécurité routière dans le respect des conditions d'assiduité et de participation fixées par arrêté du ministre chargé de la sécurité routière. Il transmet un exemplaire de cette attestation au préfet du département du lieu du stage, dans un délai de quinze jours à compter de la fin de celui-ci./ II. - L'attestation délivrée à l'issue du stage effectué en application du quatrième alinéa de l'article L. 223-6 donne droit à la récupération de quatre points dans la limite du plafond affecté au permis de conduire de son titulaire. III. - Le préfet mentionné au I ci-dessus procède à la reconstitution du nombre de points dans un délai d'un mois à compter de la réception de l'attestation et notifie cette reconstitution à l'intéressé par lettre simple. La reconstitution prend effet le lendemain de la dernière journée de stage. ".
7. Il résulte de ces dispositions que le conducteur peut bénéficier de l'ajout de points tant que la perte de tous les points ne lui a pas été notifiée. En revanche, l'administration est tenue de rejeter toute demande de reconstitution de points acquis à la suite d'un stage de sensibilisation lorsque le conducteur a régulièrement reçu, avant le dernier jour du stage, notification d'une décision du ministre de l'intérieur l'informant que son permis de conduire a perdu sa validité par suite de l'épuisement de son capital de points.
8. Il ressort des pièces du dossier que M. C a suivi un stage de sensibilisation à la sécurité routière les 16 et 17 septembre 2020. Toutefois, ainsi qu'il a été dit au point 5, la décision référencée 48 SI du ministre de l'intérieur et des outre-mer portant invalidation du permis de conduire de M. C pour solde de points nul a été régulièrement notifiée au requérant le 11 septembre 2020, soit antérieurement au dernier jour du stage de sensibilisation à la sécurité routière précité. Par suite, le préfet de la Seine-Saint-Denis était tenu de rejeter la demande de reconstitution de points de M. C afférente au stage de sensibilisation à la sécurité routière qu'il a suivi les 16 et 17 septembre 2020.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. C doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au ministre de l'intérieur et des
outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 mars 2023.
La magistrate désignée,
Signé
M. B
La greffière,
Signé
T. Chonville
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026