mardi 12 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2102480 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | CLAEYS |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 19 février 2021, enregistrée le 22 février 2021 au greffe du tribunal, le président de la 3ème chambre du tribunal administratif d'Amiens a transmis au présent tribunal, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par M. C A.
Par cette requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif d'Amiens le 19 octobre 2020, et des mémoires, enregistrés les 13 octobre 2021, 7 décembre 2021, 21 avril 2022, 8 avril 2023, 18 avril 2023 et 19 avril 2023, M. C A, représenté par Me Claeys, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'avis de la commission administrative paritaire en date du 19 septembre 2019 ;
2°) d'annuler la décision du 2 octobre 2020 par laquelle le directeur général du centre d'études et d'expertises sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (CEREMA) a rejeté sa demande de protection fonctionnelle ;
3°) d'enjoindre au CEREMA de réaliser une enquête administrative ;
4°) d'enjoindre au CEREMA de lui verser l'ensemble des traitements, primes et indemnités dus depuis son éviction irrégulière du service ;
5°) et de mettre à la charge du CEREMA le versement d'une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que, s'agissant de la légalité de la décision du 2 octobre 2020 portant refus d'octroi de la protection fonctionnelle :
- le CEREMA aurait dû lui octroyer la protection fonctionnelle dès lors qu'il a été victime de harcèlement moral ;
- il doit bénéficier de la protection à laquelle ont droit les lanceurs d'alerte.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 janvier 2022, le centre d'études et d'expertises sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement, représenté par son directeur général, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été fixée au 5 mai 2023.
En application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées que le tribunal était susceptible de soulever d'office l'irrecevabilité des conclusions tendant à l'annulation de l'avis du 19 septembre 2019 émis par la commission administrative paritaire nationale au motif qu'il s'agit d'un acte préparatoire à la décision de licenciement et que, ce faisant, cet acte n'est pas susceptible de recours pour excès de pouvoir.
Par un mémoire, enregistré le 11 janvier 2024, M. A soutient que lesdites conclusions sont recevables.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983,
- la loi n° 2016-1691 du 9 décembre 2016,
- le décret n° 94-874 du 7 octobre 1994,
- le décret n° 2009-1388 du 11 novembre 2009,
- le décret n° 2012-1064 du 18 septembre 2012,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Ghazi, rapporteur ;
- et les conclusions de M. Colera, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a été recruté le 13 septembre 2018 dans le cadre des emplois réservés en qualité de stagiaire en vue d'être titularisé dans le corps des techniciens du développement durable. Il a été affecté dans un emploi de responsable logistique et technicien informatique au Centre d'études et d'expertises sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (CEREMA) du ministère de la transition écologique. Par un arrêté du 27 septembre 2019, le ministre de la transition écologique et solidaire l'a licencié pour insuffisance professionnelle. Le 15 septembre 2020, il a sollicité le bénéfice de la protection fonctionnelle. Le 2 octobre 2020, le CEREMA a rejeté cette demande. M. A sollicite l'annulation de cette décision ainsi que celle de l'avis de la commission administrative paritaire en date du 19 septembre 2019 relatif à son licenciement pour insuffisance professionnelle.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de l'avis de la commission administrative paritaire en date du 19 septembre 2019 :
2. Aux termes de l'article 7 du décret n° 94-874 du 7 octobre 1994 fixant les dispositions communes applicables aux stagiaires de l'Etat et de ses établissements publics : " Le fonctionnaire stagiaire peut être licencié pour insuffisance professionnelle lorsqu'il est en stage depuis un temps au moins égal à la moitié de la durée normale du stage. La décision de licenciement est prise après avis de la commission administrative paritaire prévue à l'article 29 du présent décret, sauf dans le cas où l'aptitude professionnelle doit être appréciée par un jury () ". Aux termes de l'article 11 du décret n° 2009-1388 du 11 novembre 2009 portant dispositions statutaires communes à divers corps de fonctionnaires de la catégorie B de la fonction publique de l'Etat : " Les stagiaires qui n'ont pas été autorisés à effectuer un stage complémentaire ou dont le stage complémentaire n'a pas donné satisfaction sont soit licenciés s'ils n'avaient pas préalablement la qualité de fonctionnaire, soit réintégrés dans leur corps ou cadre d'emplois d'origine ". Aux termes de l'article 3 du décret n° 2012-1064 du 18 septembre 2012 portant statut particulier du corps des techniciens supérieurs du développement durable : " Les techniciens supérieurs du développement durable sont recrutés, nommés et gérés par le ministre chargé du développement durable () ". Il résulte de l'ensemble de ces dispositions que la non-titularisation et le licenciement d'un technicien supérieur de développement durable stagiaire, qui est soumis à l'avis de la commission administrative paritaire, relève de la compétence du ministre de la transition écologique.
3. La requête de M. A tend à l'annulation de l'avis émis par la commission administrative paritaire nationale compétente à l'égard du corps des techniciens supérieurs du développement durable le 19 septembre 2019 sur sa non-titularisation et son licenciement pour insuffisance professionnelle. Toutefois, cet avis constitue un acte préparatoire de la décision du 27 décembre 2019 portant refus de titularisation et licenciement pour insuffisance professionnelle. Cet avis n'est dès lors pas susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir. Les conclusions tendant à son annulation sont donc irrecevables et doivent donc être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 2 octobre 2020 portant refus de protection fonctionnelle :
4. En premier lieu, et d'une part, aux termes de l'article 11 de la loi du 13 juillet 1983, dans sa rédaction alors applicable : " () IV. La collectivité publique est tenue de protéger le fonctionnaire contre les atteintes volontaires à l'intégrité de la personne, les violences, les agissements constitutifs de harcèlement, les menaces, les injures, les diffamations ou les outrages dont il pourrait être victime sans qu'une faute personnelle puisse lui être imputée. Elle est tenue de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est résulté. () ". Aux termes de l'article 6 quinquies de la loi du 11 janvier 1983, dans sa rédaction alors applicable : " Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. / Aucune mesure concernant notamment le recrutement, la titularisation, la rémunération, la formation, l'évaluation, la notation, la discipline, la promotion, l'affectation et la mutation ne peut être prise à l'égard d'un fonctionnaire en prenant en considération : / 1° Le fait qu'il ait subi ou refusé de subir les agissements de harcèlement moral visés au premier alinéa ; / 2° Le fait qu'il ait exercé un recours auprès d'un supérieur hiérarchique ou engagé une action en justice visant à faire cesser ces agissements ; / 3° Ou bien le fait qu'il ait témoigné de tels agissements ou qu'il les ait relatés. ". Si la protection fonctionnelle résultant d'un principe général du droit n'est pas applicable aux différends susceptibles de survenir, dans le cadre du service, entre un agent public et l'un de ses supérieurs hiérarchiques, il en va différemment lorsque les actes du supérieur hiérarchique sont, par leur nature ou leur gravité, insusceptibles de se rattacher à l'exercice normal du pouvoir hiérarchique.
5. D'autre part, il appartient à l'agent public qui soutient avoir été victime de faits constitutifs de harcèlement moral, lorsqu'il entend contester le refus opposé par l'administration dont il relève à une demande de protection fonctionnelle fondée sur de tels faits de harcèlement, de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles d'en faire présumer l'existence. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
6. En l'espèce, M. A soutient être victime d'agissements répétés constitutifs de harcèlement moral de la part de sa supérieure hiérarchique, Mme E, cheffe d'unité. Il se prévaut, tout d'abord, de ce qu'elle exige des comptes rendus journaliers de ses activités et l'oblige à rendre compte spécifiquement des tâches qu'il réalise respectivement le matin et l'après-midi. Il soutient également que celle-ci lui reproche le manque de formalisme desdits comptes rendus sans toutefois lui fournir de modèle. Il ressort des pièces du dossier, et très particulièrement des courriers électroniques produits par M. A, que ce dernier n'est pas le seul agent auquel Mme E demande des comptes rendus et les exigences attachées à ceux-ci ne dépassent pas l'exercice normal du pouvoir hiérarchique eu égard à la nature des tâches confiées. Enfin, si Mme E ne lui a pas transmis de modèle, celle-ci mentionne explicitement à l'intéressé qu'elle ne dispose pas de tels modèles et qu'il lui incombe d'en réaliser un. Ces faits ne peuvent donc pas être regardés comme susceptibles de faire présumer l'existence d'un harcèlement moral.
7. Dans le même sens, M. A allègue avoir subi des reproches injustifiés de sa supérieure hiérarchique. Il prend pour illustration un courrier électronique du 29 novembre 2018 par lequel Mme E lui a reproché d'avoir remplacé des néons. Toutefois, il ressort de ce courriel, au demeurant rédigé en des termes très mesurés n'excédant nullement l'exercice normal du pouvoir hiérarchique, que le requérant n'était pas en droit de réaliser cette opération de maintenance car il ne disposait pas d'une habilitation électrique. Au surplus, il est explicitement mentionné que M. A avait reçu l'ordre de ne pas intervenir et que, ce faisant, l'intéressé a méconnu son devoir d'obéissance hiérarchique. L'intéressé n'est donc pas fondé à soutenir que ce courriel pourrait constituer un agissement constitutif de harcèlement moral.
8. M. A se prévaut également de ce que sa supérieure hiérarchique orchestrerait son insuffisance professionnelle. Toutefois, il ressort du compte rendu de stage rédigé par deux responsables hiérarchiques de M. A que celui-ci ne disposait pas des compétences nécessaires pour réaliser les missions qui lui étaient dévolues. A cet égard, sont soulignées ses difficultés relationnelles, d'expression écrite et de compréhension des systèmes informatiques. Il est également mentionné, ce qui est au demeurant corroboré par certaines des pièces versées au dossier, que M. A présente des difficultés à respecter son devoir d'obéissance hiérarchique. Par ailleurs, si M. A soutient ne jamais avoir été formé auxdites fonctions, il ne précise pas les formations qu'il aurait dû suivre ni même avoir présenté la moindre demande en ce sens au cours de son stage. Enfin, si le requérant produit un rapport rédigé par ses soins contestant l'ensemble des insuffisances qui lui sont reprochées, l'avis favorable à sa prise de fonctions en qualité de responsable logistique au sein du CEREMA ainsi que des messages de remerciements de ses collègues à l'occasion de la réalisation de tâches, ces seuls éléments ne permettent pas d'établir que les insuffisances qui lui seraient reprochées soient erronées ou qu'elles aient été organisées par sa supérieure hiérarchique. Le requérant n'est donc pas fondé à soutenir que les reproches quant à son insuffisance professionnelle et son licenciement subséquent constitueraient des agissements répétés assimilables à du harcèlement moral.
9. M. A relate également que Mme E aurait eu une gestion fautive d'une altercation. Le 3 décembre 2018, M. A allègue que M. D B, son collègue, l'aurait menacé et invectivé en raison de ses origines. Il ressort des pièces du dossier que le requérant a informé de ces propos sa supérieure hiérarchique le 4 décembre 2018 et que celle-ci lui a répondu le jour même en lui proposant de le recevoir le 7 janvier, l'intéressé étant en congé du 17 décembre au 2 janvier. Au demeurant, il ressort du signalement de M. A que celui-ci s'est borné à informer sa supérieure hiérarchique de sa volonté d'exercer son droit de retrait, sans solliciter de celle-ci la mise en œuvre d'une quelconque mesure positive. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que
Mme E aurait eu une gestion fautive de l'incident.
10. Enfin, M. A produit des éléments démontrant que sa supérieure hiérarchique a exigé de lui qu'il procède au nettoyage et à la condamnation d'un local contenant de l'amiante et ayant servi de " squat " à des personnes toxicomanes. Il allègue qu'il ne disposait pas du matériel nécessaire et n'avait suivi aucune formation quant à la gestion de locaux contaminés par de l'amiante. Il estime à cet égard que sa supérieure hiérarchique l'a exposé à un risque grave pour sa santé. Il ressort de plusieurs échanges de courriers électroniques entre M. A et sa supérieure hiérarchique, et n'est d'ailleurs pas contesté par le CEREMA, que
Mme E a bien ordonné à plusieurs reprises au requérant de procéder audit nettoyage et à la condamnation dudit local afin de prévenir toute occupation irrégulière de celui-ci. Toutefois, il ressort également de ces échanges que, d'une part, Mme E a toujours répondu aux sollicitations écrites de l'intéressé même si, parfois, de manière effectivement partielle. D'autre part, il ressort également de ces échanges que M. A n'a jamais évoqué l'existence d'un risque d'exposition à l'amiante ni qu'il n'y aurait pas été formé. Il n'est d'ailleurs pas établi que la supérieure hiérarchique de M. A aurait eu connaissance d'un tel risque. Il ressort à cet égard du dossier technique amiante concernant le local litigieux que seuls deux panneaux et la toiture du local contiennent de l'amiante et que l'expert n'a préconisé aucune mesure de retrait ou de protection des personnes. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que la supérieure hiérarchique de M. A l'ait empêché de se procurer le matériel nécessaire à la condamnation dudit local, la seule circonstance qu'un compte n'ait pas été ouvert pour l'acquisition de matériel au sein d'un magasin ne suffisant pas à caractériser une volonté de faire obstacle à l'acquisition du matériel nécessaire à la réalisation des tâches de l'intéressé. Dans ces conditions, ces faits ne peuvent être regardés comme des agissements répétés ayant pour objet ou pour effet de dégrader les conditions de travail de M. A.
11. Il résulte de ce qui précède que M. A n'établit pas l'existence d'éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence d'un harcèlement moral. L'intéressé n'est donc pas fondé à soutenir que la décision du 2 octobre 2020 méconnaît l'article 11 de la loi du 13 janvier 1984.
12. En second lieu, aux termes de l'article 6 de la loi du 9 décembre 2016 relative à la transparence, la lutte contre la corruption et la modernisation de la vie économique : " Un lanceur d'alerte est une personne physique qui révèle ou signale, de manière désintéressée et de bonne foi, un crime ou un délit, une violation grave et manifeste d'un engagement international régulièrement ratifié ou approuvé par la France, d'un acte unilatéral d'une organisation internationale pris sur le fondement d'un tel engagement, de la loi ou du règlement, ou une menace ou un préjudice graves pour l'intérêt général, dont elle a eu personnellement connaissance () ".
13. Pour les mêmes motifs que ceux précédemment détaillés, en l'absence de fait de harcèlement ou de discrimination, M. A, qui n'établit pas avoir dénoncé d'autres faits susceptibles d'être qualifiés de crime ou délit ou encore de menace ou préjudice grave pour l'intérêt général au sens des dispositions de l'article 6 de la loi du 9 décembre 2016, ne saurait se prévaloir du régime de lanceur d'alerte.
14. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à solliciter l'annulation de la décision du 2 octobre 2020 lui refusant le bénéfice de la protection fonctionnelle.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
15. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A, n'implique aucune mesure d'exécution. Les conclusions présentées à ce titre doivent donc être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
16. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. "
17. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du CEREMA, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme sollicitée en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au Centre d'études et d'expertises sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement.
Délibéré après l'audience du 27 février 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Truilhé, président,
- Mme Ghazi, première conseillère,
- Mme Bazin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mars 2024.
Le président,La première conseillère,SignéSigné J-C. TruilhéA. GhaziLa greffière,
SignéA. Capelle
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026