vendredi 30 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2102708 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | TABI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 février 2021, M. A B, représenté par Me Tabi, demande au tribunal :
1°) la décharge de l'obligation de payer la somme de 16 899 euros procédant des saisies administratives à tiers détenteur en date du 11 janvier 2021 notifiées aux établissements teneurs de ses comptes bancaires ainsi qu'à son employeur ;
2°) d'enjoindre au pôle de recouvrement de la Seine-Saint-Denis de rembourser les sommes prélevées irrégulièrement sur la base des saisies administratives à tiers détenteur en date du 11 janvier 2021 et de produire une mainlevée de l'avis à tiers détenteur en date du 11 janvier 2021 notifié à la Société Générale, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) d'ordonner le remboursement de tous les frais facturés en raison de la présentation et du traitement de l'avis à tiers détenteur en date du 11 janvier 2021 ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'obligation de payer au 11 janvier 2021 est inexistante, conformément à l'article L. 277 du livre des procédures fiscales et aux dispositions du paragraphe 20 de l'instruction référencée BOI-CTX-PREA-10-20 du 12 septembre 2012, dès lors qu'aucune réponse n'a été apportée à sa réclamation en date du 28 septembre 2020 et que le comptable a commis une erreur de droit en refusant de lui accorder le sursis de paiement.
Par un mémoire en défense enregistré le 31 mai 2021, le directeur départemental des finances publiques de la Seine-Saint-Denis conclut à l'annulation des saisies administratives à tiers détenteur en date du 11 janvier 2021 et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il soutient que :
- la saisie administrative à tiers détenteur adressée à l'employeur étant illégale, le comptable public en a ordonné la mainlevée et la somme de 4 662,01 euros a été restituée au requérant ;
- si la saisie administrative à tiers détenteur adressée à l'organisme bancaire est illégale, aucune somme d'argent n'a a été prélevée par le comptable public, de sorte que la mainlevée de cette saisie est inutile ;
- la demande tendant au paiement des frais bancaires est irrecevable, à défaut de réclamation préalable et elle est en outre infondée dès lors que le requérant ne justifie pas avoir supporté de tels frais.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce qu'il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant à la décharge de l'obligation de payer la somme de 16 899 euros procédant, d'une part, de la saisie administrative à tiers détenteur en date du 11 janvier 2021 notifiée à l'employeur du requérant, dès lors que cette saisie a fait l'objet d'une mainlevée par le comptable, d'autre part, des saisies administratives à tiers détenteur en date du 11 janvier 2021 notifiées aux établissements teneurs des comptes bancaires du requérant, dès lors que ces saisies ont donné lieu à des rejets de paiement.
Par une ordonnance du 25 mars 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 11 avril 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- et les conclusions de M. Combes, rapporteur public, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a fait l'objet d'une procédure de rectification à l'issue de laquelle l'administration a mis à sa charge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre des années 2016 et 2017. Les impositions dont le requérant était ainsi redevable n'ayant pas payées dans le délai imparti, leur montant a été majoré de 10% et porté à la somme de 16 899 euros. Pour avoir paiement de cette somme, le comptable public a délivré le 11 janvier 2021 trois saisies administratives à tiers détenteur adressées, pour deux d'entre elles, aux établissements teneurs des comptes bancaires du requérant, et la troisième, à l'employeur de ce dernier. La requête de M. B doit être regardée comme tendant, à titre principal, à la décharge de l'obligation de payer la somme de 16 899 euros procédant de ces saisies administratives à tiers détenteurs ainsi qu'à la condamnation de l'Etat à lui verser une indemnité correspondant aux frais qu'il déclare avoir supportés consécutivement à ces actes de poursuites.
Sur le non-lieu à statuer :
2. Aux termes de l'article L. 262 du livre des procédures fiscales : " 1. Les créances dont les comptables publics sont chargés du recouvrement peuvent faire l'objet d'une saisie administrative à tiers détenteur notifiée aux dépositaires, détenteurs ou débiteurs de sommes appartenant ou devant revenir aux redevables. () / La saisie administrative à tiers détenteur emporte l'effet d'attribution immédiate prévu à l'article L. 211-2 du code des procédures civiles d'exécution. () ". Aux termes de l'article L. 162-1 du code des procédures civiles d'exécution : " Lorsque la saisie est pratiquée entre les mains d'un établissement habilité par la loi à tenir des comptes de dépôt, celui-ci est tenu de déclarer le solde du ou des comptes du débiteur au jour de la saisie. / Dans le délai de quinze jours ouvrables qui suit la saisie et pendant lequel les sommes laissées au compte sont indisponibles, ce solde peut être affecté à l'avantage ou au préjudice du saisissant () ". Aux termes de l'article L. 277 du même livre : " Le contribuable qui conteste le bien-fondé ou le montant des impositions mises à sa charge est autorisé, s'il en a expressément formulé la demande dans sa réclamation et précisé le montant ou les bases du dégrèvement auquel il estime avoir droit, à différer le paiement de la partie contestée de ces impositions et des pénalités y afférentes. / L'exigibilité de la créance et la prescription de l'action en recouvrement sont suspendues jusqu'à ce qu'une décision définitive ait été prise sur la réclamation soit par l'administration, soit par le tribunal compétent. () ".
3. Il est constant que le requérant a adressé aux services fiscaux, par un courrier en date du 28 septembre 2020, une réclamation assortie d'une demande de sursis de paiement, tendant à la décharge des impositions supplémentaires dont il a fait l'objet à la suite de la proposition de rectification en date du 26 mars 2019. Il n'est pas contesté que la demande de sursis de paiement remplissait les conditions prévues par les dispositions précitées de l'article L. 277 du livre des procédures fiscales. Par suite, les impositions contestées ont cessé d'être exigibles à compter de la date de présentation de cette réclamation, contrairement à ce qu'énonce la réponse adressée par le service de recouvrement au requérant par un courriel du 25 janvier 2021. Au demeurant, dans ses écritures en défense, le directeur départemental des finances publiques de la Seine-Saint-Denis, reconnaît qu'en dépit de la réponse défavorable adressée précédemment par le comptable public au requérant, les trois saisies administratives à tiers détenteur en date du 11 janvier 2021 sont irrégulières dès lors que la réclamation datée du 28 septembre 2020 a eu pour effet de suspendre l'exigibilité du paiement de la somme de 16 899 euros jusqu'à la décision du 16 mars 2021 par laquelle il a été statué sur cette réclamation.
4. En ce qui concerne la saisie administrative à tiers détenteur adressée à l'employeur du requérant, l'entreprise Air Liquide Santé France, le directeur départemental des finances publiques de la Seine-Saint-Denis soutient dans ses écritures que le comptable public en a ordonné la mainlevée et que par voie de conséquence la somme de 4 662,01 euros, qui avait été recouvrée, a été remboursée au requérant le 12 mai 2021. Ces allégations ne sont pas contredites par le requérant. Par suite, les conclusions à fin de décharge de l'obligation de payer la somme de 16 899 euros procédant de la saisie administrative à tiers détenteur en date du 11 janvier 2021 adressée à l'employeur du requérant ont perdu leur objet.
5. En ce qui concerne les deux saisies administratives à tiers détenteur adressées aux établissements teneurs des comptes bancaires du requérant, le directeur départemental des finances publiques de la Seine-Saint-Denis soutient dans ses écritures qu'elles ont donné lieu à des rejets de paiement au motif que ces comptes étaient débiteurs. Ces allégations ne sont pas contredites par le requérant. En outre, il résulte des dispositions de l'article L. 262 du livre des procédures fiscales que l'effet d'une saisie administrative à tiers détenteur, qui est le transfert à l'Etat de la propriété de la créance du contribuable, s'exerce et s'épuise dès sa notification au tiers détenteur, quelles que soient les conditions dans lesquelles les sommes détenues par le tiers sont ensuite effectivement versées. Dans ces conditions, ces saisies administratives à tiers détenteur avaient cessé définitivement de produire leurs effets après cette notification.
6. Il résulte de ce qui précède qu'il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin de décharge de l'obligation de payer la somme de 16 899 euros procédant des trois saisies administratives à tiers détenteur en date du 11 janvier 2021 mentionnées ci-dessus.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Il résulte de ce qui est dit aux points 4 et 5 qu'il n'y a pas lieu de rembourser au requérant des sommes recouvrées sur la base des trois saisies administratives à tiers détenteur en date du 11 janvier 2021. Par suite, les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint à l'administration de rembourser des sommes qui auraient été irrégulièrement recouvrées doivent être rejetées. Il en va de même des conclusions tendant à ce que le comptable public produise, sous astreinte, une décision de mainlevée de la saisie administrative à tiers détenteur notifiée à l'un des organismes bancaires.
Sur les conclusions indemnitaires :
8. Le requérant sollicite le versement d'une indemnité correspondant au remboursement de " tous les frais facturés du fait de la présentation et du traitement " des saisies administratives à tiers détenteur en date du 11 janvier 2021. Toutefois, il ne justifie pas avoir supporté les frais qu'il invoque, ni, dès lors, de l'existence d'un préjudice indemnisable. Il suit de là que les conclusions indemnitaires, au demeurant irrecevables, doivent être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin de décharge de l'obligation de payer la somme de 16 899 euros procédant des saisies administratives à tiers détenteur en date du 11 janvier 2021.
Article 2 : L'Etat versera à M. B une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur départemental des finances publiques de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 15 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Jimenez, présidente,
M. Charageat, premier conseiller,
Mme Nour, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 septembre 2022.
Le rapporteur,
D. C
La présidente,
J. Jimenez La greffière,
S. Saibi
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026