vendredi 28 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2102724 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 9ème chambre (J.U) |
| Avocat requérant | FERESHTYAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 26 février 2021 et 15 octobre 2021, la SARL Immofrance, représentée par Me Fereshtyan, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n°20-0050 HI RDP GPI du 18 août 2020 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a mise en demeure de faire cesser la mise à disposition à des fins d'habitation du local dont elle est la propriétaire dans la commune du Blanc-Mesnil et de réaliser dans ce local des travaux se rapportant à cette mesure, ainsi que la décision par laquelle le ministre chargé de la santé a implicitement rejeté son recours hiérarchique en date du 16 novembre 2020 dirigé contre cet arrêté ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence et d'erreur matérielle en ce qui concerne son signataire ;
- cet arrêté est insuffisamment motivé ;
- cet arrêté est entaché de vices de procédure ;
- cet arrêté est entaché d'erreur de fait.
Par des mémoires en défense enregistrés les 20 septembre 2021 et 10 février 2022, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 11 janvier 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 11 février 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de M. Combes, rapporteur public,
- et les observations de Me Fereshtyan, représentant la SARL Immofrance.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL Immofrance est la propriétaire d'un local au rez-de-chaussée d'un immeuble situé au 17 avenue Georges Clémenceau dans la commune du Blanc-Mesnil. Par un arrêté n°20-0050 HI RDP GPI du 18 août 2020, le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a mise en demeure de faire cesser la mise à disposition à des fins d'habitation de ce local et de supprimer les équipements sanitaires et la cuisine qu'il comporte. La SARL Immofrance a contesté cet arrêté auprès du ministre chargé de la santé, par un recours hiérarchique en date du 16 novembre 2020. Ce recours a été implicitement rejeté. La SARL Immofrance demande l'annulation de l'arrêté du 18 août 2020 ainsi que la décision implicite de rejet de son recours hiérarchique.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 1331-24 du code de la santé publique : " Lorsque l'utilisation qui est faite de locaux ou installations présente un danger pour la santé ou la sécurité de leurs occupants, le représentant de l'Etat dans le département, après avis de la commission départementale compétente en matière d'environnement, de risques sanitaires ou technologiques, peut enjoindre à la personne qui a mis ces locaux ou installations à disposition ou à celle qui en a l'usage de rendre leur utilisation conforme aux prescriptions qu'il édicte dans le délai qu'il fixe. () ".
3. Il résulte de l'instruction que l'arrêté en litige a été édicté sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 1331-24 du code de la santé publique. Par suite, eu égard au lieu d'implantation de l'immeuble concerné, le préfet de la Seine-Saint-Denis n'a pas outrepassé sa compétence. Il suit de là que le moyen tiré de ce que le préfet aurait empiété sur les attributions de l'autorité compétente doit être écarté.
4. En deuxième lieu, par un arrêté n° 2020-0039 du 13 janvier 2020, régulièrement publié au bulletin d'informations administratives de la préfecture de la Seine-Saint-Denis du même jour, le préfet de la Seine-Saint-Denis a donné à Mme Chauffour-Rouillard, secrétaire générale de la préfecture, délégation pour signer notamment tous arrêtés et décisions, à l'exception des actes de réquisition comptable et des arrêtés de conflit. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté en litige, qui manque en fait, doit être écarté.
5. En troisième lieu, l'arrêté attaqué vise les dispositions du code de la santé publique sur lesquelles il est fondé ainsi que notamment le rapport du service communal d'hygiène et de santé de la commune du Blanc-Mesnil en date du 22 octobre 2019 et l'avis du conseil départemental de l'environnement et des risques sanitaires et technologiques (CODERST) en date du 23 juillet 2020, dont il cite les conclusions et énonce avec une précision suffisante les considérations de fait qui en constituent le fondement. Le moyen tiré du défaut de motivation de cet arrêté doit, dès lors, être écarté.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 1331-27 du code de la santé publique : " Le représentant de l'Etat dans le département avise les propriétaires, tels qu'ils figurent au fichier immobilier, au moins trente jours à l'avance de la tenue de la réunion de la commission départementale compétente en matière d'environnement, de risques sanitaires et technologiques et de la faculté qu'ils ont de produire dans ce délai leurs observations. Il avise également, dans la mesure où ils sont connus, les titulaires de droits réels immobiliers sur les locaux, les titulaires de parts donnant droit à l'attribution ou à la jouissance en propriété des locaux, les occupants et, en cas d'immeuble d'hébergement, l'exploitant. () / Toute personne justifiant de l'une des qualités mentionnées au premier alinéa est, sur sa demande, entendue par la commission départementale compétente en matière d'environnement, de risques sanitaires et technologiques et appelée aux visites et constatations des lieux. Elle peut se faire représenter par un mandataire. () ".
7. D'une part, la société requérante soutient que l'avis du CODERST a été rendu irrégulièrement dès lors qu'elle n'a pas été destinataire d'une convocation à la réunion devant cette instance au moins trente jours avant cette réunion. En l'espèce, il résulte de l'instruction que la situation du local mentionné au point 1 a été examinée lors d'une réunion du CODERST organisée le 23 juillet 2020. Le préfet de la Seine-Saint-Denis fait valoir que le délai de trente jours a été respecté et, pour en justifier, verse aux débats la copie de l'avis de réception du courrier adressé à cette fin à la société requérante duquel il ressort qu'elle a réceptionné ce courrier le 9 juin 2020. Il s'ensuit que la société requérante a été avisée de la date de la réunion dans le délai requis.
8. D'autre part, la société requérante fait valoir que son gérant n'ayant pu, pour un motif d'ordre médical, assister à la réunion du CODERST, la sœur de ce dernier, mandatée, selon ses écritures, par la " société Helmiss ", a été empêchée sans motif légitime d'assister à la réunion. Toutefois, il résulte de l'instruction et notamment des mentions portées au procès-verbal de la réunion du CODERST en date du 23 juillet 2020, que la sœur du gérant, lors de son arrivée dans les locaux où se réunissait la commission, a fait savoir qu'elle était atteinte de la covid-19 et que, par suite, afin de protéger la santé des personnes présentes, le président de cette instance n'a pas souhaité qu'elle soit entendue. Ces circonstances ne sont pas sérieusement contestées par la société requérante. En outre, elles étaient de nature à faire obstacle à l'audition de sa représentante par le CODERST le 23 juillet 2020. Enfin, il ne résulte pas de l'instruction que la société requérante aurait été dans l'impossibilité d'informer cette commission, avant cette date, de son impossibilité d'être représentée à la réunion en vue le cas échéant d'en solliciter le report. Dans ces conditions, alors qu'au demeurant il lui était loisible de faire parvenir des observations écrites au CODERST, la société requérante n'est pas fondée à faire valoir qu'elle n'a pas pu être entendue par cette commission.
9. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'irrégularité de la réunion du CODERST doit être écarté.
10. Enfin, en dépit de ce que soutient la société requérante, il ne résulte d'aucun texte que lorsqu'il est saisi en application de l'article L. 1331-24 du code de la santé publique le CODERST devrait se prononcer, d'abord, sur la réalité et les causes de l'insalubrité et, ensuite, sur les mesures propres à y remédier, à l'instar de ce qui lui est prescrit par l'article L. 1331-26 du même code. En outre, il résulte de l'instruction que lors de sa réunion du 23 juillet 2020 le CODERST a émis un avis motivé sur l'état du local mentionné au point 1 après avoir constaté, au vu du rapport établi le 22 octobre 2019 par le service communal d'hygiène et de santé de la commune du Blanc-Mesnil, qu'il présentait un ensemble de désordres le rendant inhabitable. Ainsi, il ne résulte pas de l'instruction que le CODESRT n'aurait pas exercé pleinement sa mission.
11. En cinquième lieu, le moyen tiré de l'absence de publication de l'arrêté attaqué au fichier immobilier ou au livre foncier est inopérant.
12. En sixième lieu, la société requérante soutient que les travaux de remise en état du local ont été achevés le 20 mars 2020, en se prévalant d'un constat d'huissier en date du 24 mars 2020. Toutefois, pour prononcer l'arrêté attaqué, le préfet de la Seine-Saint-Denis s'est fondé notamment sur la circonstance que le local mentionné au point 1 présentait un danger pour la santé de ses occupants notamment en raison de son éclairement naturel insuffisant dans son ensemble. Un tel motif apparaît justifié au regard du rapport du service communal d'hygiène et de santé déjà mentionné, qui énonce que le local comprend une pièce réunissant les espaces de séjour et de cuisine, dans laquelle l'éclairement naturel est très insuffisant en raison de la petite dimension de l'unique fenêtre, ainsi qu'une chambre, qui est dépourvue d'éclairement naturel en raison de l'absence d'ouvrant sur l'extérieur. Si la société requérante fait valoir que le local ne comporte aucune pièce sans fenêtre, en se référant au constat d'huissier qu'elle produit, il résulte de l'instruction et notamment de ce même constat que l'apport de la lumière extérieure dans ce local est très limité, en particulier dans la pièce comprenant les espaces de séjour et de cuisine, dès lors que cette lumière n'y pénètre que par une fenêtre de dimensions réduites qui est de surcroît installée à proximité d'un angle de cette pièce. Ainsi, alors même que le local comporte également une fenêtre dans l'espace aménagé en chambre, le préfet a pu légalement estimer que ce local ne disposait pas d'un éclairement naturel suffisant pour un usage d'habitation. Dès lors, si la société requérante se prévaut de travaux qu'elle a réalisés afin de remédier aux désordres constatés par ailleurs par le service communal d'hygiène et de santé en 2019 et notamment à la mise en conformité de l'installation électrique, une telle circonstance est sans influence sur la légalité de l'arrêté en litige, qui au demeurant n'a pas prescrit des travaux de remise en état du local, mais a seulement enjoint à la société de faire cesser l'occupation de ce local à des fins d'habitation et, conformément à ce changement d'affectation, de supprimer les équipements sanitaires et la cuisine qu'il comporte. Il suit de là que le moyen tiré de l'erreur de fait ne peut qu'être écarté.
13. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 18 août 2020 ainsi que de la décision implicite de rejet du recours hiérarchique dirigé contre cet arrêté doivent être rejetées. Par voie de conséquence, doivent être également rejetées les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SARL Immofrance est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Immofrance et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 octobre 2022.
Le magistrat désigné,
D. ALe greffier,
C. Chauvey
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026