lundi 3 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2103359 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | GIUDICELLI-JAHN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 mars 2021, et un mémoire, enregistré le 10 mai 2021, M. A D C A, représenté par Me Giudicelli-Jahn, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 11 février 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français, a fixé le pays de renvoi, lui a interdit de retourner sur le territoire pendant deux ans et l'a informé qu'il faisait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission ;
2°) d'enjoindre au préfet de Seine-Saint-Denis de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai d'un mois suivant le jugement à intervenir, sous une astreinte de 50 euros par jour de retard, ainsi qu'une autorisation provisoire de séjour dans le délai de trente jours à compter de la notification du jugement ;
3°) de mettre à la charge du défendeur le versement de la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
4°) de mettre à la charge du défendeur les entiers dépens.
Il soutient que :
- sa requête est recevable en dépit de l'absence de production de la décision attaquée dès lors qu'il justifie de l'impossibilité d'en produire la copie ;
-les décisions attaquées sont entachées d'incompétence ;
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen sérieux de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour ;
- l'arrêté attaqué a été rendu à l'issue d'une procédure irrégulière faute de saisine de la commission du titre de séjour en application du dernier alinéa de l'article L.313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le préfet a entaché sa décisions d'erreur manifeste dans l'appréciation des dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en raison de l'ancienneté de son séjour, de son expérience professionnelle et de ses attaches familiales en France ;
- l'arrêté attaqué porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale au regard de la fixation du centre de ses intérêts privés et familiaux en France ;
- il est entaché d'erreur manifeste quant à l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 octobre 2022, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique,
- le rapport de M. Lacaze, rapporteur ;
- les observations de Me Giudicelli-Jahn, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A A, ressortissant égyptien né le 28 septembre 1988, a déposé une demande de carte de séjour temporaire au titre de l'admission exceptionnelle au séjour le 5 mars 2020. Par un arrêté en date du 11 février 2021, le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté cette demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé, lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant une durée de deux ans et l'a informé qu'il faisait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission. Le requérant demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur, devenu l'article L. 435-1 : " La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 313-11 ou la carte de séjour temporaire mentionnée au 1° et 2° de l'article L. 313-10 peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 313-2. L'autorité administrative est tenue de soumettre pour avis à la commission mentionnée à l'article L. 312-1 la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par l'étranger qui justifie par tout moyen résider en France habituellement depuis plus de dix ans. () ".
3. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué que le préfet de la Seine-Saint-Denis a relevé que M. A a fait l'objet d'une mesure d'éloignement notifiée le 12 août 2013, que son recours contre cette décision a été rejeté en dernier ressort par un arrêt de la cour administrative d'appel de Paris du 24 octobre 2014 et pour laquelle aucune décision d'annulation ou d'abrogation n'est intervenue. Le préfet conclut de cette situation que M. A, qui aurait déclaré être entré irrégulièrement en France en octobre 2005 sans justifier de la réalité de cette date, s'est soustrait à l'exécution de cette mesure et ne saurait par conséquent se prévaloir d'une présence sur le territoire national en violation de la loi, de sorte qu'il ne peut être regardé comme séjournant en France depuis une date antérieure au délai d'exécution de la mesure d'éloignement, ni se prévaloir d'une longue présence habituelle et continue sur le territoire national. Cependant, l'inexécution d'une précédente mesure d'éloignement est en tout état de cause sans influence sur l'appréciation du caractère habituel de la résidence en France d'un ressortissant étranger en situation irrégulière. En retenant un tel motif, le préfet de la Seine-Saint-Denis a ajouté aux dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicables une condition qui n'est pas prévue par ce texte ni davantage fondée sur une autre disposition législative, une disposition réglementaire ou un principe général du droit. Il ne pouvait dès lors se fonder sur un tel motif pour refuser de prendre en compte le séjour en France de l'intéressé au titre de la période considérée.
4. En outre, M. A apporte la justification, par les documents qu'il verse aux débats, de ce qu'il a résidé habituellement en France au cours de la période comprise entre janvier 2010 et la date de la décision attaquée. La réalité de cette résidence habituelle et continue de plus de dix ans est établie notamment par de document relatifs à l'aide médicale d'Etat, des factures d'électricité et de téléphone, des relevés bancaires comportant des opérations, des ordonnances médicales et comptes rendus d'analyses médicales, des quittances de loyer, ainsi que par des documents fiscaux. Pris dans leur ensemble, ces documents sont suffisamment nombreux et probants pour établir la réalité de la résidence habituelle en France de M. A depuis plus de dix ans à la date de la décision attaquée du 11 février 2021. Ainsi, à la date de l'arrêté contesté, M. A justifiait résider en France de manière habituelle depuis plus de dix ans. Dans ces conditions, le préfet de la Seine-Saint-Denis était tenu de saisir pour avis la commission du titre de séjour visée par les dispositions précitées de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En l'absence d'une telle consultation, M. A a été privé d'une garantie de sorte que l'arrêté litigieux, intervenu à l'issue d'une procédure irrégulière, est entaché d'illégalité.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision du 11 février 2021 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour ainsi que, par voie de conséquence, l'annulation des décisions par lesquelles le préfet lui a fait obligation de quitter le territoire français, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
6. Eu égard au motif d'annulation retenu, le présent jugement implique seulement qu'il soit enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de statuer à nouveau sur la situation de M. A dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement après avoir saisi la commission du titre de séjour de la situation de l'intéressé et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les dépens :
7. En l'absence de dépens dans la présente instance, les conclusions de M. A tendant à ce que l'État soit condamné aux dépens doivent être, en tout état de cause, rejetées.
Sur les frais de l'instance :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à M. A d'une somme de 1 000 (mille) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er er : L'arrêté du préfet de la Seine-Saint-Denis du 11 février 2021 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de procéder au réexamen de la demande de titre de séjour de M. A dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement après avoir saisi la commission du titre de séjour et de lui délivrer dans l'attente de sa décision une autorisation provisoire de séjour.
Article 3 : L'Etat versera une somme 1 000 euros (mille euros) à M. A.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A A et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience publique du 20 mars 2023 à laquelle siégeaient :
- M. Hoffmann, président,
- M. Marias, premier conseiller,
- M. Lacaze, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 avril 2023.
Le rapporteur,
L. LacazeLe président du Tribunal,
M. B
La greffière,
A. Macaronus
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
N°2103359
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026