mardi 11 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2103629 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | NUMBI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 mars 2021, M. A B, représenté par Me Numbi, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 6 janvier 2021 par laquelle le directeur de la protection judiciaire de la jeunesse a refusé de faire droit à sa demande de mutation ;
2°) d'annuler l'avis du comité d'arbitrage relatif à la mobilité des éducateurs au titre de l'année 2020 ;
3°) d'enjoindre à la direction de la protection judiciaire de la jeunesse de reprendre la procédure de mutation et de constater qu'il doit être muté dans la région de Valenciennes dans un délai de deux mois à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de cent euros par jour de retard ; à titre subsidiaire, de lui enjoindre de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de cent euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision en litige, ainsi que l'avis donné par le comité d'arbitrage réuni en novembre 2020, sont entachés d'incompétence ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation et méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et méconnaît l'article 60 de la loi du 11 janvier 1984, le décret du 29 novembre 2019 et les lignes directrices de gestion pour 2020 dès lors qu'elle ne tient pas compte de sa situation prioritaire en qualité de parent séparé et éloigné du domicile de son enfant et de proche aidant de son frère, ni de celle conférée du fait de son travail dans un quartier urbain difficile ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle ne tient pas compte de la dégradation de son état de santé ;
- elle n'est pas fondée sur l'intérêt du service.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 novembre 2022, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 22 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 2 janvier 2023.
Un mémoire présenté pour M. B a été enregistré le 23 mars 2023.
Par un courrier du 20 mars 2023, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, le tribunal a informé les parties que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à l'annulation de l'avis rendu par le comité d'arbitrage concernant la mobilité des éducateurs dès lors qu'un tel avis constitue une mesure préparatoire insusceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 2019-1265 du 29 novembre 2019 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de M. Cozic, rapporteur public,
- et les observations de Me Numbi, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. Exerçant les fonctions d'éducateur de la protection judiciaire de la jeunesse au sein du centre éducatif fermé d'Epinay-sur-Seine depuis le 1er février 2019, M. B a présenté le 21 septembre 2020 huit vœux classés de mutation au titre de l'année 2021. Réuni le 23 novembre 2020, le comité d'arbitrage traitant les demandes de mutation des éducateurs a établi une liste d'éducateurs dont la demande a obtenu un avis favorable, au nombre desquels ne figure pas M. B. Ce dernier a adressé le 6 décembre 2020 à la direction de la protection juridique de la jeunesse un recours tendant à ce qu'il soit fait droit à sa demande de mutation, lequel a été rejeté par une décision du 6 janvier 2021 dont il demande l'annulation.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'avis du comité d'arbitrage :
2. Par une note du 30 novembre 2020, la sous-directrice des ressources humaines et des relations sociales du ministère de la justice a adressé aux directeurs interrégionaux les avis donnés sur les demandes de mutation des éducateurs à la suite de la réunion d'arbitrage réunie le 23 novembre 2020. Il ressort de cette note que de tels avis prennent la forme d'un tableau préalable aux décisions de mutation ensuite arrêtées par le bureau des carrières et du développement professionnel. Ils constituent, dès lors, des actes préparatoires n'ayant pas le caractère d'une décision faisant grief. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de l'avis du comité d'arbitrage relatif à la mobilité des éducateurs au titre de la campagne de mobilité 2020 doivent être rejetées comme étant irrecevables.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision portant refus de mutation :
3. Aux termes de l'article 60 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat alors en vigueur : " () IV. - Les décisions de mutation tiennent compte, dans des conditions prévues par décret en Conseil d'Etat, des lignes directrices de gestion en matière de mobilité prévues à l'article 18 de la présente loi. / Dans le cadre de ces lignes directrices, l'autorité compétente peut, sans renoncer à son pouvoir d'appréciation, définir des critères supplémentaires établis à titre subsidiaire. () ". Aux termes de l'article 8 du décret du 25 novembre 2019 relatif aux lignes directrices de gestion et à l'évolution des attributions des commissions administratives paritaires : " Les lignes directrices de gestion fixent, en matière de mobilité : () / 3° Les modalités de prise en compte des priorités de mutation et, le cas échéant, de mise en œuvre de critères supplémentaires prévus au II et au IV de l'article 60 de la loi du 11 janvier 1984 susvisée, permettant d'examiner et de départager les demandes individuelles de mobilité, sans préjudice du pouvoir d'appréciation de l'autorité compétente en fonction des situations individuelles, des besoins du service ou de tout autre motif d'intérêt général ". En vertu des lignes directrices de gestion du ministère de la justice, relatives à la mobilité pour l'année 2020, les priorités établies à titre subsidiaire sur le fondement des critères supplémentaires prévus par les dispositions précitées comprennent notamment les fonctionnaires, séparés de leur conjoint, souhaitant se rapprocher du lieu de résidence de leur enfant.
4. M. B soutient que le refus de faire droit à ses vœux de mutation est entaché d'une erreur de droit dès lors qu'il n'a pas été tenu compte de sa qualité de parent séparé souhaitant se rapprocher du lieu de résidence de son enfant. S'il ressort des pièces du dossier que M. B, père d'une enfant née le 13 novembre 2014, a indiqué ne pas avoir d'enfant à charge dans sa fiche de vœux, il ressort de ce document qu'était joint à cette demande un rapport social. Alors que le ministre de la justice fait valoir en défense que l'intéressé n'a transmis aucun justificatif ni le rapport social annoncé dans sa demande, il ressort néanmoins des pièces du dossier que l'assistante sociale, employée par le ministère, a établi une note sociale datée du 28 septembre 2020 dans laquelle elle expose la garde alternée, mise en place en application d'un jugement du juge aux affaires familiales du 8 janvier 2018, entre M. B et son ex-compagne pour leur fille scolarisée dans la région Nord. En outre, le requérant établit que l'assistante sociale a transmis son rapport par courriel du 30 septembre 2020. Dans ces conditions, en ne tenant pas compte du souhait de M. B de se rapprocher du lieu de résidence de son enfant dont il assure la garde alternée, le ministre de la justice a commis une erreur de droit.
5. Il résulte de ce qui précède que la décision du 6 janvier 2021 doit être annulée.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
6. Aux termes de l'article L. 911-2 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé ".
7. Eu égard au motif d'annulation retenu, le présent jugement implique seulement que l'autorité compétente réexamine la demande de mutation de M. B. Il y a lieu de lui enjoindre d'y procéder dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais d'instance :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à M. B d'une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 6 janvier 2021 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au garde des sceaux, ministre de la justice, de réexaminer la demande de mutation de M. B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros à M. B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La requête est rejetée pour le surplus de ses conclusions.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 24 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Ribeiro-Mengoli, présidente,
Mme Lunshof, première conseillère,
Mme Courneil, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 avril 2023.
La rapporteure,
L. C
La présidente,
N. Ribeiro-MengoliLa greffière,
P. Demol
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026