vendredi 30 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2103658 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | ULUCAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 mars 2021, M. B A C, représenté par Me Ulucan, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n° 2020/05/20/6263 du 13 mai 2020 par lequel le préfet de police a refusé de lui délivrer une habilitation pour l'accès aux zones de sûreté à accès réglementé des aérodromes.
2°) d'enjoindre à l'autorité préfectorale de lui délivrer l'habilitation sollicitée, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, à compter d'un délai de quinze jours suivant la notification du jugement, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le même délai et de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de carte professionnelle, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de condamner l'Etat au versement d'une somme de 10 000 euros en réparation du préjudice subi ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- en ce qui concerne la décision attaquée : elle n'est pas suffisamment motivée ; il n'a pas été en mesure de présenter des observations écrites ; elle est entachée d'erreur de fait, d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation ;
- en ce qui concerne la demande indemnitaire : le refus de délivrance d'une habilitation est infondé dès lors qu'il n'a jamais troublé l'ordre public ; depuis cette décision il est sans emploi et dans une situation difficile ; il peut prétendre à la réparation des préjudices moral et matériel subis.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 avril 2022, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les conclusions indemnitaires sont irrecevables en l'absence de demande indemnitaire préalable, et en tout état de cause infondées ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 24 mai 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 10 juin 2022.
M. A C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 25 janvier 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'aviation civile ;
- le code des transports ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D,
- et les conclusions de M. Combes, rapporteur public, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C est employé en tant qu'agent d'exploitation par la société Excellence Interim. Cette société a présenté le 6 mars 2020 une demande tendant à ce que soit délivrée à l'intéressé une habilitation permettant d'accéder aux zones de sûreté à accès réglementé des aérodromes. Le préfet de police a rejeté cette demande par un arrêté n° 2020/05/20/6263 du 13 mai 2020. Le requérant demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 6342-3 du code des transports, dans sa rédaction applicable au litige : " Les personnes ayant accès aux zones de sûreté à accès réglementé des aérodromes ou aux approvisionnements de bord sécurisés, ainsi que celles ayant accès au fret, aux colis postaux ou au courrier postal, sécurisés par un agent habilité ou ayant fait l'objet de contrôles de sûreté par un chargeur connu et identifiés comme devant être acheminés par voie aérienne, doivent être habilitées par l'autorité administrative compétente. () ". Aux termes de l'article R. 213-3-1 du code de l'aviation civile, dans sa rédaction applicable au litige : " I.- L'habilitation mentionnée à l'article L. 6342-3 du code des transports est demandée par l'entreprise ou l'organisme qui emploie la personne devant être habilitée. () / II.- L'habilitation peut être retirée ou suspendue par le préfet territorialement compétent lorsque la moralité ou le comportement de la personne titulaire de cette habilitation ne présente pas les garanties requises au regard de la sûreté de l'Etat, de la sécurité publique, de la sécurité des personnes, de l'ordre public ou sont incompatibles avec l'exercice d'une activité dans les zones de sûreté à accès réglementé des aérodromes, dans les lieux de préparation et stockage des approvisionnements de bord, ou des expéditions de fret ou de courrier postal sécurisées et devant être acheminées par voie aérienne, ainsi que dans les installations mentionnées au III de l'article R. 213-3. () ".
3. Pour refuser de délivrer à M. A C l'habilitation sollicitée, le préfet de police s'est fondé sur la circonstance que l'intéressé est connu des services de police spécialisés pour être en lien avec une organisation terroriste et qu'ainsi son comportement est incompatible avec les fonctions postulées. Toutefois, M. A C soutient que les faits qui lui sont reprochés ne sont pas établis, qu'il n'a aucun lien avec une organisation terroriste et qu'il n'est pas connu des services de police. Si un refus d'habilitation fondé sur le risque de commission d'actes de terrorisme peut résulter de circonstances qui n'ont pas donné lieu à des poursuites pénales ni à une garde à vue, en l'espèce le préfet de police n'apporte aucun élément permettant de justifier le risque qu'il invoque dès lors qu'il ne fournit pas le moindre élément portant notamment sur les circonstances de temps et de lieu permettant d'en caractériser l'existence. Dans ces conditions, M. A C est fondé à soutenir que la décision de refus en litige est entachée d'erreur de fait. Par suite, l'arrêté attaqué doit être annulé, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête.
Sur la fin de non-recevoir opposée par le préfet de police aux conclusions indemnitaires :
4. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision () / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. () ".
5. Le préfet de police soutient que les conclusions indemnitaires sont irrecevables en l'absence de demande préalable. Ces allégations ne sont pas contredites par M. A C, qui ne produit pas une telle demande. Par suite, en l'absence de liaison du contentieux, les conclusions indemnitaires du requérant ne sont pas recevables et doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Le présent jugement implique seulement que l'autorité administrative compétente réexamine la demande d'habilitation présentée en faveur de M. A C. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au préfet de police de procéder à ce réexamen dans un délai de 3 mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il y ait lieu de prononcer une astreinte ni, en tout état de cause, de délivrer au requérant un récépissé de demande de carte professionnelle.
Sur les frais liés au litige :
7. M. A C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article 761-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Ulucan de la somme de 1 500 euros sous réserve que ce dernier renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.
D E C I D E:
Article 1er : L'arrêté du 13 mai 2020 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de police de réexaminer la demande d'habilitation présentée en faveur de M. A C dans un délai de 3 mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Me Ulucan une somme de 1 500 euros, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que cet avocat renonce à percevoir la part contributive de l'État.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A C et au préfet de police.
Délibéré après l'audience du 15 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Jimenez, présidente,
M. Charageat, premier conseiller,
Mme Nour, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 septembre 2022.
Le rapporteur,
D. D
La présidente,
J. Jimenez La greffière,
S. Saibi
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026