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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2104107

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2104107

lundi 23 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2104107
TypeDécision
RecoursExécution d'un jugement
Formation3ème chambre
Avocat requérantLAFFARGUE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n°185701 du 20 janvier 2020, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal administratif de Montreuil, en application de l'article R.351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par M. B C.

Par un jugement définitif n° 0903686 du 23 juin 2011, le tribunal administratif de Montreuil a renvoyé M. C devant le ministre du travail, de l'emploi et de la santé afin que soit liquidée l'indemnité correspondant à la différence entre, d'une part, le traitement et les indemnités qui en constituent l'accessoire auxquels il pouvait prétendre durant la période de son éviction illégale en tant qu'inspecteur des affaires sanitaires et sociales stagiaire et, d'autre part, les rémunérations en qualité de secrétaire administratif et les allocations pour perte d'emploi qu'il a pu effectivement percevoir sur la période du 1er juillet 2002 au 30 avril 2003 à l'exception des indemnités représentatives de frais et des éléments de rémunération liées à l'exercice effectif des fonctions. Le tribunal a assorti cette somme des intérêts au taux légal à compter du 14 novembre 2008, les intérêts échus à la date du 11 août 2010 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date étant capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.

Par un courrier enregistré le 6 avril 2018 au tribunal administratif de Paris et le 22 janvier 2020 au tribunal administratif de Montreuil, M. C, représenté par Me Laffargue, a saisi le Tribunal des difficultés qu'il rencontre pour obtenir l'exécution du jugement susvisé n° 0903686 en sollicitant la condamnation de l'Etat à lui verser la somme de 11 066,06 euros avec intérêts au taux légal et capitalisation de ceux-ci au titre de l'indemnisation de son préjudice matériel à la réparation duquel l'Etat a été condamné ainsi que la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par une ordonnance en date du 3 mars 2021, le premier vice-président du Tribunal a décidé l'ouverture d'une procédure juridictionnelle, en application de l'article R. 921-6 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense enregistré le 29 avril 2021, le ministre des solidarités et de la santé conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que la somme de 20 731, 13 euros a été mise en paiement le 17 octobre 2017, en exécution du jugement du 23 juin 2011, et que les bases de calcul prises en compte par le requérant sont erronées, l'administration ayant elle-même à tort pris en compte dans les sommes versées à M. C en octobre 2017 en exécution de ce jugement, des primes et indemnités liées à l'exercice effectif des fonctions et une période erronée, ce qui a abouti au versement d'un indu de 18 618,84 euros.

Par un mémoire en réplique enregistré le 7 juin 2021, M. C, représenté par Me Laffargue, porte la somme à laquelle il demande de condamner l'Etat en exécution du jugement du 23 juin 2011 à 45 558,50 euros et à 5 000 euros celle qu'il demande au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le calcul de l'indemnité effectué par l'administration est erroné, dès lors que la période d'éviction illégale s'étend du 5 juin 2002 au 31 mars 2005 ;

- les indemnités accessoires du traitement, telles que l'indemnité forfaitaire pour travaux supplémentaires -IFTS et l'indemnité de technicité doivent être prises en compte dans le calcul des indemnités.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 16 décembre 2022 :

- le rapport de Mme Ribeiro-Mengoli, présidente,

- et les conclusions de M. Cozic, rapporteur public.

Considérant ce qui suit:

1. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement (), la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution ()". Aux termes de l'article R. 921-6 du même code : " Dans le cas où le président estime nécessaire de prescrire des mesures d'exécution par voie juridictionnelle (), le président () du tribunal ouvre par ordonnance une procédure juridictionnelle. () ".

2. Par son jugement n° 0903686 du 23 juin 2011 le Tribunal a jugé que M. C avait droit, en réparation du préjudice subi pour perte de revenus, à une indemnité correspondant à la différence entre, d'une part, le traitement et les indemnités qui en constituent l'accessoire auxquels il pouvait prétendre durant la période de son éviction illégale, en tant qu'inspecteur stagiaire et, d'autre part, les rémunérations en qualité de secrétaire administratif et les allocations pour perte d'emploi qu'il a pu effectivement percevoir sur la période du 1er juillet 2002 au 30 avril 2003. Il a également jugé que le requérant ne pouvait prétendre pendant cette période au versement des indemnités représentatives de frais et des éléments de rémunération liés à l'exercice effectif des fonctions. Il a enfin jugé qu'il ne résultait pas de l'instruction que M. C aurait été titularisé à l'issue de sa seconde année de stage et a par suite rejeté les conclusions tendant à la condamnation de l'Etat à lui verser une indemnité correspondant au préjudice matériel et de carrière subis à compter du 1er mai 2013.

3. Il ressort ainsi tant des motifs que du dispositif du jugement susvisé du 23 juin 2011 dont l'exécution est demandée, qu'à la suite de la reconnaissance du préjudice subi par M. C du fait de son éviction illégale, l'administration était tenue de lui verser, en réparation, une somme correspondant à la différence entre, d'une part, le traitement et les indemnités qui en constituent l'accessoire auxquels il pouvait prétendre durant la période de son éviction illégale en tant qu'inspecteur des affaires sanitaires et sociales stagiaire, à l'exception des indemnités représentatives de frais et d'éléments de rémunération liés à l'exercice effectif des fonctions et, d'autre part, les rémunérations qu'il a perçues, en tant que secrétaire administratif et le cas échéant les allocations pour perte d'emploi qu'il a effectivement perçus sur la période du 1er juillet 2002 au 30 avril 2003.

4. En exécution de ce jugement, l'administration a versé à M. C, le 17 octobre 2017, la somme de 20 731, 13 euros. D'une part, il résulte de ce qui a été dit au point 2 que M. C n'est pas fondé à soutenir que l'Etat devait, en exécution du jugement en cause, l'indemniser du préjudice matériel subi sur une période s'étendant jusqu'au 31 mars 2005. D'autre part, M. C soutient que le calcul de l'indemnité est erroné, en ce qu'il n'a pas pris en compte ses bulletins de salaire en qualité d'inspecteur des affaires sanitaires et sociales stagiaires. Toutefois, il résulte de l'instruction que le salaire net mensuel que M. C aurait perçu en qualité d'inspecteur stagiaire, dont il faut exclure les primes versées au titre de l'exercice des fonctions telles que l'IFTS et la prime de technicité, serait de 1 150,30 euros au titre de la période de juillet à décembre 2002 et de 1 222, 19 euros au titre des mois de janvier à avril 2003, soit un total de 11 790, 56 euros, tandis qu'il est constant qu'il a perçu sur cette période en qualité de secrétaire administratif, une rémunération nette de 10 294,50 euros.

5. M. C, qui a perçu la somme de 20 731, 13 euros en exécution du jugement susvisé, n'est dès lors pas fondé à soutenir que celui-ci n'aurait pas reçu entière exécution.

6. Il résulte de ce qui précède, que les conclusions de la requête tendant à ce que le tribunal prescrive les mesures qu'implique l'exécution du jugement du 23 juin 2011 doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

DECIDE :

Article 1er : La demande en exécution de jugement de M. C, ainsi que ses conclusions au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au ministre des solidarités et de la santé.

Délibéré après l'audience du 16 décembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Ribeiro-Mengoli, présidente-rapporteure

Mme Lunshof, première conseillère,

Mme Courneil, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 janvier 2023

La présidente-rapporteure,

N. Ribeiro-Mengoli

L'assesseure la plus ancienne

dans l'ordre du tableau,

M. A

La greffière,

P. Demol

La République mande et ordonne au ministre des solidarités et de la santé en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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