mercredi 19 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2104143 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème Chambre (J.U) |
| Avocat requérant | SCP ARVIS & KOMLY-NALLIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoires, enregistrés le 25 mars 2021 et le 19 septembre 2022, Mme A, représentée par Me Arvis, demande au tribunal :
1°) d'annuler le compte-rendu d'entretien professionnel et sa notation établis le 25 janvier 2021 au titre de l'année 2019 ;
2°) d'enjoindre au préfet de police d'établir une nouvelle fiche de notation au titre de l'année 2019 dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa fiche de notation a été remplie au terme d'une procédure irrégulière en l'absence d'entretien préalable ;
- le signataire de la fiche de notation individuelle est incompétent dès lors qu'elle avait changé d'affectation et que le signataire n'était plus son supérieur hiérarchique ;
- sa fiche de notation au titre de l'année 2019 est entachée d'erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- en se fondant sur son état de santé pour diminuer sa notation, l'administration a entaché sa décision de discrimination.
Par un mémoire, enregistré le 14 septembre 2022, le préfet de police conclut au non lieu à statuer sur la requête de Mme A, dès lors qu'une nouvelle notation a été réalisée au titre de l'année 2019 le 23 mai 2022.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 28 juillet 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 6 septembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 2010-888 du 28 juillet 2010 ;
- l'arrêté du 11 janvier 2013 relatif à l'entretien professionnel de certains personnels du ministère de l'intérieur ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Lunshof, première conseillère, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Lunshof.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, brigadier-chef de police, qui était affectée, en 2018, au poste de chef de brigade de protection locale de la famille, au service d'accueil et d'investigation de proximité du commissariat du 8ème arrondissement de Paris et qui, depuis le 1er septembre 2019, a été affectée au commissariat de Montreuil (93100), a sollicité, le 15 novembre 2019, la production de sa fiche de notation au titre de l'année 2019. Le 25 janvier 2021, Mme A s'est vu notifier sa fiche de notation au titre de l'année 2019, établie le même jour. Elle demande au tribunal d'annuler le compte-rendu d'entretien professionnel et sa notation au titre de l'année 2019.
Sur l'exception de non-lieu à statuer opposé par le préfet de police :
2. Un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un acte administratif n'ayant d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif, si, avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté par l'autorité compétente et si le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif faute d'être critiqué dans le délai du recours contentieux, il emporte alors disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté, ce qui conduit à ce qu'il n'y ait lieu pour le juge de la légalité de statuer sur le mérite du pourvoi dont il était saisi. Il en va ainsi quand bien même l'acte rapporté aurait reçu exécution.
3. En l'espèce, il est constant que la nouvelle notation au titre de l'année 2019 établie le 23 mai 2022, a été contestée par la requérante dans le délai de recours contentieux par une requête enregistrée sous le numéro 2211237 et n'est pas devenue définitive. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu d'accueillir les conclusions à fin de non-lieu à statuer présentées par le préfet de police.
Sur les conclusions à fin d'annulation du compte-rendu d'entretien professionnel et sa notation établie au titre de l'année 2019 :
4. Aux termes de l'article 55 de la loi du 11 janvier 1984 susvisée : " Par dérogation à l'article 17 du titre Ier du statut général, l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires se fonde sur un entretien professionnel annuel conduit par le supérieur hiérarchique direct. ". Aux termes de l'article 3 du décret du 28 juillet 2010 susvisé : " Le fonctionnaire bénéficie chaque année d'un entretien professionnel qui donne lieu à compte rendu. Cet entretien est conduit par le supérieur hiérarchique direct. La date de cet entretien est fixée par le supérieur hiérarchique direct et communiquée au fonctionnaire au moins huit jours à l'avance.". Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 11 janvier 2013 relatif à l'entretien professionnel de certains personnels du ministère de l'intérieur : " Les fonctionnaires et les agents non titulaires du ministère de l'intérieur gérés par le secrétariat général bénéficient, sauf dispositions particulières définies pour certaines catégories d'agents, d'un entretien professionnel dans les conditions prévues par le décret du 28 juillet 2010 susvisé ainsi que par le présent arrêté. ". Aux termes de son article 20 : " Les personnels relevant de l'article 1er font l'objet d'un entretien professionnel annuel qui donne lieu à un compte rendu ".
5. Mme A fait valoir que sa notation au titre de l'année 2019 est intervenue sans entretien préalable. L'administration à laquelle il appartient d'établir qu'elle a accompli une formalité obligatoire ne conteste pas qu'aucun entretien n'a eu lieu. L'entretien préalable prévu notamment par l'article 55 de la loi du 11 janvier 1984, portant statut des fonctionnaires de l'Etat et par l'article 3 du décret du 9 mai 1995 présentant le caractère d'une garantie, Mme A est fondée à soutenir que sa notation au titre de l'année 2019 est intervenue en violation de l'article 3 du décret du 28 juillet 2010 susvisé et que son compte-rendu d'entretien professionnel 2019 et sa notation ont été établis à l'issue d'une procédure irrégulière. Pour ce seul motif, il y a lieu d'annuler la notation en litige, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. L'exécution du présent jugement implique que Mme A fasse l'objet d'un nouvel entretien professionnel assorti d'un compte rendu et d'une notation. Il y a lieu d'y enjoindre l'administration dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros au titre des frais liés au litige et non compris dans les dépens en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Le compte rendu de " l'entretien professionnel 2019 " et la notation de
Mme A au titre de l'année 2019 sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de police de prescrire à l'autorité compétente la mise en œuvre d'un nouvel entretien professionnel, pour l'année 2019, de Mme A, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Mme A la somme de 1 500 (mille cinq cents) euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au préfet de police.
Copie en sera adressé pour information au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juillet 2023.
Le magistrat désigné,
M. LUNSHOFLe greffier,
P. DEMOL
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies d'exécution de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026