jeudi 22 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2104647 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | CUJAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 avril 2021 et un mémoire complémentaire enregistré le 20 avril 2021, Mme C B, représentée par Me Cujas, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 mars 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer une carte de séjour temporaire, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être éloignée d'office à l'expiration de ce délai ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale ", ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation administrative ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'un défaut d'examen ;
- il est entaché d'erreur de fait ;
- il est entaché d'erreur de droit ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il méconnaît les stipulations du 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle justifie de motifs exceptionnels ou humanitaires de nature à ce qu'elle soit régularisée.
La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 8 septembre 2022 :
- le rapport de M. A,
- les observations de Me Cujas, représentant le requérant.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante congolaise née le 13 octobre 1985, fait valoir être entrée en France en 2009 puis a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français le 3 juin 2015, dont la requête à fin d'annulation a été rejetée par un jugement n° 1600615 du tribunal administratif de Cergy-Pontoise du 18 mai 2016, confirmé par un arrêt n° 16VE03288 du 20 juin 2017 de la cour administrative d'appel de Versailles. Elle a demandé, le 11 décembre 2019, la délivrance d'une carte de séjour temporaire en qualité de parent d'enfant français. Par un arrêté du 9 mars 2021, dont elle demande l'annulation, le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle sera éloignée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, l'arrêté comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est donc suffisamment motivé. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet aurait insuffisamment examiné la situation de l'intéressée. Dans ces conditions, les moyens tirés de l'insuffisante motivation de l'arrêté et du défaut d'examen doivent être écartés.
3. En second lieu, d'une part, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". D'autre part, aux termes du 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale () ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
4. Mme B, qui ne conteste pas utilement dans sa requête la circonstance retenue par le préfet de la Seine-Saint-Denis dans l'arrêté en litige que son enfant né
le 31 mars 2018 a été reconnu frauduleusement par un ressortissant de nationalité française avec lequel elle n'établit ni même n'allègue avoir de communauté de vie, se prévaut de l'ancienneté de sa présence en France depuis 2009 ainsi que de ses attaches familiales. Cependant, si elle se prévaut de la présence en France d'un ressortissant de nationalité française qu'elle présente comme son père, ainsi que de la présence de son fils né en 2003, également français et qu'elle présente comme son frère, ainsi qu'un demi-frère et d'une demi-sœur nés en 2006 et 2011, il ressort des pièces du dossier que par un jugement du 6 septembre 2013, le tribunal de grande instance de Paris, saisi par le procureur de la République au motif de l'absence de force probante de la copie de son acte de naissance, a jugé que le certificat de nationalité de la requérante du 30 juillet 2010 lui avait été délivré à tort. Ainsi, la filiation alléguée de l'intéressée avec les personnes qu'elle présente comme ses parents, toutes deux de nationalité française, n'est pas établie, de même que ses liens familiaux avec leurs enfants. Par ailleurs, la requérante n'établit pas qu'elle serait dépourvue d'attaches personnelles et familiales au Congo, pays qu'elle a quitté le 24 mars 2009 selon ses dires, à l'âge de vingt-quatre ans. Si elle fait valoir qu'elle vit avec sa mère française, avec laquelle la filiation n'est pas plus établie, elle ne l'établit en tout état de cause pas, de même que le caractère indispensable de sa présence auprès d'elle et de ses autres enfants. Enfin, Mme B ne justifie d'aucun obstacle à ce qu'elle retourne dans son pays d'origine accompagnée de ses deux enfants, nonobstant l'éventuelle nationalité française de son enfant né en 2018, le procureur de la République près du tribunal judiciaire de Bobigny ayant sur ce point été saisi en raison des soupçons de reconnaissance frauduleuse par un ressortissant français et la requérante ne contestant pas utilement le motif de fraude retenu dans l'arrêté en litige. Dans ces conditions, à supposer même que la requérante réside habituellement en France depuis 2009, le préfet la Seine-Saint-Denis n'a pas, en refusant de lui délivrer un titre de séjour et en l'obligeant à quitter le territoire français, porté au droit de l'intéressée au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a pris ces décisions et n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni celles de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant, ou entaché sa décision d'erreur de droit, d'erreur de fait ou d'erreur manifeste d'appréciation.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de Mme B doivent être rejetées.
Sur le surplus :
6. Le présent jugement, lequel rejette les conclusions à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par la requérante doivent être rejetées.
7. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Dès lors, les conclusions présentées à ce titre par la requérante doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 8 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Gauchard, président,
Mme Caron-Lecoq, conseillère,
M. Breuille, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2022.
Le rapporteur,
Signé
L. A
Le président,
Signé
L. Gauchard La greffière,
Signé
S. Jarrin
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026