LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2104716

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2104716

mercredi 21 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2104716
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation9ème chambre
Avocat requérantPIERROT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 8 avril 2021, Mme A C, représentée par Me Pierrot, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du préfet de la Seine-Saint-Denis en date du 9 mars 2021, à titre principal, en tant qu'il refuse de renouveler son titre de séjour et l'oblige à quitter le territoire français, à titre subsidiaire, en tant qu'il l'oblige à quitter le territoire français ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer une carte de séjour temporaire valable un an portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai d'un mois à compter du jugement, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le même délai et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- en ce qui concerne la décision de refus de renouvellement de titre de séjour : elle est insuffisamment motivée ; sa situation n'a pas fait l'objet d'un examen réel et sérieux ; les dispositions du 6° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ont été méconnues ; l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3, paragraphe 1, de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ont été méconnus ; elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- en ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire : elle est privée de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre ; elle méconnaît les dispositions du 6° de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3, paragraphe 1, de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ont été méconnus.

Par un mémoire en défense enregistré le 30 novembre 2022, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les dispositions du 6° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'ont pas été méconnues.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. B,

- et les observations de Me Wiedemann, substituant Me Pierrot, représentant Mme C.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C, ressortissante congolaise née le 5 octobre 1980 à Kinshasa, a déposé le 9 août 2018 une demande de renouvellement du titre de séjour qui lui avait été délivré en qualité de parent d'enfant français. Par un arrêté du 9 mars 2021, le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de renouveler ce titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Mme C demande l'annulation de la décision de refus de titre de séjour et de la décision portant obligation de quitter le territoire français contenues dans cet arrêté.

Sur la décision de refus de titre de séjour :

2. En premier lieu, l'arrêté attaqué, qui vise notamment les dispositions du 6° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui constituent le fondement de la demande de renouvellement de titre de séjour, expose avec une précision suffisante les éléments relatifs à la situation de la requérante pris en compte par le préfet de la Seine-Saint-Denis pour refuser de renouveler son titre de séjour. Par suite, le refus de renouvellement de titre de séjour attaqué, qui comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, est suffisamment motivé. Le moyen tiré du défaut de motivation de cette décision doit dès lors être écarté.

3. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Seine-Saint-Denis n'aurait pas procédé à un examen complet et sérieux de la situation de la requérante.

4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable au litige : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : () / 6° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France () / Lorsque la filiation est établie à l'égard d'un parent, en application de l'article 316 du code civil, le demandeur, s'il n'est pas l'auteur de la reconnaissance de paternité ou de maternité, justifie que ce dernier contribue effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant, dans les conditions prévues à l'article 371-2 du même code, ou produit une décision de justice relative à la contribution à l'éducation et à l'entretien de l'enfant. Lorsque le lien de filiation est établi mais que la preuve de la contribution n'est pas rapportée ou qu'aucune décision de justice n'est intervenue, le droit au séjour du demandeur s'apprécie au regard du respect de sa vie privée et familiale et au regard de l'intérêt supérieur de l'enfant () ".

5. Il ressort des pièces du dossier que Mme C est la mère de deux enfants nés en France, le premier, le 10 janvier 2013, dont le père est congolais, le second, le 19 mars 2016, qui a fait l'objet d'une reconnaissance de paternité par un ressortissant français le 3 mai 2016 et qui lui a ouvert droit à un titre de séjour sur le fondement des dispositions précitées du 6° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. A l'issue de l'examen de la demande de renouvellement de ce titre de séjour, le préfet de la Seine-Saint-Denis a estimé que la requérante ne pouvait se prévaloir des dispositions du 6° de l'article L. 313-11 dès lors que la reconnaissance de paternité de cet enfant était entachée de fraude. La requérante conteste l'existence d'une telle fraude tout en alléguant que le père de cet enfant lui verse mensuellement une aide financière pour contribuer à son entretien et son éducation. Toutefois, la requérante ne se prévaut d'aucune décision de justice portant sur la contribution à l'éducation et à l'entretien de l'enfant. En outre, la seule attestation datée du 5 avril 2021 par laquelle l'intéressé reconnaît devoir verser chaque mois une somme de 100 euros à la requérante ne suffit pas à démontrer qu'il contribuerait effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant, alors qu'au demeurant le respect des dispositions du 6° de l'article L. 313-11 implique d'apprécier la contribution financière du parent à l'entretien de son enfant et son implication dans son éducation. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.

6. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

7. Mme C soutient que depuis le mois de mai 2009, elle séjourne de manière ininterrompue en France, où elle a donné naissance à deux enfants et où elle est insérée professionnellement. Toutefois, elle n'apporte aucun justificatif de sa présence en France au titre de la période courant du mois de mai 2011 au mois de mai 2012 inclus. De même, elle n'établit pas avoir été présente continuellement sur le territoire français durant les années 2014 et 2015, se bornant à produire au titre de cette période des cartes d'admission à l'aide médicale de l'Etat, un avis d'impôt sur le revenu de l'année 2013 daté du 24 juillet 2014 et une lettre d'un opérateur de télécommunication du 20 août 2015 portant sur un rejet de paiement. Ainsi, elle séjournerait en permanence en France depuis tout au plus l'année 2016. En outre, si, ainsi qu'il a été dit au point 5, Mme C est la mère de deux enfants nés en France, il ne ressort pas des pièces du dossier que ces derniers bénéficieraient de la part de leur père d'une contribution à leur entretien et à leur éducation, la seule attestation sur l'honneur en date du 6 avril 2021 par laquelle le père du premier enfant se borne à reconnaître son obligation notamment financière à l'égard de sa fille, n'étant pas davantage probante que celle mentionnée au point 5. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que la situation familiale de la requérante, eu égard notamment au jeune âge des enfants, lui ouvrirait droit au séjour sur le territoire français. Enfin, il ressort des pièces du dossier que l'emploi d'agent d'entretien que la requérante établit occuper depuis le mois de mars 2017, correspond à une activité à temps partiel d'un volume inférieur à la moitié d'un emploi à temps plein. Cet emploi, qui ne lui procure que des revenus d'un montant modeste, ne caractérise pas une insertion professionnelle significative. Il suit de là que la décision en litige n'a pas porté au droit de la requérante au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts poursuivis par cette décision. Par suite, les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales n'ont pas été méconnues. Pour les mêmes motifs, cette décision n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressée.

8. En cinquième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant du 26 janvier 1990 susvisée : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Elles sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.

9. Il résulte de ce qui est dit aux points 5 et 7 qu'il n'existe pas de lien entre les deux enfants de la requérante et les pères de ces derniers. Au demeurant, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision attaquée aurait par elle-même pour conséquence de séparer ces enfants de l'un de leurs parents, ni qu'elle aurait pour effet, eu égard au jeune âge de ces enfants, de compromettre leur scolarité, laquelle n'est d'ailleurs pas justifiée pour la période antérieure à l'année scolaire 2020-2021. Par suite, la décision en litige n'a pas pour conséquence de porter une atteinte à l'intérêt supérieur de ces enfants ni, dès lors, de méconnaître les stipulations précitées de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

10. Aux termes de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable au litige : " Ne peuvent faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français : () / 6° L'étranger ne vivant pas en état de polygamie qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans () ".

11. Si un acte de droit privé opposable aux tiers est en principe opposable dans les mêmes conditions à l'administration tant qu'il n'a pas été déclaré nul par le juge judiciaire, il appartient cependant à l'administration, lorsque se révèle une fraude commise en vue d'obtenir l'application de dispositions de droit public, d'y faire échec même dans le cas où cette fraude revêt la forme d'un acte de droit privé. Ce principe peut conduire l'administration, qui doit exercer ses compétences sans pouvoir renvoyer une question préjudicielle à l'autorité judiciaire, à ne pas tenir compte, dans l'exercice de ces compétences, d'actes de droit privé opposables aux tiers. Tel est le cas pour la mise en œuvre des dispositions du 6° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui n'ont pas entendu écarter l'application des principes ci-dessus rappelés. Par conséquent, si la reconnaissance d'un enfant est opposable aux tiers, en tant qu'elle établit un lien de filiation et, le cas échéant, en tant qu'elle permet l'acquisition par l'enfant de la nationalité française, dès lors que cette reconnaissance a été effectuée conformément aux conditions prévues par le code civil, et s'impose donc en principe à l'administration tant qu'une action en contestation de filiation n'a pas abouti, il appartient néanmoins au préfet, s'il est établi, lors de l'examen d'une demande de titre de séjour présentée sur le fondement du 6° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que la reconnaissance de paternité a été souscrite dans le but de faciliter l'obtention de la nationalité française ou d'un titre de séjour, de faire échec à cette fraude et de refuser, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, tant que la prescription prévue par les articles 321 et 335 du code civil n'est pas acquise, la délivrance de la carte de séjour temporaire sollicitée par la personne se présentant comme père ou mère d'un enfant français.

12. Il ressort des pièces du dossier que pour prononcer la décision en litige, le préfet de la Seine-Saint-Denis s'est fondé sur le caractère frauduleux de la reconnaissance de paternité par un ressortissant français de l'enfant de la requérante né le 19 mars 2016. Le préfet a estimé que cette reconnaissance émanait d'un ressortissant français dont l'identité apparaît au fichier national des étrangers pour avoir procédé dans neuf dossiers similaires de demandes de titre de séjour fondées sur les dispositions du 6° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à des reconnaissances de paternité conduisant à l'acquisition de la nationalité française par des enfants de mères différentes, que celui-ci ne vit pas avec la requérante ni avec l'enfant et qu'il ne contribue pas à l'entretien et à l'éducation de l'enfant. Le préfet a en outre relevé que la requérante, qui ne le conteste pas, avait déclaré n'avoir informé de sa grossesse l'auteur de la reconnaissance de paternité que le jour de l'accouchement et que ce dernier lui avait proposé de reconnaître l'enfant. Toutefois, le préfet de la Seine-Saint-Denis, qui ne fournit notamment aucune information sur les suites qui ont pu être données à la saisine du procureur de la République dont il est fait mention dans l'arrêté attaqué, n'apporte pas des éléments précis et circonstanciés de nature à établir que la reconnaissance de l'enfant de la requérante par un ressortissant français a été souscrite dans le but de faciliter l'obtention de la nationalité française ou d'un titre de séjour. Par suite, Mme C est fondée à soutenir que la décision d'éloignement en litige est intervenue en méconnaissance des dispositions du 6° de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

13. Il résulte de tout ce qui précède, d'une part, que Mme C est fondée à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français en date du 9 mars 2021 est illégale et à en demander l'annulation, d'autre part, qu'il y a lieu d'annuler cette décision, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête et de rejeter le surplus des conclusions à fin d'annulation.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

14. Le présent jugement n'implique pas de délivrer un titre de séjour à la requérante. Il implique seulement que l'autorité administrative réexamine la situation de cette dernière. Il suit de là qu'il y a lieu d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de procéder à ce réexamen dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement et de délivrer sans délai à l'intéressée une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de prononcer une astreinte.

Sur l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

15. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par Mme C et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 9 mars 2021 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a obligé Mme C à quitter le territoire français est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de réexaminer la situation de Mme C dans le délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement et de délivrer sans délai à l'intéressée une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler.

Article 3 : L'Etat versera à Mme C une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Délibéré après l'audience du 8 décembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Jimenez, présidente,

M. Charageat, premier conseiller,

Mme Nour, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 décembre 2022.

Le rapporteur,

D. B

La présidente,

J. JimenezLa greffière,

L. Vilmen

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions