LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2104783

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2104783

jeudi 1 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2104783
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation8ème chambre
Avocat requérantDANTE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 9 avril 2021, 26 septembre et 20 décembre 2022, Mme C D, Mme A D et M. B D, représentés par la SELASU Dante, doivent être regardés comme demandant au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) de condamner l'Etat à leur verser les sommes de 57 050 euros pour Mme C D, de 21 000 euros pour Mme A D et de 3 000 euros pour M. B D en réparation de leurs préjudices résultant des fautes commises par l'Etat dans l'exercice de son pouvoir de police sanitaire relative au médicament Dépakine :

2°) de mettre à la charge de l'Etat les dépens ainsi que la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- l'Etat a commis une faute en s'abstenant d'exercer son pouvoir de police sanitaire, en méconnaissant le principe de prévention, à tout le moins le principe de précaution ;

- le lien de causalité entre l'exposition in utero et les troubles de Mme C D ainsi que l'interruption médicale de grossesse de Mme A D est établi ;

- ils sont fondés à obtenir les sommes suivantes : pour Mme C D, en sa qualité de victime directe : 300 euros de déficit fonctionnel temporaire, 20 000 de souffrances endurées, 8 000 euros de préjudice esthétique temporaire, 24 750 euros de déficit fonctionnel temporaire permanent, 4 000 euros de préjudice esthétique permanent ; pour Mme A D : en sa qualité de victime indirecte de Mme C D : 8 000 euros de préjudice d'affection en raison de son interruption médicale de grossesse du 9 septembre 1994 : 8 000 euros de souffrances endurées et 5 000 euros de préjudice d'affection ; pour M. B D, en sa qualité de victime directe de Mme C D : 3 000 euros de préjudice d'affection.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 octobre 2022, le ministre de la santé et de la prévention conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- à titre principal, l'Etat n'a commis aucune faute ;

- à titre subsidiaire, le laboratoire Sanofi ainsi que les médecins ont commis des fautes de nature à exonérer partiellement celle de l'Etat.

La procédure a été communiquée à la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Garonne et à l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé qui n'ont produit aucun mémoire.

Vu :

- le rapport d'expertise du 24 mars 2022 ;

- l'ordonnance de taxation des frais d'expertise du 8 juin 2022 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de justice administrative.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Caron-Lecoq,

- les conclusions de M. Terme, rapporteur public,

- les observations de Me de Noray représentant les consorts D.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A D souffre d'épilepsie depuis l'âge de sept ans, traitée par le médicament Dépakine, notamment au cours de sa grossesse ayant abouti à la naissance de C le 25 août 1993, laquelle souffre de malformations physiques, ainsi qu'au cours de celle ayant abouti à une interruption médicale de grossesse le 9 septembre 1994. Par courrier du 13 mai 2020, les consorts D ont saisi le ministre des solidarités et de la santé d'une demande indemnitaire préalable. Le 21 juillet 2020, le ministre les a redirigés vers la procédure amiable gérée par l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales.

Sur les demandes indemnitaires à raison des malformations physiques subies par Mme C D :

2. Il résulte de l'instruction, particulièrement de l'expertise, que Mme C D a été exposée au cours de son développement embryonnaire puis fœtal au valproate de sodium, principe actif de la Dépakine prise par sa mère Mme A D. A sa naissance, elle a présenté une déformation de la boîte crânienne, dite " crâniosténose ", décrite comme une " plagiocéphalie ", c'est-à-dire une fermeture de la suture coronale gauche. Toutefois, il résulte de l'instruction que les crâniosténoses en lien avec la prise du médicament Dépakine sont d'un autre type dit de " suture métopique " et, surtout, Mme A D a également pris pendant la grossesse du Levothyrox et fumait dix cigarettes par jour, ce qui constitue deux facteurs susceptibles d'entraîner des crâniosténoses. L'ensemble de ces circonstances, non contredites par les autres pièces du dossier notamment le protocole national de diagnostic de soins et un article relatif à l'étiologie des crâniosténoses, ont conduit l'expert à conclure que le rapport entre la malformation physique présentée par Mme C D ci-avant décrite et l'exposition in utero au médicament Dépakine ne peut être considéré que comme possible mais pas probable. Dès lors, en l'absence d'un lien de causalité direct et certain, les requérants ne sauraient obtenir une indemnisation du fait de la crâniosténose subie par Mme C D.

3. Il ne résulte pas de l'instruction que les autres syndromes évoqués, notamment une déformation faciale dont il n'est pas démontré la différence avec la crâniosténose précitée, des infections oto-rhino-laryngologiques qui ne sont pas établies, les requérants ne justifiant de la survenue que d'une seule infection à l'âge de cinq ans et sept mois, une hypertonie des membres inférieurs qui, si elle est évoquée par l'expert, n'a engendré aucune conséquence sur le développement psychomoteur et des troubles ophtalmologiques, particulièrement un strabisme d'origine orbitaire, soient imputables à l'exposition in utero au médicament Dépakine.

4. Il résulte de ce qui précède que les demandes indemnitaires présentées à raison des malformations physiques subies par Mme C D doivent être rejetées.

Sur les demandes indemnitaires à raison de l'interruption médicale de grossesse subie par Mme A D le 9 septembre 1994 :

5. Il résulte de l'instruction que la grossesse de Mme A D qui a débuté le 5 avril 1994 a été interrompue le 9 septembre suivant en raison d'une malformation au niveau de la colonne vertébrale du fœtus dite " spina-bifida ". Il résulte également de l'instruction, notamment du courrier médical du 21 avril 1993, qu'au cours de la grossesse ayant donné naissance à Mme C D, soit antérieurement à la grossesse ayant abouti à une interruption médicale, Mme A D a fait l'objet d'une surveillance particulière de toute anomalie de malformation du tube neural en raison des risques de complications liés au traitement par le médicament Dépakine. En outre, il ressort du courrier médical du 14 mai 1993, également antérieur à la grossesse ayant abouti à une interruption médicale et qui mentionne le traitement par Dépakine ainsi que le suivi très régulier de la requérante à l'échographie au niveau de la colonne vertébrale, qu'un examen écho-morphologique a été prescrit à Mme A D en raison d'un précédent rendez-vous médical au cours duquel a été évoqué la demande de pratiquer une amniocentèse, ce qui l'a " profondément perturbée " en raison des risques possibles. Le courrier médical du 21 mai 1993, également antérieur à la grossesse ayant abouti à une interruption médicale et qui indique l'épilepsie post-traumatique de la requérante, fait également état d'un rendez-vous pris pour une échographie morphologique dans un centre de diagnostic de référence en raison de l'anxiété majeure de Mme A D. Il résulte de l'ensemble de ces éléments qu'antérieurement au début de la grossesse, le 5 avril 1994, Mme A D était informée du risque de spina-bifida induit par la prise du médicament Dépakine et qui s'est réalisé.

6. Il en résulte que les demandes indemnitaires présentées à raison de l'interruption médicale de grossesse subie par Mme A D le 9 septembre 1994 doivent être rejetées.

Sur les dépens :

7. En application des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, dans les circonstances particulières de l'espèce, il y a lieu de mettre les frais de l'expertise ordonnée le 4 août 2021, taxés et liquidés à la somme de 4 000 euros par ordonnance de taxation du 8 juin 2022, à la charge de l'Etat.

Sur les frais liés au litige :

8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat qui n'est pas la partie perdante.

D E C I D E :

Article 1er : La requête des consorts D est rejetée.

Article 2 : Les frais d'expertise taxés et liquidés à la somme de 4 000 euros sont mis à la charge de l'Etat.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D, à Mme A D, à M. B D, au ministre de la santé et de la prévention, à l'agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé et à la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Garonne.

Délibéré après l'audience du 17 mai 2023, à laquelle siégeaient :

M. Gauchard, président,

Mme Caron-Lecoq, première conseillère,

M. Breuille, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er juin 2023.

La rapporteure,

C. Caron-Lecoq

Le président,

L. GauchardLa greffière,

S. Jarrin

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions