mardi 9 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2105285 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | MARQUES VIEIRA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 avril 2021, M. Hacène Chibane, représenté par Me Marques Vieira, demande au tribunal :
1°) d'annuler les trente-six délibérations adoptées au cours de la séance du 3 avril 2021 du conseil municipal de la commune de Drancy ;
2°) de communiquer le présent jugement au directeur départemental des finances publiques de la Seine-Saint-Denis et au préfet de la Seine-Saint-Denis ;
3°) et de mettre à la charge de la commune de Drancy le versement d'une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que lesdites délibérations ont été adoptées au terme d'une procédure irrégulière :
- la décision de recourir au huis clos est dépourvue de base légale dès lors qu'elle se fonde sur l'article 15 du règlement intérieur du conseil municipal de la commune de Drancy lui-même illégal ;
- elle est également entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 février 2024, la commune de Drancy, représentée par Me Goutal, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de M. A d'une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Un mémoire a été enregistré pour le compte de M. A le 13 mars 2024. Il n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Ghazi, rapporteur ;
- les conclusions de M. Colera, rapporteur public ;
- les observations de M. A,
- et les observations de Me Vielh, substituant Me Goutal et représentant la commune de Drancy.
Considérant ce qui suit :
1. Le 3 avril 2021 s'est tenue une séance ordinaire du conseil municipal de la commune de Drancy au terme de laquelle trente-six délibérations ont été adoptées. M. Hacène Chibane, conseiller municipal de la commune de Drancy, sollicite l'annulation de ces délibérations.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 2121-18 du code général des collectivités territoriales : " Les séances des conseils municipaux sont publiques. / Néanmoins, sur la demande de trois membres ou du maire, le conseil municipal peut décider, sans débat, à la majorité absolue des membres présents ou représentés, qu'il se réunit à huis clos. () ". Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi d'une requête tendant à l'annulation d'une délibération adoptée par un conseil municipal à l'issue d'une séance à huis clos, de contrôler que la décision de recourir au huis clos, autorisée par les dispositions de l'article L. 2121-18 du code général des collectivités territoriales, ne repose pas sur un motif matériellement inexact et n'est pas entachée d'erreur de droit, d'erreur manifeste d'appréciation ou de détournement de pouvoir.
3. L'article 15 du règlement intérieur du conseil municipal de la commune de Drancy prévoit : " Sous réserve de l'accord préalable du Maire eu égard aux pouvoirs de police qu'il tient de l'article 2121-16, ces séances peuvent être enregistrées par les moyens de communication audiovisuelle de la commune. Tout autre moyen d'enregistrement ou de diffusion est proscrit, sauf décision contraire d'un tiers des membres du conseil municipal. ".
4. Au cours de la séance du conseil municipal de la commune de Drancy du 3 avril 2021 deux personnes présentes dans le public ont enregistré ledit conseil. A la suite de ce constat, le maire de la commune de Drancy a, en application de l'article 15 du règlement intérieur précité, soumis au vote des membres du conseil municipal l'autorisation d'enregistrer ladite séance. Par quarante-deux voix contre sept, les membres du conseil municipal ont rejeté la demande d'autorisation d'enregistrement de la séance du conseil municipal. Il a alors été ordonné aux personnes présentes dans le public de cesser ledit enregistrement. A défaut d'exécution, le conseil municipal a voté le passage au huis clos.
5. En l'espèce, M. A excipe de l'illégalité de l'article 15 du règlement intérieur précité au motif que celui-ci édicte une interdiction générale d'enregistrement des séances du conseil municipal contraire au principe de publicité des séances fixé par l'article L. 2121-18 du code général des collectivités territoriales. Ainsi que le soutient le requérant, l'article 15 du règlement intérieur édicte une interdiction de principe des enregistrements des séances du conseil municipal sans que celle-ci soit justifiée par une quelconque nécessité. Par ailleurs, et alors que la publicité des séances du conseil municipal constitue le principe, l'enregistrement par des membres du public d'une séance ne constitue pas, en soi, une action de nature à perturber le bon fonctionnement du conseil municipal. Dans ces conditions, l'article 15 du règlement intérieur du conseil municipal méconnaît l'article L. 2121-18 du code général des collectivités territoriales.
6. Par ailleurs, en l'espèce, la décision de prononcer un huis clos est directement fondée sur le non-respect, par des membres de l'assistance, de l'article 15 du règlement intérieur. M. A est donc fondé à soutenir que la décision de recourir au huis clos est dépourvue de base légale du fait de l'illégalité de l'article 15 susmentionné.
7. Il s'ensuit, sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre moyen de la requête, que les trente-six délibérations édictées au cours de la séance du 3 avril 2021 du conseil municipal de la commune de Drancy ont été adoptées au terme d'une procédure irrégulière. Elles doivent donc être annulées.
Sur les conclusions tendant à la communication du présent jugement au directeur départemental des finances publiques de la Seine-Saint-Denis et au préfet de la Seine-Saint-Denis :
8. Aux termes de l'article R. 751-12 du code de justice administrative : " Copie de la décision d'un tribunal administratif, d'une cour administrative d'appel ou du Conseil d'Etat qui prononce l'annulation d'un acte constituant une pièce justificative du paiement de dépenses publiques est transmise sans délai au directeur départemental ou, le cas échéant, régional des finances publiques du département dans lequel a son siège l'autorité qui a pris l'acte en cause ".
9. Il y a lieu, en l'espèce, d'adresser copie de la présente décision au directeur départemental des finances publiques de la Seine-Saint-Denis et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
10. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
11. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. A, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme sollicitée en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative par la commune de Drancy.
12. D'autre part, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Drancy une somme de 1 500 euros à verser à M. A au titre des frais non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les trente-six délibérations adoptées le 3 avril 2021 par le conseil municipal de Drancy sont annulées.
Article 2 : La commune de Drancy versera une somme de 1 500 euros à M. A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Les conclusions présentées par la commune de Drancy en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. Hacène Chibane et à la commune de Drancy.
Copie en sera adressée au directeur départemental des finances publiques de la Seine-Saint-Denis et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 26 mars 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Truilhé, président,
- M. L'hôte, premier conseiller,
- Mme Ghazi, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 avril 2024.
La première conseillère,A. GhaziLe président,J-C. TruilhéLa greffière,
A. Capelle
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026