jeudi 21 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2105586 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 10ème Chambre (JU) |
| Avocat requérant | THIEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 28 avril 2021 et 14 janvier 2022, M. B, représenté par Me Thiel, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler les décisions portant retrait de points à la suite des infractions en date des 11 mars 2019, 25 avril 2019, 20 décembre 2017, 26 octobre 2017, 9 novembre 2017, 19 septembre 2017, 7 mars 2017, 24 octobre 2016 à 16h30 à Assevillers, 10 avril 2014, 24 octobre 2016 à 10h37 à Maisons-Alfort et 13 octobre 2014 ;
2°) de lui restituer les points afférents aux infractions des 3 janvier 2013, 19 novembre 2017, 9 novembre 2017 et 26 octobre 2017 ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer son permis de conduire dans le délai d'un mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- il n'a pas reçu communication des informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route à l'occasion des retraits de points des 11 mars 2019, 25 avril 2019, 20 décembre 2017, 26 octobre 2017, 9 novembre 2017, 19 septembre 2017, 7 mars 2017, 24 octobre 2016 à 16h30 à Assevillers, 10 avril 2014, 24 octobre 2016 à 10h37 à Maisons-Alfort et 13 octobre 2014 ;
- un point doit lui être restitué en application de l'article L. 223-6 du code de la route pour les infractions des 3 janvier 2013, 19 novembre 2017, 9 novembre 2017 et 26 octobre 2017.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 juillet 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les conclusions tendant à l'annulation de la décision portant retrait de points consécutive à l'infraction commise le 10 avril 2014 sont sans objet dès lors que le point retiré lui a été restitué ;
- les moyens soulevés par le requérant contre les autres décisions ne sont pas fondés.
Les 2 parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur plusieurs moyens relevés d'office, tirés de ce que :
- il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions relatives aux infractions des 11 mars 2019, 26 octobre 2017, 9 novembre 2017, 19 septembre 2017 et 3 janvier 2013 dès lors que, postérieurement à l'introduction de la requête, la mention des retraits de points a été supprimée pour ces infractions ainsi qu'il résulte du relevé d'information intégral du 27 décembre 2021 produit par le requérant ;
- les conclusions dirigées contre les décisions portant retrait de points à la suite des infractions commises les 20 décembre 2017, 7 mars 2017 et 24 octobre 2016 à 10h37 à Maisons-Alfort sont dépourvues d'objet et par suite, irrecevables dès lors que le permis de conduire du requérant a été respectivement crédité d'un point pour chacune de ces infractions antérieurement à l'introduction de la requête, les 24 octobre 2018, 1er mars 2018 et 21 décembre 2017 ;
- les conclusions relatives à l'infraction commise le 19 novembre 2017 sont irrecevables dès lors que cette infraction n'est pas mentionnée dans les relevés d'information intégraux produits par les parties.
Par un mémoire enregistré le 17 août 2023, M. B soutient que les conclusions à l'encontre des décisions portant retrait de points à la suite des infractions commises les 20 décembre 2017, 7 mars 2017 et 24 octobre 2016 à 10h37 à Maisons-Alfort ainsi que les 11 mars 2019, 26 octobre 2017, 9 novembre 2017, 19 septembre 2017 et 3 janvier 2013 ne sont pas sans objet dès lors que l'annulation de ces décisions est susceptible d'avoir une incidence sur le point de départ des délais mentionnés à l'article L. 223-6 du code de la route.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
En application des dispositions de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, le président du tribunal administratif a désigné Mme Syndique pour statuer sur les litiges relevant de cet article.
La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience, au cours de laquelle a été entendu le rapport de Mme Syndique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, d'une part, d'annuler les décisions portant retrait de points à la suite des infractions en date des 11 mars 2019, 25 avril 2019, 20 décembre 2017, 26 octobre 2017, 9 novembre 2017, 19 septembre 2017, 7 mars 2017, 24 octobre 2016 à 16h30 à Assevillers, 10 avril 2014, 24 octobre 2016 à 10h37 à Maisons-Alfort et 13 octobre 2014, d'autre part, de lui restituer les points afférents aux infractions des 3 janvier 2013, 19 novembre 2017, 9 novembre 2017 et 26 octobre 2017 en application de l'article L. 223-6 du code de la route.
Sur l'étendue du litige :
2. Il résulte du relevé d'information intégral du 27 décembre 2021 produit par le requérant que, postérieurement à l'introduction de la requête, les conclusions relatives aux infractions des 11 mars 2019, 26 octobre 2017, 9 novembre 2017, 19 septembre 2017 et 3 janvier 2013, qu'elles tendent à l'annulation des décisions de retraits de points ou à la restitution des points, sont devenues sans objet, dès lors que la mention des retraits de points a été supprimée pour ces infractions. Par suite, il n'y a plus lieu d'y statuer.
3. Il résulte du même relevé d'information intégral qu'antérieurement à l'introduction de la requête, le permis de conduire de M. B a été crédité d'un point les 24 octobre 2018, 1er mars 2018 et 21 décembre 2017 en application des dispositions de l'article L. 223-6 du code de la route, à l'expiration du délai de six mois visé par ces dispositions. Dès lors, les conclusions de la requête dirigées respectivement contre les décisions de retrait d'un point consécutives aux infractions commises les 20 décembre 2017, 7 mars 2017 et 24 octobre 2016 à 10h37 à Maisons-Alfort doivent être regardées comme dépourvues d'objet et, par suite, irrecevables.
4. Enfin, aucun des relevés d'information intégraux produits par les parties ne mentionne d'infraction en date du 19 novembre 2017. Dès lors, les conclusions de la requête dirigées contre la décision de retrait d'un point consécutive à une infraction commise à cette date sont dépourvues d'objet et doivent être déclarées irrecevables.
Sur le surplus des conclusions relatif aux infractions des 25 avril 2019, 24 octobre 2016 à 16h30 à Assevillers et 13 octobre 2014 :
5. Aux termes de l'article L. 223-3 du code de la route : " Lorsque l'intéressé est avisé qu'une des infractions entraînant retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé des dispositions de l'article L. 223-2, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9. Lorsqu'il est fait application de la procédure de l'amende forfaitaire ou de la procédure de composition pénale, l'auteur de l'infraction est informé que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ; il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès. () ". Aux termes de l'article R. 223-3 du même code : " I. - Lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1. II. - Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. Ces mentions figurent sur le document qui lui est remis ou adressé par le service verbalisateur. Le droit d'accès aux informations ci-dessus mentionnées s'exerce dans les conditions fixées par les articles L. 225-1 à L. 225-9. III. - Lorsque le ministre de l'intérieur constate que la réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie dans les conditions prévues par le quatrième alinéa de l'article L. 223-1, il réduit en conséquence le nombre de points affecté au permis de conduire de l'auteur de cette infraction. () ".
6. Il résulte de ces dispositions que l'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie, que si l'auteur de l'infraction s'est vu, préalablement, délivrer un document contenant les informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, lesquelles constituent une garantie essentielle lui permettant de contester la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tout moyen, qu'elle a satisfait à cette obligation d'information.
En ce qui concerne les infractions des 25 avril 2019 et 24 octobre 2016 à 16h30 :
7. Il résulte du relevé d'information intégral produit par l'administration que les infractions relevées par radar automatique les 25 avril 2019 et 24 octobre 2016 à 16h30 ont donné lieu à l'émission de titres exécutoires pour le recouvrement d'une amende forfaitaire majorée. Le ministre de l'intérieur produit en défense une copie d'un document attestant du paiement par l'intéressé de ces amendes. Toutefois, il résulte d'un " bordereau de situation des amendes et des condamnations pécuniaires " du 26 mars 2021, produit par M. B, que ces paiements ont donné lieu à des frais de poursuite et que, pour l'essentiel, ils procèdent d'un recouvrement forcé engagé par le comptable public auprès d'un tiers détenteur. En l'absence de paiement spontané de ces amendes et de copie des avis de contravention adressés à l'intéressé, aucune pièce ne permet d'établir que M. B aurait nécessairement reçu l'information prévue par les dispositions de l'article L. 223-3 du code de la route préalablement à l'édiction de ces titres exécutoires. Ce vice de procédure est de nature à entacher d'illégalité les décisions en cause dès lors qu'en l'espèce, il a privé l'intéressé de la garantie d'information prévue par cet article, notamment en ce qui concerne la qualification de l'infraction constatée, information déterminante pour connaître le nombre de points en jeu. Il suit de là que les décisions de retrait de points correspondant aux infractions commises les 25 avril 2019 et 24 octobre 2016 à 16h30 doivent être regardées comme étant intervenues au terme de procédures irrégulières.
En ce qui concerne l'infraction du 13 octobre 2014 :
8. Pour l'infraction en date du 13 octobre 2014, elle a fait l'objet d'un procès-verbal électronique sur lequel ne figure que l'information suivant laquelle cette infraction entraîne un retrait de trois points du permis de conduire, sans que ni le fait que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale vaut reconnaissance de la réalité de l'infraction et entraîne le retrait de point, ni l'existence d'un traitement automatisé des retraits de points et la possibilité d'exercer un droit d'accès ne soit mentionnés. Toutefois, la seule circonstance que l'intéressé n'a pas eu communication de ces informations lors de la constatation d'une infraction n'entache pas d'illégalité la décision de retrait de points correspondante s'il ressort des pièces du dossier que ces éléments ont été portés à sa connaissance à l'occasion d'infractions antérieures suffisamment récentes. Il résulte du relevé d'information intégral du 27 décembre 2021 relatif à la situation du permis de conduire de M. B que celui-ci avait déjà fait auparavant l'objet de plusieurs décisions de retrait de points, en particulier à la suite de l'infraction constatée le 6 juin 2014 qui a fait l'objet d'une verbalisation par procès-verbal électronique, et que, s'étant acquitté de l'amende forfaitaire correspondante et n'ayant pu procéder à ce paiement qu'au moyen des documents nécessaires à cet effet, dont le modèle comporte l'ensemble des informations requises, l'intéressé doit être regardé comme ayant bénéficié à l'occasion de cette infraction de l'ensemble des informations légalement exigées. Par suite, le moyen tiré de ce que le retrait de points à la suite de l'infraction commise le 13 octobre 2014 n'aurait pas été précédé de l'information requise par les dispositions du code de la route doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. B est seulement fondé à demander l'annulation des décisions de retrait de deux et trois points intervenues à la suite des infractions commises les 25 avril 2019 et 24 octobre 2016 à 16h30.
Sur l'injonction :
9. L'exécution du présent jugement implique nécessairement que l'administration reconnaisse à M. B le bénéfice des points restant affectés à son permis de conduire. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au ministre de l'intérieur de restituer, à la date des décisions de retrait de points consécutives aux infractions constatées les 25 avril 2019 et 24 octobre 2016 à 16h30, dans le traitement automatisé mentionné à l'article L. 225-1 du code de la route, le bénéfice des cinq points illégalement retirés et de reconstituer en conséquence le capital de points attaché au permis de conduire du requérant, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, en en tirant lui-même toutes les conséquences à la date de sa nouvelle décision sur le capital de point et le droit de conduire de l'intéressé.
Sur les frais liés au litige :
10. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme réclamée par M. B au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête relatives aux infractions des 11 mars 2019, 26 octobre 2017, 9 novembre 2017, 19 septembre 2017 et 3 janvier 2013.
Article 2 : Les décisions du ministre de l'intérieur portant au total retrait de cinq points affectés au permis de conduire de M. B à la suite des infractions commises les 25 avril 2019 et 24 octobre 2016 à 16h30 sont annulées.
Article 3 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur de restituer à M. B, dans le traitement automatisé mentionné à l'article L. 225-1 du code de la route, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, le bénéfice des cinq points visés à l'article 2, en en tirant lui-même toutes les conséquences à la date de sa nouvelle décision sur le capital de point et le droit de conduire de l'intéressé.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 septembre 2023.
La magistrate désignée,
N. Syndique
Le greffier,
S. Werkling
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026