lundi 17 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2105845 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | CUJAS RAYMOND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 avril 2021, Mme A B, représentée par Me Cujas, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 avril 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de renouveler son certificat de résidence, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer un certificat de résidence portant la mention " activité non salariée " (commerçant) ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le régime des commerçants algériens ne leur impose pas de justifier du caractère viable de leur activité lors de la première demande de carte de séjour non salariée, et impose seulement de justifier de l'inscription au registre du commerce ;
- le motif tiré de l'échec et de l'abandon de ses études est erroné ;
- les stipulations de l'accord franco-algérien ne subordonnent pas la délivrance du certificat de résidence portant la mention " activité non salariée " ou " commerçant " à l'existence de liens entre l'activité professionnelle envisagée et les études suivies ;
- son projet d'activité professionnelle présentait un caractère sérieux et sincère.
La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
La clôture de l'instruction a été fixée au 13 juillet 2022 par une ordonnance du même jour, en application des dispositions des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. Khiat, conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, de nationalité algérienne, née le 9 août 1997 à Sidi-Aich (Algérie), est entrée en France le 30 septembre 2017 munie d'un visa de long séjour en qualité d'étudiante valable, dans le cadre du dernier renouvellement, jusqu'au 31 octobre 2020. Elle a sollicité, le 1er octobre 2020, à l'occasion de sa demande de renouvellement, la délivrance d'un certificat de résidence pour exercer une activité professionnelle autre que salarié sur le fondement de l'article 5 de l'accord franco-algérien. Par un arrêté du 19 avril 2021, dont la requérante demande l'annulation pour excès de pouvoir, le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays de destination.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 5 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Les ressortissants algériens s'établissant en France pour exercer une activité professionnelle autre que salariée reçoivent, après le contrôle médical d'usage et sur justification, selon le cas, qu'ils sont inscrits au registre du commerce ou au registre des métiers ou à un ordre professionnel, un certificat de résidence dans les conditions fixées aux articles 7 et 7 bis ". Aux termes du c de l'article 7 du même accord : " Les ressortissants algériens désireux d'exercer une activité professionnelle soumise à autorisation reçoivent, s'ils justifient l'avoir obtenue, un certificat de résidence valable un an renouvelable et portant la mention de cette activité ".
3. Il ressort des pièces du dossier que Mme B a présenté sa demande de certificat de résidence en qualité de commerçante, sur le fondement de l'article 5 précité de l'accord franco-algérien, en indiquant son intention d'exercer une activité professionnelle de garde d'enfants de plus de trois ans à domicile, d'aide au ménage, de préparation des repas à domicile, de vente en ligne de tous produits réglementés et de travaux de nettoyage, au sein de la société " Zahra " créée en août 2020. Pour rejeter cette demande, le préfet de la Seine-Saint-Denis a estimé que le projet professionnel présenté ne présentait pas un caractère sérieux et sincère, que l'intéressée avait été défaillante à l'obtention de sa licence d'histoire en 2019, et que le secteur d'activité en cause est dépourvu de lien avec ses études.
4. En premier lieu, contrairement à ce que soutient la requérante, il résulte des stipulations de l'accord franco-algérien citées au point 2 que l'administration doit vérifier que le ressortissant algérien a sollicité un titre de séjour pour exercer une activité professionnelle autre que salariée, c'est-à-dire qu'il présente un projet sérieux d'exercice d'une telle activité, et qu'il a accompli les formalités d'inscription ou dispose des autorisations nécessaires. Par suite, en refusant de délivrer le certificat de résidence demandé par Mme B au motif de l'absence de caractère sérieux du projet professionnel présenté à l'appui de sa demande, le préfet n'a pas fait une inexacte application des stipulations précitées de l'accord franco-algérien.
5. En deuxième lieu, en se bornant à se référer au plan d'affaire produit devant les services préfectoraux, et à esquisser des considérations générales sur le marché du service à la personne, la requérante ne remet pas en cause l'appréciation portée par le préfet sur le caractère sérieux de son projet d'activité professionnelle. Par suite, la requérante ne démontre pas qu'elle remplissait les conditions posées par l'accord franco-algérien pour l'obtention d'un certificat de résidence en vue d'exercer une activité professionnelle autre que salarié.
6. En troisième et dernier lieu, si aucun texte législatif ou règlementaire ne subordonne en revanche la première délivrance du certificat de résidence portant la mention " commerçant " à la réussite des études suivies ni davantage à l'adéquation entre le projet professionnel présenté par le demandeur et les études qu'il a poursuivies, il résulte des termes mêmes de la décision attaquée que le préfet aurait pris la même décision s'il ne s'était fondé que sur le motif tiré de l'absence de sérieux du projet professionnel de la requérante. Par suite, la circonstance que le préfet ait pris en compte l'échec de Mme B à l'obtention de sa licence d'histoire et l'absence de lien avec son projet professionnel est dépourvue d'incidence sur la légalité de l'arrêté contesté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 19 avril 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de renouveler son certificat de résidence, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays de destination. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant au remboursement des frais non compris dans les dépens ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 28 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Michel Romnicianu, président,
Mme Nathalie Dupuy-Bardot, première conseillère,
M. Youssef Khiat, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2022.
Le rapporteur,
Signé
Y. Khiat
Le président,
Signé
M. C
La greffière,
Signé
S. Le Bourdiec
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026