vendredi 9 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2106202 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | BULAJIC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 7 mai 2021 et 16 novembre 2022, M. B C, représenté par Me Bulajic, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 avril 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis lui a refusé le renouvellement d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer un titre de séjour ou à défaut, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler et de réexaminer sa situation dans le délai de trente jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de cinquante euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. C soutient que :
L'arrêté attaqué :
- est insuffisamment motivé et entaché d'un défaut d'examen ;
- méconnaît l'article R.311-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entaché d'une erreur de droit ;
- est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 juillet 2021, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- et les observations de Me Bulajic, représentant M. C, présent à l'audience.
1. M. C, ressortissant pakistanais né en 1984, est entré en France le 10 novembre 2006 selon ses déclarations. Il a sollicité le renouvellement de son titre de séjour le 30 juin 2022, sur le fondement de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 19 avril 2021, le préfet de la Seine-Saint-Denis lui a refusé le renouvellement d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination de sa reconduite à la frontière. Par la présente requête, il demande l'annulation de cet arrêté.
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué, qui n'avait pas à indiquer de manière exhaustive l'ensemble des éléments de la situation du requérant, comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, mettant ainsi le requérant en mesure de comprendre les raisons pour lesquelles cet arrêté a été pris à son égard et de le contester utilement. Par conséquent, l'arrêté attaqué est suffisamment motivé. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Seine-Saint-Denis n'aurait pas examiné sérieusement la situation du requérant. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation et du défaut d'examen dont serait entaché l'arrêté attaqué doivent être écartés.
3. En deuxième lieu, aux termes du 10 ° du I de l'article R. 311-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, désormais repris à l'article R. 432-4 de ce code : " I.- Le titre de séjour peut être retiré : / () 10° Si l'étranger titulaire d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle constitue une menace pour l'ordre public ; ".
4. M. C ne peut utilement invoquer la méconnaissance de l'article R. 311-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que l'arrêté n'a pas pour objet un retrait de titre de séjour, mais un refus de renouvellement de titre de séjour. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier qu'outre une condamnation prononcée à son encontre le 3 mars 2010 par le tribunal correctionnel de Bobigny à une peine de six mois d'emprisonnement avec sursis pour des faits de violences aggravées par deux circonstances (incapacité n'excédant pas huit jours et port prohibé d'armes de catégorie 6), il s'est fait connaître des services de police, le 4 octobre 2019, pour conduite d'un véhicule sans permis, le 19 novembre 2019, pour des faits de violence avec usage ou menace d'une arme suivie d'une incapacité n'excédant pas huit jours, à raison desquels il a été placé sous contrôle judiciaire par une ordonnance du juge correctionnel du 22 novembre 2019. Il est également connu des services de police pour des faits d'exécution d'un travail dissimulé commis à l'égard de plusieurs personnes et emploi d'un étranger non muni d'une autorisation de travail commis le 26 juin 2020. Ainsi, eu égard à la répétition d'infractions pénales et à supposer même que la mesure de contrôle judiciaire dont le requérant a fait l'objet aurait été levée, circonstance qui ne démontre pas qu'il n'a pas commis les faits qui lui sont reprochés, c'est à bon droit que le préfet a considéré que la présence de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public. Les moyens tirés de la méconnaissance de l'article R. 311-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'erreur de droit doivent ainsi être écartés.
5. En troisième lieu, si le requérant justifie de sa présence continue en France depuis l'année 2010, il ressort des termes de l'arrêté attaqué, non contestés, qu'il est célibataire et sans charge de famille. Il ne justifie pas en outre des attaches personnelles en France dont il se prévaut. Ainsi, bien qu'il établisse exercer une activité professionnelle depuis septembre 2017, il n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée, y compris les conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 24 novembre 2022 à laquelle siégeaient :
Mme Jimenez, présidente,
M. Charageat, premier conseiller,
Mme Nour, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 décembre 2022.
La rapporteure,
C. A
La présidente,
J. JIMENEZ La greffière,
S. SAIBI
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026