vendredi 20 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2106635 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET KOSZCZANSKI & BERDUGO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 mai 2021, M. B A, représenté par Me Koszczanski, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 avril 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié " dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, subsidiairement, de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail dans le même délai sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :
- elle est insuffisamment motivée en ce qui concerne le volet " salarié " de sa demande, la vie privée et familiale et le trouble à l'ordre public ;
En ce qui concerne la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour et la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elles sont entachées d'une erreur de fait et d'un défaut d'examen complet de son dossier ;
- le préfet a commis une erreur de droit en refusant de faire application de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en raison de sa nationalité ;
- l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ont été méconnus ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- le préfet n'apporte pas la preuve qu'il serait l'auteur d'une manœuvre frauduleuse, a commis une erreur manifeste d'appréciation et méconnu le principe de présomption d'innocence en estimant qu'il représente une menace à l'ordre public ;
En ce qui concerne la décision refusant un délai de départ volontaire :
- elle est insuffisamment motivée ;
- sa situation n'a pas fait l'objet d'un examen sérieux et complet ;
- elle est entachée d'un défaut de base légale au regard des dispositions du II de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision interdisant le retour sur le territoire français :
- elle est insuffisamment motivée ;
- sa situation n'a pas fait l'objet d'un examen sérieux, complet et particulier ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale, en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et à l'intérêt supérieur de son enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Par une ordonnance du 15 septembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 3 octobre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République du Sénégal relative à la circulation et au séjour des personnes, signée à Dakar le 1er août 1995 ;
- l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République du Sénégal relatif à la gestion concertée des flux migratoire, signée à Dakar le 23 septembre 2006 et l'avenant à cet accord, signé à Dakar le 25 février 2008 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C ;
- et les observations de Me Petit, substituant Me Koszczanski, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant sénégalais, né le 9 octobre 1998 à Fidjibidji (Sénégal), a sollicité le 20 janvier 2021 la délivrance d'une carte de séjour temporaire au titre de l'admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté du 26 avril 2021, le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné et lui a interdit le retour sur territoire français pour une période de deux ans. Le requérant demande l'annulation de ces décisions.
Sur la décision portant refus de titre de séjour et la décision portant obligation de quitter le territoire français :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué, qui vise notamment les dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne que le requérant a présenté une demande d'admission exceptionnelle au séjour, expose avec une précision suffisante les éléments pris en compte par le préfet pour refuser de délivrer le titre de séjour sollicité, sans présenter de caractère stéréotypé. Par suite, le refus de titre de séjour attaqué comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est ainsi suffisamment motivé.
3. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Seine-Saint-Denis n'aurait pas procédé à un examen sérieux et complet de la situation du requérant.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction en vigueur à la date de la décision attaquée : " La carte de séjour temporaire mentionnée () mentionnée aux 1° et 2° de l'article 313-10 peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 313-2. () ". Aux termes de l'article 4 de la convention franco-sénégalaise du 1er août 1995 : " Pour un séjour de plus de trois mois, () les ressortissants sénégalais à l'entrée sur le territoire français doivent être munis d'un visa de long séjour et des justificatifs prévus aux articles 5 à 9 ci-après, en fonction de la nature de leur installation. ". Aux termes de l'article 5 de cette même convention : " Les ressortissants de chacun des États contractants désireux d'exercer sur le territoire de l'autre État une activité professionnelle salariée doivent en outre, pour être admis sur le territoire de cet État, justifier de la possession : / 1. D'un certificat de contrôle médical établi dans les deux mois précédant le départ et délivré : / - en ce qui concerne l'entrée en France, par le consulat de France compétent, après un examen subi sur le territoire sénégalais devant un médecin agréé par le consulat en accord avec les autorités sénégalaises ; / () 2. D'un contrat de travail visé par le ministère du travail dans les conditions prévues par la législation de l'État d'accueil. ".
5. D'une part, M. A soutient que le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé d'appliquer les dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en raison de sa nationalité, alors que les stipulations du paragraphe 42 de l'article 4 de l'accord accord franco-sénégalais du 23 septembre 2006 susvisé prévoient qu'un ressortissant sénégalais peut en bénéficier. Toutefois, si le préfet de la Seine-Saint-Denis a examiné, comme il lui était loisible de le faire, la situation professionnelle du requérant au regard des articles 4 et 5 de la convention franco-sénégalaise relatives à la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " salarié ", il ressort des visas et des énonciations de cet arrêté que le préfet n'a pas omis d'examiner si le requérant pouvait prétendre à une admission exceptionnelle au séjour dans le cadre des dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, bien que ces questions soient traitées dans un même considérant de l'arrêté. A cet égard, si M. A fait valoir que pour l'application de ce dernier texte, le préfet ne pouvait lui opposer l'absence de contrat visé par la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi, il ressort des pièces du dossier qu'un tel motif n'a été pris en compte qu'en ce qui concerne l'examen de sa situation au regard des stipulations de l'accord mentionnées ci-dessus.
6. D'autre part, en présence d'une demande de régularisation présentée sur le fondement de l'article L. 313-14, par un étranger qui ne serait pas en situation de polygamie et dont la présence en France ne présenterait pas une menace pour l'ordre public, il appartient à l'autorité administrative de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels et, à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ". Dans cette dernière hypothèse, un demandeur qui justifierait d'une promesse d'embauche ou d'un contrat lui permettant d'exercer une activité, ne saurait être regardé, par principe, comme attestant, par là-même, des " motifs exceptionnels " exigés par la loi. Il appartient, en effet, à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, d'examiner, notamment, si la qualification, l'expérience et les diplômes de l'étranger ainsi que les caractéristiques de l'emploi auquel il postule, de même que tout élément de sa situation personnelle dont l'étranger ferait état à l'appui de sa demande, tel que par exemple, l'ancienneté de son séjour en France, peuvent constituer, en l'espèce, des motifs exceptionnels d'admission au séjour.
7. M. A soutient qu'il séjourne depuis le mois d'octobre 2017 en France, où il réside auprès de son père, qui l'héberge, et où il est inséré professionnellement. Toutefois, l'arrêté attaqué, non contesté sur ce point, mentionne qu'il est célibataire, sans charge de famille et qu'il conserve des attaches familiales dans son pays d'origine, où résident sa mère et les membres de sa fratrie. En outre, si le requérant établit avoir été employé dans le secteur de la restauration en tant que plongeur du mois de janvier 2018 au mois d'août 2018, puis en tant qu'aide pâtissier à compter du mois de novembre 2018, il n'en résulte pas qu'il pourrait se prévaloir d'une expérience et d'une qualification professionnelles d'une particulière intensité. A cet égard, ne peuvent être utilement soulevées, ni les dispositions de l'arrêté du 1er avril 2021 relatif à la délivrance, sans opposition de la situation de l'emploi, des autorisations de travail aux étrangers non ressortissants d'un Etat membre de l'Union européenne, d'un autre Etat partie à l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse, qui visent les demandes d'autorisation de travail mentionnées à l'article R. 5221-20 du code du travail, ni les orientations générales que le ministre de l'intérieur a pu adresser aux préfets pour les éclairer dans la mise en œuvre de leur pouvoir de régularisation, notamment par sa circulaire du 28 novembre 2012. Compte tenu de l'ensemble de ces circonstances, le préfet de la Seine-Saint-Denis, n'a pas entaché son arrêté d'erreur manifeste d'appréciation en estimant que la situation de l'intéressé ne répondait pas à des considérations humanitaires ou à des motifs exceptionnels justifiant son admission au séjour au titre de l'article L. 313-14 précité, par la délivrance tant d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " que d'un titre de séjour portant la mention " salarié ".
8. En quatrième lieu, M. A fait valoir que le préfet n'a pas pris en considération l'activité qu'il a exercée au cours de l'année 2021 pour apprécier son insertion professionnelle et que celui-ci relève, sans en apporter la preuve, qu'il a fait usage d'un titre de séjour falsifié, alors qu'il n'a commis aucune fraude à l'égard de l'administration et que son employeur connaissait sa véritable situation administrative. Toutefois, il résulte de qui est dit au point 7 que le préfet aurait pris les mêmes décisions en prenant en compte une situation d'emploi régulière jusqu'à la date de l'arrêté attaqué. Il s'ensuit que les erreurs de fait invoquées par M. A sont sans influence sur le sens des décisions préfectorales en litige.
9. En cinquième lieu, si le requérant soutient qu'il ne représente pas une menace pour l'ordre public et que le préfet a dès lors méconnu le principe de présomption d'innocence, ignorant ainsi la circulaire du 8 février 1994 et l'article 11 de la déclaration universelle des droits de l'homme de 1948, les décisions en litige ne sont pas fondées sur l'existence d'une telle menace.
10. En sixième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, qui énonce notamment que " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale " ainsi que le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision en litige sur la situation du requérant doivent être écartés pour les mêmes motifs relatifs à la situation personnelle, familiale et professionnelle de l'intéressé que ceux mentionnés au point 7 du présent jugement.
Sur la décision refusant un délai de départ volontaire :
11. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers dans sa rédaction applicable à la date de la décision contestée : " II. ' L'étranger auquel il est fait obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de l'obligation de quitter le territoire français. L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. () Toutefois, l'autorité administrative peut, par une décision motivée, décider que l'étranger est obligé de quitter sans délai le territoire français : () / 3° S'il existe un risque que l'étranger se soustraie à cette obligation. Ce risque peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () / e) Si l'étranger a contrefait, falsifié ou établi sous un autre nom que le sien un titre de séjour ou un document d'identité ou de voyage ou s'il a fait usage d'un tel titre ou document () ".
12. En premier lieu, l'arrêté attaqué, qui vise notamment les dispositions du II de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, énonce notamment que le requérant a fait usage d'un titre de séjour frauduleux pour exercer une activité professionnelle. Ainsi, cet arrêté comporte la mention des considérations de droit et de fait sur lesquelles est fondée la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de cette décision doit être écarté.
13. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Seine-Saint-Denis n'aurait pas procédé à un examen sérieux et complet de la situation du requérant.
14. En troisième lieu, si M. A soutient que le risque de fuite est inexistant dès lors qu'il dispose d'un domicile stable, d'un passeport ainsi que de garanties de représentation et que le trouble à l'ordre public n'est pas caractérisé, il ne conteste pas sérieusement, à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision en litige, avoir fait usage d'un titre de séjour frauduleux. Il entrait ainsi dans le cas prévu au 3° du II de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans lequel le risque qu'il se soustraie à l'obligation qui lui est faite de quitter le territoire français pouvait, pour ce seul motif, être regardé comme établi. Par suite, le préfet n'a pas méconnu les dispositions précitées en refusant d'accorder à l'intéressé un délai de départ volontaire. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées du II de l'article L. 511-1 doit être écarté. En outre, au regard de la situation du requérant en France, telle que décrite au point 7, cette décision n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Sur la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :
15. Aux termes du III de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable au litige : " L'autorité administrative, par une décision motivée, assortit l'obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français, d'une durée maximale de trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, lorsque aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative ne prononce pas d'interdiction de retour () ".
16. En premier lieu, il incombe ainsi à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. L'autorité administrative doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifie sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme présentant une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.
17. L'arrêté attaqué, qui mentionne que la décision d'interdiction de retour est fondée sur les dispositions du premier alinéa du III de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, expose avec une précision suffisance les circonstances relatives aux conditions et à la durée du séjour du requérant en France. Ainsi, la décision d'interdiction de retour sur le territoire français en litige est suffisamment motivée tant dans son principe que dans sa durée.
18. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Seine-Saint-Denis n'aurait pas procédé à un examen sérieux et complet de la situation du requérant, notamment en ce qui concerne l'existence de circonstances humanitaires attachées à la situation de ce dernier.
19. En troisième lieu, M. A soutient que la décision lui interdisant le retour sur le territoire français est illégale en ce qu'il ne trouble pas l'ordre public, qu'elle porte atteinte à sa situation privée et familiale et qu'elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au vu de sa situation personnelle. Toutefois, la décision en litige fait suite à un refus de délai de départ volontaire dont le requérant ne démontre pas le caractère infondé. Par suite, ce dernier figure au nombre des ressortissants étrangers pouvant faire l'objet d'une interdiction de retour sur le territoire français. En outre, eu égard à la situation de M. A en France, telle que décrite au point 7, le préfet n'a pas méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni commis d'erreur d'appréciation en interdisant à M. A le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.
20. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté contesté en date du 26 avril 2021. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 5 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Jimenez, présidente,
M. Charageat, premier conseiller,
Mme Nour, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 janvier 2023.
Le rapporteur,
D. C
La présidente
J. JimenezLe greffier,
C. Chauvey
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2106635
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026