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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2106652

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2106652

vendredi 5 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2106652
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème chambre
Avocat requérantSELAFA CABINET CASSEL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n° 2103138 du 12 mai 2021, le président du tribunal administratif de Melun a transmis au tribunal administratif de Montreuil, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par M. B C.

Par cette requête, enregistrée le 6 avril 2021, M. B C, représenté par Me Cassel, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision par laquelle le Centre régional des œuvres universitaires et scolaires (CROUS) de l'académie de Créteil a implicitement refusé de rectifier l'attestation d'assurance chômage destinée à Pôle emploi délivrée le 17 octobre 2019 à la suite de son licenciement ;

2°) d'enjoindre au CROUS de l'académie de Créteil de réexaminer son dossier, sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter du présent jugement ;

3°) de mettre à la charge du CROUS de l'académie de Créteil la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que le motif de la rupture de son contrat de travail indiqué par le CROUS sur l'attestation d'assurance chômage à destination de Pôle emploi est erroné.

La clôture de l'instruction a été fixée au 16 décembre 2023.

Un mémoire présenté par le CROUS de l'académie de Créteil a été enregistré le 11 mars 2024, après la clôture d'instruction, et n'a pas été communiqué.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la décision du centre national des œuvres universitaires et scolaires du 20 août 1987 modifiée portant dispositions applicables aux personnels ouvriers des œuvres universitaires et scolaires,

- le code de l'éducation,

- le code du travail,

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Van Maele ;

- les conclusions de Mme de Bouttemont, rapporteure publique,

- les observations de Mme A, élève avocate, en présence Me Magnaval, pour le CROUS de l'académie de Créteil.

Considérant ce qui suit :

1. M. C a été recruté par le Centre Régional des Œuvres Universitaires et Scolaires (CROUS) de l'académie de Créteil, le 9 mai 2016, dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée, en qualité de directeur d'unité de gestion adjoint des restaurants universitaires de Créteil. Admis par décision du jury en date du 14 juin 2017 à l'examen professionnel donnant accès aux fonctions de coordonnateur technique de la restauration externe, Echelle 7, il a été affecté au poste de directeur adjoint du restaurant universitaire de Bobigny à compter du 1er septembre 2017, par un contrat à durée indéterminée conclu le 29 août 2017, comportant une période de stage probatoire d'une durée d'un an. Par une décision du 18 juillet 2018, sa période de stage probatoire a été prolongée pour une durée de douze mois à compter du 1er septembre 2018. Par une décision du 9 octobre 2019, le directeur général du CROUS de l'académie de Créteil a prononcé son licenciement à compter du 28 septembre 2019, à l'issue de la période probatoire prévue par son contrat. Le 17 octobre 2019, le CROUS de l'académie de Créteil a établi l'attestation d'assurance chômage destinée à Pôle emploi au bénéfice de M. C. Par un courrier reçu le 4 janvier 2021, M. C a demandé au CROUS de rectifier le motif de la rupture de son contrat de travail renseigné dans cette attestation. Par la présente requête, il demande l'annulation de la décision implicite de rejet de cette demande.

2. Aux termes de l'alinéa 2 de l'article R. 822-14 du code de l'éducation : " Les personnels ouvriers sont des agents contractuels de droit public. () Les dispositions qui leur sont applicables sont fixées par le président du centre national et approuvées par le ministre chargé de la fonction publique, le ministre chargé de l'enseignement supérieur et le ministre chargé du budget () ". Aux termes de l'article 20 de la décision du directeur du centre national des œuvres universitaires et scolaire du 20 août 1987 portant dispositions applicables aux personnels ouvriers des œuvres universitaires et scolaires : " Les agents () sont astreints à un stage probatoire d'une durée () d'un an pour les agents relevant des échelles 4 à 7. () / Avant la fin du stage, le supérieur hiérarchique direct de l'intéressé établit un rapport sur sa manière de servir. Au vu de ce rapport, l'agent est, soit confirmé dans son emploi, soit licencié sans préavis ni indemnités par le directeur du CROUS, après avis de la commission paritaire régionale. Le directeur du CROUS peut toutefois autoriser, à titre exceptionnel, la prolongation du stage pour une durée qui ne peut excéder celle du stage initial. () ".

3. Aux termes de l'article R. 1234-9 du code du travail : " L'employeur délivre au salarié, au moment de l'expiration ou de la rupture du contrat de travail, les attestations et justifications qui lui permettent d'exercer ses droits aux prestations mentionnées à l'article L. 5421-2 et transmet sans délai ces mêmes attestations à Pôle emploi. / () ". L'article R. 1234-10 du même code prévoit que : " Un modèle d'attestation est établi par l'organisme gestionnaire du régime d'assurance chômage. ".

4. M. C soutient que le CROUS de l'académie de Créteil a inexactement qualifié le motif de la rupture de son contrat de travail renseigné dans l'attestation d'assurance chômage destinée à Pôle emploi en cochant la case : " fin de la période d'essai à l'initiative de l'employeur ".

5. Il résulte des dispositions précitées de l'article 20 de la décision du directeur du centre national des œuvres universitaires et scolaire du 20 août 1987 que la période de stage probatoire à laquelle sont soumis les agents des centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires, à l'issue de laquelle l'agent est soit confirmé dans son emploi, soit licencié, a pour objet de permettre à l'employeur d'évaluer les compétences de l'agent dans son travail. A cet égard, cette période de stage probatoire doit être assimilée à une période d'essai. Par suite, et dès lors qu'il est constant que la rupture du contrat de travail de M. C est intervenue à l'issue de sa période de stage probatoire, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le CROUS de l'académie de Créteil aurait renseigné un motif erroné en cochant parmi les motifs de la rupture du contrat de travail proposés sur le modèle de l'attestation d'assurance chômage celui de la " fin de la période d'essai à l'initiative de l'employeur ". Par suite, l'unique moyen de la requête de M. C doit être écarté.

6. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision implicite par laquelle le CROUS de l'académie de Créteil a rejeté sa demande de rectification de l'attestation d'assurance chômage destinée à Pôle emploi délivrée le 17 octobre 2019. Par suite, ses conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées, de même que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au Centre régional des œuvres universitaires et scolaires (CROUS) de l'académie de Créteil.

Délibéré après l'audience du 22 mars 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Ribeiro-Mengoli, présidente,

Mme Van Maele, première conseillère,

Mme Caro, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 avril 2024.

La rapporteure,

S. Van Maele

La présidente,

N. Ribeiro-Mengoli La greffière,

P. Demol

La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2106652

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