LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2106916

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2106916

mercredi 16 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2106916
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation6ème chambre
Avocat requérantMEUROU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 23 mai et 4 juin 2021, M. E A, représenté par Me Meurou, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 19 avril 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un certificat de résidence, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer un certificat de résidence portant la mention " commerçant " (article 7 c de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968) ou, à défaut, de réexaminer sa situation administrative et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans l'attente, dans un délai de quinze jours à compter de la signification du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté contesté est entaché d'incompétence ;

- la décision lui refusant la délivrance d'un certificat de résidence portant la mention " activité professionnelle indépendante " est entachée d'un défaut d'examen sérieux, le préfet ayant statué sur le fondement de l'article 7 a de l'accord franco-algérien relatif au certificat de résidence portant la mention " visiteur " ;

- en se fondant sur le caractère tangible de l'activité commerciale de son entreprise pour rejeter sa demande de certificat de résidence en qualité de commerçant, le préfet a ajouté une condition qui n'est pas prévue par l'accord franco-algérien, et a ce faisant commis une erreur de droit ;

- les décisions en litige ont méconnu les stipulations des articles 5 et 7 c) de l'accord franco-algérien ;

- l'obligation de quitter le territoire français est illégale en ce qu'elle se fonde sur la décision de refus de séjour elle-même illégale ;

- cette décision est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision fixant le pays de destination est illégale en ce qu'elle se fonde sur l'obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle a méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis, qui n'a pas produit de mémoire en défense.

La clôture de l'instruction a été fixée au 23 août 2022 par une ordonnance du même jour, en application des dispositions des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur le moyen relevé d'office tiré de ce que les stipulations du a de l'article 7 de l'accord franco-algérien ne sont pas applicables aux demandes de certificat de résidence algérien en vue d'exercer une activité réglementée et qu'il y a lieu de substituer à cette base légale celle tirée de l'article 5 et du c de l'article 7 du même accord.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Khiat, conseiller,

- les observations de Me Gabory représentant M. A,

- le préfet de la Seine-Saint-Denis n'étant ni présent, ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, de nationalité algérienne, né le 22 novembre 1992 à Ein El Hammam (Algérie), est entré en France le 27 août 2016 muni d'un visa d'installation en qualité d'étudiant valable du 25 août au 3 novembre 2016. Il s'est vu délivrer un certificat de résidence en qualité d'étudiant valable du 15 novembre 2018 au 14 novembre 2020. Il a sollicité, le 16 novembre 2020, un changement de statut en qualité d'autoentrepreneur. Par un arrêté du 19 avril 2021, pris sur le fondement du a de l'article 7 de l'accord franco-algérien, le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays de destination. M. A demande au tribunal administratif d'annuler cet arrêté préfectoral.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, par un arrêté n° 2020-0541 du 5 mars 2020, régulièrement publié le lendemain au bulletin d'informations administratives, accessible tant au juge qu'aux parties, le préfet de la Seine-Saint-Denis a donné à M. C B, sous-préfet du Raincy, délégation pour signer les décisions de la nature de celles en litige. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté contesté manque en fait et doit, par suite, être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 5 de l'accord franco-algérien du

27 décembre 1968 : " Les ressortissants algériens s'établissant en France pour exercer une activité professionnelle autre que salariée reçoivent, après le contrôle médical d'usage et sur justification, selon le cas, qu'ils sont inscrits au registre du commerce ou au registre des métiers ou à un ordre professionnel, un certificat de résidence dans les conditions fixées aux articles 7 et 7 bis ". Aux termes du c de l'article 7 du même accord : " Les ressortissants algériens désireux d'exercer une activité professionnelle soumise à autorisation reçoivent, s'ils justifient l'avoir obtenue, un certificat de résidence valable un an renouvelable et portant la mention de cette activité ". Il résulte de ces stipulations que l'administration doit se borner à vérifier que le ressortissant algérien a sollicité un titre de séjour pour exercer une activité professionnelle autre que salariée, c'est-à-dire qu'il présente un projet sérieux d'exercice d'une telle activité, et qu'il a accompli les formalités d'inscription ou dispose des autorisations nécessaires.

4. Par ailleurs, selon les stipulations du a de l'article 7 de l'accord franco-algérien : " () Les ressortissants algériens qui justifient de moyens d'existence suffisants et qui prennent l'engagement de n'exercer, en France, aucune activité professionnelle soumise à autorisation reçoivent après le contrôle médical d'usage un certificat valable un an renouvelable et portant la mention "visiteur" ".

5. Le préfet de la Seine-Saint-Denis a relevé que M. A sollicitait un changement de statut pour exercer une activité consistant en l'accomplissement de travaux d'installation électrique dans tous locaux sous le statut d'auto-entrepreneur à la suite de la création de son entreprise

le 2 janvier 2020 et " l'octroi d'un certificat de résidence à ce titre ". Pour refuser le changement de statut sollicité par M. A, le préfet a estimé que celui-ci n'était pas en mesure, à la date de la demande, de justifier de la perception de ressources issues de cette activité qui devait débuter le 2 janvier 2020. Dès lors, le préfet a implicitement mais nécessairement estimé que le projet professionnel présenté était dépourvu de caractère sérieux. S'il ressort des termes de l'arrêté en litige que le préfet de la Seine-Saint-Denis a fondé à tort sa décision sur les seules stipulations précitées du a de l'article 7 de l'accord franco-algérien, qui ne concernent que les personnes qui justifient de moyens d'existence suffisants et prennent l'engagement de n'exercer en France aucune activité professionnelle soumise à autorisation, il a en réalité traité la demande qui lui était présentée au regard des critères énoncés par les stipulations précitées de l'article 5 et du c de l'article 7 de l'accord franco-algérien. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de substituer au fondement du a de l'article 7 de l'accord franco-algérien, relatif au certificat de résidence portant la mention " visiteur ", celui tiré de l'article 5 et du c de l'article 7 du même accord, relatif au certificat de résidence portant la mention de l'activité professionnelle exercée, dès lors que cette substitution de base légale n'a pas pour effet de priver l'intéressé des garanties de procédure qui lui sont offertes par la loi et que le préfet dispose du même pouvoir d'appréciation. Il en résulte que le requérant n'est pas fondé à soutenir que, pour ce motif, le préfet aurait entaché sa décision d'un défaut d'examen sérieux ou d'une erreur de droit. Enfin, la circonstance que le préfet ait de

lui-même examiné la demande de M. A en qualité d'étudiant, alors que ce fondement n'était pas demandé, ne traduit nullement un défaut d'examen sérieux.

6. En troisième lieu, le requérant ne conteste pas utilement le motif de la décision en litige tiré de ce que son entreprise n'a généré aucune ressource depuis sa création en janvier 2020, impliquant qu'il ne justifie pas d'un projet sérieux au regard des stipulations de l'article 5 et

du c de l'article 7 de l'accord franco-algérien. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces stipulations ne peut qu'être écarté.

7. En quatrième lieu, une décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation spécifique lorsque, comme en l'espèce, elle fait suite à une décision de refus de délivrance d'un titre de séjour elle-même suffisamment motivée. En conséquence, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation soulevé à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.

8. En cinquième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 5 et du c) de l'article 7 de l'accord franco-algérien est inopérant à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français et ne peut, par suite, qu'être écarté.

9. En sixième lieu, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation soulevé à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français est dépourvu de précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé et ne peut, par suite, qu'être écarté.

10. En septième lieu, la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'elle serait entachée d'une insuffisance de motivation.

11. En huitième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de

l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales soulevé à l'encontre de la décision fixant le pays de destination est dépourvu de précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé et ne peut, par suite, qu'être écarté.

12. En neuvième et dernier lieu, il résulte de ce qui précède que les moyens tirés, par voie d'exception, de l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination doivent être écartés.

13. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 19 avril 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un certificat de résidence, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays de destination. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles tendant au remboursement des frais non compris dans les dépens ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E A et au préfet de la

Seine-Saint-Denis.

Délibéré après l'audience du 2 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Michel Romnicianu, président,

Mme Nathalie Dupuy-Bardot, première conseillère,

M. Youssef Khiat, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 novembre 2022.

Le rapporteur,

Signé

Y. Khiat

Le président,

Signé

M. D

La greffière,

Signé

S. Le Bourdiec

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions