jeudi 15 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2107073 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | ANDIC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistré le 25 mai 2021, M. A B, représenté par Me Andic, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 6 avril 2021 par lequel le préfet du Doubs lui a retiré son titre de séjour pluriannuel portant la mention " étudiant ", l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné ;
2°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de lui délivrer un titre de séjour pluriannuel portant la mention " étudiant " dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir ou à défaut de réexaminer sa situation dans le même délai et, dans l'intervalle, de lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler dans un délai de sept jours à compter de la même date, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;
- il est entaché d'une erreur de fait et d'une erreur appréciation dès lors qu'il est étudiant et qu'il remplit donc les conditions prévues à l'article L. 313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il porte une atteinte disproportionnée à son droit à la vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense en date du 15 juin 2021, le préfet du Doubs conclut au rejet de la requête. Il fait valoir que les moyens de la requête sont mal fondés.
Par une ordonnance du 2 juin 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au
3 août 2021 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendus au cours de l'audience publique le rapport de M. Gauchard.
Les parties n'étaient pas présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant marocain né le 20 juin 1997 à Ben M'Sik Sidi Othmane (Maroc), est entré le 2 octobre 2018 sur le territoire français sous couvert d'un visa portant la mention " étudiant " valable du 19 septembre 2018 au 19 septembre 2019. Il lui a été délivré conséquemment à son inscription en licence à l'UFR Sciences juridiques, économiques, politiques et de gestion de l'université de Franche-Comté, une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " étudiant ", l'autorisant à travailler à titre accessoire, pour une période allant du 3 octobre 2019 au 2 octobre 2022. Par un arrêté du 6 avril 2021, dont il demande l'annulation, le préfet du Doubs, après avoir constaté qu'il n'était plus inscrit à l'université de Franche-Comté au titre de l'année scolaire 2020-2021, lui a retiré ce titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné.
2. Aux termes de l'article L. 313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur : " I. - La carte de séjour temporaire accordée à l'étranger qui établit qu'il suit en France un enseignement ou qu'il y fait des études et qui justifie qu'il dispose de moyens d'existence suffisants porte la mention " étudiant ". () / La carte ainsi délivrée donne droit à l'exercice, à titre accessoire, d'une activité professionnelle salariée dans la limite de 60 % de la durée de travail annuelle. ()". L'article R. 311-14 du code précité, alors applicable, dispose : " Le titre de séjour est retiré : / () 8° Si l'étranger titulaire de la carte de séjour temporaire ou de la carte de séjour " pluriannuelle " cesse de remplir l'une des conditions exigées pour sa délivrance. () ".
3. Il ressort des pièces du dossier et notamment de l'attestation d'inscription en date du 1er mars 2021, que M. B était régulièrement inscrit dans une formation de " Bachelor Management et entreprenariat " pour la période allant du 15 mars 2021 au 28 février 2022 au sein de l'établissement Talis Business School, dont les différents campus se situent en France. Dans ces conditions, le préfet du Doubs n'a pu, sans entacher sa décision d'une erreur de fait, retirer la carte de séjour pluriannuelle portant la mention " étudiant " délivrée à M. B, au motif que ce dernier n'étant plus inscrit à l'UFR Sciences juridiques, économiques, politiques et de gestion de l'université de Franche-Comté il ne réunissait plus les conditions prévues à l'article L. 313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur. Il suit de là que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, le retrait de titre de séjour litigieux doit être annulé. Il en va de même, par voie de conséquence de la décision qui fait obligation à M. B de quitter le territoire français et de celle fixant le pays à destination duquel il sera éloigné.
4. L'annulation de la décision portant retrait de la carte de séjour pluriannuelle de M. B, dont la validité a expiré à la date du présent jugement, n'implique pas qu'il soit enjoint à l'autorité préfectorale de lui délivrer un autre titre de séjour. En revanche, l'annulation de la décision qui fait obligation de quitter le territoire français au requérant implique nécessairement qu'il soit enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis, département dans lequel il réside, de réexaminer sa situation dans un délai de trois mois et de lui délivrer dans l'intervalle une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros à verser requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet du Doubs du 6 avril 2021 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de réexaminer la situation de M. B dans un délai de trois mois suivant la date de notification du présent jugement et de lui délivrer dans l'intervalle une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler.
Article 3 : L'Etat versera à M. B la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5: Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Doubs.
Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 1er juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gauchard, président,
Mme Caron-Lecoq, première conseillère,
M. Breuille, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juin 2023.
Le président-rapporteur,
L. Gauchard
L'assesseur le plus ancien,
C. Caron-LecoqLa greffière,
S. Jarrin
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026