mardi 9 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2108193 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | JAUD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 15 juin 2021 et 26 juin 2023, Mme A B, représentée par Me Jaud, demande au Tribunal :
1°) d'annuler la décision du 16 avril 2021 par laquelle la directrice des instituts de formation du centre hospitalier intercommunal (CHI) Robert Ballanger l'a exclue définitivement de l'institut de formation en soins infirmiers ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée de vices de procédure tenant à la saisine de la section pédagogique et à l'irrégularité de sa composition ;
- elle est illégale en ce qu'elle se fonde sur une décision de la commission d'attribution des crédits elle-même illégale ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, d'une erreur d'appréciation des faits qui lui sont reprochés et présente un caractère disproportionné.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 septembre 2021, le CHI Robert Ballanger, conclut au rejet de la requête, au motif que les moyens qu'elle comporte sont infondés, et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de Mme B en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 12 juillet 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code de la santé publique ;
- l'arrêté du 21 avril 2007 relatif aux conditions de fonctionnement des instituts de formation paramédicaux ;
- l'arrêté du 31 juillet 2009 relatif au diplôme d'infirmier ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Van Maele ;
- les conclusions de Mme de Bouttemont, rapporteure publique,
- les observations de Me Obam, substituant Me Jaud, représentant la requérante.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a intégré en septembre 2018 l'institut de formation en soins infirmiers (IFSI) du centre intercommunal Robert Ballanger d'Aulnay-Sous-Bois, afin d'y suivre la formation, d'une durée de trois ans, aboutissant à l'obtention du diplôme d'infirmière. Par une décision du 14 avril 2021 prise en application des dispositions de l'article 16 de l'arrêté du 21 avril 2007 susvisé, la section compétente pour le traitement pédagogique des situations individuelles des étudiants s'est prononcée en faveur de son exclusion définitive de l'institut de formation. Conformément à ce que prévoit l'article 17 dudit arrêté, la directrice de l'IFSI a notifié cette décision à l'intéressée par un courrier du 16 avril 2021. La requête de Mme B doit être regardée comme étant dirigée contre la décision du 14 avril 2021 par laquelle la section compétente pour le traitement pédagogique des situations individuelles des étudiants de l'IFSI du CHI Robert Ballanger l'a exclue définitivement de la formation d'infirmière.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. L'arrêté du 21 avril 2007 relatif aux conditions de fonctionnement des instituts de formation paramédicaux fixe, en ses articles 12 à 14, la composition et les conditions dans lesquelles la section compétente pour le traitement pédagogique des situations individuelles des étudiants, qui est présidée par le directeur de l'institut de formation ou son représentant, se réunit. Aux termes de l'article 15 de cet arrêté : " La section rend, sans préjudice des dispositions spécifiques prévues dans les arrêtés visés par le présent texte, des décisions sur les situations individuelles suivantes : / 1. Etudiants ayant accompli des actes incompatibles avec la sécurité des personnes prises en charge ; / () ". Aux termes de l'article 16 du même arrêté : " Lorsque l'étudiant a accompli des actes incompatibles avec la sécurité des personnes prises en charge, le directeur de l'institut de formation, en accord avec le responsable du lieu de stage, et le cas échéant la direction des soins, peut décider de la suspension du stage de l'étudiant, dans l'attente de l'examen de sa situation par la section compétente pour le traitement pédagogique des situations individuelles des étudiants. (). Lorsque la section se réunit, en cas de suspension ou non, elle peut proposer une des possibilités suivantes : / - soit alerter l'étudiant sur sa situation en lui fournissant des conseils pédagogiques pour y remédier ou proposer un complément de formation théorique et/ ou pratique selon des modalités fixées par la section ; / - soit exclure l'étudiant de l'institut de façon temporaire, pour une durée maximale d'un an, ou de façon définitive ". Aux termes de l'article 17 de cet arrêté : " Les décisions de la section font l'objet d'un vote à bulletin secret. / Les décisions sont prises à la majorité. / () / Le directeur notifie, par écrit, à l'étudiant la décision prise par la section dans un délai maximal de cinq jours ouvrés après la réunion de la section. Elle figure à son dossier pédagogique. / () ".
3. En premier lieu, Mme B, qui soutient dans sa requête " qu'il appartiendra à l'IFSI Robert Ballanger d'apporter la preuve que les dispositions des articles 12 à 14 de l'arrêté du 21 avril 2007 ont bien été respectées ", n'a pas jugé utile de préciser son moyen à la suite de la production, par le centre hospitalier, des éléments relatifs à la composition de la section compétente pour le traitement pédagogique des situations individuelles dans sa séance du 14 avril 2021. Le moyen tiré du vice de procédure, non assorti de précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé, doit ainsi être écarté.
4. En deuxième lieu, Mme B doit être regardée comme excipant de l'illégalité de la décision de refus de validation de ses stages par la commission d'attribution des crédits du 2 mars 2021 à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision attaquée. Toutefois, la décision de l'exclure définitivement de l'IFSI n'a pas été prise pour l'application de la décision de refus de validation des stages considérée, qui n'en constitue pas le fondement, et ne forme pas avec celle-ci une opération complexe. La requérante n'est par suite pas recevable à contester cette décision de refus de validation prise par la commission d'attribution des crédits par la voie de l'exception.
5. En troisième lieu, l'exclusion définitive de Mme B est motivée par la circonstance que la requérante n'est pas parvenue à valider son stage de deuxième période de semestre 3 en psychiatrie (3e session) et ses stages de semestre 4 en hospitalisation à domicile (2e session) et que les " rapports de stage mettent en évidence des insuffisances dans l'accomplissement d'actes incompatibles avec la sécurité des personnes prises en charge ".
6. Il ressort des pièces du dossier, notamment du rapport motivé adressé par la direction de l'IFSI à la section compétente pour le traitement pédagogique des situations individuelles des étudiants dont les énonciations ne sont pas contredites par les pièces du dossier, que Mme B a rencontré des difficultés persistantes tout au long de sa formation, tant sur le plan de l'acquisition et de la mise en pratique des connaissances et compétences professionnelles que sur le plan de l'attitude vis-à-vis des patients et des personnels soignants. Les appréciations portées sur sa manière de servir dans les rapports de stage synthétisés dans le rapport de saisine de la section au titre de l'année 2020-2021 font régulièrement état d'erreurs d'hygiène commises par Mme B, de soins non acquis au regard de son niveau de formation, de ses difficultés à gérer les situations d'urgence, de ses difficultés à faire le lien entre les pathologies et les traitements, d'un relationnel inadapté aux patients avec des propos et des soins préjudiciables, de ses difficultés relationnelles avec l'équipe et d'une absence de prise en compte des remarques adressées par ses formateurs. Ces faits, qui sont incompatibles avec la sécurité des patients, sont établis et la circonstance que la requérante a obtenu une bonne appréciation à l'issue de son dernier stage effectué en orthopédie du 15 février au 12 mars 2021 n'est pas de nature à remettre en cause leur matérialité et leur caractère incompatible avec la sécurité des patients, alors au surplus que le bilan réalisé à cette occasion souligne également des difficultés dans l'organisation dans le temps et l'espace, dans la traçabilité dans la continuité des soins du patient et dans l'aptitude de Mme B à faire un lien entre la pratique et la théorie, bien que l'intéressée a effectué, à la date de la décision attaquée, 33 semaines de stage au lieu de 17. Dans ces conditions et eu égard à l'absence d'évolution dans sa manière de servir, l'administration n'a pas commis d'erreur de droit ni inexactement apprécié les dispositions citées au point 2 en estimant que Mme B avait accompli des actes incompatibles avec la sécurité des personnes prises en charge et en décidant, pour ce motif, son exclusion définitive de l'IFSI.
7. En dernier lieu, il résulte de ce qui vient d'être dit que la section compétente pour le traitement pédagogique des situations individuelles des étudiants était compétente, en application de l'article 15 de l'arrêté du 21 avril 2007, pour se prononcer sur la situation individuelle de Mme B. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de cette section doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision attaquée. Ses conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions tendant à ce que soit mise à la charge du centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger les frais qu'elle soutient avoir exposés dans l'instance.
9. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de Mme B la somme demandée par le centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger au titre des frais exposés en cours d'instance et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger.
Copie en sera adressée au groupement hospitalier de territoire Grand Paris Nord Est.
Délibéré après l'audience du 15 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Ribeiro-Mengoli, présidente,
Mme Van Maele, première conseillère,
Mme Caro, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 janvier 2024.
La rapporteure,
S. Van Maele
La présidente,
N. Ribeiro-Mengoli La greffière,
P. Demol
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026