jeudi 1 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2108402 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | MOUBERI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, des pièces complémentaires et deux mémoires en réplique, enregistrés le 18 juin 2021 et les 5, 7 et 8 mai et 9 juin 2022, M. B C, représenté par Me Launois, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 17 mai 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de renouveler son titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer un titre de séjour dans les 15 jours suivant la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et dans l'attente de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de réexaminer son dossier dans le mois suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour :
- la décision est insuffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen personnalisé de sa situation ;
- la décision méconnaît l'article R. 432-14 du code de l'entrée et du séjour du droit des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que le FAED a été irrégulièrement consulté ;
- elle méconnaît l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que son comportement n'est pas constitutif d'une menace à l'ordre public ;
- elle méconnaît les articles L. 423-7 et L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est privée de base légale en conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;
- elle méconnaît l'article le 5° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les articles 3-1 et 9 de la convention internationale des droits de l'enfant.
Sur la décision fixant le pays de destination :
- elle est privée de base légale en conséquence de l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ;
- elle est insuffisamment motivée.
Sur la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :
- cette décision est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 août 2021, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête. Il soutient notamment que les moyens ne sont pas fondés.
Par une décision du 14 février 2022, le bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Bobigny a accordé à M. C le bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle à hauteur de 55%.
Vu :
- la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a décidé de dispenser le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Weidenfeld, présidente-rapporteure.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C, ressortissant marocain, né le 9 novembre 1977 à Casablanca (Maroc), a sollicité le renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle le 16 décembre 2020. Par un arrêté du 17 mai 2021, dont il demande l'annulation, le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui renouveler son titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être renvoyé.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
2. Aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ". Aux termes de l'article L. 433-1 du même code : " () Le renouvellement de la carte de séjour temporaire ou pluriannuelle est subordonné à la preuve par le ressortissant étranger qu'il continue de remplir les conditions requises pour la délivrance de cette carte. () ". Aux termes de l'article L. 432-1 du code précité : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public ".
3. Pour rejeter la demande de renouvellement du titre de séjour de M. C, le préfet de la Seine-Saint-Denis a considéré que l'intéressé est susceptible de constituer une menace à l'ordre public, compte tenu des faits d'" entrée ou séjour irrégulier ", de " conduite d'un véhicule sans permis " le 5 juillet 2012 et d'" harcèlement de personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié par un pacte civil de solidarité suivi d'incapacité n'excédant pas 8 jours et dégradation des conditions de vie altérant la santé " qu'il aurait commis le 17 janvier 2019, mentionnés au fichier du traitement des antécédents judiciaires. Toutefois, alors que le requérant conteste la réalité de ces derniers faits et en dépit de la mesure d'instruction qui lui a été adressée pour préciser au tribunal les suites données aux dénonciations graves dont le requérant fait l'objet, le préfet se borne à invoquer, pour les justifier, les courriers rédigés par son épouse, sans prendre en considération le caractère conflictuel de la séparation des époux et les mains courantes également déposées par le requérant à l'encontre de son épouse. Par ailleurs, l'entrée ou le séjour irrégulier ne saurait constituer une menace à l'ordre public et les faits de conduite sans permis reprochés à M. C présentent un caractère isolé et ancien. Par suite, dans la mesure où le préfet n'a ni répondu à la mesure d'instruction destinée à étayer les soupçons qu'il invoque, ni même sollicité du tribunal un sursis à statuer afin de réunir des éléments à cette fin ou de permettre la mise en œuvre d'une procédure judiciaire, la présence de l'intéressé ne peut, à la date du présent jugement, être regardée comme constitutive d'une menace pour l'ordre public. Par suite, le requérant est fondé à soutenir qu'en refusant le renouvellement de son titre de séjour pour ce motif, le préfet a inexactement apprécié les dispositions de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
4. Par ailleurs, si le préfet de la Seine-Saint-Denis s'est également fondé sur la circonstance que M. C ne justifiait plus participer à l'entretien et à l'éducation de son enfant mineur de nationalité française, il ressort des pièces du dossier que le requérant justifie, par la production de quatre mains courantes datées du 29 mars, 16 juin et 19 septembre 2019 et du 25 août 2020, avoir régulièrement cherché à rencontrer son enfant et s'être heurté au refus de la mère chez laquelle la résidence de l'enfant a été fixée. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Seine-Saint-Denis aurait pris la même décision en se fondant sur la seule circonstance que M. C ne justifiait pas de sa participation à l'entretien et à l'éducation de son enfant.
5. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, qu'il y a lieu de prononcer l'annulation de la décision du préfet de la Seine-Saint-Denis en date du 17 mai 2021 rejetant la demande de titre de séjour de M. C. Doivent être annulées, par voie de conséquence, les décisions obligeant le requérant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
6. Dans les circonstances de l'espèce, au regard de ce qui a été dit au paragraphe 3, l'exécution du présent jugement implique seulement le réexamen de la situation de M. C. Il y a lieu d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis d'y procéder dans un délai de trois mois suivant la notification du présent jugement, en délivrant à l'intéressé une autorisation provisoire de séjour pendant la durée de ce réexamen. Il n'y a pas lieu, à ce stade, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
7. M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle à hauteur de 55%. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Launois, avocate de M. C, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Launois de la somme de 550 euros.
DECIDE :
Article 1er : L'arrêté du 17 mai 2021 du préfet de la Seine-Saint-Denis est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de réexaminer la situation de M. C dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour pendant la durée de ce réexamen.
Article 3 : L'Etat versera à Me Launois la somme de 550 (cinq cent cinquante) euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à Me Launois et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 17 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Weidenfeld, présidente-rapporteure,
Mme Jasmin-Sverdlin, première conseillère,
Mme Hardy, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er décembre 2022.
La présidente-rapporteure,
K. Weidenfeld
La première assesseure,
I. Jasmin-Sverdlin
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026