mardi 20 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2108668 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 9ème chambre (J.U) |
| Avocat requérant | LANGA |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête enregistrée le 25 juin 2021 sous le n°2108668, M. et Mme B et D C, représentés par Me Langa, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n°21-0128 du 10 mai 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis leur a enjoint de faire cesser la mise à disposition à des fins d'habitation du local situé sous le porche reliant le pavillon principal à la partie arrière de la parcelle dont ils sont les propriétaires dans la commune de Bobigny, de supprimer les équipements sanitaires et la cuisine au départ des occupants actuels, dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêté et de reloger ces derniers dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêté ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- il méconnaît le principe du contradictoire, leurs observations n'ayant pas été prises en compte ;
- il est entaché d'une erreur de droit au regard des articles L. 1331-22 à L. 1331-24 du code de la santé publique ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- il est entaché d'un détournement de pouvoir et de procédure.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 novembre 2021, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens des requérants ne sont pas fondés.
II. Par une requête enregistrée le 25 juin 2021 sous le n°2108671, M. et Mme B et D C, représentés par Me Langa, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n°21-0118 du 10 mai 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis leur a enjoint dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêté, de faire cesser la mise à disposition du pavillon dans des conditions qui conduisent manifestement à sa suroccupation, de réaliser des mesures dans les règles de l'art et en l'absence de tout occupant aux fins de remédier à plusieurs désordres dans un délai de trois mois à compter de la notification de l'arrêté, de reloger les occupants dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêté ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- il méconnaît le principe du contradictoire, leurs observations n'ayant pas été prises en compte ;
- il est entaché d'une erreur de droit au regard des articles L. 1331-22 à L. 1331-24 du code de la santé publique ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- il est entaché d'un détournement de pouvoir et de procédure.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 novembre 2021, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens des requérants ne sont pas fondés.
III. Par une requête enregistrée le 25 juin 2021 sous le n°2108682, M. et Mme B et D C, représentés par Me Langa, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n°21-0119 du 10 mai 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis leur a enjoint de faire cesser la mise à disposition à des fins d'habitation du local en sous-sol du pavillon dont ils sont les propriétaires dans la commune de Bobigny, de supprimer les équipements sanitaires et la cuisine au départ des occupants actuels, dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêté et de reloger ces derniers dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêté ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- il méconnaît le principe du contradictoire, leurs observations n'ayant pas été prises en compte ;
- il est entaché d'une erreur de droit au regard des articles L. 1331-22 à L. 1331-24 du code de la santé publique ;
-il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- il est entaché d'un détournement de pouvoir et de procédure.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 novembre 2021, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens des requérants ne sont pas fondés.
IV. Par une requête enregistrée le 25 juin 2021 sous le n°2108684, M. et Mme B et D C, représentés par Me Langa, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n°21-0131 du 10 mai 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis leur a enjoint de faire cesser la mise à disposition de la maisonnette accolée à l'arrière du pavillon principal dans des conditions qui conduisent manifestement à sa suroccupation, de réaliser des mesures dans les règles de l'art et en l'absence de tout occupant aux fins de remédier à plusieurs désordres dans un délai de trois mois à compter de la notification de l'arrêté, de reloger les occupants dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêté ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- il méconnaît le principe du contradictoire, leurs observations n'ayant pas été prises en compte ;
- il est entaché d'une erreur de droit au regard des articles L. 1331-22 à L. 1331-24 du code de la santé publique ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- il est entaché d'un détournement de pouvoir et de procédure.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 novembre 2021, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens des requérants ne sont pas fondés.
V. Par une requête enregistrée le 25 juin 2021 sous le n°2108685, M. et Mme B et D C, représentés par Me Langa, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n°21-0132 du 10 mai 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis leur a enjoint de faire cesser la mise à disposition à des fins d'habitation de la dépendance n°1 en fond de parcelle, de type abri de jardin dans le pavillon dont ils sont les propriétaires dans la commune de Bobigny, de supprimer les équipements sanitaires et la cuisine au départ des occupants actuels, dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêté et de reloger ces derniers dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêté ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- il méconnaît le principe du contradictoire, leurs observations n'ayant pas été prises en compte ;
- il est entaché d'une erreur de droit au regard des articles L. 1331-22 à L. 1331-24 du code de la santé publique ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- il est entaché d'un détournement de pouvoir et de procédure.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 novembre 2021, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens des requérants ne sont pas fondés.
VI. Par une requête enregistrée le 25 juin 2021 sous le n°2108686, M. et Mme B et D C, représentés par Me Langa, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n°21-0201 du 10 mai 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis leur a enjoint de faire cesser la mise à disposition à des fins d'habitation de la dépendance n°2 en fond de parcelle, de type abri de jardin dans le pavillon dont ils sont les propriétaires dans la commune de Bobigny, de supprimer les équipements sanitaires et la cuisine au départ des occupants actuels, dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêté et de reloger ces derniers dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêté ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- il méconnaît le principe du contradictoire, leurs observations n'ayant pas été prises en compte ;
- il est entaché d'une erreur de droit au regard des articles L. 1331-22 à L. 1331-24 du code de la santé publique ;
-il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- il est entaché d'un détournement de pouvoir et de procédure.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 novembre 2021, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens des requérants ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de la construction et de l'habitation,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme A en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Combes, rapporteur public, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme C sont les propriétaires d'un pavillon sis 5 rue André Jaouen dans la commune de Bobigny (93000). Par les arrêtés n° 21-0128, 21-0118, 21-0119, 21-0131, 21-0132, 21-0201 du 10 mai 2021, le préfet de la Seine-Saint-Denis leur a enjoint de faire cesser définitivement la mise à disposition à des fins d'habitation du local sous le porche reliant le pavillon principal à la partie arrière de la parcelle (arrêté n° 21-0119), sous le porche reliant ce pavillon à la partie arrière de la parcelle (arrêté n° 21-0128), dans les deux dépendances de type abri de jardin implantées en fond de parcelle (arrêtés n° 21-0132 et n° 21-0201) et, s'agissant des locaux situés en rez-de-chaussée surélevé du pavillon principal (arrêté n° 21-0118), ainsi que dans la maisonnette accolée à l'arrière de ce pavillon (arrêté n°21-0131), d'en faire cesser dans un délai d'un mois la mise à disposition dans des conditions qui conduisent manifestement à leur suroccupation et de réaliser dans un délai de trois mois plusieurs mesures en vue de remédier aux désordres les affectant. M. et Mme C demandent l'annulation de ces arrêtés.
Sur la jonction des requêtes nos 2108668, 2108671, 2108682, 2108684, 2108685, 2108686 :
2. Les requêtes de M. et Mme C, enregistrées sous les nos 2108668, 2108671, 2108682, 2108684, 2108685, 2108686, présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens dirigés contre l'ensemble des arrêtés attaqués :
3. En premier lieu, l'arrêté attaqué mentionne les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement conformément aux prescriptions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Il est donc suffisamment motivé.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 511-10 du code la construction et de l'habitation : " L'arrêté de mise en sécurité ou de traitement de l'insalubrité est pris à l'issue d'une procédure contradictoire avec la personne qui sera tenue d'exécuter les mesures : le propriétaire ou le titulaire de droits réels immobiliers sur l'immeuble, le local ou l'installation, tels qu'ils figurent au fichier immobilier ou, dans les départements de la Moselle, du Bas-Rhin ou du Haut-Rhin, au livre foncier, dont dépend l'immeuble () ". Aux termes de l'article R.511-3 de ce code : " Dans le cadre de la procédure contradictoire mentionnée à l'article L. 511-10, l'autorité compétente mentionnée à l'article L. 511-4 informe les personnes désignées en application de l'article L. 511-10 des motifs qui la conduisent à envisager de mettre en œuvre la police de la sécurité et de la salubrité des immeubles, locaux et installations et des mesures qu'elle compte prendre (). ".
5. Il résulte de l'instruction que, par un courrier du 1er mars 2021, notifié le 14 avril 2021, Mme C a été invitée à présenter ses observations préalablement à l'édiction de l'arrêté en litige, dans le délai de 15 jours à compter de la notification de ce courrier, soit le 29 avril. Si le préfet, par un courriel du 28 avril 2021, a refusé la demande de prorogation de ce délai, sollicitée par les requérants, ces derniers ont présenté des observations qui ont été reçues par le préfet le 29 avril 2021, soit dans le délai imparti. En outre, aucune pièce du dossier ne montre que le préfet n'aurait pas tenu compte de ces observations alors qu'il fait valoir qu'aucun des éléments transmis dans le cadre de ces observations n'était susceptible de modifier le sens de sa décision. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le préfet n'aurait pas tenu compte de leurs observations, de sorte que le moyen tiré de la méconnaissance du principe du contradictoire doit être écarté.
6. En troisième lieu, en se bornant à invoquer une erreur de droit et un détournement de pouvoir et de procédure, les requérants n'assortissent pas ces moyens des précisions nécessaires à l'appréciation de leur bien-fondé, de sorte qu'ils ne peuvent qu'être écartés.
En ce qui concerne l'erreur manifeste d'appréciation :
S'agissant du caractère dangereux et insalubre des locaux :
7. Aux termes de l'article L. 1331-22 du code de la santé publique : " Tout local, installation, bien immeuble ou groupe de locaux, d'installations ou de biens immeubles, vacant ou non, qui constitue, soit par lui-même, soit par les conditions dans lesquelles il est occupé, exploité ou utilisé, un danger ou risque pour la santé ou la sécurité physique des personnes est insalubre ". Aux termes de l'article L. 1331-23 du même code : " Ne peuvent être mis à disposition aux fins d'habitation, à titre gratuit ou onéreux, les locaux insalubres dont la définition est précisée conformément aux dispositions de l'article L. 1331-22, que constituent les caves, sous-sols, combles, pièces dont la hauteur sous plafond est insuffisante, pièces de vie dépourvues d'ouverture sur l'extérieur ou dépourvues d'éclairement naturel suffisant ou de configuration exiguë, et autres locaux par nature impropres à l'habitation, ni des locaux utilisés dans des conditions qui conduisent manifestement à leur sur-occupation. ". Aux termes de l'article L. 1331-24 du même code : " Les situations d'insalubrité indiquées aux articles L. 1331-22 et L. 1331-23 font l'objet des mesures de police définies au titre Ier du livre V du code de la construction et de l'habitation ".
8. Pour prendre l'arrêté n° 21-0128, le préfet, qui s'est prononcé sur la base d'éléments constatés par le service communal d'hygiène et de santé de Bobigny, consignés dans un rapport du 18 janvier 2021, à la suite d'une visite effectuée le 13 janvier 2021, a relevé que le local en cause présente un caractère impropre à l'habitation du fait de sa nature et de sa configuration, compte tenu de ce que " la pièce principale du local située en sous-sol, tandis que les autres pièces non situées en sous-sol - un cabinet d'aisance (0,73 m2), une pièce de 4,21 m2 comprenant une salle d'eau (1,79 m2) et une cuisine (2,42 m2) - sont très étroites ", que le local en cause est " dangereux du fait des conditions manifestes de suroccupation: local occupé par 4 adultes pour une surface au sol de la pièce principale du local de 12,03 m2 et seulement 4,21 m2 de surface habitable non située en sous-sol ", qu'il existe un " enfouissement de la plus grande pièce du local par rapport au niveau du sol naturel ", " l'absence d'ouvrant donnant à l'air libre dans la plus grande pièce du local, l'absence de pièce de vie d'au moins 9 m2 sous 2,20 m de hauteur, l'absence de ventilation naturelle ou mécanique dans la salle d'eau et le cabinet d'aisance, entraînant ainsi de l'humidité et de la moisissure, la présence d'humidité dans toutes les pièces ". Le préfet a ainsi estimé que, compte tenu de ces caractéristiques, le local en cause constitue un danger pour la santé et la sécurité physique des personnes.
9. Pour prendre l'arrêté n° 21-0118, le préfet, qui s'est prononcé sur la base d'éléments constatés par le service communal d'hygiène et de santé de Bobigny, consignés dans un rapport du 18 janvier 2021, à la suite d'une visite effectuée le 13 janvier 2021, a estimé que le local était dangereux du fait de ses conditions manifestes de suroccupation, dès lors que le rez-de-chaussée surélevé et le premier étage du pavillon sont occupés par 8 adultes pour une surface habitable de 57,64 m2. Le préfet a également relevé l'absence d'intimité entre les occupants du rez-de-chaussée surélevé d'une part et les occupants du premier étage du pavillon d'autre part, suite à la division sommaire du pavillon, le mauvais état général des locaux, la dégradation importante des revêtements, l'absence de vue horizontale et d'éclairement naturel suffisant dans le salon/séjour du rez-de-chaussée surélevé, la présence d'humidité avec développement de moisissures et champignons, l' absence de système de ventilation naturelle ou mécanique fonctionnelle, la présence d'une installation électrique dangereuse due au non-respect des volumes de sécurité. Le préfet a ainsi estimé que, compte tenu de ces caractéristiques, le local en cause constitue un danger pour la santé et la sécurité physique des personnes.
10. Pour prendre l'arrêté n° 21-0119, le préfet, qui s'est prononcé sur la base d'éléments constatés par le service communal d'hygiène et de santé de Bobigny, consignés dans un rapport du 18 janvier 2021, à la suite d'une visite effectuée le 13 janvier 2021, a estimé que le local en cause mis à disposition aux fins d'habitation présentait un caractère impropre à l'habitation du fait de sa nature et de sa configuration tel que décrit à l'article L. 1331-23 du code de santé publique (sous-sol), dès lors qu'il était occupé par 7 adultes pour une surface au sol de 33 m2 et aucune surface habitable, présentait un enfouissement par rapport au niveau du sol naturel, un éclairement naturel insuffisant dans l'ensemble du logement, une hauteur sous plafond inférieure à 2,20 m dans l'ensemble du local, une absence d'ouvrant donnant à l'air libre, une absence de ventilation dans la salle d'eau, une présence d'humidité dans la chambre et dans la salle d'eau. Le préfet a ainsi estimé que, compte tenu de ces caractéristiques le local en cause constitue un danger pour la santé et la sécurité physique des personnes.
11. Pour prendre l'arrêté n° 21-0131, le préfet, qui s'est prononcé sur la base d'éléments constatés par le service communal d'hygiène et de santé de Bobigny, consignés dans un rapport du 18 janvier 2021, à la suite d'une visite effectuée le 13 janvier 2021, a estimé que le local en cause était dangereux du fait de ses conditions manifestes de suroccupation, dès lors qu'il disposait de 13 couchages recensés pour une surface au sol d'environ 80 m2 et seulement 34,66 m2 de surface habitable. Le préfet a également estimé que certaines pièces de ce local présentaient un caractère impropre à l'habitation compte tenu de leur nature et de leur configuration, en raison de l'existence de 3 pièces aveugles, sans ouvrant donnant à l'air libre, servant de chambre à coucher. Le préfet a également relevé l'absence de ventilation dans la salle d'eau et dans la cuisine, la présence d'un risque électrique important dans la cuisine, la présence d'une fuite d'eau importante entraînant une inondation, la présence d'humidité et de moisissure. Le préfet a ainsi estimé que, compte tenu de ces caractéristiques, le local en cause constitue un danger pour la santé et la sécurité physique des personnes.
12. Pour prendre l'arrêté n° 21-0132, le préfet, qui s'est prononcé sur la base d'éléments constatés par le service communal d'hygiène et de santé de Bobigny, consignés dans un rapport du 18 janvier 2021, à la suite d'une visite effectuée le 13 janvier 2021, a relevé que le local en cause était dangereux par l'utilisation qui en est faite en raison d'une mise à disposition en tant qu' habitation d'une dépendance du pavillon dont la construction est précaire et présente une absence d'isolation, présentait un caractère impropre à l'habitation du fait de sa nature et de sa configuration tel que décrit à l'article L. 1331-23 du code de santé publique (hauteur sous plafond inférieure à 2,20 m), présentait un aspect de la toiture en fibrociment: risque de présence d'amiante. Le préfet a ainsi estimé que, compte tenu de ces caractéristiques, le local en cause constitue un danger pour la santé et la sécurité physique des personnes.
13. Pour prendre l'arrêté n° 21-0201, le préfet, qui s'est prononcé sur la base d'éléments constatés par le service communal d'hygiène et de santé de Bobigny, consignés dans un rapport du 18 janvier 2021, à la suite d'une visite effectuée le 13 janvier 2021, a relevé que le local était dangereux par l'utilisation qui en est faite : mise à disposition en tant qu'habitation d'une dépendance du pavillon dont la construction est précaire et présente une absence d'isolation. Le préfet a également estimé que le local était dangereux du fait des conditions manifestes de suroccupation : 6 couchages recensés pour une surface au sol d'environ 30 m2. Enfin, le préfet a relevé que le local présentait un aspect de la toiture en fibrociment : risque de présence d'amiante. Le préfet a ainsi estimé que, compte tenu de ces caractéristiques, le local en cause constitue un danger pour la santé et la sécurité physique des personnes.
14. En se bornant à soutenir que le préfet ne démontre pas le caractère dangereux et insalubre du pavillon, M. et Mme C ne contestent pas sérieusement les éléments relevés par le préfet ni l'appréciation portée par celui-ci sur ces derniers. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté attaqué serait entaché d'une erreur d'appréciation sur ce point.
S'agissant de la suroccupation des locaux et de la réalisation des travaux nécessaires :
15. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de la construction et de l'habitation : " Pour l'application du présent chapitre, l'occupant est le titulaire d'un droit réel conférant l'usage, le locataire, le sous-locataire ou l'occupant de bonne foi des locaux à usage d'habitation et de locaux d'hébergement constituant son habitation principale. / Le propriétaire ou l'exploitant est tenu d'assurer le relogement ou l'hébergement des occupants ou de contribuer au coût correspondant dans les conditions prévues à l'article L. 521-3-1 ". Aux termes du II de l'article L. 521-3-1 du même code : " II.- Lorsqu'un immeuble fait l'objet d'une interdiction définitive d'habiter ou lorsqu'est prescrite la cessation de la mise à disposition à des fins d'habitation des locaux mentionnés à l'article L. 1331-23 du code de la santé publique, ainsi qu'en cas d'évacuation à caractère définitif, le propriétaire ou l'exploitant est tenu d'assurer le relogement des occupants. ".
16. Si M. et Mme C soutiennent qu'ils ne sont pas à l'origine de la situation de suroccupation des locaux en cause, cette circonstance est sans incidence sur la légalité des mesures par lesquelles le préfet les a mis en demeure de faire cesser définitivement l'utilisation des locaux à des fins d'habitation. Toutefois, le préfet ne conteste pas qu'une partie des occupants des locaux s'y maintiennent irrégulièrement. Ainsi, l'obligation de reloger les occupants que le préfet met à la charge des requérants dans les arrêtés attaqués doit être regardée comme ne concernant que les occupants au sens de l'article L. 521-1 précité du code de la construction et de l'habitation et les occupants de bonne foi. Sous cette réserve, le moyen tiré de ce que M. et Mme C ne pas à l'origine de la situation de suroccupation des locaux en cause doit être écarté.
17. Les requérants, qui soutiennent qu'ils s'engagent à faire les travaux nécessaires, n'établissent ni même n'allèguent que les travaux demandés ont été réalisés, de sorte que les arrêtés attaqués ne sont pas entachés d'erreur manifeste d'appréciation sur ce point.
S'agissant des conséquences graves, produites par l'arrêté attaqué, sur leur situation :
18. Si les requérants estiment que les arrêtés entraîneront de conséquences d'une exceptionnelle gravité sur leur situation, ils n'assortissent pas ce moyen des précisions nécessaires à l'appréciation de son bien-fondé, de sorte qu'il ne peut qu'être écarté.
19. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. et Mme C doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, leurs conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que celles tendant aux dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes n°2108668-2108671-2108682-2108684-2108685-2108686 de M. et Mme C sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme B et D C et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2023.
La magistrate désignée,
C. ALe greffier,
C. Chauvey
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
.
Nos 2108668
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026