lundi 17 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2108713 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | CUILLIEZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 juin 2021, M. A B, représenté par Me Cuilliez, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 27 avril 2021 par laquelle le préfet de police de Paris a rejeté son recours gracieux dirigé contre l'arrêté du 22 février 2021 par lequel cette même autorité a refusé de renouveler son habilitation pour accéder aux zones de sûreté à accès réglementé des plates-formes aéroportuaires ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de Paris de l'habiliter à accéder aux zones de sûreté à accès réglementé des plates-formes aéroportuaires et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge du préfet de police de Paris une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Il soutient que la décision attaquée :
- est insuffisamment motivée ;
- est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'il n'est pas établi que la consultation du fichier des antécédents judiciaires sur laquelle elle est fondée aurait été effectuée par un agent spécialement habilité ;
- est entachée d'erreurs de droit en ce qu'elle se fonde uniquement sur la consultation du système de traitement des infractions constatées (fichier STIC) et méconnaît l'article R. 213-3-1 du code de l'aviation civile ;
- méconnaît la présomption d'innocence garantie par l'article 9 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, l'article 11 de la Déclaration universelle des droits de l'homme du 10 décembre 1948 et l'article 6, paragraphe 2, de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 avril 2022, le préfet de police de Paris conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 16 septembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 3 octobre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'aviation civile ;
- le code de procédure pénale ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code des transports ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Charageat,
- les conclusions de M. Combes, rapporteur public,
- et les observations de M. B, le préfet de police n'étant ni présent, ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. La société Air France, qui emploie M. B en tant qu'agent de traitement d'avions, a sollicité le 12 novembre 2020 le renouvellement de l'habilitation autorisant l'intéressé à accéder aux zones de sûreté à accès réglementé des aérodromes. Cette demande a été rejetée par un arrêté du préfet de police de Paris en date du 22 février 2021. M. B a contesté cet arrêté par un recours gracieux en date du 7 avril 2021. Ce recours a été rejeté par une décision du 27 avril 2021. La requête de M. B doit être regardée comme tendant à l'annulation de l'arrêté préfectoral du 22 février 2021 et de la décision du 27 avril 2021.
2. En premier lieu, l'arrêté du préfet de police de Paris en date du 22 février 2021, qui vise les dispositions du code des transports et du code de l'aviation civile dont il a été fait application, énonce avec une précision suffisante les motifs de fait ayant conduit l'autorité administrative à rejeter la demande de renouvellement d'habilitation présentée pour M. B. En outre, la décision du 27 avril 2021 vise expressément l'arrêté du 22 février 2021 qu'elle confirme et dont elle a entendu s'approprier tant les motifs que le dispositif. Il suit de là que le moyen tiré du défaut de motivation de la décision attaquée doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 6342-3 du code des transports, dans sa rédaction applicable au litige : " Les personnes ayant accès aux zones de sûreté à accès réglementé des aérodromes ou aux approvisionnements de bord sécurisés, ainsi que celles ayant accès au fret (), doivent être habilitées par l'autorité administrative compétente. / La délivrance de cette habilitation est précédée d'une enquête administrative donnant lieu, le cas échéant, à consultation du bulletin n° 2 du casier judiciaire et des traitements automatisés de données à caractère personnel gérés par les services de police et de gendarmerie nationales () ". Aux termes de l'article L. 114-1 du code de la sécurité intérieure : " I. - Les décisions administratives () d'habilitation, prévues par des dispositions législatives ou réglementaires, concernant () l'accès à des zones protégées en raison de l'activité qui s'y exerce () peuvent être précédées d'enquêtes administratives destinées à vérifier que le comportement des personnes physiques ou morales intéressées n'est pas incompatible avec l'exercice des fonctions ou des missions envisagées. () ". Aux termes de l'article R. 40-29 du code de procédure pénale : " I. - Dans le cadre des enquêtes prévues () aux articles L. 114-1, L. 114-2, () du code de la sécurité intérieure () les données à caractère personnel figurant dans le traitement qui se rapportent à des procédures judiciaires en cours ou closes () peuvent être consultées, sans autorisation du ministère public, par : / 1° Les personnels de la police et de la gendarmerie habilités selon les modalités prévues au 1° et au 2° du I de l'article R. 40-28 () ". Aux termes de l'article R. 40-28 du même code : " I. - Ont accès à la totalité ou, à raison de leurs attributions, à une partie des données mentionnées à l'article R. 40-26 pour les besoins des enquêtes judiciaires : / 1° Les agents des services de la police nationale exerçant des missions de police judiciaire individuellement désignés et spécialement habilités () ".
4. Dès lors que les dispositions citées ci-dessus du code des transports prévoient la possibilité que certains traitements automatisés de données à caractère personnel soient consultés au cours de l'enquête conduite par l'administration dans le cadre de ses pouvoirs de police, préalablement à la délivrance d'une habilitation individuelle, la circonstance que l'agent ayant procédé à cette consultation n'aurait pas été, en application des dispositions également citées ci-dessus du code de procédure pénale, individuellement désigné et régulièrement habilité à cette fin, si elle est susceptible de donner lieu aux procédures de contrôle de l'accès à ces traitements, n'est pas, par elle-même, de nature à entacher d'irrégularité la décision prise sur la demande d'agrément. Par suite, le moyen tiré de ce que la procédure serait irrégulière à défaut pour l'administration d'établir que la consultation du fichier des antécédents judiciaires sur laquelle elle est fondée aurait été effectuée par un agent spécialement habilité doit être écarté.
5. En troisième lieu, si M. B soutient que la décision en litige est exclusivement fondée sur la consultation du système de traitement des infractions constatées, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de police aurait refusé de renouveler son habilitation en s'estimant lié par les mentions figurant dans le traitement d'antécédents judiciaires, qui a été consulté en l'espèce, sans exercer son pouvoir d'appréciation au regard de la situation d'ensemble du requérant, lequel a d'ailleurs pu préalablement présenter des observations écrites et orales. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
6. En quatrième lieu, la décision de refus de renouvellement d'une habilitation pour accéder aux zones de sûreté à accès réglementé des plates-formes aéroportuaires est une mesure de police administrative et ne constitue pas une sanction. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de la présomption d'innocence garantie par l'article 9 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, l'article 11, paragraphe 1, de de la Déclaration universelle des droits de l'homme et l'article 6, paragraphe 2, de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté.
7. En dernier lieu, aux termes de l'article R. 213-3-1 du code de l'aviation civile, dans sa rédaction applicable au litige : " I.- L'habilitation mentionnée à l'article L. 6342-3 du code des transports est demandée par l'entreprise ou l'organisme qui emploie la personne devant être habilitée. () / II.- L'habilitation peut être retirée ou suspendue par le préfet territorialement compétent lorsque la moralité ou le comportement de la personne titulaire de cette habilitation ne présente pas les garanties requises au regard de la sûreté de l'Etat, de la sécurité publique, de la sécurité des personnes, de l'ordre public ou sont incompatibles avec l'exercice d'une activité dans les zones de sûreté à accès réglementé des aérodromes, dans les lieux de préparation et stockage des approvisionnements de bord, ou des expéditions de fret ou de courrier postal sécurisées et devant être acheminées par voie aérienne, ainsi que dans les installations mentionnées au III de l'article R. 213-3. () ".
8. Pour refuser de renouveler l'habilitation délivrée à M. B, le préfet de police de Paris s'est fondé sur la circonstance que ce dernier est connu pour des faits de transport non autorisé de produits stupéfiants commis du 1er octobre 2016 au 13 janvier 2017 à l'aéroport de Roissy, l'arrêté en litige mentionnant à cet égard qu'il a été identifié comme faisant partie d'une organisation spécialisée dans l'importation de produits stupéfiants sur le territoire national par la voie aérienne, étant chargé, alors qu'il était employé par la société Air France, de récupérer des bagages remplis de produits stupéfiants. Le requérant soutient que la décision attaquée est injustifiée au regard des évaluations professionnelles dont il a fait l'objet par son employeur au titre des années 2017 à 2019 et qu'il présente les garanties professionnelles requises dès lors qu'il a été autorisé par le magistrat chargé de l'instruction pénale le concernant à poursuivre son activité dans le cadre du contrôle judiciaire auquel il était soumis. Toutefois, il n'allègue pas qu'il ne serait pas impliqué dans des faits d'importation non autorisée de produits stupéfiants survenus en zone aéroportuaire, ni à cet égard ne conteste avoir été victime d'un enlèvement et d'actes de violence consécutivement à la saisie par les autorités britanniques d'un bagage mal acheminé contenant des paquets de cocaïne, dont le préfet fait état dans l'arrêté litigieux du 22 février 2021. En outre, la décision relative aux obligations du contrôle judiciaire auquel le requérant est soumis est sans influence sur le pouvoir d'appréciation incombant à l'autorité administrative en application des dispositions précitées de l'article R. 213-3-1 du code de l'aviation civile. Par suite, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en refusant de renouveler l'habilitation de M. B, le préfet de police de Paris aurait entaché sa décision d'erreur d'appréciation, ni qu'il aurait méconnu ces dispositions.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet de police de Paris en date du 22 février 2021 et de la décision du 27 avril 2021 rejetant son recours gracieux. Par suite, doivent être annulées ses conclusions à fin d'annulation ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et, en tout état de cause, celles tendant au paiement des dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de police de Paris.
Délibéré après l'audience du 29 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Jimenez, présidente,
M. Charageat, premier conseiller,
Mme Nour, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 juillet 2023.
Le rapporteur,
D. Charageat
La présidente,
J. Jimenez La greffière,
S. Saibi
La République mande et ordonne ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026