vendredi 29 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2108716 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | CREACH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 juin 2021, M. A C et Mme B C, représentés par Me Creac'h, demandent au tribunal :
1°) la décharge de la cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu et de contributions sociales à laquelle ils ont été assujettis au titre de l'année 2017 ainsi que des pénalités correspondantes ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la proposition de rectification est insuffisamment motivée ;
- l'administration n'a pas répondu favorablement à leur demande, qu'ils réitèrent, de transmission des informations obtenues dans le cadre de son droit de communication ;
- l'administration ne justifie pas que M. C aurait eu la qualité de gérant de fait ;
- les dispositions du c de l'article 111 du code général des impôts ont été méconnues, dès lors que l'administration n'établit pas l'existence d'une dissimulation.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 février 2022, le directeur de la direction spécialisée de contrôle fiscal d'Ile-de-France conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 13 mai 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 30 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Charageat,
- les conclusions de M. Combes, rapporteur public, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. C a eu, au cours de l'année 2017, la qualité d'associé et de salarié de la SAS BN Emballages. L'administration a procédé à une vérification de comptabilité de cette société, qui a porté sur la période du 1er juin 2016 au 31 décembre 2017 et à un contrôle sur pièces de la situation de M. et Mme C, qui a porté les revenus perçus par ces derniers au cours de l'année 2017. A la suite de ces contrôles, estimant que les requérants avaient bénéficié de la part de cette société des revenus distribués non déclarés de la nature de ceux mentionnés au c de l'article 111 du code général des impôts, l'administration leur a notifié au titre de l'année 2017 une cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu et de contributions sociales, assortie de la majoration de 10 % prévue par l'article 1728 du code général des impôts, par une proposition de rectification en date du 30 août 2019. Les requérants ont contesté ces suppléments d'impositions par une réclamation en date du 25 janvier 2021. Cette réclamation a été rejetée par une décision du 27 avril 2021. M. et Mme C demandent la décharge de la cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu et de contributions sociales à laquelle ils ont été assujettis au titre de l'année 2017 ainsi que des pénalités correspondantes.
Sur la procédure :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. () ". Aux termes de l'article R. 57-1 du même livre : " La proposition de rectification prévue par l'article L. 57 fait connaître au contribuable la nature et les motifs de la rectification envisagée. () ". Il résulte de ces dispositions que, pour être régulière, une proposition de rectification doit comporter la désignation de l'impôt concerné, de l'année d'imposition et de la base d'imposition, et énoncer les motifs sur lesquels l'administration entend se fonder pour justifier les redressements envisagés, de façon à permettre au contribuable de formuler ses observations de façon entièrement utile. S'agissant de revenus distribués, cette motivation peut résulter, soit de la reproduction de la teneur de la proposition de rectification adressée à la société distributrice, soit de la jonction de cette proposition de rectification en annexe du document adressé au bénéficiaire des distributions, dès lors du moins que le document concernant la société est lui-même suffisamment motivé.
3. La proposition de rectification en date du 30 août 2019 relative aux impositions en litige se réfère expressément à la vérification de comptabilité dont la SAS BN Emballages a fait l'objet et reproduit dans une annexe un extrait pertinent de la proposition de rectification du même jour notifiée à cette société à la suite de ce contrôle. En outre, elle comporte la mention de l'origine et du montant des sommes ayant entrainé les impositions litigieuses, de la catégorie de revenus dans laquelle sont classées ces sommes en vue de leur traitement fiscal, ainsi que des textes constituant le fondement légal de ces impositions. A supposer que les informations figurant dans l'annexe mentionnée ci-dessus soient insuffisantes, il résulte de l'instruction que la proposition de rectification dont la SAS BN Emballages a fait l'objet a été expédiée à M. C puis retournée à l'administration par les services postaux revêtue de la mention " pli avisé et non réclamé " le 23 septembre 2019, soit avant la notification de la proposition de rectification mentionnée ci-dessus. Par l'envoi de ce second document, les requérants ont donc été mis à même de prendre connaissance des éléments explicatifs complémentaires qui leur auraient été utiles. A cet égard la proposition de rectification notifiée à la société comporte la même liste des fournisseurs que celle figurant dans la décision du 27 avril 2021 mentionnée au point 1 et mentionne que la vérification de comptabilité de la société a donné lieu à un procès-verbal d'opposition à contrôle fiscal. Les requérants ont ainsi disposé de l'ensemble des informations nécessaires pour contester utilement les impositions en litige. Il suit de là que les dispositions des articles L. 57 et R. 57-1 du livre des procédures fiscales n'ont pas été méconnues.
4. En second lieu, aux termes de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales : " L'administration est tenue d'informer le contribuable de la teneur et de l'origine des renseignements et documents obtenus de tiers sur lesquels elle s'est fondée pour établir l'imposition faisant l'objet de la proposition prévue au premier alinéa de l'article L. 57 ou de la notification prévue à l'article L. 76. Elle communique, avant la mise en recouvrement, une copie des documents susmentionnés au contribuable qui en fait la demande. ".
5. Les requérants invoquent le refus des services fiscaux de leur transmettre les éléments obtenus dans le cadre de l'exercice du droit de communication de l'administration. Toutefois, dans ses écritures, l'administration indique, sans être contredite, avoir déjà répondu à la demande des requérants en leur transmettant les réponses utiles. Les requérants n'apportent aucune précision sur la nature des documents que l'administration se serait abstenue de leur transmettre, alors qu'en application des dispositions précitées de l'article L. 76 B la demande de copie de documents doit avoir été faite avant la mise en recouvrement. Par suite, il ne résulte pas de l'instruction que ces dispositions auraient été méconnues ni, en tout état de cause que les requérants seraient fondés à demander à l'administration fiscale de leur communiquer " l'ensemble des droits de communication exercés et la réponse effectuée ".
Sur le bien-fondé :
En ce qui concerne la charge de la preuve :
6. Aux termes de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales : " Lorsque, ayant donné son accord à la rectification ou s'étant abstenu de répondre dans le délai légal à la proposition de rectification, le contribuable présente cependant une réclamation faisant suite à une procédure contradictoire de rectification, il peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition, en démontrant son caractère exagéré. () ".
7. Dans ses écritures l'administration soutient, sans être contredite, que les requérants n'ont pas présenté d'observations consécutivement à la proposition de rectification en date du 30 août 2019 dont ils ont été les destinataires. Ces derniers ayant ainsi donné tacitement leur accord aux rectifications qui ont conduit aux impositions en litige, il leur incombe de démontrer le caractère exagéré de ces impositions.
En ce qui concerne les distributions :
8. Aux termes de l'article 1 A du code général des impôts : " Il est établi un impôt annuel unique sur le revenu des personnes physiques désigné sous le nom d'impôt sur le revenu. Cet impôt frappe le revenu net global du contribuable déterminé conformément aux dispositions des articles 156 à 168. / Ce revenu net global est constitué par le total des revenus nets des catégories suivantes : () / - Revenus de capitaux mobiliers () ". Aux termes de l'article 111 du code général des impôts : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : () / c. Les rémunérations et avantages occultes () ".
9. Pour déterminer les impositions en litige, l'administration s'est fondée sur la circonstance qu'au cours de l'année 2017 la SAS BN Emballages avait versé, sous la forme de chèques et de virements bancaires, les sommes de 13 580,60 euros à M. C et de 22 796,99 euros à Mme C, alors que sur la déclaration de revenus établie par les intéressés au titre de cette période le montant des sommes versées par cette société n'était que de 4 245 euros. Les requérants ne contestent pas avoir appréhendé ces sommes ni l'omission de déclaration constatée par l'administration. Cette dernière en a déduit que les versements non déclarés, d'un montant de 32 131,99 euros, constituaient des rémunérations occultes au sens des dispositions précitées du c de l'article 111 du code général des impôts, imposables dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers. Les requérants soutiennent, d'une part, que ces sommes correspondent à des salaires dus par la SAS BN Emballages à M. C. Toutefois, ils n'apportent pas d'éléments de nature à le démontrer, tels qu'un contrat de travail, des bulletins de salaire, ou encore un procès-verbal d'assemblée générale de cette société. Ils allèguent en outre que les sommes litigieuses ont été inscrites dans la comptabilité de la société au titre de salaires, alors qu'il résulte de l'instruction que lors de la vérification de comptabilité de cette société, l'administration s'est heurtée à une situation d'opposition à contrôle fiscal qui l'a empêchée d'accéder à toute information d'ordre comptable. Le service vérificateur s'était d'ailleurs adressé à plusieurs reprises à M. C, en vain, afin de fixer les modalités du contrôle fiscal de la société BN Emballages. D'autre part, si les requérants font valoir qu'ils sont mariés sous le régime de la communauté légale, cette seule circonstance n'impliquait pas qu'une rémunération due à M. C puisse être versée à l'épouse de ce dernier, de surcroît sous la forme non seulement de virements mais aussi de chèques, les requérants n'alléguant pas par ailleurs avoir demandé à la SAS BN Emballages que les salaires soient versées selon ces modalités. Enfin, si les requérants soutiennent que les sommes perçues par M. C correspondent à un salaire mensuel moyen de 4 041 euros versé durant neuf mois, il résulte de l'instruction que celui-ci n'a eu la qualité de salarié de cette entreprise que du 22 février 2017 au 1er juin 2017 et ils n'apportent pas la preuve qu'il aurait travaillé, sans être déclaré, durant une période plus longue. Dans ces conditions, à supposer même que M. C ne puisse pas être regardé comme ayant eu la qualité de gérant de fait de la SAS BN Emballages au cours de l'année 2017, l'administration n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées du c de l'article 111 du code général des impôts en estimant que la somme de 32 131,99 euros mentionnée ci-dessus présentait le caractère d'une rémunération sans contrepartie, donc d'une libéralité consentie par cette société taxable par voie de conséquence sur le fondement de ces dispositions.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge ainsi que celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et Mme B C et au directeur de la direction spécialisée de contrôle fiscal d'Ile-de-France.
Délibéré après l'audience du 7 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Jimenez, présidente,
M. Charageat, premier conseiller,
Mme Nour, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 septembre 2023.
Le rapporteur,
D. Charageat
La présidente,
J. Jimenez Le greffier,
C. Chauvey
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026