mardi 20 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2108776 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 10ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL MINIER-MAUGENDRE ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 28 juin 2021, 29 juin 2021, 7 juillet 2021, 16 septembre 2021, 23 novembre 2021, 26 novembre 2021, 29 novembre 2021, et 20 juillet 2022, ces dernières n'ayant pas été communiquées, Mme E D, représentée par Me Maugendre, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 mai 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis lui a refusé le renouvellement d'un titre de séjour, sous couvert d'un changement de statut, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement ;
2°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié ", ou à titre subsidiaire " vie privée et familiale " dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, ou, à défaut, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, ou à titre infiniment subsidiaire, un récépissé, dans l'attente du réexamen de sa situation administrative, dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
La décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :
- est entachée d'incompétence du signataire ;
- est entachée d'un défaut d'examen sérieux et complet de sa situation ;
- est insuffisamment motivée ;
- est fondée sur l'avis de la DIRECCTE, lui-même illégal ; en effet, cet avis a été pris par une autorité incompétente et est entaché d'erreur manifeste d'appréciation au regard de la situation des EHPAD et de leur mise sous tension accrue par l'épidémie de Covid 19, ainsi qu'au regard de sa qualification, de son expérience et de ses diplômes ;
- est entachée d'erreur de droit dès lors que le préfet s'est estimé lié par l'avis de la DIRECCTE ;
- est entachée d'erreur de fait dès lors qu'elle a introduit un recours hiérarchique à l'encontre de l'avis de la DIRECCTE ;
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation, notamment au regard de la situation des EHPAD ainsi qu'au regard de sa qualification, de son expérience et de ses diplômes ;
- méconnaît l'article L. 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
La décision portant obligation de quitter le territoire français :
- est entachée d'incompétence du signataire ;
- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;
- méconnaît l'article L. 511-4 10° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est entachée d'erreur de droit et d'erreur de fait, pour les mêmes motifs que ceux exposés à l'encontre de la décision portant refus de séjour ;
La décision fixant le délai de départ volontaire :
- est entachée d'incompétence du signataire ;
- est insuffisamment motivée ;
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
La requête et les pièces complémentaires, à l'exception de celles enregistrées le 20 juillet 2022, ont été communiquées au préfet de la Seine-Saint-Denis, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Par une ordonnance du 6 juillet 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 22 juillet 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- et les observations de Me Amzallag, substituant Me Maugendre, représentant Mme A D.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A D, ressortissante djiboutienne, née le 3 juin 1976, est entrée en France le 1er septembre 2014, munie d'un visa long séjour valant titre de séjour étudiant. Elle a ensuite bénéficié d'un titre de séjour en qualité d'étudiante, régulièrement renouvelé, puis a sollicité le 14 février 2020, le renouvellement de son titre de séjour, sous couvert d'un changement de statut en qualité de salariée. Par un arrêté du 28 mai 2021, le préfet de la Seine-Saint-Denis lui a refusé ce renouvellement et l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours à destination d'un Etat dans lequel elle est légalement admissible. Par la présente requête, Mme A D demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée indéterminée se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " d'une durée maximale d'un an. La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail, dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail. () ".
3. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué que le préfet de la Seine-Saint-Denis s'est exclusivement fondé sur l'avis défavorable rendu par la DIRECCTE le 25 février 2021 et sur la circonstance que Mme A D n'a pas contesté cet avis, ce qui est inexact, l'intéressée ayant introduit un recours hiérarchique, puis un recours contentieux, pendant devant le tribunal administratif de Versailles. Il ressort ainsi des pièces du dossier et des termes mêmes de l'arrêté contesté que le préfet n'a pas examiné la situation de l'intéressée, mais s'est placé en situation de compétence liée, et a, ce faisant, commis une erreur de droit.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que Mme A D est fondée à demander l'annulation de la décision du 28 mai 2021 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour, ainsi que, par voie de conséquence, des décisions du même jour l'obligeant à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixant le pays de destination.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Eu égard au motif d'annulation retenu, le présent jugement implique seulement que le préfet des Hauts-de-Seine, dans le ressort duquel réside désormais Mme A D, réexamine la situation de l'intéressée. Il y a lieu de lui enjoindre d'y procéder dans le délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Mme A D d'une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par la requérante et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet de la Seine-Saint-Denis du 28 mai 2021 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de procéder au réexamen de la demande de Mme A D dans le délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'État versera à Mme A D la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A D et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.
Délibéré après l'audience du 6 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Auvray, président,
Mme Touboul, conseillère,
Mme Fabre, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2022.
La rapporteure,
Signé
S. C Le président,
Signé
B. Auvray
Le greffier,
Signé
S. Werkling
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026