mardi 9 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2108793 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SARL CAZIN MARCEAU AVOCATS ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 juin 2021, M. C A, représenté par
Me Susini, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 15 avril 2021 par lequel le maire du Blanc-Mesnil l'a licencié et a fixé son indemnité de licenciement à la somme de 1 500,12 euros ;
2°) de condamner la commune du Blanc-Mesnil à lui verser la somme de 11 168,85 euros au titre du préjudice financier et celle de 3 000 euros au titre du préjudice moral, subis du fait de l'illégalité de ce licenciement ;
3°) de mettre à la charge de cette même commune une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne les conclusions aux fins d'annulation :
- le délai de préavis n'a pas été respecté.
- l'arrêté n'a pas d'objet dès lors qu'il a déjà été mis fin de fait à son contrat le
30 novembre 2020 et sa seule finalité est de régulariser a posteriori la situation ;
- il est entaché d'erreur d'appréciation en ce qui concerne son insuffisance professionnelle ;
- il est victime d'un harcèlement moral.
En ce qui concerne les conclusions indemnitaires :
- il a subi un préjudice financier dont il sera fait une juste appréciation en le fixant à la somme de 11 168,85 euros ;
- il a subi un préjudice moral dont il sera fait une juste appréciation en le fixant à la somme de 3 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 février 2022, la commune du Blanc-Mesnil, représentée par Me Cazin, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge du requérant la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune du Blanc Mesnil fait valoir que les conclusions indemnitaires sont irrecevables dès lors qu'elles font double emploi avec celles présentées dans une autre requête et qu'aucun des moyens que contient la présente requête n'est fondé.
Par un avis en date du 2 octobre 2023, les parties ont été informées que l'affaire était susceptible d'être inscrite au rôle d'une audience du premier trimestre 2024 et que la clôture d'instruction était susceptible d'intervenir à compter du 23 octobre suivant.
Par une ordonnance du 30 octobre 2023, la clôture immédiate de l'instruction a été prononcée.
Par une lettre du 23 février 2024, les parties ont été informées, qu'en application des dispositions de l'article R 611-7 du code de justice administrative, le tribunal était susceptible de fonder sa décision sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions indemnitaires. Les parties se sont abstenues d'y répondre.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 88-145 du 15 février 1988 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. L'hôte, rapporteur ;
- les conclusions de M. Colera, rapporteur public ;
- et les observations de Me Benmerad, substituant Me Cazin, représentant la commune du Blanc-Mesnil.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a été recruté par la commune du Blanc-Mesnil en qualité d'ingénieur territorial non titulaire pour exercer les fonctions d'architecte au moyen d'un contrat à durée déterminée signé le 26 juin 2020 pour la période du 1er juillet 2020 au 30 juin 2021. Par un arrêté en date du 15 avril 2021, dont le requérant demande l'annulation, le maire du Blanc-Mesnil a décidé de le licencier à compter du 2 mai 2021. Le requérant demande également que cette commune soit condamnée à lui verser la somme 11 168, 85 euros au titre du préjudice financier et celle de 3 000 euros au titre du préjudice moral, subis du fait de l'illégalité de ce licenciement.
I- Sur la recevabilité de la requête :
2. Aux termes du second alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. "
3. Alors qu'il a été invité à le faire, M. A n'a pas produit la décision par laquelle l'administration a rejeté sa demande indemnitaire préalable tendant à la réparation des préjudices subis du fait de l'illégalité de l'arrêté du 15 avril 2021 par lequel il a été licencié. Il s'ensuit que les conclusions indemnitaires doivent être rejetées comme irrecevables.
II- Sur les conclusions aux fins d'annulation :
II.A- En ce qui concerne la légalité externe :
4. La circonstance que le préavis auquel l'agent non titulaire avait droit n'a pas été respecté par la décision de licenciement n'est pas de nature à entraîner l'annulation totale de cette décision, mais la rend seulement illégale en tant qu'elle prend effet avant l'expiration du délai de préavis applicable.
5. Il ressort de la lecture des dispositions combinées des articles 4 et 5 du contrat du 26 juin 2020 signé par le requérant et la commune que le délai de préavis est d'un mois lorsque l'agent justifie d'une ancienneté comprise entre six mois et deux ans. Or, M. A a, ainsi qu'il a été dit, été recruté à compter du 1er juillet 2020 et l'arrêté du 15 avril 2021 par lequel il a été licencié lui a été notifié le 30 avril 2021, de telle sorte qu'il justifiait d'une ancienneté de dix mois et aurait donc dû bénéficier d'un préavis de licenciement courant jusqu'au 30 mai 2021. Pour autant, l'arrêté attaqué prévoit que le licenciement prend effet le 2 mai 2021. Il s'ensuit que le moyen tiré du non-respect du délai de préavis doit être accueilli.
II.B- En ce qui concerne la légalité interne :
II.B.1- S'agissant du défaut d'objet et du détournement de pouvoir :
6. La mention sur l'exemplaire d'un acte administratif indiquant que l'intéressé s'est vu remettre cet acte en mains propres mais a refusé de signer la notification fait foi jusqu'à preuve contraire.
7. M. A soutient que l'arrêté attaqué du 15 avril 2021 est sans objet dès lors que la relation de travail a déjà été rompue le 30 novembre 2021, date à laquelle, revenant de congé maladie, il a été empêché par sa hiérarchie, avec l'aide de la police municipale, de rejoindre son poste de travail. Il ajoute que l'arrêté du 15 avril a pour seule finalité de régulariser rétroactivement le licenciement de fait intervenu le 30 novembre 2020. Or, la commune du Blanc-Mesnil fait valoir que cette interdiction de rejoindre son poste opposée à M. A trouve sa justification dans la décision de suspension dont il faisait l'objet depuis le 9 novembre 2020. Si l'intéressé soutient que cette décision ne lui a jamais été notifiée, il ressort de la lecture de l'exemplaire produit par M. A lui-même qu'elle comporte une mention apposée, datée du
10 novembre 2020 et signée par le directeur des ressources humaines de la commune, aux termes de laquelle le requérant a refusé de signer l'arrêté qui lui a été remis en main propre. Cette mention fait foi jusqu'à preuve du contraire, preuve que M. A n'apporte pas en se bornant à produire la copie d'une plainte pour faux et usage de faux déposée auprès du procureur de la République de Bobigny le 26 mars 2021. Il s'ensuit que les moyens tirés du défaut d'objet et du détournement de pouvoir doivent être écartés.
II.B.2- S'agissant de l'erreur d'appréciation de l'insuffisance professionnelle :
8. En premier lieu, pour licencier M. A pour insuffisance professionnelle, la commune du Blanc-Mesnil s'est d'abord appuyée sur la circonstance qu'il n'a pas su encadrer et mener à terme le chantier d'une crèche alors que sa fiche de poste mentionne qu'il a notamment pour mission le suivi des chantiers en contrôlant leur bonne gestion et leur réalisation. Si le requérant produit des pièces, notamment deux avis en phase de réalisation de travaux en date des 6 juillet et 6 août 2020 émanant d'une société de contrôle, avis desquels il ressort que les travaux de la crèche accusaient déjà un retard important à sa prise de poste, il n'en demeure pas moins qu'il a élaboré en août 2020 un nouveau calendrier des travaux prévoyant une fin des travaux en septembre 2020. Or ce nouvel objectif n'a pas pu être atteint et la commune du Blanc-Mesnil produit des notes circonstanciées rédigées par la hiérarchie de M. A, notes appuyées par des attestations également circonstanciées et concordantes rédigées par ses collègues de travail, desquelles il ressort que l'intéressé se bornait à adresser quelques courriels aux prestataires de la commune sans prendre aucune initiative pour s'assurer de la réalisation des travaux en temps voulu, qu'il n'a pas convoqué le bureau de contrôle en vue du rapport final de conformité, qu'il a omis de convoquer les prestataires ayant réalisé le chantier pour que soit effectuée la levée des réserves, qu'il a communiqué des informations erronées au promoteur des travaux, qu'il a exclu le technicien fluides et énergies d'une réunion et qu'il n'a jamais informé sa hiérarchie des difficultés du chantier, voire a reproché au technicien fluides et énergies d'avoir fait remonter certaines de ces difficultés. Il ressort également des pièces du dossier que le chantier a dû être confié au responsable du service bâtiment à partir du 18 octobre 2020 et que ce dernier a constaté un nombre important de défauts auxquels M. A n'avait pas remédié. Enfin, si ce dernier soutient qu'il n'a pas pu mener à bien ce chantier dès lors que son action a été entravée par la restitution imposée de son véhicule de fonctions, des clefs du chantier et de matériel de chantier les 19 et 20 octobre 2020 ainsi que par son déménagement forcé pour un bureau non fonctionnel le 21 octobre 2020, ces événements sont postérieurs à la date du 18 octobre 2020, à partir de laquelle il n'avait plus la responsabilité de ce chantier.
9. En deuxième lieu, la commune du Blanc-Mesnil s'est également appuyée sur la méconnaissance de l'environnement institutionnel dont a fait preuve M. A et la mauvaise qualité de ses relations avec les prestataires. Ce grief est suffisamment établi par un échange de courriel dont il ressort que le requérant a menacé un prestataire de la commune de résilier un marché pour obtenir la réalisation d'une prestation qui n'était pas prévue dans le marché ainsi que par des attestations circonstanciées et concordantes de collègues de travail de l'intéressé, desquelles il ressort qu'il adoptait fréquemment un ton inapproprié et agressif dans ses échanges avec les prestataires de la commune. S'y ajoutent des lacunes sur le plan des connaissances technico-juridiques, soulignées par la supérieure hiérarchique de M. A mettant en doute dans une note la capacité de ce dernier à rédiger les pièces relatives aux marchés de travaux ou aux missions de maîtrise d'œuvre. Ces lacunes sont également établies par la circonstance que le requérant a refusé de tenir compte d'une déclaration d'achèvement de travaux signée par son précédent supérieur hiérarchique au motif qu'il s'agissait d'une fausse déclaration dès lors que les travaux n'étaient pas finis, alors qu'une telle déclaration a pour seul objet d'attester de la conformité des travaux par rapport à l'autorisation d'urbanisme et non de leur achèvement.
10. En troisième et dernier lieu, la commune du Blanc-Mesnil s'est également fondée sur le manque de réactivité de M. A à des demandes émanant de ses collègues de travail, manque de réactivité suffisamment établi par les attestations de deux de ces collègues de travail affirmant de façon circonstanciée ne jamais avoir eu de réponse à leurs demandes d'informations ou de documents.
11. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit être écarté.
II.B.3- S'agissant du harcèlement moral :
12. Aux termes de l'article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. ()".
13. Pour l'application de ces dispositions, il appartient à un agent public qui soutient avoir été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence d'un tel harcèlement. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
14. En premier lieu, pour tenter d'établir qu'il a fait l'objet d'un harcèlement moral de la part de la commune, M. A soutient que la fin de son contrat lui a été annoncée dès le
8 octobre 2020 lors d'une réunion avec ses supérieurs hiérarchiques ayant pour finalité de faire un point sur son travail. Si l'administration le nie, il ressort d'une note rédigée le 22 octobre 2020 par un supérieur hiérarchique du requérant que ce dernier a été informé de la fin prochaine de son contrat lors de cette réunion.
15. En deuxième lieu, si M. A soutient qu'il a été obligé de restituer son véhicule de fonctions dès le 19 octobre 2020, les clefs du chantier de la crèche et le matériel de chantier dès le 20 octobre 2020, il ressort des pièces du dossier non seulement que ces restitutions sont intervenues après le 18 octobre 2020, date à laquelle le chantier de la crèche lui a été retiré, mais également que ce véhicule n'était pas un véhicule de fonctions mais un véhicule de service qui devait être restitué chaque soir. Par ailleurs, le requérant ne produit aucun commencement de preuve à l'appui de ses allégations selon lesquelles sa boîte " e-mail " et un logiciel professionnel indispensable à l'exercice de ses fonctions ont été désactivés et son téléphone professionnel lui a été retiré.
16. En troisième lieu, si M. A soutient que lors d'un entretien avec ses supérieurs hiérarchiques qui a eu lieu le 21 octobre 2021, son licenciement lui a été annoncé et qu'il a subi une pression pour prendre ses congés, il ne produit aucun commencement de preuve à l'appui de ces allégations.
17. En quatrième lieu, si M. A soutient avoir été contraint de quitter son bureau au sein de la direction du bâtiment le 21 octobre 2021 pour s'installer dans un bureau d'une autre direction, il ressort des pièces du dossier, notamment de notes circonstanciées rédigées par ses supérieurs hiérarchiques, notes appuyées par des attestations de ses collègues de travail circonstanciées et concordantes, que le requérant, qui avait déjà des relations difficiles avec ces collègues de travail, a adopté, suite à l'entretien du 8 octobre 2020, un comportement particulièrement hostile à leur égard et notamment à l'encontre des collègues féminines. En particulier, l'intéressé accusait régulièrement les agents partageant son bureau de saboter son travail et de fouiller son poste de travail et son ordinateur. Il a par conséquent été nécessaire de le déplacer.
18. En cinquième lieu, si M. A soutient qu'il lui a été interdit de se rendre à l'inauguration de la crèche dont il avait suivi le chantier, il ne produit aucun commencement de preuve à l'appui de cette allégation si ce n'est un courrier qu'il a lui-même adressé au maire.
19. En sixième lieu, si M. A soutient que lors d'un entretien qui a eu lieu le
10 novembre 2020 avec le directeur des ressources humaines de la commune, il a fait l'objet de pressions pour signer une lettre de démission, il ne produit aucun commencement de preuve à l'appui de cette allégation. De son côté, l'administration soutient que cette réunion avait pour objet de lui notifier son arrêté de suspension et produit un arrêté de suspension en date du
9 novembre 2020 sur lequel est apposée la mention que M. A a refusé de le signer le
10 novembre 2020 alors qu'il lui était remis en main propre.
20. En septième lieu, si M. A soutient qu'il a été empêché par sa hiérarchie, aidée par la police municipale, de rejoindre son poste de travail le 30 novembre 2020, cette interdiction fait suite à l'arrêté de suspension dont il a fait l'objet le 9 novembre 2020 et qui lui a été notifié le 10 novembre suivant, ainsi qu'il a été dit au point 7.
21. En huitième lieu, si M. A soutient qu'à la convocation pour son entretien de licenciement qui lui a été adressée le 9 décembre 2020, étaient jointes des attestations de ses collègues de travail à caractère vexatoire, il ne ressort pas de la lecture de ces attestations, relatant son comportement sur son lieu de travail, notamment le fait qu'il se plaint d'être victime d'un complot, qu'il utilise une langue étrangère dans ses échanges avec eux ou encore qu'il fait état de sa religion, qu'elles présenteraient un caractère vexatoire.
22. En neuvième lieu, si M. A soutient que son licenciement pour insuffisance professionnelle du 15 avril 2021 n'est pas justifié, il ressort de ce qui a été dit aux points 8 à 11 que ce licenciement est justifié.
23. En dixième et dernier lieu, M. A soutient que le blâme qui lui a été infligé le même jour n'est pas justifié. La décision infligeant un blâme est fondée sur les circonstances que le requérant a eu un comportement inapproprié et qu'il a méconnu les principes de laïcité et de neutralité. La réalité des faits concernant la méconnaissance des principes de laïcité et de neutralité n'est pas suffisamment établie par les pièces du dossier. En revanche, il ressort de deux notes circonstanciées émanant des supérieurs hiérarchiques de M. A, notes corroborées par trois attestations également circonstanciées et concordantes rédigées par ses collègues de travail, que le requérant a critiqué à plusieurs reprises sa hiérarchie devant ses collègues, qu'il les a accusés de saboter son travail voire de comploter contre lui, qu'il a eu une attitude agressive envers plusieurs de ces collègues et qu'il a utilisé plusieurs fois, dans le cadre de ses échanges professionnels, une langue étrangère incomprise par ces derniers, de telle sorte que pour éviter que l'ambiance de travail ne devienne trop tendue et dans l'intérêt du service, il a été nécessaire de le changer de bureau. Les faits relatifs au comportement inapproprié du requérant sont donc établis. Eu égard à la teneur de ces faits et en raison de leur caractère réitéré, la sanction de blâme retenue n'apparaît pas disproportionnée.
24. Il résulte de ce qui précède qu'un seul des faits avancés par M. A à l'appui de son moyen tiré de ce qu'il a fait l'objet d'un harcèlement, est avéré et n'est pas justifié par l'administration, à savoir l'annonce de la fin de son contrat dès le 8 octobre 2020 lors d'une réunion ayant pour objet de faire un point sur le travail de l'intéressé. Ce seul fait ne saurait toutefois suffire à caractériser une situation de harcèlement moral et le moyen doit donc être écarté.
25. Il résulte de tout ce qui précède que M. A est seulement fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 15 avril 2020, en tant qu'il prend effet avant la date d'expiration du délai de préavis.
III- Sur les frais liés au litige :
26. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
27. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. A, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune du Blanc-Mesnil réclame au titre des frais liés au litige. Par ailleurs, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce de faire droit aux conclusions présentées par M. A au titre des mêmes frais.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du maire du Blanc-Mesnil en date du 15 avril 2020 est annulé, en tant qu'il prend effet avant la date d'expiration du délai de préavis.
Article 2 : Les conclusions des deux parties, présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sont rejetées.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et à la commune du Blanc-Mesnil.
Délibéré après l'audience du 26 mars 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Truilhé, président,
- M. L'hôte, premier conseiller,
- Mme Ghazi, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 avril 2024.
Le rapporteur,Le président,F. L'hôteJ.-C. TruilhéLa greffière,A. Capelle
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026