mercredi 26 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2109529 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 9ème chambre (J.U) |
| Avocat requérant | SELARL BOZETINE AMNACHE HALLAL ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 8 juillet 2021, 22 novembre 2022 et 5 janvier 2023, la SCI Tadart Pantin, représentée par Me Bozetine, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge de la somme de 69 062,35 euros due à la commune de Pantin ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Pantin une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- les sommes qui lui sont réclamées au titre de dépenses de travaux et d'hébergement des familles ne sont pas dues.
Par des mémoires en défense enregistrés les 21 octobre 2022 et 8 décembre 2022, la commune de Pantin conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable, à défaut de production des actes attaqués, de contestation dans les délais requis des avis de sommes à payer ainsi que de la décision implicite de rejet du recours administratif en date du 18 novembre 2020 et eu égard à l'absence de contestation des frais de travaux ;
- à titre subsidiaire, sa créance est justifiée.
Par une ordonnance du 16 décembre 2022 la clôture d'instruction a été fixée au 5 janvier 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. E en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. E,
- les conclusions de M. Combes, rapporteur public,
- et les observations de la commune de Pantin, représentée par Mme A et M. D, la SCI Tadart Pantin n'étant pas représentée.
Considérant ce qui suit :
1. La SCI Tadart Pantin est la propriétaire d'un immeuble situé 3 rue Lakanal dans la commune de Pantin (93500). Cet immeuble a fait l'objet le 13 mai 2019 d'un arrêté de péril imminent par lequel le maire de la commune de Pantin a enjoint à la SCI Tadart Pantin d'exécuter diverses mesures visant à écarter la situation de péril constatée et notamment de procéder à l'évacuation des occupants des lieux, d'interdire l'accès et l'utilisation des locaux et de réaliser des travaux de sécurisation de la construction. Par une correspondance en date du 5 octobre 2020, le comptable public a informé la SCI Tadart Pantin que celle-ci était redevable à cette date de la somme totale de 54 119,15 euros au titre de frais de travaux et d'hébergement engagés par la commune de Pantin en exécution de l'arrêté de péril du 13 mai 2019. La SCI Tadart Pantin a contesté les frais ainsi mis à sa charge, par un recours gracieux en date du 18 novembre 2020 adressé à la commune de Pantin. Ce recours gracieux a fait l'objet d'une décision implicite de rejet. Par une correspondance en date du 21 juin 2021, le comptable public a informé la SCI Tadart Pantin que celle-ci était redevable à cette date de la somme totale de 69 062,35 euros au titre de frais de travaux et d'hébergement engagés par la commune de Pantin en exécution de l'arrêté de péril du 13 mai 2019. La SCI Tadart Pantin demande au tribunal de prononcer la décharge de la somme de 69 062,35 euros.
Sur les fins de non-recevoir soulevées par la commune de Pantin :
2. En premier lieu, la commune de Pantin soutient que la société requérante ne produit pas les avis de sommes à payer correspondant à l'ensemble des sommes en litige. Toutefois, il résulte de l'instruction que la SCI Tadart Pantin sollicite la décharge de la somme de 69 062,35 euros figurant dans un état récapitulatif, en date du 21 juin 2021, où figurent les produits dus au comptable public au titre d'une créance de la commune de Pantin. Ainsi, elle ne sollicite pas l'annulation de titres de recette, dont elle soutient au demeurant qu'ils ne lui ont pas été notifiés. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de l'absence de production des décisions attaquées doit être écartée.
3. En second lieu, aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " 1° () L'action dont dispose le débiteur d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local pour contester directement devant la juridiction compétente le bien-fondé de ladite créance se prescrit dans le délai de deux mois à compter de la réception du titre exécutoire ou, à défaut, du premier acte procédant de ce titre ou de la notification d'un acte de poursuite. () / 4° Quelle que soit sa forme, une ampliation du titre de recettes individuel ou de l'extrait du titre de recettes collectif est adressée au redevable. L'envoi sous pli simple ou par voie électronique au redevable de cette ampliation à l'adresse qu'il a lui-même fait connaître à la collectivité territoriale, à l'établissement public local ou au comptable public compétent vaut notification de ladite ampliation () ".
4. D'une part, la commune de Pantin soutient que la SCI Tadart Pantin n'a pas contesté les avis de sommes à payer dans le délai de deux mois qui lui était imparti. Toutefois, la SCI Tadart Pantin soutient que les avis de sommes à payer correspondant à la créance en litige ne lui ont pas été notifiés. La commune de Pantin, à qui il appartient de prouver la date de la notification de ces titres de recette, n'apporte aucune pièce de nature à déterminer la date de leur réception par la société requérante. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de l'absence de contestation de la créance dans le délai de deux mois suivant la réception des avis de sommes à payer doit être écartée.
5. D'autre part, la commune de Pantin soutient que le recours gracieux de la SCI Tadart Pantin en date du 18 novembre 2020, qu'elle a réceptionné le 27 novembre 2020, a fait naître une décision implicite de rejet le 27 janvier 2021, que la société requérante n'a pas contestée dans le délai de deux mois qui lui était imparti. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction que ce recours gracieux aurait donné lieu à la délivrance par l'administration de l'accusé de réception prévu par les dispositions de l'article L. 112-3 du code des relations entre le public et l'administration. Dans ces conditions, s'il résulte de l'instruction que la société requérante a formé ce recours après avoir eu connaissance du bordereau de situation établi le 5 octobre 2020 par le comptable public qui comportait la liste des titres exécutoires correspondant à une créance de 54 119,15 euros détenue à son égard par la commune, il n'en résulte pas que la décision implicite de rejet aurait été de nature à déclencher le délai de recours contentieux pour contester cette créance. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la contestation de la décision implicite de rejet du 27 janvier 2021 doit être écartée.
6. Ensuite, la commune de Pantin soutient que dans son recours gracieux en date du 18 novembre 2020 la SCI Tadart Pantin n'a pas contesté les sommes correspondant aux dépenses de travaux, de sorte que le délai de recours n'a pas été prorogé en ce qui concerne les titres de recette relatifs à ces dépenses. Toutefois, il résulte de ce qui est dit au point 5 que le recours gracieux formé par la SCI Tadart Pantin n'a pas déclenché de délai de recours contre la créance invoquée par la commune de Pantin. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la demande de décharge résultant de l'absence de recours gracieux dirigé contre les dépenses de travaux doit être écartée.
7. Enfin, la commune de Pantin soutient que la requête est irrecevable en ce qui concerne les titres de recette n° 23794, 23795, 23813, 23814, 23815, 23933, 24006, 24007, 24008, 24009, 24010 et 24011, qui figuraient dans un acte de poursuite du 21 juillet 2020. Il résulte de l'instruction que ces titres ont été émis, les six premiers le 27 décembre 2019 et, les autres, le 30 décembre 2019 et portent respectivement sur les sommes de 277,20 euros, 1 914 euros, 358,05 euros, 358,05 euros, 346,50 euros, 1 220 euros, 3 985,20 euros, 2 980,80 euros, 972 euros, 2 980,80 euros, 972 euros et 8 491,20 euros. En outre, il résulte également de l'instruction que ces titres exécutoires ont fait l'objet d'un acte de poursuite par huissier le 21 juillet 2020 pour un montant total de 24 855,80 euros. Par suite, en application des dispositions précitées du 1° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, le bien-fondé de cette créance devait être contesté dans un délai de deux mois à compter de cet acte de poursuite. Ni la lettre du 1er octobre 2020 par laquelle la société requérante a demandé à être informée du " fait générateur " de cette somme, ni le recours gracieux en date du 18 novembre 2020 mentionné au point 5 n'ont été de nature à proroger ce délai.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la commune de Pantin est seulement fondée à soutenir que la requête est tardive et, par voie de conséquence irrecevable, en tant que la SCI Tadart Pantin sollicite à la décharge de la somme de 24 855,80 euros. Par suite, il y a lieu d'accueillir ses fins de non-recevoir dans cette limite et de les rejeter pour le surplus.
Sur le bien-fondé de la créance de la commune de Pantin :
En ce qui concerne les dépenses de travaux :
9. En réponse aux observations de la SCI Tadart Pantin, qui faisait valoir que la commune de Pantin n'avait pas communiqué les factures correspondant aux travaux dont elle lui demande le paiement, cette dernière verse aux débats un ensemble de factures se rapportant à la location d'une porte " anti squat " pour équiper l'immeuble mentionné au point 1 établies par la SARL SIF au titre de la période du 1er octobre 2019 au 15 septembre 2020. La société requérante soutient que la créance de la commune n'est pas justifiée compte tenu de la discordance entre le montant de ces factures, qui est de 4 589,75 euros, celui mentionné dans le bordereau de créance de la commune, qui est de 3 253,80 euros et celui figurant dans une lettre de relance du 19 janvier 2021, qui est de 1 918,40 euros. Toutefois, il résulte de l'instruction que le montant total des frais de travaux figurant dans le bordereau de situation du 21 juin 2021 est de 7 843,55 euros et que, eu égard à ce qui est dit au point 8, le montant des sommes correspondant à des dépenses de travaux qui ne peuvent plus être contestées en raison de la tardiveté de la requête est de 3 253,80 euros, de sorte que la discordance invoquée n'est pas établie. En outre, la lettre de relance du comptable public pouvant porter sur la totalité ou une partie seulement de la créance, la circonstance que la somme mentionnée dans la lettre de relance du 19 janvier 2021, qui au demeurant correspond à cinq titres de recette établis le 25 novembre 2020, soit un montant inférieur à celui des dépenses de travaux recensées dans le bordereau de situation du 21 juin 2021 ainsi qu'à celui des factures mentionnées ci-dessus, n'est pas de nature à révéler que la créance de la commune invoquée au titre de dépenses de travaux serait infondée.
En ce qui concerne les dépenses d'hébergement des occupants :
10. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de la construction et de l'habitation, dans sa rédaction applicable au litige : " Pour l'application du présent chapitre, l'occupant est le titulaire d'un droit réel conférant l'usage, le locataire, le sous-locataire ou l'occupant de bonne foi des locaux à usage d'habitation et de locaux d'hébergement constituant son habitation principale. / Le propriétaire ou l'exploitant est tenu d'assurer le relogement ou l'hébergement des occupants ou de contribuer au coût correspondant dans les conditions prévues à l'article L. 521-3-1 dans les cas suivants : () / -lorsqu'un immeuble fait l'objet d'un arrêté de péril en application de l'article L. 511-1 du présent code, si l'arrêté ordonne l'évacuation du bâtiment ou s'il est assorti d'une interdiction d'habiter ou encore si les travaux nécessaires pour mettre fin au péril rendent temporairement le logement inhabitable () ". Aux termes de l'article L. 521-3-1 du même code : " I.- Lorsqu'un immeuble fait l'objet d'une interdiction temporaire d'habiter ou d'utiliser ou que son évacuation est ordonnée en application de l'article L. 511-3, le propriétaire ou l'exploitant est tenu d'assurer aux occupants un hébergement décent correspondant à leurs besoins. / A défaut, l'hébergement est assuré dans les conditions prévues à l'article L. 521-3-2. Son coût est mis à la charge du propriétaire ou de l'exploitant. () ". Aux termes de l'article L. 521-3-2 de ce code : " I. - Lorsqu'un arrêté de péril pris en application de l'article L. 511-1 ou des prescriptions édictées en application de l'article L. 123-3 sont accompagnés d'une interdiction temporaire ou définitive d'habiter et que le propriétaire ou l'exploitant n'a pas assuré l'hébergement ou le relogement des occupants, le maire prend les dispositions nécessaires pour les héberger ou les reloger. () / VI.- La créance résultant de la substitution de la collectivité publique aux propriétaires ou exploitants qui ne se conforment pas aux obligations d'hébergement et de relogement () est recouvrée soit comme en matière de contributions directes par la personne publique créancière, soit par l'émission par le maire () d'un titre exécutoire () ".
11. En premier lieu, la SCI Tadart Pantin soutient que les frais d'hébergement de la famille F ne sont pas dus dès lors que les intéressés étaient des occupants sans droit ni titre et que le tribunal d'instance de Pantin a d'ailleurs ordonné leur expulsion par un jugement du 20 septembre 2018 devenu définitif. Toutefois, il résulte de l'instruction que l'obligation de relogement de cette famille a été expressément prescrite par l'arrêté de péril imminent en date du 13 mai 2019. La société requérante n'allègue pas avoir contesté cette prescription. Par suite, l'exécution de cet arrêté impliquait qu'il soit procédé au relogement de cette famille par la SCI Tadart Pantin ou, en cas de défaillance de celle-ci, par la commune de Pantin, d'office. Il suit de là que la société requérante, qui au demeurant ne soutient pas avoir informé la commune que les occupants étaient sans droits ni titre, n'est pas fondée à soutenir que la créance de la commune correspondant aux frais d'hébergement de ces occupants serait infondée en l'absence de droit au relogement de ces derniers.
12. En deuxième lieu, la SCI Tadart Pantin soutient que les frais d'hébergement de la famille C ne sont pas dus dès lors que les intéressés étaient des occupants sans droit ni titre, qu'une sommation de quitter les lieux, restée sans suite, leur avait été adressée et qu'ils avaient refusé un logement social qui leur avait été proposé. Toutefois, il résulte de l'instruction que l'obligation de relogement de cette famille a été expressément prescrite par l'arrêté de péril imminent en date du 13 mai 2019. La société requérante n'allègue pas avoir contesté cette prescription. Par suite, l'exécution de cet arrêté impliquait qu'il soit procédé au relogement de cette famille par la SCI Tadart Pantin ou, en cas de défaillance de celle-ci, par la commune de Pantin, d'office. En outre, elle ne justifie pas que les occupants étaient sans droits ni titre ni au demeurant avoir informé la commune de l'existence d'une telle situation. Enfin, il ne résulte pas de l'instruction que ces occupants auraient renoncé à un logement correspondant à leurs besoins. Il suit de là que la société requérante n'est pas fondée à soutenir que la créance de la commune correspondant aux frais d'hébergement de ces occupants serait infondée en l'absence de droit au relogement de ces derniers.
13. En troisième lieu, la SCI Tadart Pantin soutient que les frais d'hébergement de la famille B ne sont pas dus en l'absence de factures justificatives et de titre de recette régulier et qu'ils ne sauraient excéder la somme de 12 250,80 euros. Toutefois, la commune de Pantin verse aux débats un ensemble de factures se rapportant à l'hébergement de M. et Mme B. Il résulte de l'instruction que les intéressés ont fait l'objet d'hébergements distincts, de sorte qu'il n'est pas établi que des sommes relatives à leur hébergement auraient été comptabilisées deux fois, en dépit de ce que soutient la société requérante. En outre, si cette société allègue que le titre de recette communiqué n'est pas accompagné d'un bordereau ni d'une ampliation, une telle circonstance est sans influence sur le bien-fondé de la créance litigieuse. Il suit de là que la société requérante n'est pas fondée à soutenir que la créance de la commune correspondant aux frais d'hébergement de ces occupants serait infondée.
14. Il résulte de tout ce qui précède que doivent être rejetées les conclusions à fin de décharge ainsi que, par voie de conséquence, celles tenant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SCI Tadart Pantin est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SCI Tadart Pantin et à la commune de Pantin.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 avril 2023.
Le magistrat désigné,
D. ELe greffier,
C. Chauvey
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
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01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
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01/06/2026
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01/06/2026