jeudi 16 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2109885 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | Hugues HOURDIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 juillet 2021 et des mémoires complémentaires enregistrés le 21 décembre 2021, le 22 février 2022 et le 27 mai 2022, la fondation Jérôme Lejeune, représentée par Me Hourdin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 1er mars 2021 par laquelle l'Agence de la biomédecine a délivré à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) une autorisation de mettre en œuvre un protocole de recherche sur les cellules souches embryonnaires humaines ayant pour finalité la modélisation in vitro de la neurofibromatose de type 1 à des fins d'études physiopathologiques et thérapeutiques ;
2°) de mettre à la charge de l'Agence de la biomédecine une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée n'est pas signée ;
- sa motivation présente un caractère stéréotypé et ne satisfait ainsi pas à l'obligation posée par les dispositions de l'article L. 211-3 du code des relations entre le public et l'administration ; le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision en litige, qui est opérant, est fondé ;
- elle doit être regardée comme entachée d'un vice de procédure dès lors que, en dépit de ses visas, il n'est pas établi qu'elle a été précédée de l'avis du conseil d'orientation prévu par les dispositions de l'article R. 2151-1 du code de la santé publique ;
- elle a été prise au terme d'une procédure irrégulière en méconnaissance de l'article L. 2151-5 du code de la santé publique, dès lors qu'alors que les experts ne doivent avoir aucun lien avec l'équipe de recherche, aucune pièce ne permet de démontrer l'absence de conflit d'intérêts de la part des auteurs des rapports d'expertise des 26 novembre et 19 décembre 2020 ; les déclarations d'intérêts produites l'ont été pour les besoins de la cause, les documents ayant été créés le 3 janvier 2022 puis modifiés le 13 janvier suivant ;
- le consentement des couples géniteurs, s'agissant des lignées provenant de Suède et des Etats-Unis, n'a été ni recueilli ni sollicité par l'Agence de la biomédecine au moment de la délivrance de l'autorisation de recherche, en méconnaissance des dispositions du 4° de l'article L. 2151-5 du code de la santé publique, et il n'est pas établi que la délivrance de l'information préalable et le recueil du consentement préalable du couple ont bien été contrôlés par l'agence ; dès lors que des lignées proviennent de Suède et des Etats-Unis, il n'est pas permis de s'assurer du respect des principes éthiques relatif aux règles du consentement ;
- la décision est entachée d'erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article R. 2151-2 du code de la santé publique en ce qu'elle retient que la faisabilité de la recherche et la pérennité de l'organisme et de l'équipe de recherche sont assurées ; notamment, les modalités de financement et de conservation n'ont pas été suffisamment vérifiées et aucun des chercheurs n'accordera plus de 15 % de son temps à la recherche ; à cet égard, le rapport d'instruction du 10 janvier 2021 est manifestement insuffisant ; la visite du 8 novembre 2018 du laboratoire par le comité d'hygiène et de sécurité est trop ancien ;
- elle méconnaît l'article 16-1 du code civil dès lors que l'un des objectifs de la recherche nécessite l'exploitation de produits humains obtenus en violation de l'article 16-1 du code civil, aucun élément ne permettant de s'assurer que les tissus humains, à partir desquels des cellules iPS ont été générées, lesquelles font partie du protocole de recherche, ont été prélevés avec l'accord du patient ni qu'ils ont été obtenus à titre gratuit ;
- la décision est entachée d'erreur d'appréciation au regard des dispositions du 3° du I de l'article L. 2151-5 du code de la santé publique dès lors qu'une méthode alternative au recours à des cellules souches embryonnaires d'efficacité comparable existe.
Par des mémoires en défense enregistrés le 22 novembre 2021, le 13 janvier et le
6 avril 2022, l'Agence de la biomédecine, représentée par la société d'avocat Piwnica et Molinié, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la fondation requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les moyens tirés du défaut de motivation, de la méconnaissance des règles d'information et de consentement des couples géniteurs des embryons à l'origine des cellules souches embryonnaires humaines, importées de Suède et des Etats-Unis, de la méconnaissance de l'article 16-1 du code civil et de la méconnaissance du III de l'article L. 2151-5 du code de la santé publique prévoyant que l'agence diligente des inspections comprenant un ou des experts n'ayant aucun lien avec l'équipe de recherche sont inopérants ;
- les autres moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de la santé publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 2 février 2023 :
- le rapport de M. D,
- les conclusions de M. Terme, rapporteur public,
- les observations de Me Hourdin, représentant la fondation Jérôme Lejeune et celles de Me Croizier, représentant l'Agence de la biomédecine.
Considérant ce qui suit :
1. La Fondation Jérôme Lejeune demande au tribunal d'annuler la décision de l'Agence de la biomédecine du 1er mars 2021 autorisant l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (UMR 861) à mettre en œuvre un protocole de recherche sur les cellules souches embryonnaires humaines ayant pour finalité la modélisation in vitro de la neurofibromatose de type 1 à des fins d'études physiopathologiques et thérapeutiques, renouvelant ainsi une décision précédente du 13 octobre 2015 de la même autorité faisant suite à une précédente décision du 25 juin 2010.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité externe :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci ".
3. Il ressort des pièces du dossier que la décision litigieuse portant autorisation de recherche sur des cellules souches embryonnaires humaines du 1er mars 2021 est signée par la direction générale de l'Agence de la biomédecine. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que la décision attaquée ne comporterait pas la signature de son auteur doit être écarté comme manquant en fait.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-3 du code des relations entre le public et l'administration : " Doivent également être motivées les décisions administratives individuelles qui dérogent aux règles générales fixées par la loi ou le règlement ".
5. Les dispositions de l'article L. 2151-5 du code de la santé publique, dans leur rédaction applicable, prévoient qu'aucune recherche sur l'embryon humain ou sur les cellules souches embryonnaires ne peut être entreprise sans autorisation et fixe les critères de délivrance de cette autorisation. Ainsi, la décision par laquelle l'agence de la biomédecine délivre cette autorisation ne peut être regardée comme dérogeant à des règles générales fixées par la loi ou le règlement au sens des dispositions précitées de l'article L. 211-3 du code des relations entre le public et l'administration. Par ailleurs, une telle décision n'entre dans aucune des catégories de décisions devant être motivées en application de l'article L. 211-2 du même code et aucune disposition du code de la santé publique, notamment pas son article R. 2151-7 depuis sa modification par le décret du 11 février 2015 relatif à la recherche sur l'embryon et les cellules souches embryonnaires et à la recherche biomédicale en assistance médicale à la procréation, ni aucun principe général, n'impose une telle obligation. Dès lors, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait insuffisamment motivée doit être écarté comme inopérant. Au demeurant, la décision attaquée est amplement et précisément motivée.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 2151-1 du code de la santé publique, dans sa version applicable : " Le directeur général de l'Agence de la biomédecine peut autoriser, dans les conditions fixées par l'article L. 2151-5, un protocole de recherche sur l'embryon ou sur les cellules souches embryonnaires, après avis du conseil d'orientation, pour une durée déterminée qui ne peut excéder cinq ans, renouvelable dans les mêmes conditions ".
7. Il ressort des pièces du dossier que le conseil d'orientation de l'agence a émis un avis unanimement favorable au projet de recherche en cause lors de sa délibération du 21 janvier 2021. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'un vice de procédure faute d'avoir été précédée d'un tel avis, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 2151-1 du code de la santé publique, doit être écarté comme manquant en fait.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 1451-1 du code de la santé publique, dans sa version applicable : " I. - Les membres () des instances collégiales, des commissions, des groupes de travail et conseils des autorités et organismes mentionnés aux articles ()
L. 1418-1 () du présent code () sont tenus, lors de leur prise de fonctions, d'établir une déclaration d'intérêts () ". L'article L. 1452-2 du même code prévoit que : " Une charte de l'expertise sanitaire, approuvée par décret en Conseil d'Etat, s'applique aux expertises réalisées dans les domaines de la santé et de la sécurité sanitaire à la demande du ministre chargé de la santé ou à la demande des autorités et des organismes mentionnés au I de l'article L. 1451-1. Elle précise les modalités de choix des experts, le processus d'expertise et ses rapports avec le pouvoir de décision, la notion de lien d'intérêts, les cas de conflit d'intérêts, les modalités de gestion d'éventuels conflits et les cas exceptionnels dans lesquels il peut être tenu compte des travaux réalisés par des experts présentant un conflit d'intérêts ". La charte prévue par ces dispositions a été approuvée par décret du 21 mai 2013. Elle prévoit notamment, au 4ème alinéa de son I, que : " L'organisme chargé de la réalisation de l'expertise s'assure que les experts retenus disposent des compétences, de l'expérience ainsi que de l'indépendance nécessaires pour réaliser les travaux d'expertise demandés, en s'appuyant notamment sur l'analyse de leurs curriculums vitae, de leurs compétences professionnelles, de leurs productions scientifiques et de leurs déclarations d'intérêts. Un expert ne doit pas accepter une mission pour laquelle il n'est pas ou ne s'estime pas être compétent, ou pour laquelle il n'est pas ou n'estime pas être suffisamment indépendant au regard de l'objet de l'expertise ". Elle dispose, au A de son III : " La notion de lien d'intérêts recouvre les intérêts ou les activités, passés ou présents, d'ordre patrimonial, professionnel ou familial, de l'expert en relation avec l'objet de l'expertise qui lui est confiée. / Les liens d'intérêts que l'organisme chargé de la réalisation de l'expertise demande aux experts de déclarer sont détaillés dans le document type de la déclaration publique d'intérêts prévu par l'article R. 1451-2 du code de la santé publique. / Un conflit d'intérêts naît d'une situation dans laquelle les liens d'intérêts d'un expert sont susceptibles, par leur nature ou leur intensité, de mettre en cause son impartialité ou son indépendance dans l'exercice de sa mission d'expertise au regard du dossier à traiter ".
9. La fondation requérante ne peut utilement se prévaloir de l'article L. 2151-5 en ce qu'il prévoit que " L'agence diligente des inspections comprenant un ou des experts n'ayant aucun lien avec l'équipe de recherche, dans les conditions fixées à l'article L. 1418-2 ", ces dispositions étant sans lien avec la procédure de délivrance des autorisations de recherche. Par ailleurs, la fondation requérante soutient qu'il appartient à l'agence de la biomédecine de s'assurer du respect de l'indépendance et de l'absence de conflits d'intérêts des experts ayant rendu les rapports d'expertise scientifique. A cet égard, outre les copies des rapports d'expertise scientifique rendus les 26 novembre et 19 décembre 2020, l'Agence de la biomédecine a produit les déclarations publiques d'intérêts remplies par les deux experts, M. C et M. A, les ayant rédigés. Leur examen ne révèle aucun conflit d'intérêt au sens des dispositions précitées, ni même aucun lien avec l'équipe de recherche et la fondation Jérôme Lejeune n'en fait valoir aucun. Par ailleurs, la fondation requérante ne saurait sérieusement soutenir que les déclarations d'intérêts produites par l'agence auraient été établies pour les besoins de la cause au seul motif que les " propriétés " des documents au format " .pdf " versés aux débats comportent l'indication de dates de création et de modification postérieures à celle figurant au bas des déclarations d'intérêts elles-mêmes, ces " propriétés " n'attestant que de la date de création et de modification de ces fichiers informatiques au format " .pdf " en vue de leur production à l'instance et ces dates étant au surplus cohérentes avec la date d'enregistrement au greffe du mémoire en défense de l'agence auquel lesdits fichiers au format " .pdf " sont joints. En tout état de cause, à supposer même que ces déclarations soient effectivement postérieures à la date de la décision litigieuse, cette circonstance serait sans incidence sur leur valeur probante. Par suite, le moyen tiré du défaut d'indépendance et d'impartialité des experts scientifiques doit être écarté.
En ce qui concerne la légalité interne :
10. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2151-5 du code de la santé publique, dans sa rédaction applicable : " I.- Aucune recherche sur l'embryon humain ni sur les cellules souches embryonnaires ne peut être entreprise sans autorisation. Un protocole de recherche conduit sur un embryon humain ou sur des cellules souches embryonnaires issues d'un embryon humain ne peut être autorisé que si : () / 3° En l'état des connaissances scientifiques, cette recherche ne peut être menée sans recourir à ces embryons ou ces cellules souches embryonnaires ; / 4° Le projet et les conditions de mise en œuvre du protocole respectent les principes éthiques relatifs à la recherche sur l'embryon et les cellules souches embryonnaires. / II.- Une recherche ne peut être menée qu'à partir d'embryons conçus in vitro dans le cadre d'une assistance médicale à la procréation et qui ne font plus l'objet d'un projet parental. La recherche ne peut être effectuée qu'avec le consentement écrit préalable du couple dont les embryons sont issus, ou du membre survivant de ce couple, par ailleurs dûment informés des possibilités d'accueil des embryons par un autre couple ou d'arrêt de leur conservation. A l'exception des situations mentionnées au dernier alinéa de l'article L. 2131-4 et au troisième alinéa de l'article L. 2141-3, le consentement doit être confirmé à l'issue d'un délai de réflexion de trois mois. Le consentement des deux membres du couple ou du membre survivant du couple est révocable sans motif tant que les recherches n'ont pas débuté. / III.- Les protocoles de recherche sont autorisés par l'Agence de la biomédecine après vérification que les conditions posées au I du présent article sont satisfaites () ". Aux termes du premier alinéa de l'article L. 2151-6 du même code, dans sa version applicable : " L'importation de cellules souches embryonnaires aux fins de recherche est soumise à l'autorisation préalable de l'Agence de la biomédecine. Cette autorisation ne peut être accordée que si ces cellules souches ont été obtenues dans le respect des principes fondamentaux prévus par les articles 16 à 16-8 du code civil ". Aux termes de l'article R. 2151-13 du même code, dans sa version applicable : " Tout organisme qui importe ou exporte des cellules souches embryonnaires doit être en mesure de justifier qu'elles ont été obtenues dans le respect des principes mentionnés aux articles 16 à 16-8 du code civil, avec le consentement préalable du couple géniteur de l'embryon qui a été conçu dans le cadre d'une assistance médicale à la procréation et ne fait plus l'objet d'un projet parental, et sans qu'aucun paiement, quelle qu'en soit la forme, n'ait été alloué au couple ".
11. Il résulte des termes mêmes du III de l'article L. 2151-5 du code de la santé publique que le recueil effectif des consentements individuels, qui peut être postérieur à l'autorisation du protocole de recherche, n'a pas à être vérifié lors de cette autorisation et que l'Agence de la biomédecine peut accorder celle-ci dès lors que sont satisfaites, outre les conditions fixées aux 1° à 3° du I de cet article, celle fixée à son 4°, selon laquelle tant le projet que les conditions de mises en œuvre du protocole respectent les principes éthiques relatifs à la recherche sur l'embryon et les cellules souches embryonnaires. A ce titre, l'Agence de la biomédecine doit s'assurer des dispositions prises en vue de garantir le respect effectif, lors de la mise en œuvre du protocole, de la condition de consentement préalable. Elle doit, à cette fin, avoir connaissance, d'une part, de la lignée de cellules souches embryonnaires ou de l'origine des embryons sur lesquels la recherche sera entreprise et, d'autre part, de la personne autorisée à les conserver ou à pratiquer le diagnostic préimplantatoire ou titulaire d'une autorisation d'importation de cellules souches embryonnaires auprès de laquelle leur remise a été sollicitée. Enfin, à moins d'être à même de vérifier la condition de consentement préalable dès la date de sa décision, notamment au vu d'une autorisation d'importation ou de recherche précédemment accordée pour la lignée de cellules souches embryonnaires sur laquelle portera la recherche, l'agence doit avoir connaissance des engagements pris en vue du respect de cette condition par la personne auprès de laquelle la remise a été sollicitée. Pour permettre à l'agence d'apprécier les conditions dans lesquelles le consentement est ou sera obtenu, le responsable de la recherche doit produire les documents utilisés aux fins d'information du couple et de recueil de son consentement, mais non les consentements eux-mêmes.
12. Dans le cas où des recherches sont envisagées sur des cellules souches embryonnaires humaines ayant fait l'objet d'une autorisation d'importation, il est exigé que le couple donneur dont est issu l'embryon ait consenti au don de cet embryon, dans le pays où le don a eu lieu, dans les conditions définies à l'article R. 2151-13 du code de la santé publique. Le recueil préalable du consentement écrit du couple donneur prévu par l'article L. 2151-5 en cas de don d'embryon consenti sur le territoire français à des fins de recherche n'est, dans ce cas, pas exigé. Par ailleurs, l'illégalité d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, ne peut être utilement invoquée à l'appui de conclusions dirigées contre une décision administrative que si cette dernière a été prise pour son application ou s'il en constitue la base légale. Or, les autorisations de recherche sur les cellules souches embryonnaires humaines ne sont pas des actes pris pour l'application des autorisations d'importation de ces mêmes cellules, lesquelles ne constituent pas davantage leur base légale.
13. La fondation requérante se borne dans sa requête à faire valoir que la provenance des lignées cellulaires, importées de Suède et des Etats-Unis, ne permet en aucun cas de s'assurer du respect des principes éthiques relatifs aux règles du consentement, et à soutenir que le consentement libre et éclairé de chacun des membres du couple ou du membre survivant du couple dont sont issues ces cellules souches embryonnaires humaines utilisées par le protocole litigieux n'aurait pas été recueilli préalablement à l'édiction de la décision attaquée. Cependant, il ressort des pièces du dossier que les cellules souches embryonnaires des lignées SA001 et WA09 sont des cellules qui ont déjà été importées, respectivement de Suède et des Etats-Unis, en vertu d'autorisations, distinctes, délivrées par le ministre des solidarités, de la santé et de la famille et le ministre délégué à la recherche le 16 février 2005 et par la directrice générale de l'Agence de la biomédecine le 12 mars 2010, régulièrement publiées au Journal officiel de la République française et au demeurant devenues définitives. Il ressort des termes mêmes de la décision en litige que l'Agence de la biomédecine s'est assurée d'avoir connaissance de la lignée de cellules souches embryonnaires sur lesquels la recherche sera entreprise, dès lors que cette décision mentionne d'abord que " les lignées SA-001 et WA-09 proviennent de Cellartis (Suède) et du WiCell Research Institute (Etats-Unis) ", qu'elles sont " déjà présentes sur le territoire national " et " ont été importées, par Marc Peschanski (Inserm, laboratoire I-Stem) dans le cadre de protocoles de recherche, en vertu d'autorisations délivrées le 16 février 2005 par arrêté des ministres chargés de la santé et de la recherche dans le cadre du dispositif transitoire mis en place par la loi du 6 août 2004 (article 37), et le 12 mars 2010 par décision du directeur général de l'Agence de la biomédecine en application des dispositions de l'article L. 2151-6 du code de la santé publique ". Cette décision indique également que " le respect des exigences () relatives à l'information et au recueil du consentement des couples a été vérifié et la demande de renouvellement de l'autorisation de recherche présente de nouveau l'ensemble des documents permettant de s'assurer du respect des dispositions législatives et réglementaires relatives à l'importation de telles cellules " et l'agence s'est donc assurée d'avoir connaissance de la personne titulaire d'une autorisation d'importation de cellules souches embryonnaires auprès de laquelle leur remise a été sollicitée. Dès lors que la fondation requérante ne critique pas utilement ces éléments, le moyen tiré de l'absence de consentement des couples géniteurs à l'origine de ces lignées importées doit être écarté.
14. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 2151-2 du code de la santé publique, dans sa version applicable : " Outre la vérification des conditions fixées à l'article L. 2151-5, l'agence de la biomédecine s'assure de la faisabilité du protocole et de la pérennité de l'organisme et de l'équipe de recherche. Elle prend en considération les titres, diplômes, expérience et travaux scientifiques du responsable de la recherche et des membres de l'équipe. En outre, l'agence de la biomédecine tient compte des locaux, des matériels, des équipements ainsi que des procédés et techniques mis en œuvre par le demandeur. Elle évalue les moyens et dispositifs garantissant la sécurité, la qualité et la traçabilité des embryons et des cellules souches embryonnaires ".
15. Il ressort des mentions de la décision attaquée ainsi que des pièces du dossier d'instruction de la demande d'autorisation, notamment du rapport de la mission d'inspection des conditions matérielles et techniques du 11 décembre 2020, que l'agence a examiné la demande au regard des conditions fixées par l'article L. 2151-5 du code de la santé publique et a estimé que la faisabilité du protocole de recherche, la pérennité des organismes et équipes y participant ainsi que la sécurité, la qualité et la traçabilité des cellules souches embryonnaires étaient garanties, en se fondant sur un examen concret et circonstancié des modalités pratiques de réalisation du protocole de recherche, lesquelles sont détaillées notamment dans ce rapport de la mission d'inspection. Pour remettre en cause l'appréciation de l'agence sur ces points, la fondation requérante se borne à des affirmations à caractère général non étayées par aucune pièce et à soutenir que les mentions de la décision attaquée ne suffisent pas à considérer que les dispositions précitées sont respectées. Si la fondation requérante reproche notamment à la décision en litige de se référer à la circonstance que l'équipe de recherche a antérieurement bénéficié d'une précédente autorisation de protocole de recherche, sans indiquer comment cette recherche s'est déroulée ni détailler les publications auxquelles elle a donné lieu, la fondation ne critique pas sérieusement, par ces considérations générales, la faisabilité du protocole ou les travaux scientifiques du responsable ou des membres de l'équipe de recherche, alors qu'il ressort des termes de la décision en litige et de l'avis rendu par le conseil d'orientation le 21 janvier 2021 que les travaux antérieurement menés ont abouti à neuf publications depuis 2015, dont une publication en 2015 dans la revue " PNAS ", publications qui ont été relevées dans les deux rapports d'expertise scientifiques des 26 novembre et 19 décembre 2020. En outre, il ressort du rapport de la mission d'inspection des conditions matérielles et techniques du 11 décembre 2020 que tant le responsable de l'équipe que le responsable scientifique du projet ont fait état d'une dizaine de publications internationales dans les domaines de la recherche depuis 2015. Il ressort également sur ce point des rapports d'instruction des 10 et 18 janvier 2021 que le responsable du projet justifie de nombreuses publications dans des revues internationales, pour certaines généralistes et " prestigieuses ", et pour d'autres, dans le domaine de l'étude qui sera poursuivie. Si la fondation soutient également que l'origine des lignées n'a pas été vérifiée, l'article
R. 2151-2 du code de la santé publique impose à l'agence d'évaluer les moyens et dispositifs permettant de garantir la traçabilité et des cellules souches, et il ressort des pièces du dossier, notamment des termes mêmes de la décision en litige, que les cellules souches embryonnaires des lignées STR-I443-NF1, STR-I441-NF1, STR-I437-NF1, qui sont des lignées dérivées, ont déjà été préalablement utilisées dans le cadre d'un précèdent protocole de recherche autorisé par décision du 25 juin 2010 de la directrice générale de l'Agence de biomédecine, d'ailleurs devenue définitive, puis par une nouvelle décision d'autorisation du 13 octobre 2015 de la même autorité, et ont donc déjà fait dans ce cadre l'objet d'une vérification de l'existence d'une autorisation, distincte, d'importation ou de conservation et du contrôle des consentements requis dans ce dernier cadre. En outre, comme il a été dit précédemment, les cellules souches embryonnaires des lignées SA001 et WA09 sont des cellules qui ont déjà été importées, respectivement de Suède et des Etats-Unis, en vertu d'autorisations, distinctes, délivrées par l'autorité compétente et régulièrement publiées. Par ailleurs, l'article R. 2151-2 du code de la santé publique n'impose pas davantage à l'Agence de justifier de la nécessité de poursuivre la recherche. En outre, s'agissant du financement de cette recherche, si la fondation requérante soutient qu'aucune explication du chiffrage n'est fournie à ce sujet ni sur les fonds inclus dans la dotation annuelle du laboratoire pour assurer ce financement, il ressort des pièces du dossier, notamment des termes de la décision en litige, que le financement du projet est estimé à 72 000 euros par an, somme dont le détail a été notamment précisé dans le rapport d'instruction du
18 janvier 2021. Le financement est assuré, notamment pour les " coûts fixes ", par les fonds propres du laboratoire iStem, ce mode de financement ayant fait l'objet d'une appréciation favorable, notamment dans les rapports d'expertise scientifique du 26 novembre 2020, qui indique que " les aspects financiers sont couverts par l'unité de recherche ", laquelle " n'est pas mise en danger par cet aspect ", et du 19 décembre 2020 retenant que " l'équipe possède () les moyens () en terme de financement pour réaliser la recherche ", ainsi que par le conseil d'orientation dans son avis. Si la fondation requérante fait valoir que le rapport d'instruction du 10 janvier 2021 se borne, pour certains items et notamment la " compétence du responsable et de l'équipe de recherche ", à souligner qu'il s'agit d'un renouvellement d'une précédente autorisation de recherche sans utilisation de nouvelle lignée ni changement de la question scientifique et à considérer que les items " conservation des cellules souches embryonnaires humaines ", " changement dans les conditions matérielles de la recherche ", " personnel, compétences du responsable et de l'équipe ", " conditions matérielles de la conservation " et " sécurité, qualité et traçabilité des CESh " sont sans objet, et que certains de ces items n'ont pas non davantage été analysés dans le rapport d'instruction du 18 janvier 2021, l'article R. 2151-2 du code de la santé publique n'impose pas à l'agence de vérifier les conditions de conservation des cellules souches, et les conditions matérielles de la recherche ont fait l'objet d'un rapport détaillé de la mission d'inspection du 11 décembre 2020. En outre, s'il ressort du rapport d'instruction du 10 janvier 2021 que la dernière visite du laboratoire par le comité d'hygiène et de sécurité date du 8 novembre 2018, la visite de la mission d'inspection date quant à elle, en tout état de cause, du 11 décembre 2020. Enfin, il ne résulte pas de la seule circonstance que les membres de l'équipe dédiée au projet comportent un responsable d'équipe, un responsable scientifique du projet, et deux ingénieurs de recherche consacrant respectivement 5 %, 15 %, 10 % et 10 % de leur temps au projet, que la faisabilité du protocole de recherche serait compromise. Dans ces conditions, le moyen tiré du non-respect des dispositions précitées de l'article R. 2151-2 du code de la santé publique doit être écarté.
16. En troisième lieu, aux termes de l'article 16-1 du code civil : " Chacun a droit au respect de son corps. / Le corps humain est inviolable. / Le corps humain, ses éléments et ses produits ne peuvent faire l'objet d'un droit patrimonial. ".
17. La fondation requérante soutient qu'aucun élément ne permet de s'assurer que les tissus à l'origine des cellules souches pluripotentes induites (iPS), également utilisées dans le cadre de la recherche portant sur la neurofibromatose de type 1, ont été prélevés avec l'accord du patient, ni qu'ils ont été obtenus à titre gratuit, et que l'autorisation en litige méconnaît ainsi les dispositions de l'article 16-1 du code civil. Cependant, et en tout état de cause, l'autorisation de recherche en litige porte seulement sur un protocole de recherche sur les cellules souches embryonnaires humaines (CESh), et non sur de cellules souches pluripotentes induites (iPS). La fondation requérante ne peut utilement se prévaloir, à cet égard, des dispositions de l'article L. 2151-5 du code de la santé publique, lesquelles ne concernent que les recherches sur l'embryon humain ou les cellules souches embryonnaires, pour soutenir que le consentement des donneurs devrait être vérifié lorsqu'une partie du protocole qui lui est soumis porte sur des cellules souches pluripotentes induites (iPS) générées à partir de tissus humains, et aucune disposition législative ou réglementaire ni aucun principe n'impose à l'Agence de s'assurer du consentement des patients sur lesquels les tissus sont prélevés et utilisés pour générer des cellules iPS. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 16-1 du code civil invoqué doit être écarté.
18. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 2151-5 du code de la santé publique, dans sa version applicable : " I.- Aucune recherche sur l'embryon humain ni sur les cellules souches embryonnaires ne peut être entreprise sans autorisation. Un protocole de recherche conduit sur un embryon humain ou sur des cellules souches embryonnaires issues d'un embryon humain ne peut être autorisé que si : / 1° La pertinence scientifique de la recherche est établie ; () / 3° En l'état des connaissances scientifiques, cette recherche ne peut être menée sans recourir à ces embryons ou ces cellules souches embryonnaires ; () ".
19. Il résulte de ces dispositions que l'autorisation par l'Agence de la biomédecine d'un protocole de recherche conduit sur un embryon humain ou sur des cellules souches embryonnaires issues d'un embryon humain est subordonnée à la satisfaction de l'ensemble des conditions posées au I de l'article L. 2151-5 du code de la santé publique. Chacune de ces conditions est distincte des autres, sa portée devant cependant être appréciée au vu de l'objectif poursuivi par le législateur. La condition, figurant au 1° de ce I, selon laquelle la pertinence scientifique de la recherche doit être établie, impose que l'utilité d'entreprendre la recherche et sa qualité scientifique, notamment méthodologique, soient établies. Elle ne se confond pas avec la condition, figurant au 3° de ce I, selon laquelle la recherche ne doit pas pouvoir, en l'état des connaissances scientifiques, être menée sans recourir à des embryons ou des cellules souches embryonnaires, qui comporte la vérification du moment et de l'étendue du recours projeté par le protocole à l'embryon humain ou à des cellules souches embryonnaires issues d'un embryon humain, ce recours devant être différé et limité autant qu'il demeure scientifiquement pertinent de le faire.
20. La Fondation Jérôme Lejeune soutient que la décision attaquée est contraire au 3° du I de l'article L. 2151-5 du code de la santé publique, dès lors que l'Agence de la biomédecine ne démontre pas que le recours à des cellules souches pluripotentes induites (iPS) ne pouvait pas se substituer à l'utilisation de cellules souches embryonnaires humaines (CSEh) pour atteindre l'objectif scientifique poursuivi. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que l'objectif du projet est, en utilisant des lignés de cellules souches embryonnaires humaines porteuses de mutations de NF1 et issues d'embryons pour lesquels l'anomalie a été diagnostiquée, de modéliser la maladie de Recklinghausen, ou neurofibromatose de type 1, et de lui appliquer une stratégie de criblage visant à découvrir des composés thérapeutiques. Il ressort à cet égard des pièces du dossier et en particulier des rapports d'instruction et d'expertise produits à l'instance, que l'utilisation de CESh est notamment justifiée par les circonstances, non sérieusement contestées par les documents dont, en en citant des extraits dans ses écritures, se prévaut la fondation requérante, que l'utilisation de cellules iPS ne serait pas suffisamment fiable au regard des particularités de la recherche, laquelle, d'ailleurs, s'inscrit dans la continuité d'autorisations de recherche précédemment délivrées le 25 juin 2010 puis le 13 octobre 2015. Il ressort plus particulièrement du rapport d'expertise rendu le 8 novembre 2021 par le professeur B, lequel n'est sérieusement remis en cause par aucune des études dont se prévaut la fondation requérante, toutes antérieures, que les CSEh sont toujours considérées, tant à la date de la délivrance de l'autorisation précédente délivrée le 25 juin 2015 qu'à celle de l'autorisation litigieuse, comme la référence dans le domaine de la recherche et que si les différences entre les cellules iPS et les CSEh peuvent s'estomper selon la qualité du protocole de reprogrammation, les CSEh restent les plus authentiquement pluripotentes contrairement aux cellules iPS dont la pluripotence est artificiellement obtenue. Il ressort également de ce rapport d'expertise qu'il n'est pas possible d'établir que des recherches menées sur des cellules iPS aboutiraient à un résultat identique à celles menées sur des CSEh et qu'il aurait ainsi existé, en l'état des connaissances scientifiques à cette date, une méthode alternative d'efficacité comparable. Il ressort de ces différents éléments que l'Agence de la biomédecine démontre suffisamment la nécessité de confirmer et valider les résultats de sa recherche à visée thérapeutique, résultant de prime abord de l'utilisation d'iPS, avec l'utilisation des CSEh. Au demeurant, il ressort encore des pièces du dossier que, sans que cela soit contesté par la fondation requérante, la plus grande partie du travail sera réalisé avec des cellules iPS. Les seules allégations de la fondation requérante selon lesquelles la recherche pourrait être menée sans recourir aux CESh, ainsi que les différents extraits de rapports dont elle se prévaut, ne contredisent pas sérieusement ces éléments. Par suite, le moyen tiré d'une méconnaissance des dispositions du 3° du I de l'article L. 2151-5 du code de la santé publique doit être écarté.
21. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de la Fondation Jérôme Lejeune doivent être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
22. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Dès lors, les conclusions présentées à ce titre par la fondation requérante doivent être rejetées. En tout état de cause, en application de l'article L. 1418-3 du code de la santé publique, les décisions prises par le directeur général de l'Agence de la biomédecine mentionnées au 10° de l'article L. 1418-1 du même code le sont au nom de l'État. Par suite, les conclusions de la Fondation Jérôme Lejeune, qui tendent à ce qu'une somme soit mise à la charge de cette agence au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sont mal dirigées et ne peuvent, dès lors, qu'être rejetées.
23. Il y a lieu, en revanche, et dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la fondation requérante la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par l'Agence de la biomédecine et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la Fondation Jérôme Lejeune est rejetée.
Article 2 : La Fondation Jérôme Lejeune versera à l'Agence de la biomédecine la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la Fondation Jérôme Lejeune, à l'Agence de la biomédecine et à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale.
Délibéré après l'audience du 2 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gauchard, président,
M. Khiat, conseiller,
M. Breuille, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 février 2023.
Le rapporteur,
Signé
L. D
Le président,
Signé
L. Gauchard La greffière,
Signé
S. Jarrin
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026