mardi 12 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2109935 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | LANCEL JULIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 juillet 2021, M. B A, représenté par Me Lancel, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 juin 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de renouveler son certificat de résidence, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis, à titre principal, de lui délivrer un certificat de résidence algérien de dix ans dans un délai de quinze à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à titre subsidiaire et dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte, de lui délivrer un certificat de résidence algérien portant la mention " vie privée et familiale " ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
S'agissant du refus de renouvellement du certificat de résidence :
- la décision est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- une erreur manifeste d'appréciation a été commise ;
- le préfet a méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision contrevient à l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :
- il reprend l'ensemble des moyens soulevés à l'encontre du refus de renouvellement du certificat de résidence et une erreur manifeste d'appréciation a été commise.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 août 2021, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, désigné dans l'arrêté en litige comme étant M. B A, ressortissant algérien né le 28 juillet 1973 à Bordj Bou Arreridj, est entré en France le 11 février 2000. Après avoir obtenu des certificats de résidence entre le 15 février 2000 et le 17 novembre 2020, il a sollicité le renouvellement de son dernier titre de séjour. Par un arrêté du 21 juin 2021 dont il est demandé l'annulation, le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
2. En premier lieu, la circonstance que l'arrêté comporte une erreur de plume dans l'orthographe du nom du requérant n'est pas de nature à établir un défaut d'examen. En outre, le requérant ne justifie pas qu'une de ses précédentes conjointes avec laquelle il a eu deux enfants serait de nationalité marocaine, contrairement aux mentions de la décision contestée, et, en tout état de cause, cette circonstance n'est pas plus de nature à établir un défaut d'examen de sa situation. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier, notamment de l'accusé de réception de la convocation à la commission du titre de séjour transmis en défense, que le requérant a reçu le courrier de convocation le 24 mars 2021 et il n'apporte aucun justificatif de son absence à cette commission. Par suite, il ne ressort ni de la lecture du refus de renouvellement du certificat de résidence et de l'obligation de quitter le territoire français ni des pièces du dossier que le préfet de la Seine-Saint-Denis n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. A. Le moyen doit donc être écarté.
3. En deuxième lieu, si M. A a vécu vingt ans régulièrement en France, il ressort des pièces du dossier, particulièrement de son bulletin n°2, qu'il a été condamné à quatre peines d'emprisonnement, la première fois à deux mois d'emprisonnement pour des faits commis le 29 novembre 2015 de conduite d'un véhicule sans permis et recel de bien provenant d'un vol, la deuxième fois à six mois d'emprisonnement avec sursis pour des faits commis le 14 janvier 2015 d'escroquerie et de recel de bien provenant d'un vol, la troisième fois à un an et six mois d'emprisonnement pour des faits commis du 26 octobre 2014 au 26 octobre 2017 de fourniture frauduleuse habituelle de document administratif, usage de faux dans un document administratif commis de manière habituelle, détention frauduleuse de faux document administratif constatant un droit, une identité ou une qualité, ou accordant une autorisation, récidive d'aide à l'entrée, à la circulation ou au séjour irréguliers d'un étranger en France, et la dernière fois à six mois d'emprisonnement pour des faits commis du 26 octobre 2014 au 26 octobre 2017 de prise du nom d'un tiers pouvant déterminer des poursuites pénales contre lui. En outre, il ressort des mentions du fichier d'antécédents judiciaires, non contestées par le requérant, que ce dernier a été mis en cause le 18 janvier 2021 pour des faits de violence aggravée par deux circonstances suivies d'incapacité n'excédant pas huit jours. Ainsi, eu égard notamment à la réitération de certains faits, à leurs nature et gravité et au caractère récent de la dernière, le comportement de M. A est constitutif d'une menace pour l'ordre public. En outre, et ainsi qu'il a été indiqué au point précédent, le requérant ne justifie pas de l'impossibilité alléguée de se rendre devant la commission du titre de séjour alors que la convocation à cette commission a été dûment réceptionnée. Par ailleurs, en se bornant à produire les cartes nationales d'identité de ses deux filles de nationalité française, le requérant n'établit pas la proximité de ses liens avec elles. Il ne justifie pas plus de ses relations avec les trois enfants qu'il a eus avec sa compagne antérieure, compatriote titulaire d'un certificat de résidence de dix ans, en ne versant qu'une attestation, au demeurant postérieure à l'arrêté en litige, assez peu circonstanciée de cette ancienne conjointe. L'attestation d'un pédopsychiatre relatif au suivi d'un de ses enfants n'est pas de nature à établir son implication dans l'éducation et l'entretien de ce dernier Son actuelle conjointe, avec laquelle il a deux enfants, fait également l'objet d'un refus de certificat de résidence et d'une obligation de quitter le territoire français du même jour. Enfin, il n'établit pas une insertion professionnelle suffisamment significative en ne transmettant qu'une fiche de paie indiquant une ancienneté au 1er juin 2021. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire doit être écarté.
4. En troisième lieu et pour les mêmes motifs que ceux indiqués au point précédent, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
5. En quatrième lieu, en l'absence de preuve de sa relation alléguée avec ses enfants résidant en France et issus de relations antérieures, et alors que sa compagne actuelle s'est vu opposer le même jour un refus de certificat de résidence et qu'ils peuvent, dès lors, reconstituer leur cellule familiale dans leur pays d'origine, le moyen tiré de la violation de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
6. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 21 juin 2021 du préfet de la Seine-Saint-Denis. Il s'ensuit que ses conclusions aux fins d'annulation de cet arrêté et, par voie de conséquence, celles aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles relatives aux frais liés au litige doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 28 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Mehl-Schouder, présidente,
M. Terme, premier conseiller,
Mme Caron-Lecoq, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2022.
La rapporteure,
Signé
C. C
La présidente,
Signé
M. DLa greffière,
Signé
S. Jarrin
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026