mercredi 26 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2110013 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | SAS ITRA CONSULTING |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 17 juillet 2021, 27 octobre 2022 et 24 mars 2023, M. A, représenté par Me Traore, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 18 juin 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande de renouvellement de carte de séjour pluriannuelle, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat, la somme de 2 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Le requérant soutient :
- que la décision est entachée d'une erreur de droit en ce que le préfet a fondé son arrêté sur un texte qui est entré en vigueur postérieurement à sa demande ;
- est entachée d'une erreur de droit en ce que le préfet s'est cru à tort en situation de compétence liée ;
- que la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- que la décision d'obligation de quitter le territoire français est entachée d'une exception d'illégalité de la décision de refus de séjour ;
- que la décision méconnaît son droit à une vie privée et familiale.
Par un mémoire en défense enregistré le 31 août 2021, le préfet conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant malien né le 10 octobre 1976, a déposé une demande de renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle le 3 janvier 2020. Par un arrêté en date du 18 juin 2021, le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté cette demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé. Le requérant demande l'annulation de cet arrêté.
2. En premier lieu, il ressort de l'arrêté du 18 juin 2021 que le préfet de la Seine-Saint-Denis s'est fondé sur des disposition du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en vigueur avant le 18 juin 2021. Or, la refonte nouveau code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, entrée en vigueur le 1er mai 2021, est intervenue à droit constant : elle a réorganisé le code sans faire évoluer le droit applicable aux étrangers. Dès lors, les dispositions sur lesquelles le préfet a fondé son arrêté ne sont pas susceptibles de priver le requérant de garantie. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il ne ressort pas de l'arrêté attaqué que le préfet de la Seine-Saint-Denis se soit estimé en situation de compétence liée par rapport à l'avis de la commission du titre de séjour.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public ". Lorsque l'administration oppose à un ressortissant étranger un motif lié à la menace à l'ordre public pour refuser de faire droit à sa demande de titre de séjour, il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un moyen en ce sens, de rechercher si les faits qu'elle invoque à cet égard sont de nature à justifier légalement sa décision. La menace pour l'ordre public s'apprécie au regard de l'ensemble des éléments de fait et de droit caractérisant le comportement personnel de l'étranger en cause. Il n'est donc ni nécessaire, ni suffisant que le demandeur ait fait l'objet de condamnations pénales. L'existence de celles-ci constitue cependant un élément d'appréciation au même titre que d'autres éléments tels que la nature, l'ancienneté ou la gravité des faits reprochés à la personne ou encore son comportement habituel.
5. Il ressort des pièces du dossier que M. A a fait l'objet de plusieurs condamnations pénales sur le territoire français. En 2012, il a été condamné à une amende de 350 euros pour conduite d'un véhicule sans permis. En 2015, il a été condamné à 350 et à 750 euros d'amende pour conduite à deux reprises d'un véhicule sans permis et pour exercice illégal de l'activité de taxi. Le 20 avril 2017, il a été condamné à six mois de prison avec sursis assorti d'une mise à l'épreuve pour exercice illégal de l'activité d'exploitant de taxi, puis à cinq mois d'emprisonnement pour les infractions de refus d'obtempérer à une sommation de s'arrêter et pour conduite d'un véhicule sans permis. Enfin, le 5 juillet 2019, il a de nouveau été condamné à huit mois d'emprisonnement pour conduite d'un véhicule sans permis, circulation avec un véhicule terrestre sans assurance et exercice illégal de l'activité d'exploitant de taxi. La récurrence et la gravité des faits suffisent à regarder le requérant comme susceptible de constituer une menace à l'ordre public. La circonstance qu'il verse aux débats un permis de conduire délivré seulement le 25 novembre 2019 ne permet pas de remettre en cause l'appréciation du préfet, qui n'est pas entachée d'erreur. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit être écarté.
6. En quatrième lieu, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la décision de refus de séjour, soulevée à l'encontre de la décision d'obligation de quitter le territoire français, doit être écarté.
7. En cinquième et dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article 3 § 1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Elles sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.
8. M. A soutient qu'il est entré en France en 2003, y réside depuis lors de façon ininterrompue, avec son épouse, ressortissante malienne titulaire d'un titre de séjour valide jusqu'au 3 janvier 2022 et que de cette union est né le 18 novembre 2008 un enfant, ce dernier ayant été naturalisé français le 14 mars 2022. Toutefois, l'enfant de M. A possédait la nationalité malienne à la date de l'arrêté attaqué, de sorte que rien ne faisait obstacle à ce que la cellule familiale se reconstitue au Mali. Dans ces conditions, eu égard à la menace pour l'ordre public que constitue la présence en France de M. A, le préfet de la Seine-Saint-Denis n'a pas porté au droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels la décision a été prise, ni davantage méconnu l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête aux fins d'annulation de l'arrêté du 18 juin 2021 du préfet de la Seine-Saint-Denis doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 6 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Jimenez, présidente,
M. Charageat, premier conseiller,
Mme Nour, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 avril 2023.
La présidente-rapporteure,
J. C
Le premier assesseur,
D. Charageat
Le greffier,
C. Chauvey
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026