vendredi 29 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2110332 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | DE MARGERIE STANISLAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 juillet 2021 M. B A, représenté par Me de Margerie, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n° 2021-1302 du 20 mai 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a procédé à la suspension, pour une période d'un an, de son agrément de contrôleur technique de véhicules légers ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la procédure contradictoire prévue par l'article R. 313-18 du code de la route et l'article 13-1 de l'arrêté du 18 juin 1991 a été méconnue ;
- la décision en litige est manifestement disproportionnée.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 juillet 2022, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 29 novembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 16 décembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- l'arrêté du 18 juin 1991 relatif à la mise en place et à l'organisation du contrôle technique des véhicules dont le poids n'excède pas 3,5 tonnes ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Charageat,
- les conclusions de M. Combes, rapporteur public,
- et les observations de Me de Margerie, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A est titulaire d'un agrément de contrôleur technique de véhicules légers qui lui a été délivré par le préfet de la Seine-Saint-Denis. A la date de l'arrêté attaqué, il exerçait en cette qualité au centre de contrôle technique AAB (Aulnay Auto Bilan) situé 142 rue de Mitry à Aulnay-sous-Bois, lequel était rattaché au réseau de contrôle Vivauto Autovision. Les services de la direction régionale et interdépartementale de l'environnement et de l'énergie d'Ile-de-France ont effectué le 9 mars 2021 une visite de surveillance de l'activité de contrôle technique exercée dans le centre de contrôle technique AAB. Tirant les conséquences de cette visite, le préfet de la Seine-Saint-Denis a prononcé la suspension de l'agrément du requérant pendant une durée d'un an, du 1er juin 2021 au 31 mai 2022, par un arrêté n° 2021-1302 du 20 mai 2021. M. A demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 323-1 du code de la route : " I.- Lorsqu'en application du présent code, des véhicules sont astreints à un contrôle technique, celui-ci est effectué par les services de l'Etat ou par des contrôleurs agréés par l'Etat dans des installations agréées. / Ces agréments peuvent être délivrés soit à des contrôleurs et installations indépendants, soit à des contrôleurs et installations organisés en réseaux d'importance nationale () ". Aux termes du paragraphe IV de l'article R. 323-18 du même code : " L'agrément d'un contrôleur peut être suspendu ou retiré pour tout ou partie des catégories de contrôles techniques qu'il concerne si les conditions posées lors de sa délivrance ne sont plus respectées ou s'il est constaté un manquement aux règles fixant l'exercice de l'activité du contrôleur. () ". Aux termes de l'article 13-1 de l'arrêté du 18 juin 1991 susvisé : " L'agrément du contrôleur peut être retiré ou suspendu conformément aux dispositions du IV de l'article R. 323-18 du code de la route, soit par le préfet du département où les faits ont été constatés, soit par le préfet du département du centre de rattachement du contrôleur. Les mesures de retrait ou de suspension sont notamment applicables en cas de carence de qualification, en cas de réalisation non conforme d'un contrôle technique, notamment dans les points à contrôler, les modalités et méthodes de contrôles, les formalités finales ou conclusions dans le résultat du contrôle technique. () ".
3. D'autre part, aux termes de l'article 6 de l'arrêté du 18 juin 1991 susvisé : " Il est dressé un procès-verbal de chaque contrôle technique. Ce document, qui est conforme aux dispositions de l'annexe II du présent arrêté, décrit les défaillances constatées () ". Aux termes de l'article 7 du même arrêté : " L'annexe I du présent arrêté définit : / - les défaillances mineures n'ayant aucune incidence notable sur la sécurité du véhicule ou sur l'environnement / - les défaillances majeures susceptibles de compromettre la sécurité du véhicule, d'avoir une incidence négative sur l'environnement, ou de mettre en danger les autres usagers de la route ; / - les défaillances critiques constituant un danger direct et immédiat pour la sécurité routière ou ayant une incidence grave sur l'environnement. () ". En outre, aux termes des dispositions du paragraphe 7.11.1. a. 1. du D de l'annexe I de cet arrêté, le kilométrage relevé inférieur à celui relevé lors d'un précédent contrôle constitue une défaillance mineure, alors que le point 13 du paragraphe 1.2.1 de l'annexe II du même arrêté prévoit qu'en cas d'absence de liaison du logiciel de contrôle avec le système d'immatriculation des véhicules (SIV) pendant tout ou partie du contrôle, la mention " Contrôle de cohérence du kilométrage avec les kilométrages relevés lors des contrôles techniques précédents non réalisé " doit être portée sur le procès-verbal de contrôle.
4. Pour prononcer la sanction en litige, le préfet de la Seine-Saint-Denis s'est fondé sur la circonstance que la visite de surveillance de l'activité de contrôle technique du centre AAB effectuée le 9 mars 2021 avait révélé que du 24 octobre 2020 au 19 février 2021 le centre avait procédé au contrôle de quatre-vingt-onze véhicules, dont quarante-huit effectués par le requérant, au cours de périodes durant lesquelles la liaison informatique entre ce centre et le réseau de rattachement était rompue, ce qui faisait obstacle à ce que la mention portant sur la défaillance relative à la minoration kilométrique figure le cas échéant sur le procès-verbal de contrôle des véhicules concernés. En outre, il résulte de l'instruction que quinze de ces véhicules, tous contrôlés par le requérant, présentaient une telle défaillance, soit une proportion de près d'un tiers des véhicules qu'il a contrôlés dans ces conditions, alors que le préfet allègue sans être contredit que pour ce qui concerne les véhicules contrôlés dans le centre du 7 septembre 2020 au 31 décembre 2020 le taux n'est que de 1,51 %. Le requérant ne pouvait ignorer, en sa qualité de contrôleur agréé, les conséquences de contrôles de véhicules réalisés en l'absence de liaison informatique. En outre, l'absence d'insertion dans le procès-verbal de contrôle de la mention portant sur l'inexécution du contrôle de cohérence kilométrique est de nature à tromper les futurs acquéreurs des véhicules concernés sur la valeur de ces biens ainsi que sur la réalité de leur état d'usure. Ce défaut d'information peut ainsi entraîner pour ces derniers non seulement un préjudice financier mais aussi un risque pour leur sécurité. Par conséquent, les contrôles réalisés dans ces conditions par le requérant caractérisent un manquement d'une certaine gravité aux obligations professionnelles attachées aux fonctions de contrôleur technique de véhicule, de nature à entraîner une suspension de l'agrément. Toutefois, en l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant aurait précédemment fait l'objet d'une sanction, ni même de reproches dans l'exercice de ses fonctions, ni que le contrôle réalisé le 9 mars 2021 aurait révélé d'autres manquements de sa part. Dès lors, en fixant à un an la durée de la suspension de son agrément, le préfet de la Seine-Saint-Denis a prononcé une sanction disproportionnée.
5. Il résulte de ce qui précède que M. A est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet de la Seine-Saint-Denis en date du 20 mai 2021 et qu'il y a lieu d'annuler cet arrêté sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre moyen de la requête.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet de la Seine-Saint-Denis en date du 20 mai 2021 est annulé.
Article 2 : L'Etat versera à M. A une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 7 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Jimenez, présidente,
M. Charageat, premier conseiller,
Mme Nour, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 septembre 2023.
Le rapporteur,
D. Charageat
La présidente,
J. Jimenez Le greffier,
C. Chauvey
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026