lundi 19 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2110336 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | SAS ITRA CONSULTING |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 22 juillet, 11 octobre et 16 novembre 2021, Mme E A B, représentée par Me Traoré, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 juin 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " étudiant " ou, à défaut, de procéder à un nouvel examen de sa situation au regard de son droit au séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son avocat de la somme
de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
La décision de refus de renouvellement du titre de séjour :
- méconnaît l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
L'obligation de quitter le territoire français :
- est illégale du fait de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour sur laquelle elle se fonde ;
- porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les observations de Me Traoré substitué par Me Dekemel, représentant
Mme A B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, ressortissante marocaine née le 4 avril 1995, est entrée en France le 1er février 2017 sous couvert d'un visa de long séjour portant la mention " étudiant ", puis s'est vu délivrer un titre de séjour portant la même mention dont elle a demandé le renouvellement le 27 janvier 2021. Par un arrêté du 21 juin 2021, le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Mme A B demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur la décision portant refus de renouvellement de titre de séjour :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. En cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et y poursuit des études supérieures, l'autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sous réserve d'une entrée régulière en France et sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Cette carte donne droit à l'exercice, à titre accessoire, d'une activité professionnelle salariée dans la limite de 60 % de la durée de travail annuelle. ". Il appartient à l'administration, saisie d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour présenté en qualité d'étudiant, d'apprécier, sous le contrôle du juge, la réalité et le sérieux des études poursuivies, en tenant compte, notamment, de l'assiduité, de la progression et de la cohérence du cursus suivi et que le postulant dispose de moyens d'existence suffisants, ces critères présentant un caractère cumulatif.
3. Pour refuser de renouveler le titre de séjour de Mme A B qui lui avait été délivré en qualité d'étudiante, le préfet a considéré que l'intéressée ne justifiait pas ni caractère sérieux de ses études ni d'une progression dans son cursus scolaire.
4. Il ressort des pièces du dossier que Mme A B a suivi une formation de
208 heures du 6 avril au 30 juin 2020 dans le cadre de la préparation du BTS " gestion de la PME " au sein de l'institut privé " CEFOR G ", puis s'est à nouveau inscrite, au cours de l'année universitaire 2020/2021, en première année de la même formation. Elle ne produit aucun de ses bulletins de notes et ne justifie ni de son assiduité à cette formation, ni de l'obtention du BTS préparé. En outre, elle s'est inscrite, au cours de la même année universitaire 2020-2021, dans une formation en alternance préparant au BTS " négociation et digitalisation de la relation clients " dispensée par l'organisme privé " Akor Alternance ". Si elle produit des relevés de cet organisme faisant uniquement état de 8 heures d'absence injustifiées entre les mois de janvier et avril 2021, ainsi que deux fiches de paye afférentes à son contrat d'apprentissage, elle n'apporte aucun élément permettant d'apprécier le lien entre cette formation et celle pour laquelle elle avait précédemment obtenu un visa long séjour en 2017 puis un titre de séjour, dont elle ne précise pas la nature et à l'issue de laquelle elle n'établit pas avoir obtenu de diplôme. Elle ne justifie ainsi pas d'une quelconque progression dans son cursus universitaire depuis son arrivée en France en 2017. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'une erreur d'appréciation du caractère réel et sérieux des études poursuivies doit être écarté.
5. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° - Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2° - Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, où à la protection des droits et libertés d'autrui ".
6. Si Mme A B se prévaut de ce son entrée en France en 2017 pour y suivre ses études, les titres de séjour qui lui ont été délivrés pour ce faire ne lui conféraient pas vocation à demeurer durablement sur le territoire national où elle est célibataire, sans charge de famille et ne démontre ni poursuivre des études sérieuses ni ne justifie d'une insertion professionnelle particulière. La circonstance qu'elle serait très proche de sa sœur de nationalité française ne saurait à elle seule faire regarder le centre de ses intérêts privés et familiaux comme fixé sur le territoire national. Le moyen tiré de méconnaissance des stipulations précitées ne peut, en tout état de cause, qu'être écarté. Pour les mêmes motifs, la décision en litige n'est pas davantage entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressée.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
7. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 2 à 6 que le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour doit être écarté.
8. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux mentionnés au point 6, le moyen tiré de ce que l'obligation de quitter le territoire français méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ou qu'elle serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, doivent être écartés.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête à fin d'annulation doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction et celles présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme E A B et au préfet de la
Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 30 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Romnicianu, président,
Mme Dupuy-Bardot, première conseillère,
M. Khiat, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 décembre 2022.
La rapporteure,
Signé
N. D
Le président,
Signé
M. C
La greffière,
Signé
S. Le Bourdiec
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026