mercredi 17 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2110439 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | PIERROT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 juillet 2021 et un mémoire complémentaire enregistré le 2 mai 2022, Mme B A, représentée par Me Pierrot, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 13 avril 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle sera éloignée d'office ; à titre subsidiaire, de l'annuler en tant qu'il porte obligation de quitter le territoire français et fixe son pays de destination ; à titre infiniment subsidiaire, d'annuler la décision fixant le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer une carte de séjour temporaire d'une durée de validité d'un an, portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ; à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation dans le même délai en lui délivrant une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
S'agissant de la décision portant refus de renouvellement de son titre de séjour :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux ;
- elle est entachée d'erreur de fait en ce que le préfet a considéré qu'elle s'est maintenue irrégulièrement sur le territoire français depuis 2014 ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation en ce que la fraude lui a à tort été opposée ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation en méconnaissance du 6° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît le 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;
S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale par voie d'exception ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît le 6° de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît le 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- elle méconnaît l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est illégale par voie d'exception ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations des articles 2 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 août 2021, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle est tardive ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 9 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 20 avril 2023 :
- le rapport de M. Breuille,
- les observations de Me Lejeune substituant Me Pierrot, représentant la requérante.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante ivoirienne née le 21 juin 1989, fait valoir être entrée en France en 2014. Elle a obtenu un titre de séjour en qualité de mère d'enfant français le 27 décembre 2014, renouvelé jusqu'au 21 février 2017, dont elle a demandé une nouvelle fois le renouvellement le 6 mars 2017. Par un arrêté du 13 avril 2021 dont elle demande l'annulation, le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle sera éloignée d'office.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant refus de renouvellement de titre de séjour :
2. Aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicable : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : () / 6° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à la condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, sans que la condition prévue à l'article L. 313-2 soit exigée ; () ". L'article L. 313-18 de ce code alors en vigueur dispose que : " La carte de séjour pluriannuelle a une durée de validité de quatre ans, sauf lorsqu'elle est délivrée : () / 2° Aux étrangers mentionnés aux () 6° () de l'article L. 313-11. Dans ce cas, sa durée est de deux ans ; () ".
3. En premier lieu, la décision portant refus de séjour vise les dispositions du 6° de l'article L. 313-11 et du 2° de l'article L. 313-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur lesquelles elle se fonde et mentionne qu'au regard d'un faisceau d'indices, la reconnaissance, par un ressortissant français, de paternité de l'enfant de l'intéressée né le 4 septembre 2014 revêt un caractère frauduleux. Elle comporte ainsi l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est donc suffisamment motivée. Le moyen tiré de l'insuffisante motivation de cette décision doit par suite être écarté.
4. En deuxième lieu, si l'intéressée se prévaut de ce que le préfet ne fait pas mention de la circonstance que la qualité de réfugié a été reconnue à son enfant né le 27 avril 2012 par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 3 avril 2017, elle n'établit pas avoir demandé la délivrance d'un titre de séjour en qualité de mère d'un enfant réfugié et il ne ressort en tout état de cause pas des pièces du dossier, notamment du certificat de naissance tenant lieu d'acte d'état civil délivré par les services de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), qu'elle serait la mère de l'enfant né le 27 avril 2012. Par ailleurs, la circonstance que la décision en litige, qui estime que la reconnaissance par le père français de l'enfant de la requérante né le 4 septembre 2014 est frauduleuse, ne mentionne pas le fait que cet enfant est né et scolarisé en France et que le préfet n'a pas examiné la demande de la requérante au regard de l'intérêt de cet enfant n'est pas constitutif d'un défaut d'examen. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen doit, dans ses deux branches, être écarté.
5. En troisième lieu, si le préfet a, à tort, estimé dans l'arrêté en litige que l'intéressée est entrée irrégulièrement en France le 4 août 2014 et qu'elle s'est maintenue en situation irrégulière sur le territoire national, alors qu'elle a bénéficié de titres de séjour renouvelés jusqu'en 2017 ainsi qu'il a été dit au point 1, il résulte de l'instruction que le préfet, qui a fondé sa décision de refus de titre sur le caractère frauduleux de la reconnaissance de paternité par un ressortissant français de son enfant né le 4 septembre 2014, aurait pris la même décision s'il ne s'était pas fondé sur ce motif entaché d'erreur de fait.
6. En quatrième lieu, si la reconnaissance d'un enfant est opposable aux tiers, en tant qu'elle établit un lien de filiation et, le cas échéant, en tant qu'elle permet l'acquisition par l'enfant de la nationalité française, dès lors que cette reconnaissance a été effectuée conformément aux conditions prévues par le code civil et s'impose donc en principe à l'administration tant qu'une action en contestation de filiation n'a pas abouti, il appartient néanmoins au préfet, s'il est établi, lors de l'examen d'une demande de titre de séjour présentée sur le fondement des dispositions précitées du 6° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicable, que la reconnaissance de paternité a été souscrite dans le but de faciliter l'obtention de la nationalité française ou d'un titre de séjour, de faire échec à cette fraude et de refuser, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, tant que la prescription prévue par les articles 321 et 335 du code civil n'est pas acquise, la délivrance de la carte de séjour temporaire sollicitée par la personne se présentant comme père ou mère d'un enfant français.
7. Pour refuser de renouveler le titre de séjour de Mme A, le préfet a considéré que la naissance, le 4 septembre 2014, de l'enfant est intervenue peu de temps après l'entrée en France de la requérante et que la conception de cet enfant a donc eu lieu à l'étranger. Il a également retenu que le ressortissant français l'ayant reconnu par anticipation ne vit pas avec la requérante et son enfant et qu'il ne participe pas à l'entretien et l'éducation de celui-ci. Il a estimé que l'ensemble de ces éléments sont autant d'indices concordants de nature à établir le caractère frauduleux de l'acte de reconnaissance de filiation. Il a précisé qu'au regard de ce faisceau d'indices, les intéressés ont été convoqués en audition. Il a indiqué qu'à cette occasion, la requérante a précisé qu'il n'y avait jamais existé de communauté de vie entre eux, tandis que le ressortissant français ayant reconnu l'enfant a déclaré qu'il fournirait la preuve de son déplacement en Côte-d'Ivoire au moment de la conception de l'enfant sans se présenter ensuite aux convocations ultérieures ni fournir ladite preuve alléguée.
8. Il ressort des pièces du dossier que la requérante, qui fait valoir être entrée en France le 4 août 2014, est mère d'un enfant né le 4 septembre 2014 reconnu par un ressortissant français le 25 août 2014. Si elle allègue que l'enfant a été conçu en Côte-d'Ivoire alors que le ressortissant français l'ayant reconnu était en visite dans ce pays, elle ne produit en tout état de cause aucune pièce de nature à étayer cette allégation, notamment les billets d'avion correspondant à ce voyage pourtant évoqués devant les services de la préfecture puis dans ses écritures. Dans ces conditions, nonobstant la circonstance que la requérante a bénéficié de titres de séjour en qualité de mère d'enfant français entre 2014 et 2017, le préfet a produit des éléments précis et suffisamment circonstanciés, évoqués au point 7, de nature à établir que la reconnaissance de paternité souscrite en faveur de l'enfant de la requérante présente un caractère frauduleux et a pu lui refuser la délivrance d'un titre de séjour pour ce motif. La requérante n'est donc pas fondée à soutenir qu'en retenant que la reconnaissance de paternité avait été souscrite dans le but de faciliter l'obtention d'un titre de séjour et en faisant échec à cette fraude en refusant de lui renouveler son titre de séjour, le préfet aurait commis une erreur d'appréciation.
9. En cinquième lieu, eu égard à ce qui a été dit au point 8, la requérante n'est pas fondée à se prévaloir de la méconnaissance des dispositions du 6° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni d'une erreur d'appréciation du préfet dans leur application.
10. En sixième lieu, aux termes, d'une part, de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes, d'autre part, du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur des enfants doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
11. Il ressort des pièces du dossier que Mme A, qui réside régulièrement en France depuis le 27 décembre 2014, est mère, à la date de l'arrêté en litige, de deux enfants dont l'un est né le 4 septembre 2014 et a été reconnu par un ressortissant français et l'autre est né le 21 juin 2017 d'un père ivoirien, ainsi que, postérieurement à l'arrêté en litige, d'un enfant né le 18 février 2022. Cependant, comme il a été dit, le préfet a pu retenir, sans commettre d'erreur d'appréciation, que la reconnaissance de paternité par un ressortissant français de l'enfant né le 4 septembre 2014 était frauduleuse et il ne ressort en tout état de cause pas des pièces du dossier que le père contribuerait effectivement à l'entretien et l'éducation de cet enfant. Il ne ressort par ailleurs pas des pièces du dossier que le père ivoirien de l'enfant né le 21 juin 2017 s'occuperait de celui-ci. En outre, si par un arrêt du 3 avril 2017, la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) a reconnu la qualité de réfugié à un enfant né le 27 avril 2012 du même père ivoirien, la requérante, ainsi qu'il a précédemment été dit au point 4, n'en est pas la mère. Par ailleurs, elle ne démontre pas, par les pièces qu'elle verse au dossier, notamment un certificat de scolarité de cet enfant pour l'année 2020-2021 indiquant une résidence à Aubervilliers, une attestation établie le 26 avril 2022 de son hébergeur indiquant qu'elle vit avec les enfants nés les 27 avril 2012, 4 septembre 2014, 21 juin 2017 et 18 février 2022, des factures scolaires indiquant la même commune d'Aubervilliers et des avis d'impôt jusqu'en 2021 faisant apparaître trois enfants à charge, que cet enfant né le 27 décembre 2012 résiderait avec elle à Aubervilliers et qu'elle en aurait la charge exclusive, alors que cet enfant était pris en charge par son père, dont l'adresse à Pantin figure sur le titre de voyage de l'enfant et qui le représentait à l'audience devant la Cour nationale du droit d'asile, au moins jusqu'en 2017. Ainsi, rien ne fait obstacle à ce que l'intéressée retourne dans son pays d'origine, accompagnée de ses deux enfants nés le 4 septembre 2014 et le 21 juin 2017, nonobstant la nationalité française du premier, ainsi qu'au demeurant l'enfant né, postérieurement à l'arrêté litigieux, le 18 février 2022. Enfin, si la requérante justifie travailler depuis le 30 avril 2016 en qualité d'assistante de vie, elle ne travaille pas, selon les avis d'imposition versés, celui de 2018 ne faisant notamment apparaître aucun revenu, à temps plein et ne justifie donc pas d'une insertion professionnelle substantielle en France. Dans ces conditions, au regard des buts en vue desquels elle a été prise, la décision en litige n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ni méconnu l'intérêt supérieur des enfants concernés. Elle n'a donc pas méconnu les stipulations précitées au point 10. Pour les mêmes motifs, elle n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
12. En premier lieu, la requérante ne démontre pas l'illégalité de la décision portant refus de séjour et n'est donc pas fondée à se prévaloir, par la voie de l'exception, de son illégalité à l'encontre de la mesure d'éloignement édictée à son encontre.
13. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicable : " Ne peuvent faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français : () / 6° L'étranger ne vivant pas en état de polygamie qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans ; () ".
14. Pour les mêmes motifs que ceux précédemment développés aux points 7 et 8 et dès lors que la requérante ne peut être regardée comme la mère d'un enfant français pour l'application des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'obligation de quitter le territoire français ne méconnaît pas le 6° de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
15. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux précédemment développés au point 11, la mesure d'éloignement ne méconnaît pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni du 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant et n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
16. En quatrième lieu, la requérante ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à l'encontre de la mesure d'éloignement édictée à son encontre.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
17. En premier lieu, la requérante ne démontre pas l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français et n'est donc pas fondée à se prévaloir, par la voie de l'exception, de son illégalité à l'encontre de décision fixant le pays à destination duquel elle sera éloignée d'office.
18. En deuxième lieu, la décision fixant le pays de renvoi vise les dispositions des articles L. 513-1 à L. 513-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, mentionne la nationalité de la requérante et indique qu'elle n'établit pas être exposée à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle est donc suffisamment motivée et le moyen tiré de son insuffisante motivation doit être écarté.
19. En troisième lieu, dès lors que la requérante n'établit ni même n'allègue être elle-même exposée à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et qu'elle ne démontre pas être la mère ni même prendre en charge l'enfant né le 27 juin 2012 auquel la qualité de réfugié a été reconnue, elle n'est pas fondée à soutenir que la décision fixant le pays de destination méconnaîtrait l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou les stipulations des articles 2 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Les moyens tirés de la méconnaissance de ces dispositions et stipulations doivent donc être écartés.
20. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête opposée en défense, les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
21. Le présent jugement, lequel rejette les conclusions à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par la requérante doivent être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
22. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Dès lors, les conclusions présentées à ce titre par la requérante doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à Me Pierrot et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 20 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gauchard, président,
Mme Caron-Lecoq, première conseillère,
M. Breuille, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 mai 2023.
Le rapporteur,
L. Breuille
Le président,
L. Gauchard La greffière,
S. Jarrin
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026