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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2111231

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2111231

mardi 30 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2111231
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantSELARL CARBONNIER LAMAZE RASLE & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 août 2021, M. B Monnier doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 28 mai 2021 de la maire de la commune de Noisy-le-Grand en tant qu'elle détermine les modalités de calcul du nombre de signes maximal autorisé par tribune publiée par un groupe politique au sein du " Noisy Mag " ;

2°) d'annuler les décisions des 21 juin et 1er juillet 2021 par lesquelles le directeur de la communication de la commune de Noisy-le-Grand a refusé de publier la tribune du groupe politique " Projet Citoyen " ;

3°) et d'enjoindre à la commune de Noisy-le-Grand de faire paraître un encart dans la revue municipale reprenant le contenu du présent jugement, de laisser un espace suffisant d'expression aux groupes politiques constitués au sein du conseil municipal dans le magazine municipal et de publier la tribune ayant fait l'objet d'un refus de publication dans le Noisy Mag du mois de juin 2021.

Il soutient que :

- la décision du 28 mai 2021 méconnaît l'article L. 2121-27-1 du code général des collectivités territoriales ;

- elle est entachée d'un détournement de pouvoir.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 avril 2022, la commune de Noisy-le-Grand, représentée par Me Grand d'Esnon, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge du requérant une somme de 3 000 euros au titre des frais non compris dans les dépens.

Elle soutient que :

- les conclusions tendant à l'annulation de la lettre du 28 mai 2021 sont irrecevables car tardives ;

- les mêmes conclusions sont irrecevables dans la mesure où il ne s'agit pas d'un acte susceptible de recours pour excès de pouvoir ;

- les conclusions tendant à l'annulation de la délibération du 11 mars 2021 sont irrecevables du fait de l'irrecevabilité des conclusions tendant à l'annulation de la lettre du

28 mai 2021 ;

- ces mêmes conclusions sont également tardives ;

- en tout état de cause, les moyens soulevés ne sont pas fondés.

La clôture de l'instruction a été fixée au 24 novembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales,

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Ghazi, rapporteur ;

- les conclusions de M. Colera, rapporteur public ;

- et les observations de Me Charroux, substituant Me Grand d'Esnon et représentant la commune de Noisy-le-Grand.

Considérant ce qui suit :

1. Par une délibération du 11 mars 2021, le conseil municipal de la commune de Noisy-le-Grand a modifié son règlement intérieur et notamment son article 5 fixant l'espace maximal réservé au sein du magazine communal à l'expression des groupes politiques constitués au conseil municipal. Par une lettre du 28 mai 2021, la maire de la commune de Noisy-le-Grand a informé ces groupes politiques, par le biais de leurs présidents respectifs, que chaque groupe constitué au sein du conseil municipal disposait d'un espace maximal de 1 125 signes au sein du magazine municipal et que ce maxima s'entendait espaces, titres, signatures et coordonnées inclus. Par ailleurs, le groupe politique d'opposition " Projet citoyen " a soumis le 20 juin 2021 une tribune en vue de sa publication dans l'édition du mois de juillet du magazine municipal. M. A, directeur de la communication de la commune de Noisy-le-Grand, a refusé la publication de cette tribune le 21 juin 2021 puis le 1er juillet 2021. M. Monnier, conseiller municipal de la commune de Noisy-le-Grand et président du groupe " Projet citoyen ", sollicite présentement l'annulation de la lettre du 28 mai 2021 ainsi que des décisions du 21 juin et du

1er juillet 2021 refusant la publication d'une tribune dudit groupe politique dans la revue municipale.

Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 28 mai 2021 :

2. D'une part, aux termes de l'article L. 2121-27-1 CGCT : " Dans les communes de

1 000 habitants et plus, lorsque des informations générales sur les réalisations et sur la gestion du conseil municipal sont diffusées par la commune, un espace est réservé à l'expression des conseillers élus sur une liste autre que celle ayant obtenu le plus de voix lors du dernier renouvellement du conseil municipal ou ayant déclaré ne pas appartenir à la majorité municipale. / Les modalités d'application du présent article sont définies par le règlement intérieur du conseil municipal. ". Il résulte de cet article que l'espace réservé à l'expression des conseillers n'appartenant pas à la majorité municipale doit présenter un caractère suffisant et être équitablement réparti eu égard aux caractéristiques de la publication.

3. D'autre part, aux termes de l'article 5 du règlement intérieur du conseil municipal de la commune de Noisy-le-Grand : " Les membres du conseil municipal disposent d'un droit d'expression mensuel au sein du journal municipal sous la forme d'un texte (). Il est réservé dans le journal municipal un espace total de 4 500 signes répartis de manière égale entre l'ensemble des groupes politiques constitués au sein du conseil municipal et des élus non-inscrits. () " Enfin, la lettre du 28 mai 2021 de Mme C, maire de Noisy-le-Grand, prévoit que chaque groupe constitué au sein du conseil municipal bénéficie de 1 125 signes espaces, titres, signatures et coordonnées compris.

4. En premier lieu et en l'espèce, M. Monnier soutient que la méthode de calcul des signes utilisés au sein d'une tribune publiée dans le " Noisy Mag " par les groupes politiques constitués au sein du conseil municipal méconnaît l'article L. 2121-27-1 du code général des collectivités territoriales en ce que l'espace d'expression desdits conseillers n'est pas suffisant. Il fait valoir, à ce titre, que le Noisy Mag est un magazine de quarante-quatre pages et que cette nouvelle restriction ne correspond pas aux usages précédents et n'est pas justifiée par une contrainte technique. Il ressort des pièces du dossier que le " Noisy Mag " bénéficie d'une publication mensuelle, que l'espace réservé à l'expression des conseillers municipaux est limité à une page, soit un quart de page par groupe politique constitué et qu'un espace d'expression représentant 1 125 signes est réservé à chaque groupe politique d'opposition, espaces, signatures, titres et coordonnées compris. Ainsi, eu égard à ces caractéristiques, l'espace réservé à l'expression des conseillers municipaux, y compris d'opposition, permet à ces derniers de s'exprimer utilement et n'apparaît pas manifestement insuffisant. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 2121-27-1 du code général des collectivités territoriales doit donc être écarté comme infondé.

5. En second lieu, si M. Monnier soutient que la décision du 28 mai 2021 est entachée de détournement de pouvoir dès lors qu'elle ne constitue qu'une manœuvre politique visant à réduire l'expression des conseillers municipaux n'appartenant pas à la majorité politique de la municipalité, il ne produit pas d'élément probant permettant de l'établir.

6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir soulevées en défense, que M. Monnier n'est pas fondé à solliciter l'annulation de la décision du 28 mai 2021 et des décisions portant refus de publication des 21 juin et 1er juillet 2021.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

7. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. Monnier, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.

Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

8. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".

9. Il n'y a pas lieu, en l'espèce, de mettre à la charge de M. Monnier la somme demandée par la commune de Noisy-le-Grand en application des dispositions de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. Monnier est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Noisy-le-Grand et tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B Monnier et à la commune de Noisy-le-Grand.

Délibéré après l'audience du 9 avril 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Truilhé, président,

- M. L'hôte, premier conseiller,

- Mme Ghazi, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 avril 2024.

La première conseillère,A. GhaziLe président,J-C. TruilhéLa greffière,

A. Capelle

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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