mardi 21 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2111245 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | DORDILLY CLEMENCEAU AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 6 août 2021, 19 mai 2022, 29 novembre 2023 et 14 décembre 2023, Mme A C, représentée par Me Pradon Vallancy, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision en date du 2 juillet 2021 par laquelle le maire de Rosny-sous-Bois l'a affectée sur le poste de chargée de mission handicap et inclusion ;
2°) d'enjoindre à cette même autorité de la réintégrer dans ses fonctions de coordinatrice CLS/CLSM (contrat local de santé/contrat local de santé mentale) dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) d'enjoindre à la commune de Rosny-sous-Bois de procéder à l'affichage public et à l'insertion, à ses frais, dans un journal d'annonces légales, du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Rosny-sous-Bois une somme de 6 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
En ce qui concerne la recevabilité de la requête :
- sa requête est recevable dès lors que la décision attaquée ne constitue pas une mesure d'ordre intérieur.
En ce qui concerne la légalité externe :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- elle n'est pas motivée alors qu'il s'agit d'une sanction déguisée ;
- la procédure disciplinaire et le principe du contradictoire n'ont pas été respectés alors qu'il s'agit d'une sanction déguisée ;
- la commission administrative paritaire aurait dû être consultée.
En ce qui concerne la légalité interne :
- la décision attaquée est entachée d'erreur de droit ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 15 février 2022 et 7 décembre 2023, la commune de Rosny-sous-Bois, représentée par Me Le Chatelier, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la requérante la somme de 1 500 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune de Rosny-sous-Bois fait valoir, à titre principal, que la requête est irrecevable dès lors que la décision contestée est une mesure d'ordre intérieur et, à titre accessoire, qu'aucun des moyens qu'elle contient n'est fondé.
Par un avis en date du 24 novembre 2023, les parties ont été informées que l'affaire était susceptible d'être inscrite au rôle d'une audience du 2ème trimestre 2024 et que la clôture d'instruction était susceptible d'intervenir à compter du 18 décembre 2023.
Par une ordonnance du 28 décembre 2023, la clôture immédiate de l'instruction a été prononcée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. L'hôte, rapporteur ;
- les conclusions de M. Colera, rapporteur public ;
- les observations de Me Pradon Vallancy, représentant Mme C, et celles de Me Armand, substituant Me Le Chatelier, représentant la commune de Rosny-sous-Bois.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C a été recrutée par la commune de Rosny-sous-Bois le 1er juillet 2009 comme chargée de mission avec le grade d'attachée, au moyen d'un contrat à durée indéterminée. Alors qu'elle occupait depuis 2015 le poste de coordinatrice CLS/CLSM (contrat local de santé/contrat local de santé mentale), le maire de Rosny-sous-Bois a décidé le 10 mai 2021, dans l'intérêt du service, de l'affecter à compter du 1er juillet 2021 sur un poste de coordinatrice santé-famille. Puis, par une nouvelle décision en date du 2 juillet 2021, le maire de Rosny-sous-Bois l'a affectée au poste de chargée de mission handicap et inclusion. Par la présente requête, Mme C demande l'annulation de cette seconde décision.
I- Sur la recevabilité de la requête :
2. Les mesures prises à l'égard d'agents publics qui, compte tenu de leurs effets, ne peuvent être regardées comme leur faisant grief constituent de simples mesures d'ordre intérieur insusceptibles de recours. Il en va ainsi des mesures qui, tout en modifiant leur affectation ou les tâches qu'ils ont à accomplir, ne portent pas atteinte aux droits et prérogatives qu'ils tiennent de leur statut ou de leur contrat ou à l'exercice de leurs droits et libertés fondamentaux, ni n'emportent de perte de responsabilités ou de rémunération. Le recours contre de telles mesures, à moins qu'elles ne traduisent une discrimination ou une sanction, est irrecevable.
3. D'une part, la commune de Rosny-sous-Bois soulève une fin de non-recevoir, tirée de ce que la décision attaquée constitue une mesure d'ordre intérieur dès lors que la requérante conservera un poste de chargée de mission avec le grade d'attaché, que sa rémunération restera la même, enfin qu'elle a cherché à l'accompagner jusqu'à ce qu'elle puisse faire valoir ses droits à la retraite en la nommant à ce poste. En réponse, Mme C se borne, en s'appuyant sur les fiches de poste correspondantes, à comparer le poste de coordinatrice CLS/CLSM qu'elle occupait jusqu'au 30 juin 2021 et le nouveau poste de chargée de mission handicap et inclusion, sur lequel elle a été nommée à compter du 2 juillet 2021 par la décision attaquée. Or, à cette date, la requérante n'était plus affectée au poste de coordinatrice CLS/CLSM puisqu'elle avait été affectée le 1er juillet 2021 à un poste de coordinatrice santé-famille. Par ailleurs, elle ne produit aucun élément de comparaison entre l'ancien poste de coordinatrice santé-famille et le nouveau poste de chargée de mission handicap et inclusion. Enfin, Mme C ne conteste pas qu'elle conservera un poste de chargé de mission avec une rémunération identique. D'autre part, pour tenter d'établir que la décision de l'affecter sur le nouveau poste de chargée de mission handicap et inclusion constitue une sanction déguisée, la requérante se borne à se prévaloir du contenu des écritures en défense de la commune, lesquelles ne font que faire état des difficultés relationnelles de l'intéressée avec sa hiérarchie et ses collègues constatées sur son poste de coordinatrice CLS/CLSM et nécessitant, dans l'intérêt du service, de la muter sur le poste de coordinatrice santé-famille. Ce faisant, Mme C n'établit ni l'élément subjectif ni l'élément objectif qui permettraient de caractériser une sanction déguisée. Dans ces conditions, la commune de Rosny-sous-Bois est fondée à soutenir que la décision attaquée constitue une mesure d'ordre intérieur et la fin de non-recevoir doit être accueillie.
4. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme C doit être rejetée comme irrecevable.
II- Sur les conclusions aux fins d'injonction :
5. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. ". Aux termes de son article L. 911-2 : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision intervienne dans un délai déterminé. ". Enfin, aux termes de son article L. 911-3 : " Saisie de conclusions en ce sens, la juridiction peut assortir, dans la même décision, l'injonction prescrite en application des articles L. 911-1 et L. 911-2 d'une astreinte qu'elle prononce dans les conditions prévues au présent livre et dont elle fixe la date d'effet. ".
6. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions susvisées doivent être rejetées.
III- Sur les conclusions tendant à l'affichage et à la publication du jugement :
7. Aucune disposition légale ou réglementaire ni aucun principe général du droit ne prévoit l'affichage et la publication dans la presse des décisions de la juridiction administrative. Par suite, les conclusions susvisées doivent être rejetées.
IV- Sur les frais liés au litige :
8. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Rosny-sous-Bois, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme C réclame au titre des frais liés au litige. Par ailleurs, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de Mme C le versement de la somme demandée par la commune de Rosny-sous-Bois au titre des mêmes frais.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Rosny-sous-Bois, présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et à la commune de Rosny-sous-Bois.
Délibéré après l'audience du 7 mai 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Truilhé, président,
- M. L'hôte, premier conseiller,
- Mme Bazin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mai 2024.
Le rapporteur,Le président,F. L'hôteJ.-C. TruilhéLa greffière,A. Capelle
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026