vendredi 7 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2111449 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | RICHELIEU AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 13 août 2021 et 20 janvier 2022, la société Monument Café L'Hélice, représentée par Me Marguet, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 12 mars 2021 par laquelle le directeur départemental des finances publiques de la Seine-Saint-Denis lui a refusé l'attribution de l'aide exceptionnelle, pour le mois de décembre 2020, au titre du fonds de solidarité institué à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 ;
2°) d'enjoindre à l'administration de lui verser la somme de 10 000 euros au titre de l'aide aux entreprises fragilisées pour le mois de décembre 2020 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article 3-15 du décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 dès lors qu'elle remplit les conditions pour bénéficier d'une aide exceptionnelle au titre du fonds de solidarité pour le mois de décembre 2020 ; si elle a été immatriculée le 23 octobre 2020, elle a été créée le 24 septembre 2020 et a repris un restaurant qui était en activité avant le 30 septembre 2020, sans aucune rupture d'activité, dans le cadre d'une concession de service public à compter du 1er octobre 2020 ;
- en ce qui concerne le montant de la perte de chiffre d'affaire, le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 n'impose pas, contrairement à ce que prétend l'administration, que la société qui exploite le fonds de commerce à la date de la demande d'aide soit la même que celle qui exploitait le fonds en 2019 ; le chiffre d'affaires mensuel moyen réalisé par le restaurant en 2019 est de 40 843 euros, et elle est donc fondée à obtenir la somme de 10 000 euros au titre de l'aide exceptionnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 décembre 2021, le directeur départemental des finances publiques de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête de la société Monument Café L'Hélice.
Il fait valoir que :
- la décision attaquée est suffisamment motivée ;
- la société requérante n'a exploité le restaurant l'Hélice qu'à compter du 1er octobre 2020, et n'a donc pas débuté son activité avant le 30 septembre 2020 ;
- la société requérante ne peut pas se prévaloir d'un chiffre d'affaire de référence correspondant à celui de décembre 2019 ou au chiffre d'affaires mensuel moyen de 2019, dès lors qu'elle n'exploitait pas le restaurant pendant ces périodes.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 ;
- le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de Mme Mathieu, rapporteure publique,
- les conclusions de Me Marguet, représentant la société Monument Café L'Hélice.
Considérant ce qui suit :
1. La société Monument Café L'Hélice, filiale de la société Monument Café, exploitant le restaurant du musée de l'air et de l'espace (Le Bourget) dans le cadre d'une concession de service public depuis le 1er octobre 2020, a déposé une demande d'aide aux entreprises fragilisées par le covid-19 pour le mois de décembre 2020. Par une décision du 12 mars 2021, le directeur départemental des finances publiques de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui accorder le bénéfice de cette aide. La société Monument Café L'Hélice demande l'annulation de cette décision.
2. Aux termes de l'article 1er de l'ordonnance du 25 mars 2020 portant création d'un fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation, dans sa version en vigueur à la date de la décision attaquée : " Il est institué, jusqu'au 16 février 2021, un fonds de solidarité ayant pour objet le versement d'aides financières aux personnes physiques et morales de droit privé exerçant une activité économique particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation du covid-19 et des mesures prises pour en limiter la propagation. / Sa durée d'intervention peut être prolongée par décret pour une durée d'au plus six mois. ". L'article 3 de la même ordonnance dispose : " Un décret fixe le champ d'application du dispositif, les conditions d'éligibilité et d'attribution des aides, leur montant ainsi que les conditions de fonctionnement et de gestion du fonds () ".
3. Aux termes de l'article 3-15 du décret du 30 mars 2020 susvisé : " I.-a) Les entreprises mentionnées à l'article 1er du présent décret bénéficient d'aides financières prenant la forme de subventions destinées à compenser la perte de chiffre d'affaires subie au cours du mois de décembre 2020, lorsqu'elles remplissent les conditions suivantes : / 1° Elles ont fait l'objet d'une interdiction d'accueil du public intervenue entre le 1er décembre 2020 et le 31 décembre 2020 ; / () 4° Elles ont débuté leur activité avant le 30 septembre 2020. / () b) Les entreprises mentionnées au I qui ont fait l'objet d'une interdiction d'accueil du public perçoivent une subvention égale au montant de la perte de chiffre d'affaires dans la limite soit de 10 000 euros soit de 20 % du chiffre d'affaires de référence, tel que mentionné au IV du présent article. Les entreprises bénéficient de l'option qui est la plus favorable. / () IV.- La perte de chiffre d'affaires au sens du présent article est définie comme la différence entre, d'une part, le chiffre d'affaires au cours du mois de décembre 2020 et, d'autre part, le chiffre d'affaires de référence défini comme : / -le chiffre d'affaires durant la même période de l'année précédente, ou le chiffre d'affaires mensuel moyen de l'année 2019, si cette option est plus favorable à l'entreprise ; / -ou, pour les entreprises créées entre le 1er juin 2019 et le 31 janvier 2020, le chiffre d'affaires mensuel moyen sur la période comprise entre la date de création de l'entreprise et le 29 février 2020 ; / -ou, pour les entreprises créées entre le 1er février 2020 et le 29 février 2020, le chiffre d'affaires réalisé en février 2020 et ramené sur un mois ; / -ou, pour les entreprises créées après le 1er mars 2020, le chiffre d'affaires mensuel moyen réalisé entre le 1er juillet 2020, ou à défaut la date de création de l'entreprise, et le 31 octobre 2020 ".
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir () ".
5. La décision contestée, qui vise le décret n° 2020-1328 du 2 novembre 2020, est motivée par le constat que contrairement à ce qu'elle avait déclaré, la société n'avait pas commencé son activité avant le 30 septembre 2020. Cette motivation est suffisante pour la comprendre à sa seule lecture et permet de contester utilement le motif retenu. Le moyen tiré du défaut de motivation de la décision contestée doit par conséquent être écarté.
6. En second lieu, pour rejeter la demande de la société requérante, le directeur départemental des finances publiques s'est fondé sur la circonstance que celle-ci n'avait pas commencé son activité avant le 30 septembre 2020. Si la société requérante soutient qu'elle a été créée le 24 septembre 2020, soit avant le 30 septembre 2020, il ressort des pièces du dossier qu'elle a été créée pour exploiter le restaurant du musée de l'air et de l'espace, activité qui n'a été confiée à la société Monument Café, sa maison mère, qu'à compter du 1er octobre 2020, dans le cadre d'une concession de service public, et elle ne pouvait se prévaloir, à l'appui de sa demande d'aide financière, de l'activité du précédent concessionnaire avant cette date. La société requérante n'apporte par ailleurs aucun élément spécifique qui permettrait d'attester d'un début d'activité effective antérieur à cette date. Par suite, elle n'a pas débuté l'activité pour laquelle elle a sollicité une aide exceptionnelle avant le 30 septembre 2020. Elle n'est donc pas fondée à soutenir que le directeur des finances publiques de la Seine-Saint-Denis aurait fait une inexacte application des dispositions de l'article 3-15 du décret du 30 mars 2020 en refusant pour ce motif de lui verser la subvention sollicitée.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par la société Monument Café L'Hélice tendant à l'annulation de la décision lui refusant l'attribution de l'aide exceptionnelle pour le mois de décembre 2020 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des dispositions de l'article L 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Monument Café L'Hélice est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Monument Café L'Hélice et au directeur départemental des finances publiques de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 22 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Romnicianu, président,
Mme Dupuy-Bardot, première conseillère,
M. Khiat, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 avril 2023.
La rapporteure,
N. B
Le président,
M. A
La greffière,
S. Séguéla
La République mande et ordonne au ministre de l'économie et des finances en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026