jeudi 6 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2111701 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | JOBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 20 août 2021 et 6 août 2022, M. D A, représenté par Me Jobert, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 octobre 2020 du préfet de la Seine-Saint-Denis en tant qu'il a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir ou à défaut, dans le même délai, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation provisoire de travail pendant le temps nécessaire au réexamen de sa situation administrative ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1500 euros à titre d'indemnisation ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2000 euros à verser à son conseil au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- le signataire de l'arrêté est incompétent ;
- l'arrêté est entaché d'un défaut d'examen particulier de la situation ;
- une erreur manifeste d'appréciation a été commise ;
- l'arrêté est entaché d'une erreur de fait ;
- une erreur de droit a été commise ;
S'agissant du refus de séjour :
- la décision est entachée d'un vice de procédure en raison du défaut de saisine de la commission du titre de séjour ;
- une erreur de fait a été commise sur sa situation professionnelle ;
- la décision méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile considéré à la lumière du point 2.2 de la circulaire du 28 novembre 2012 ;
- l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ont été méconnus et une erreur manifeste d'appréciation a été commise.
S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :
- la décision est illégale du fait de l'illégalité du refus de séjour.
S'agissant de l'interdiction de retour sur le territoire français :
- la décision est illégale du fait de l'illégalité du refus de séjour.
La procédure a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis qui n'a pas produit de mémoire.
Par un courrier du 8 août 2022, le conseil de M. A a été invité à régulariser les pièces du mémoire qui ne sont pas conformes à l'article R. 414-5 du code de justice administrative.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision
du 5 juillet 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. E a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant pas présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. D A, ressortissant malien né le 6 mars 1985 à Bamako, qui serait entré en France le 10 février 2008, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 15 octobre 2020 du préfet de la Seine-Saint-Denis en tant qu'il refuse de lui délivrer un titre de séjour, lui fait obligation de quitter le territoire français et prononce à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français.
2. Aux termes de l'article R. 414-5 du code de justice administrative : " Par dérogation aux dispositions des articles R. 411-3, R. 411-4, R. 412-1, R. 412-2 et R. 611-1-1, le requérant est dispensé de produire des copies de sa requête, de ses mémoires complémentaires et des pièces qui y sont jointes. Il est également dispensé de transmettre l'inventaire détaillé des pièces lorsqu'il utilise le téléservice mentionné à l'article R. 414-2 ou recourt à la génération automatique de l'inventaire permise par l'application mentionnée à l'article R. 414-1. / Le requérant transmet chaque pièce par un fichier distinct, à peine d'irrecevabilité de sa requête. Cette obligation est applicable à la transmission des pièces jointes aux mémoires complémentaires, sous peine pour le requérant de voir ces pièces écartées des débats après invitation à régulariser non suivie d'effet. / () Par dérogation aux dispositions des deuxième et troisième alinéas, lorsque le requérant entend transmettre un nombre important de pièces jointes constituant une série homogène eu égard à l'objet du litige, il peut les regrouper dans un ou plusieurs fichiers, à la condition que le référencement de ces fichiers ainsi que l'ordre de présentation, au sein de chacun d'eux, des pièces qu'ils regroupent soient conformes à l'énumération, figurant à l'inventaire, de toutes les pièces jointes à la requête. Le requérant ne peut alors bénéficier de la dispense de transmission de l'inventaire détaillé prévue au premier alinéa. Ces obligations sont prescrites au requérant sous peine de voir les pièces écartées des débats après invitation à régulariser non suivie d'effet. / () ".
3. Les pièces numérotées 2 à 14, 16, 18 et 19, respectivement relatives à des preuves de présence en France, à des preuves de l'entretien de Moussa A, à des preuves d'une activité professionnelle au sein de la société du 15 octobre 2018 au 9 avril 2019, à des preuves d'une activité professionnelle au sein de la société du 14 août 2019 au 11 novembre 2020, regroupent plusieurs pièces au sein de chacune d'elle et constituent, pour chacune d'entre elle, une série homogène au sens des dispositions précitées. En dépit de l'invitation qui lui a été faite par le courrier susvisé du 8 août 2022, de régulariser ces pièces, le conseil de M. A n'a pas présenté d'inventaire détaillé. Par suite et en application des dispositions précitées, lesdites pièces doivent être écartées des débats.
4. Par deux arrêtés n° 2020-1515 du 31 juillet 2020 et n° 2020-2175 du
2 octobre 2020, publiés au bulletin d'informations administratives de la préfecture de la Seine-Saint-Denis respectivement les 31 juillet 2020 et 5 octobre 2020, le préfet de la Seine-Saint-Denis a donné délégation de signature à Mme F B, directrice des migrations et de l'intégration, ainsi qu'en cas d'absence ou d'empêchement à M. G C, chef du bureau de l'accueil et de l'admission au séjour, à l'effet de signer notamment les arrêtés portant refus de séjour assortis ou non d'une obligation de quitter le territoire français ainsi que les décisions d'interdiction de retour sur le territoire français. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de M. C, signataire des décisions précitées, doit être écarté.
5. Rien ne permet d'estimer que le préfet de la Seine-Saint-Denis aurait omis d'examiner effectivement la situation du requérant et aurait ainsi entaché les décisions attaquées d'erreur de droit.
6. Les moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation, de l'erreur de fait et de l'erreur de droit ne sont pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.
7. Pour donner une portée utile aux écritures de M. A, qui se prévaut des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée du séjour et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il doit être regardé comme se prévalant des dispositions équivalentes de l'article L. 313-14 du même code, alors en vigueur, aux termes desquelles : " La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 313-11 ou la carte de séjour temporaire mentionnée aux 1° et 2° de l'article L. 313-10 peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 313-2. L'autorité administrative est tenue de soumettre pour avis à la commission mentionnée à l'article L. 312-1 la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par l'étranger qui justifie par tout moyen résider en France habituellement depuis plus de dix ans. () ". Compte tenu de ce qui a été dit au point 3, d'une part, M. A ne justifie pas de sa présence habituelle en France sur une période de plus dix ans et n'est dès lors pas fondé à soutenir que le refus de titre de séjour en litige serait entaché d'un vice de procédure, d'autre part, si le préfet a relevé que M. A présentait cinq fiches de paie obtenues auprès de la société alors que l'intéressé justifie également, dans la présente instance, d'un contrat de travail à durée déterminée avec la société , allant du 1er mai au 31 novembre 2017 une telle erreur de fait n'est pas de nature à entacher d'illégalité le refus de titre de séjour, lequel relève une rémunération mensuelle inférieure au salaire minimum de croissance, appréciation qui n'est pas contredite par les pièces du dossier non écartées des débats. Par ailleurs, le requérant ne saurait utilement se prévaloir d'un contrat de travail postérieur à la décision en litige.
8. Ainsi qu'il a déjà été dit, M. A ne justifie pas de sa présence en France sur une période de plus de dix ans. Il ne démontre pas, par les pièces produites qui ne sont pas écartées des débats, d'une intégration professionnelle notable. S'il établit être père d'un enfant né en France en juillet 2020, il ne ressort des pièces du dossier ni que sa conjointe, de même nationalité, est en situation régulière ni d'obstacle à la reconstitution de la cellule familiale au Mali où résident ses deux autres enfants. Dans ces conditions, M. A ne justifie pas de circonstances humanitaires ni à de motifs exceptionnels au sens des dispositions précitées de l'article L. 313-14 du code de l'entrée du séjour et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, alors qu'il ne peut utilement se prévaloir de la circulaire du 28 novembre 2012, le moyen tiré de la méconnaissance de cet article doit être écarté. Pour les mêmes motifs tenant à la situation personnelle, familiale et professionnelle de M. A, doivent être écartés les moyens tirés de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ainsi que de l'erreur manifeste d'appréciation.
9. Il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision qui lui refuse un titre de séjour au soutien de ses conclusions tendant à l'annulation des autres décisions litigieuses.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de M. A doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, en tout état de cause, de ses conclusions aux fins d'indemnisation, de celles aux fins d'injonction et de celles tendant à l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de loi du 10 juillet 1991 susvisée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A, à Me Jobert et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 22 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Gauchard, président,
M. Breuille, conseiller,
Mme Fabre, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 octobre 2022.
Le président-rapporteur,
Signé
L. E
Le conseiller le plus ancien dans
l'ordre du tableau,
Signé
L. BreuilleLa greffière,
Signé
S. Jarrin
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026