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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2112004

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2112004

mardi 30 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2112004
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantSELARL REINHART MARVILLE TORRE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 30 août 2021 et 9 février 2024, Mme A E doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 23 mars 2021 de nomination de M. C B sur l'emploi de directeur de la transformation, ensemble la décision du 25 juin 2021 portant rejet de son recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la région Ile-de-France une somme de 300 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle a intérêt à agir ;

- la région Ile-de-France a tenté de l'empêcher d'exercer un recours contentieux contre la nomination de M. B et a souhaité dissimuler le recrutement de ce dernier ;

- le contenu de la déclaration de vacance d'emploi est erroné dès lors qu'il s'agit en réalité d'une fin de contrat et non d'une mobilité interne et que le poste est celui d'un attaché et non d'un administrateur ;

- la région a organisé une fausse procédure de recrutement et n'a pas réellement examiné les candidatures des autres agents titulaires ;

- la nomination de M. B est une nomination pour ordre dès lors qu'il n'a pas effectivement exercé de fonctions, qu'il a bénéficié de mesures de complaisance durant sa carrière au sein de la région et que la nomination a été prise dans un but politique.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 5 janvier 2024 et 29 février 2024, la région Ile-de-France, représentée par Me Levain, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme E la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- Mme E n'a pas intérêt à agir pour demander l'annulation de la nomination de M. B dès lors qu'elle n'appartenait pas au cadre d'emploi requis, à savoir celui des administrateurs territoriaux et qu'elle n'avait pas les compétences pour le poste ;

- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

La requête a été communiquée à M. C B qui n'a pas produit d'observations en défense.

Par un courrier du 25 mars 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre la nomination de M. C B sur l'emploi de directeur de la transformation, l'intéressé ayant quitté ses fonctions antérieurement à l'introduction de la requête.

Une réponse au moyen relevé d'office, enregistrée le 28 mars 2024, a été présentée pour Mme E et a été communiquée.

Une réponse au moyen relevé d'office, enregistrée le 29 mars 2024, a été présentée pour la région Ile-de-France et a été communiquée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Bazin, rapporteure,

- les conclusions de M. Colera, rapporteur public,

- et les observations de Me Gilavert, substituant Me Levain, représentant la région Ile-de-France.

Considérant ce qui suit :

1. Mme E, titulaire du grade de directrice territoriale, est attachée territoriale au sein de la région Ile-de-France, depuis 2003. Le 30 janvier 2021, Mme E a présenté sa candidature au poste de directrice de la transformation au sein du pôle ressources humaines de la région qui avait été déclaré vacant le 17 décembre 2020. Par un courriel du 11 mars 2021, la candidature de Mme E a été rejetée au motif que, le poste étant réservé aux seuls administrateurs territoriaux, sa candidature ne présentait pas les exigences minimales requises pour occuper l'emploi. Le 23 mars 2021, M. C B a été nommé directeur de la transformation à compter du 1er avril 2021. Le 25 mai 2021, Mme E a formé un recours gracieux contre cette nomination. Par un courrier du 25 juin 2021, la région a rejeté sa demande. Par la présente requête, Mme E doit être regardée comme demande l'annulation de la décision de nomination de M. C B sur l'emploi de directeur de la transformation, ensemble la décision du 25 juin 2021 portant rejet de son recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Il ressort des pièces du dossier que M. C B, nommé directeur de la transformation à compter du 1er avril 2021, a demandé sa démission par courrier du 7 avril 2021 et que celle-ci a pris effet au 6 juin 2021 au soir. Or, la requête de Mme E à l'encontre de la nomination de M. B a été enregistrée le 30 août 2021, alors que M. B ne faisait plus partie des effectifs de la région. Par suite, les conclusions tendant à l'annulation pour excès de pouvoir de la décision de nomination de M. C B sur l'emploi de directeur de la transformation, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux, étaient sans objet dès l'introduction de la requête et, par suite, irrecevables.

3. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir soulevée en défense, que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme E doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la région Ile-de-France, qui n'est pas la parte perdante, la somme réclamée par Mme E, qui au demeurant qui n'a pas constitué ministère d'avocat et ne justifie pas avoir engagé des frais dans le cadre de la présente instance, au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de mettre à la charge de Mme E une somme de 500 euros au titre des frais exposés par la région Ile-de-France et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme E est rejetée.

Article 2 : Mme E versera à la région Ile-de-France la somme de 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A E, à M. C B et à la région Ile-de-France.

Délibéré après l'audience du 9 avril 2024, à laquelle siégeaient :

M. Truilhé, président,

Mme Ghazi, première conseillère,

Mme Bazin, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 avril 2024.

La rapporteure,Le président,Mme BazinM. TruilhéLa greffière,Mme D

La République mande et ordonne au préfet de la région Ile-de-France en ce qui le concerne, et à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2112004

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