jeudi 20 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2112069 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SCP TIRARD & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 31 août 2021 et le 9 mai 2022, la société civile immobilière de construction vente (SCCV) Villa Les Tilleuls, représentée par Me Tirard-Rouxel, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 juin 2021, par lequel le maire de Montreuil a refusé de lui délivrer le permis de construire portant sur la construction d'un ensemble immobilier composé de deux bâtiments, comprenant un total de 20 logements collectifs, un commerce et deux bureaux, pour une surface de plancher totale de 1 744,70 m2, sur un terrain situé 7, rue de l'Ermitage à Montreuil ;
2°) d'enjoindre au maire de Montreuil de lui délivrer le permis de construire sollicité, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Montreuil le versement d'une somme de 3 000 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que l'arrêté litigieux est entaché d'illégalité et d'erreur d'appréciation, car les motifs de refus de délivrance du permis sollicité sont infondés.
Par un mémoire en défense et un mémoire complémentaire, enregistrés le 13 avril et le 9 juin 2022, la commune de Montreuil, représentée par Me Lubac, conclut au rejet de la requête et à ce que la société requérante soit condamnée à lui verser la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
La clôture immédiate de l'instruction a été fixée au 11 juillet 2022 par une ordonnance du même jour.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jasmin-Sverdlin, rapporteure,
- les conclusions de M. Löns, rapporteur public,
- les observations de Me Baysan, représentant la société Villa Les Tilleuls et de M. B, gérant de cette société ;
- et les observations de Me Lubac, représentant la commune de Montreuil.
Une note en délibéré présentée pour la société Villa Les Tilleuls a été enregistrée le 7 octobre 2022.
Un courrier a, par ailleurs, été produit par la commune de Montreuil afin de communiquer au tribunal, en réponse à la demande faite lors de l'audience, les coordonnées de la direction de l'eau et de l'assainissement de l'établissement public territorial Est Ensemble en vue de l'organisation future d'une réunion d'information générale, ne portant pas sur un dossier particulier. N'ayant pas pour objet de produire des éléments ou pièces en vue de compléter l'instruction, cette demande n'a pas rouvert l'instruction.
Considérant ce qui suit :
1. La société Villa Les Tilleuls a déposé le 29 octobre 2020, sous le numéro PC 93048 20 B0140, une demande de permis de construire un ensemble immobilier composé de deux bâtiments, comprenant un total de 20 logements collectifs, un commerce et deux bureaux, pour une surface de plancher totale de 1 744,70 m2, sur un terrain situé 7, rue de l'Ermitage à Montreuil. Par un arrêté du 28 juin 2021 dont la société requérante demande l'annulation, le maire de Montreuil a refusé de délivrer à la société Villa Les Tilleuls le permis de construire sollicité.
Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction sous astreinte :
En ce qui concerne l'aspect extérieur des constructions :
2. Aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. " Aux termes du III - 1 b) du règlement du plan local d'urbanisme (PLUi) d'Est Ensemble-Grand Paris, relatif à l'aspect extérieur des constructions : " Par leur volume, leur architecture, les matériaux employés, les couleurs, les constructions doivent être intégrées de manière harmonieuse dans le paysage urbain dans lequel elles sont situées./Tout projet peut être refusé ou n'être accordé que sous réserve de prescriptions particulières si les constructions ou utilisations du sol concernées, par leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages, ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales./Il est recommandé que les extensions des constructions existantes prennent en compte le gabarit, le rythme des façades et l'organisation de la ou des construction(s) existantes dans un souci de bonne intégration architecturale et paysagère. " En outre, selon le III-2 f) de ce règlement : " En cas de contiguïté du terrain d'opération avec un terrain sur lequel un élément de patrimoine de niveau de protection 1, 2 ou 3 identifié au titre de l'article L.151-19 du code de l'urbanisme, () il pourra être imposé une réduction de hauteur de 6 mètres maximum afin de favoriser l'insertion urbaine et architecturale du projet avec son environnement. " Enfin, selon le III-1 b) du même règlement : " Les façades latérales et postérieures des constructions doivent être traitées avec le même soin que les façades principales ".
3. Pour rechercher l'existence d'une atteinte à un paysage urbain de nature à fonder le refus de permis de construire ou les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de ce permis, il appartient à l'autorité compétente d'apprécier, dans un premier temps, le caractère et l'intérêt des lieux avoisinants sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur ce secteur.
4. Pour apprécier aussi bien la qualité du site que l'impact de la construction projetée sur ce site, il appartient à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, de prendre en compte l'ensemble des éléments pertinents et notamment, le cas échéant, la covisibilité du projet avec des bâtiments remarquables, quelle que soit la protection dont ils bénéficient par ailleurs au titre d'autres législations.
5. Pour refuser l'autorisation de construire sollicitée, le maire de la commune de Montreuil s'est fondé sur la circonstance que le projet présenté est, comme l'avait au demeurant indiqué l'architecte des Bâtiments de France dans son avis du 1er mars 2021, " contigu avec le terrain situé 9 rue de l'Ermitage sur lequel se situe un élément de patrimoine remarquable de niveau 2, repéré en tant que patrimoine remarquable de la ville de Montreuil, à savoir une maison ancienne en R+1, alors qu'il prévoit la construction d'un immeuble en R+5 ". Il ressort des pièces du dossier que le projet litigieux, dont le bâtiment A, donnant sur la rue de l'Ermitage, est de gabarit R+5 et dont le bâtiment B, donnant sur jardin, est de gabarit R+3, s'inscrit dans un environnement composé essentiellement de constructions individuelles, les immeubles collectifs en R+4 et R+5 étant situés à l'autre extrémité de la rue. Si la société requérante fait valoir que le bâtiment A, dans sa partie contiguë à la maison en R+1 située au 5 rue de l'Ermitage, est en R+2+attique pour assurer une transition avec celle-ci, il est constant que le gabarit du bâtiment s'élève ensuite en R+5, en rupture d'échelle avec cette maison et celle qui est repérée en tant que patrimoine remarquable de la ville de Montreuil. En outre, il ressort des pièces du dossier, notamment des plans des pignons nord et sud du bâtiment A, que les façades latérales de ce bâtiment, enduites d'un ton blanc uniforme, avec un joint creux au niveau du plancher de chaque niveau du bâtiment, seront traitées avec moins de soin que la façade principale, qui comportera un revêtement en brique de parement et des baies.
6. Par suite, le maire de Montreuil a pu, sans commettre d'erreur d'appréciation, fonder son refus sur le motif tiré de ce que, par son aspect extérieur, notamment son gabarit ainsi que le rythme et le traitement de ses façades, le projet ne s'intégrait pas harmonieusement dans le site et méconnaissait les dispositions précitées du plan local d'urbanisme intercommunal.
7. Si la requérante soutient que les autres motifs mentionnés dans la décision attaquée, seraient matériellement inexacts ou entachés d'erreur de droit, il ressort des pièces du dossier que le maire de Montreuil aurait pris la même décision en se fondant sur le seul motif tiré de ce que le projet méconnaissait les dispositions du règlement du PLUi relatives à l'aspect extérieur des constructions. Dès lors, les moyens de la requête dirigés contre les motifs selon lesquels le projet ne respecte pas les dispositions du PLUi relatives à la gestion des eaux pluviales, aux performances énergétiques et environnementales et à l'emprise au sol dans la bande de constructibilité secondaire, et serait incompatible avec l'OAP " Qualité de l'habitat " sont inopérants.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par la SCCV Villa Les Tilleuls à fin d'annulation de l'arrêté du 28 juin 2021 doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Montreuil la somme que demande la société Villa les Tilleuls, partie perdante à la présente instance, à ce titre. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de condamner la société requérante à verser une somme totale de 2 000 euros à la commune de Montreuil, en application de ces dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Villa Les Tilleuls est rejetée.
Article 2 : La société Villa Les Tilleuls est condamnée à verser à la commune de Montreuil la somme de 2 000 (deux mille) euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SCCV Villa Les Tilleuls, à la commune de Montreuil et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 6 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
- Mme Katia Weidenfeld, présidente,
- Mme Irène Jasmin-Sverdlin, première conseillère,
- Mme Marjorie Hardy, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 octobre 2022.
La rapporteure,
Signé
I. Jasmin-Sverdlin
La présidente,
Signé
K. Weidenfeld
La greffière,
Signé
M. A
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026