LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2112400

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2112400

jeudi 1 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2112400
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation8ème chambre
Avocat requérantLAPEYRERE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 10 septembre 2021, Mme D B, agissant pour son compte ainsi qu'en qualité de représentant légal de son enfant mineur, M. A C, représentés par Me Lapeyrere, doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 1er juillet 2021 par laquelle le directeur territorial de l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a notifié à Mme B la suspension du bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;

2°) d'enjoindre au directeur de l'OFII de la rétablir dans ses conditions matérielles d'accueil et de lui verser l'allocation de demandeur d'asile à titre rétroactif à compter du 1er juillet 2021 dans un délai de trois jours à compter du jugement à intervenir et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'OFII une somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision est entachée d'erreur de droit dans l'application des dispositions des articles L. 744-6 et L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'elle ne parle pas le français et n'a ainsi pas été informée dans une langue qu'elle comprend des conséquences d'un éventuel refus d'hébergement ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que l'OFII n'a pas procédé, en méconnaissance de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à une évaluation de la vulnérabilité de la requérante ;

- elle a aussitôt informé, le 1er juillet 2021, au cours puis à l'issue de l'entretien prévu ce même jour, l'OFII du fait qu'elle acceptait l'hébergement proposé.

Par un mémoire en défense enregistré le 13 avril 2023, l'OFII conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que la requête n'est pas fondée.

Par un courrier du 14 avril 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de la méconnaissance du champ d'application de la loi en raison de l'inapplication temporelle des dispositions de l'article D. 744-35 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'inapplication temporelle et matérielle des dispositions de l'article L. 744-8 de ce code, fondant l'arrêté en litige.

Il a été répondu à cette information par des observations produites par l'OFII le

19 avril 2023, qui précise également que si le tribunal devait considérer que l'OFII n'était pas fondé à se baser sur l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il sollicite qu'à cette base légale soit substituée celle tirée de l'article L. 744-7 du même code.

Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 14 juin 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2020-1734 du 16 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 17 mai 2023 :

- le rapport de M. Breuille,

- les conclusions de M. Terme, rapporteur public.

Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante ivoirienne née le 30 décembre 1989, mère d'un enfant né le 24 septembre 2019, s'est vue remettre le 26 novembre 2018 une attestation de demande d'asile, en procédure dite " Dublin ". Le même jour, elle a accepté l'offre de prise en charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) pour elle et son fils né le 24 septembre 2019. Une proposition d'hébergement au CADA COS Les Suraux à Montreuil a été formulée à l'intéressée, qui l'a refusée le 21 juin 2021. Par un courrier du 22 juin 2021, l'OFII l'a informée de son intention de suspendre les conditions matérielles d'accueil au motif qu'elle avait refusé un hébergement en CADA le 21 juin 2021 et l'a invitée à présenter ses observations sur la mesure envisagée dans un délai de quinze jours ce qu'elle a fait par un courrier du 22 juin 2021. Mme B a fait l'objet d'un entretien d'évaluation de sa situation par les services de l'OFII le 1er juillet 2021. Par une décision du 1er juillet 2021, l'OFII a suspendu le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Mme B, agissant pour son compte et le compte de son enfant mineur, demande au tribunal l'annulation de cette décision.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version résultant de la loi n°2015-925 du 29 juillet 2015 : " Le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, définies à l'article L. 348-1 du code de l'action sociale et des familles et à l'article L. 744-1 du présent code, est subordonné à l'acceptation par le demandeur d'asile de l'hébergement proposé, déterminé en tenant compte de ses besoins, de sa situation au regard de l'évaluation prévue à l'article L. 744-6 et des capacités d'hébergement disponibles. Le demandeur est préalablement informé, dans une langue qu'il comprend ou dont il est raisonnable de penser qu'il la comprend, des conséquences de l'acceptation ou du refus de l'hébergement proposé ". Aux termes de l'article L. 744-8, dans sa version résultant de cette même loi : " Le bénéfice des conditions matérielles d'accueil peut être : / 1° Suspendu si, sans motif légitime, le demandeur d'asile a abandonné son lieu d'hébergement déterminé en application de l'article L. 744-7, n'a pas respecté l'obligation de se présenter aux autorités, n'a pas répondu aux demandes d'informations ou ne s'est pas rendu aux entretiens personnels concernant la procédure d'asile ; / 2° Retiré si le demandeur d'asile a dissimulé ses ressources financières ou a fourni des informations mensongères relatives à sa situation familiale ou en cas de comportement violent ou de manquement grave au règlement du lieu d'hébergement ; / 3° Refusé si le demandeur présente une demande de réexamen de sa demande d'asile ou s'il n'a pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai prévu au 3° du III de l'article L. 723-2. / La décision de suspension, de retrait ou de refus des conditions matérielles d'accueil est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. / La décision est prise après que l'intéressé a été mis en mesure de présenter ses observations écrites dans les délais impartis () ".

3. Si les termes de ces articles ont été modifiés par différentes dispositions du I de l'article 13 de la loi du 10 septembre 2018 pour une immigration maîtrisée, un droit d'asile effectif et une intégration réussie, il résulte du III de l'article 71 de cette loi que ces modifications, compte tenu de leur portée et du lien qui les unit, ne sont entrées en vigueur ensemble qu'à compter du 1er janvier 2019 et ne s'appliquent qu'aux décisions initiales, prises à compter de cette date, relatives au bénéfice des conditions matérielles d'accueil proposées et acceptées après l'enregistrement de la demande d'asile. Les décisions relatives à la suspension et au rétablissement de conditions matérielles d'accueil accordées avant le 1er janvier 2019 restent régies par les dispositions antérieures à la loi du 10 septembre 2018.

4. Par ailleurs, l'article D. 744-35 du même code, dans sa version résultant du décret n° 2015-1329 du 21 octobre 2015, dispose : " Le versement de l'allocation peut être suspendu lorsqu'un bénéficiaire : 1° A refusé une proposition d'hébergement dans un lieu mentionné à l'article L. 744- 33 ;() ". L'article D. 744-38 ajoute : " La décision de suspension () de l'allocation est écrite, motivée et prise après que l'allocataire a été mis en mesure de présenter à l'Office français de l'immigration et de l'intégration ses observations écrites dans le délai de quinze jours. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Lorsque le bénéfice de l'allocation a été suspendu, l'allocataire peut en demander le rétablissement à l'Office français de l'immigration et de l'intégration. La reprise du versement intervient à compter de la date de la décision de réouverture. ".

5. Mme B soutient qu'elle a aussitôt informé l'OFII, lors de l'entretien du 1er juillet 2021, du fait qu'elle acceptait l'hébergement proposé et donc qu'elle a finalement accepté l'hébergement avant l'édiction de la décision en litige. Il ressort des pièces du dossier qu'elle a été convoquée le 1er juillet 2021 à 14 heures 30 pour présenter ses observations. Si elle soutient qu'elle a accepté l'hébergement au cours de l'entretien, cette circonstance ne ressort pas de la fiche d'évaluation de vulnérabilité établie le même pour fournie en défense. Toutefois, il ressort en tout état de cause d'un courriel du 1er juillet 2021 envoyé à 15 heures 23 par un membre de la Cimade suivant son dossier qu'elle a accepté d'être hébergée avec son fils dans le lieu que lui proposait l'office, alors que la décision en litige est datée du 1er juillet 2021 sans précision de l'heure de son édiction. Mme B doit donc être regardée comme s'étant rétractée de son refus d'hébergement avant que l'OFII décide, le 1er juillet 2021, de lui suspendre les conditions matérielles d'accueil. Dans ces conditions, l'Office français de l'immigration et de l'intégration ne pouvait plus se fonder sur l'existence d'un refus d'hébergement pour suspendre ses conditions matérielles d'accueil et sa décision de suspension est donc entachée d'illégalité.

4. Il suit de là que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, la décision du 1er juillet 2021 de suspension du bénéfice des conditions matérielles d'accueil doit être annulée.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

5. Le présent jugement implique, eu égard à son motif et sous réserve de l'absence de changement de circonstances, le rétablissement des conditions matérielles d'accueil de Mme B. Il y a lieu d'enjoindre à l'OFII d'agir en ce sens dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.

Sur les frais de l'instance :

6. Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Lapeyrere, avocat de la requérante, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'OFII le versement à ce dernier de la somme de 1 000 euros.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 1er juillet 2021 par laquelle le directeur territorial de l'office français de l'immigration et de l'intégration a notifié à Mme B la suspension du bénéfice des conditions matérielles d'accueil est annulée.

Article 2 : Il est enjoint à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de procéder au rétablissement des conditions matérielles d'accueil de Mme B dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L'OFII versera à Me Lapeyrere la somme de 1 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de la renonciation de cet avocat à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B, à Me Lapeyrere et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Délibéré après l'audience du 17 mai 2023, à laquelle siégeaient :

M. Gauchard, président,

Mme Caron-Lecoq, première conseillère,

M. Breuille, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er juin 2023.

Le rapporteur,

L. Breuille

Le président,

L. Gauchard La greffière,

S. Jarrin

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions